La pièce de théâtre Les Harding présentée à la télévision | 7 Jours
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La pièce de théâtre Les Harding présentée à la télévision

Dimanche 20 h, TQc

Martin Drainville, Bruno Marcil et Patrice Dubois.
Photo : © TQc

Martin Drainville, Bruno Marcil et Patrice Dubois.

Le 6 juin 2013, la vie de Thomas Harding a changé à jamais lorsque le train qu’il avait conduit quelques heures auparavant a explosé en plein cœur de Lac-Mégantic, entraînant 47 personnes dans la mort. Son drame et celui de ses victimes ont inspiré à l’autrice Alexia Burger la pièce Les Hardings, dont Télé-Québec présente l’adaptation télévisuelle. 

Lorsqu’elle a vu le visage du conducteur à la télévision, quelques jours après la tragédie, l’autrice Alexia Burger a eu l’étrange sensation de porter elle aussi une part de responsabilité dans l’horrible catastrophe de Lac-Mégantic. En tapant le nom de Thomas Harding dans un moteur de recherche, elle s’est aperçue qu’une foule de personnes, partout dans le monde, le portaient. De là, elle a imaginé une rencontre entre trois homonymes qui semblent n’avoir en commun que leur nom. «Je pensais qu’en entremêlant les histoires de ces hommes, elles allaient peut-être s’éclairer entre elles. Mais tranquillement, je dirais malgré moi, c’est avec ma propre histoire qu’elles se sont mises à dialoguer», a écrit Alexia Burger pour présenter son texte, qui a vu le jour sur scène au Théâtre d’Aujourd’hui en 2018.

Bruno Marcil campe le conducteur de train.

Photo : © TQc

Bruno Marcil campe le conducteur de train.

Qui sont les responsables?
Incarnés par Martin Drainville, Patrice Dubois et Bruno Marcil, les trois Thomas Harding ont des destins bien différents. Le premier est un assureur américain passionné par les chiffres et terrifié par la vieillesse. Par son entremise, on découvre que les failles du système qui ont mené à l’accident du 6 juin 2013 s’expliqueraient par la «théorie des tranches de fromage suisse» de James Reason, expert en erreur humaine. Le deuxième Thomas Harding est né en Nouvelle-Zélande et y enseigne la philosophie. Très prudent de nature, il a été témoin de la mort d’un membre de sa famille bien plus téméraire que lui. Quant au Thomas Harding de Farnham, il a travaillé toute sa vie dans les chemins de fer, comme son père — aussi nommé Thomas Harding — l’a fait avant lui. Les trois hommes font réfléchir le public avec intelligence sur la responsabilité de chacun lorsque survient un accident.

Patrice Dubois dans la peau du professeur de philosophie néo-zélandais.

Photo : © TQc

Patrice Dubois dans la peau du professeur de philosophie néo-zélandais.

La pièce, dédiée aux survivants de Lac-Mégantic, décortique aussi le drame qu’ils ont vécu, des heures précédant l’explosion jusqu’au procès de Thomas Harding. Avec rage et frustration, le public réalise que le train de la Montreal, Maine & Atlantic était une bombe ambulante avec ses cinq locomotives et ses 72 wagons chargés de 10 000 tonnes de carburant. Oui, Thomas Harding savait que les wagons de sa machine, des DOT 111, étaient critiqués, quoique encore tolérés, mais il ignorait qu’ils avaient été chargés illégalement de 4000 tonnes supplémentaires et que sa cargaison n’était pas du pétrole de niveau 3, comme l’indiquait sa feuille de route, mais une substance de niveau 1, 100 fois plus inflammable. Pourtant, ses patrons ont voulu lui faire porter tout le blâme, alors qu’ils avaient réussi à faire lever les lois qui obligeaient, encore un an auparavant, les conducteurs à travailler en équipe à bord de leurs convois.

Martin Drainville joue le rôle de l’assureur américain.

Photo : © TQc

Martin Drainville joue le rôle de l’assureur américain.

Encore sur les rails
Tournée en partie sur des rails de chemin de fer, l’adaptation télévisuelle des Hardings a été réalisée par François Blouin. Dynamisée par des illustrations et d’ingénieux changements de plan, la pièce prend une autre dimension que sur scène, surtout que le récit du Thomas Harding néo-zélandais n’est pas le même que celui de la pièce originale, dans laquelle il perd sa fille plutôt que son frère. La pièce lauréate du Prix de la critique dans la catégorie Meilleur texte est, par ailleurs, toujours présentée en salle, mais avec une nouvelle distribution. Normand D’Amour et Martin Héroux ont rejoint Patrice Dubois dans une tournée provinciale qui est passée par Lac-Mégantic en mars. Ils seront, entre autres, au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke le 10 mai et au Centre des arts Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe le 13 mai. 

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