David Goudreault va à la rencontre d’auteurs dans sa nouvelle émission | 7 Jours
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David Goudreault va à la rencontre d’auteurs dans sa nouvelle émission

Vendredi 21 h, ARTV | Début

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Photo : © ARTV

Souhaitant faire entendre les réflexions et les confidences d’auteurs connus et méconnus, le slammeur, écrivain et poète David Goudreault va à leur rencontre dans la série documentaire Du monde, des mots. Il nous présente ainsi des gens provenant de divers horizons, qui ont vu leur vie métamorphosée par la littérature. 

David, cette émission semble correspondre à ta personnalité.
J’ai été contacté pour développer un projet en collaboration avec la boîte de production Pamplemousse Média. L’idée de base de la série documentaire Du monde, des mots est d’abord et avant tout d’aller à la rencontre des gens grâce à la poésie et à la littérature québécoise, d’embrasser les mots au sens très large pour découvrir les humains qui se cachent derrière. 

Ces humains sont très différents!
La poésie peut se faire un chemin autant dans les écoles primaires que dans les résidences pour personnes âgées, en passant par les centres de détention et les organismes en santé mentale. J’ai entre autres rencontré Mikaël, un élève de sixième année aux prises avec des difficultés d’apprentissage. Personne ne s’attendait à ce qu’il morde dans la poésie au point de réussir à surmonter sa timidité pour présenter ses écrits. 

Ce doit être touchant d’être témoin de ça!
Vraiment! Mikaël prépare d’ailleurs son premier recueil de poésie, lui qui détestait le français à l’école. Un de mes souhaits avec ce documentaire était de faire découvrir de nouveaux talents, de les faire rayonner, car depuis une dizaine d’années, je rencontre après mes spectacles ceux que j’appelle «mes poètes de l’ombre», des gens qui se servent des mots pour guérir, faire rire, s’insurger ou émouvoir. 

Afin de nous présenter des individus qui ont été transformés par la force des mots, David Goudreault fait autant appel à sa pratique d’auteur qu’à sa formation en travail social.

Photo : Julien Faugère

Afin de nous présenter des individus qui ont été transformés par la force des mots, David Goudreault fait autant appel à sa pratique d’auteur qu’à sa formation en travail social.

Dans le documentaire, tu rencontres aussi des poètes établis ou en voie d’être publiés.
En effet. Il y a entre autres Geneviève Rioux, que j’ai rencontrée il y a trois ans dans le cadre d’un salon du livre. Elle désirait avoir mes commentaires sur ses écrits. J’ai découvert non seulement une artiste de grand talent, mais également une survivante, qui utilise les mots pour exorciser la tentative de viol dont elle a été victime et les 18 coups de couteau qu’elle a reçus. Elle réussit à faire quelque chose de grand avec cette sombre situation. Son premier recueil de poésie sortira au mois de mai. 

C’est fou, le pouvoir des mots!
L’oralité était déjà puissante il y a des milliers d’années et elle l’est toujours aujourd’hui. C’est juste que dans le tourbillon de la vie, on l’oublie. Cela dit, avec la pandémie, nous avons vu émerger plusieurs artistes sur différentes plateformes. Il n’y a rien de plus efficace qu’un artiste qui va à la rencontre des autres grâce à l’imaginaire, la parole et la poésie. Je crois profondément à la fonction thérapeutique des mots, parce que je l’ai expérimenté en tant que travailleur social.

Tu as travaillé une dizaine d’années dans ce domaine, n’est-ce pas?
Oui, effectivement. Cette formation me sert toujours en tant qu’auteur, puisque lorsque je donne des ateliers, j’aide des gens à sortir de leur coquille grâce à l’écriture. Ce ne sont pas des professionnels de la littérature. Ils proviennent de différents milieux, mais leur plume leur sert en quelque sorte de thérapie. Ils arrivent à faire émerger du plus profond d’eux-mêmes des émotions qui étaient prises en dedans, et à faire la paix avec tout ça. 

Avec leurs écrits, ils se font du bien et nous font du bien aussi.
Depuis quelques années, je donne des ateliers d’écriture dans différents centres de détention. Les détenus que j’y rencontre mettent leurs tripes sur la table. Je pense entre autres à Nicolas, avec qui j’ai fait connaissance lors d’une visite à la prison de Bordeaux. Maintenant sorti de prison, il fréquente une école d’éducation pour adultes, et son amour des mots le motive à poursuivre ses études. 

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