Expériences de mort imminente: une fenêtre sur l'au-delà? | 7 Jours
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Expériences de mort imminente: une fenêtre sur l'au-delà?

Une étude publiée en 2019, lors de laquelle des chercheurs avaient analysé les expériences de 1034 personnes dans 35 pays, montre que 1 personne sur 10 vit une EMI.
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Une étude publiée en 2019, lors de laquelle des chercheurs avaient analysé les expériences de 1034 personnes dans 35 pays, montre que 1 personne sur 10 vit une EMI.

Savoir ce qui se passe après la mort est une question qui intrigue l'humanité depuis la nuit des temps, et les nombreux témoignages de personnes déclarées cliniquement mortes, mais revenues à la vie, intéressent de plus en plus de scientifiques. Arriveront-ils un jour à percer ce grand mystère?

La définition de la mort est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. On n'a qu'à penser au nombre de cas limites, comme les personnes dont le cerveau a cessé de fonctionner, mais qui respirent toujours, ou celles dont le corps est inerte, mais qui manifestent encore une activité cérébrale.

Les méthodes scientifiques ne permettent pas de supposer qu’une forme de conscience puisse exister en dehors du cerveau, et pourtant, de plus en plus de témoignages semblent prouver le contraire. 

Comme elle est chirurgienne, Mary Neal, qui a notamment raconté son histoire dans un livre, est un cas des plus intéressants.

Une femme transformée

Mary Neal est chirurgienne orthopédique, mais aussi une passionnée de kayak. À la suite d’un accident survenu lors d’un voyage de kayak au Chili, en 1999, elle a passé plus de 30 minutes sous l’eau avant qu’on retrouve son corps. 

«Cette expérience a radicalement tout changé à propos de ce que je suis et de qui je suis. Je n’ai ressenti aucune douleur, aucune peur. Je me suis sentie plus vivante que jamais. J’ai senti mon esprit se détacher de mon corps et s’envoler dans les cieux», indique-t-elle dans la série documentaire de Netflix Survivre à la mort

Mary Neal raconte son expérience de mort imminente dans la série de Netflix «Surviving Death».

Netflix

Mary Neal raconte son expérience de mort imminente dans la série de Netflix «Surviving Death».

Elle raconte avoir été accueillie par un groupe d’esprits. Elle ne reconnaissait personne, mais elle savait que ces êtres avaient été importants dans sa vie, comme des grands-parents décédés avant sa naissance. 

Ceux-ci étaient heureux de l’accueillir et de l’aimer, et ils l’ont emmenée dans un sentier recouvert de centaines de milliers de fleurs. «C’était comme une explosion de toutes les couleurs de l’Univers, dit-elle.» 

«La dimension temporelle a complètement changé. J’ai ressenti toute l’éternité dans chaque seconde, et chaque seconde devenait une éternité.» Le chemin l’a menée à ce qu’elle décrit comme une sorte de dôme. «J’ai ressenti un très fort sentiment d’être chez moi. Je crois que j’étais au paradis», soutient-elle. 

En même temps, elle pouvait voir la rivière où son corps se trouvait, toujours sous l’eau.

Des chances de survie statistiquement nulles

Après avoir désespérément tenté de l’atteindre pendant une quinzaine de minutes, ses compagnons de kayak se sont mis à la recherche de son corps. Quand on l’a repêchée, son corps était mauve et gonflé, et son regard était fixe. 

«Je n’ai eu aucun doute que j’étais morte, physiquement morte», commente-t-elle. Cependant, elle voyait et entendait ses camarades, à partir de l’entrée de cette structure en dôme, lorsqu’ils ont commencé à exécuter des manœuvres de réanimation. 

Un des hommes ne cessait de lui demander de respirer. «S’il te plaît, reviens. Je sais que tu es toujours là», lui disait-il.

Après 30 minutes sans oxygène, statistiquement, ses chances de survie auraient dû être nulles. «Je ne voulais pas retourner dans mon corps», précise-t-elle, ajoutant qu’elle ressentait une réelle sensation de réconfort. 

«Les êtres m’ont alors dit que mon heure n’était pas venue, que j’avais encore à faire sur Terre et que je devais retourner dans mon corps.»

Quand ils l’ont ranimée, ses compagnons ont non seulement eu un choc, mais ils ont aussi réalisé qu’en plus de s’être noyée elle avait de multiples fractures, et ils se trouvaient au milieu de nulle part. 

