Une dernier hommage à Julie Daraîche | 7 Jours
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Une dernier hommage à Julie Daraîche

Intense, passionnée, chaleureuse et conviviale, telle était Julie Daraîche, qui aura connu une carrière de près de 57 ans. Ces adjectifs peuvent aussi résumer la célébration de ses funérailles, qui s’est déroulée le 9 mai en présence de sa famille, de nombreux amis et d’admirateurs qui avaient tenu à être présents pour un dernier au revoir.

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Les membres de la famille et quelques amis se sont d’abord rassemblés en fin de matinée au Complexe funéraire Magnus Poirier de la rue Sherbrooke, à Montréal. Chacun a pu se recueillir devant l’urne de Julie Daraîche, qui était entourée d’une avalanche de fleurs. On pouvait aussi y voir deux roses rouges, représentant ses deux petits-enfants, et six roses blanches, symbolisant ses arrière-petits-enfants. Un cortège s’est formé en fin de matinée pour se rendre à l’église Saint-Donat, située à quelques rues. 

Photo : Eric Myre/TVA Publications

Les cloches terminaient leurs sonnailles de la mi-journée lorsque la famille Daraîche a fait son entrée dans l’église, accueillie par des représentants des Chevaliers de Colomb en grande tenue. Avec beaucoup d’émotion, son fils, Richard Aubut, portait l’urne en forme de goutte d’eau de sa célèbre maman, tandis que sa fille, Dani Daraîche, tenait dans ses bras une magnifique couronne de fleurs. Juste devant eux, Karell et Kevin, très émus, portaient une photo de leur illustre grand-mère.

Fidèles aux racines
La partie musicale de la célébration a été confiée à des artistes d’origine gaspésienne, comme un symbole de son attachement au terroir où la famille Daraîche a pris naissance. Nicolas Dufresne, un artiste de Campbellton, a ouvert
la cérémonie avec la chanson Mon petit trésor, accompagné à la guitare par Paul Daraîche. 

Solennelle par moments, émouvante à d’autres, la cérémonie s’est révélée surtout conviviale et chaleureuse grâce à l’abbé Jacques Vézina. Ce dernier a d’abord oublié de citer Paul Daraîche parmi les membres de la famille présents, alors qu’il était pourtant dans le chœur avec sa guitare. Cette bourde a fait rire l’intéressé, mais le curé s’est rattrapé en indiquant que, selon ses sources, Paul était quasiment comme le troisième enfant de Julie. 

Dani Daraîche est ensuite venu livrer un témoignage touchant à propos de sa mère. «Comme tu l’as si bien chanté, “de la vie, il faut en profiter”, ce que tu as fait jusqu’à la toute fin. Nous voulons te dire merci, maman, pour toute l’affection, la tendresse et l’amour que tu nous as portés au fil des années. Nous n’aurions pas voulu une autre mère que toi. Nous étions choyés d’avoir une si bonne maman qui nous a surprotégés et pour qui nous étions sa priorité. Une maman généreuse, rassembleuse, colorée, énergique et passionnée.» 

La partie musicale de la cérémonie était assurée uniquement par des Gaspésiens. Au premier plan, NICOLAS DUFRESNE, PAUL DARAÎCHE, DAVID BERNATCHEZ et ISABELLE BOULAY.

Photo : Valérie Blum

La partie musicale de la cérémonie était assurée uniquement par des Gaspésiens. Au premier plan, NICOLAS DUFRESNE, PAUL DARAÎCHE, DAVID BERNATCHEZ et ISABELLE BOULAY.

À son image
Après la première lecture liturgique, Paul Daraîche a fait résonner dans l’église sa chanson Perce les nuages, un message qui prenait un nouveau sens dans ces circonstances.

À plusieurs reprises au cours de la cérémonie, des éclats de rire ont retenti, comme lorsque Paul a fait semblant d’arroser le prêtre durant la bénédiction des cendres, ou lorsque l’abbé Vézina s’est perdu dans son discours, avouant qu’il ne savait plus où il était rendu, sous le ricanement espiègle de Paul Daraîche, qui n’a rien fait pour lui faciliter la tâche. Cette cérémonie était réellement à l’image de la défunte, empreinte de solennité, de recueillement, mais aussi remplie de musique, d’authenticité, de simplicité et d’amour.

Avant de clore la célébration, Isabelle Boulay s’est avancée pour interpréter Que la lune est belle ce soir, avant de rendre un hommage aussi touchant que comique. Au moment où l’urne sortait de l’église, David Bernatchez a pu dire un dernier au revoir à la chanteuse, qu’il considérait comme sa deuxième mère en chantant Je pars à l’autre bout du monde, une chanson empreinte d’une grande signification pour lui.