Ils ont utilisé un kayak en guise de civière et ont gravi une colline, où ils ont aperçu une route de terre. Là se trouvait, inexplicablement, une ambulance. «Une chose qui, en 1999, dans le sud du Chili, était impossible», commente la chirurgienne.

Statistiquement, encore une fois, elle n’avait à peu près aucune chance de survivre sans dommages importants au cerveau, rappelle-t-elle. À son arrivée à l’hôpital, on a même dit à son mari qu’elle ne passerait probablement pas la nuit. 

Évidemment, elle a survécu. Après plusieurs interventions chirurgicales, plus d’un mois passé à l’hôpital et plusieurs autres mois de réadaptation, elle a pu se rétablir et marcher à nouveau. Son cerveau est demeuré intact. 

En tant que médecin, Mary Neal a évidemment changé sa perspective de la mort. Elle croit maintenant que nous ne savons pas tout.

Les EMI et la science

L’objectivité ne faisant pas bon ménage avec le phénomène des expériences de mort imminente (EMI), la plupart des médecins et des scientifiques n’y voient que des anecdotes. Néanmoins, certains s’entendent pour dire que les EMI existent depuis toujours. 

Le premier cas rapporté dans la littérature scientifique remonte au XVIIe siècle. Il a été décrit par Pierre Jean du Monchaux, un médecin militaire français, dans son livre Anecdotes de médecine.

À partir des années 1960, lorsque les techniques de réanimation sont devenues courantes, on a commencé à ramener des gens à la vie en nombre sans cesse croissant. 

En même temps, on a commencé à voir de plus en plus de personnes rapporter ce genre d’expérience, durant laquelle elles ont eu la sensation de quitter leur corps et de flotter entre deux mondes. 

Âgé de 74 ans, Bruce Greyson, professeur de psychiatrie à l’origine d’une échelle largement utilisée pour valider une EMI, étudie ce phénomène depuis 50 ans. Il fait état de mentions relatives à des expériences de mort imminente dans 95 % des cultures dans le monde. 

Bruce Greyson, expert mondialement reconnu des EMI, a publié «After», un livre dans lequel il fait part du cheminement qui le mène à redéfinir la nature de la mort.

Jen Fariello

Bruce Greyson, expert mondialement reconnu des EMI, a publié «After», un livre dans lequel il fait part du cheminement qui le mène à redéfinir la nature de la mort.

S’il semble être admis qu’il n’y a pas de «modèle universel» d’EMI, le professeur Greyson précise que certaines caractéristiques reviennent toutefois constamment dans les témoignages. 

La plupart des gens ont une impression de grande vivacité, une sensation de béatitude et de temps qui devient élastique, ils voient une lumière ou ressentent une énergie chaleureuse et aimante. 

De plus, l’expérience change profondément et durablement leurs croyances et leurs valeurs, et ils n’ont souvent plus peur de la mort.

De plus en plus d’hypothèses exclues

Les spécialistes s’entendent pour dire qu’il faut continuer d’étudier ce phénomène de façon objective. Le problème, c’est qu’il est impossible de faire des tests au moment clé, puisqu’on ne sait pas à l’avance quand une personne vivra une EMI. 

Bruce Greyson, qui a publié un livre sur ce que les EMI peuvent révéler sur la vie et l’au-delà, tente encore aujourd’hui de comprendre ce qui se passe réellement chez une personne qui vit une EMI. 

S’il n’a cependant toujours pas de réponse précise, il indique par contre que les progrès de la science ont permis à ceux qui étudient le phénomène d’exclure un tas d’hypothèses. «Il y a des hypothèses physiologiques qui, en théorie, semblent plausibles», a-t-il dit au Guardian. Or, selon lui, aucune ne tient la route. 

Bref, cet éminent chercheur, qui a entendu des centaines de témoignages d’EMI, est convaincu que la vie ne se résume pas à notre corps physique. 

Au journaliste du Guardian qui lui demandait ce qu’il comprend du phénomène aujourd’hui, Greyson a répondu qu’il lui semble probable que l’esprit soit en quelque sorte séparé du cerveau. 

«Si c’est vrai, ajoute-t-il, peut-être que son activité peut se poursuivre quand le cerveau meurt. Mais si l’esprit n’est pas lié au cerveau, où est-il? Et qu’est-ce que c’est?»

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