À la sortie de la cérémonie, DANI DARAÎCHE portait l’urne de sa maman, tandis que son frère, RICHARD AUBUT, tenait une gerbe de fleurs.

Photo : Valérie Blum

À la sortie de la cérémonie, DANI DARAÎCHE portait l’urne de sa maman, tandis que son frère, RICHARD AUBUT, tenait une gerbe de fleurs.

Avant de porter Julie Daraîche à sa dernière demeure, la foule s’est finalement rassemblée sur le parvis de l’église pour un lâcher de colombes, symbole de la liberté et de tout l’amour qu’ils avaient pour leur mère, leur grand-mère, leur sœur, leur amie et leur idole. 

Une envolée de colombes a conclu une cérémonie riche en émotions et en rires.

Photo : Valérie Blum

Une envolée de colombes a conclu une cérémonie riche en émotions et en rires.

Photo : Valérie Blum

 

Pour PATRICK NORMAN, Julie était une des dernières de nos pionnières. «C’est une des femmes qui ont été le plus aimées en Gaspésie et dans les provinces maritimes. Elle était devenue un symbole de bonne humeur et de fête. J’ai souvent chanté avec elle. Au début de ma carrière, j’ai même fait une tournée avec elle et Willie Lamothe qui s’appelait La grande diligence. Ce n’était pas triste, je peux vous le dire!» Pour NATHALIE LORD, Julie était toute sa jeunesse. «J’ai été élevée avec sa musique. Ce que je retiens d’elle, c’est avant tout son énergie. La première fois que je l’ai vue sur scène, ça m’avait impressionnée.»

Photo : Valérie Blum

 

Julie Daraîche était un trésor national, pour ISABELLE BOULAY. «Il y avait quelque chose dans sa voix qui était très déterminé, comme une flèche qui atteignait le cœur à chaque fois. Quand elle chantait, on savait que c’était elle. Elle était aussi fédératrice, c’est une des premières femmes qui ont travaillé dans un milieu d’hommes et elle a été capable de faire sa place. C’était aussi une voix qui a traversé toute mon enfance et dans laquelle on retrouvait la force des éléments de la nature gaspésienne, quelque chose de rocailleux et de fier.»

Photo : Valérie Blum

Alors qu’il a 15 ans, une cousine de MARIO PELCHAT l’invite à un spectacle de la famille Daraîche, qu’il ne connaît pas encore. Il en ressort complètement fan. «J’étais habitué à chanter en famille, et ce lien filial et musical me parlait beaucoup; ça venait me chercher. J’ai ensuite continué d’aller les voir au fil du temps. Quand j’ai commencé à travailler plus concrètement avec Paul, on se voyait encore plus souvent. J’invitais régulièrement Julie à rejoindre Paul en spectacle, et ce qui m’impressionnait toujours, c’était la réaction du public. Dès qu’elle arrivait sur scène en surprise, elle avait une ovation systématique, comme si Dieu venait d’entrer dans la place. Ce public était extrêmement fidèle. Julie lui en était même très reconnaissante et respectueuse; c’est pour cela que sa carrière a duré aussi longtemps.»

Photo : Valérie Blum

 

Julie et son petit frère, PAUL DARAÎCHE, ont travaillé ensemble durant plus de 45 ans. «C’était une femme très déterminée, une femme d’affaires terrible. On a eu des labels de disques, de la distribution, on a fait plein de choses ensemble. C’était une vraie Gaspésienne qui n’avait pas la langue dans sa poche. Avec 50 albums solos, 10 albums avec la famille, plus des chansons en duo, en trio... Son œuvre est immense.» Il a aussi confié que Julie avait toujours gardé la Gaspésie dans son cœur, et avait même acheté une maison dans le village de leur enfance, où elle retournait souvent.

Photo : Valérie Blum

 

«Julie était une amie, une grand-maman et une mentore sur le plan musical. Elle m’a appris beaucoup, dans ce métier. J’ai travaillé avec elle plus d’une dizaine d’années. Elle était tellement généreuse! Elle aimait le public, autant ceux qui venaient la voir chanter que des gens dans la rue.» 

− NICOLAS DUFRESNE

Photo : Valérie Blum

 

«J’ai toujours considéré Julie comme ma mère artistique. Quand je suis arrivé à Montréal, elle m’a accueilli et fait une place sur la scène. J’ai fait 10 ans de tournée avec la famille Daraîche. J’étais le maître de cérémonie et j’ouvrais le spectacle. Je retiens de Julie sa générosité et son amour de la vie. Elle m’a énormément inspiré.» 

− DAVID BERNATCHEZ

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