Jean-René Dufort fait le bilan de sa 22e saison d’Infoman | 7 Jours
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Jean-René Dufort fait le bilan de sa 22e saison d’Infoman

Jeudi 19 h 30, radio-canada | Finale de la saison

L’animateur, Jean-René Dufort.
Photo : © Radio-Canada

L’animateur, Jean-René Dufort.

Depuis 22 saisons, Jean-René Dufort décortique les absurdités de l’actualité à la loupe. As vulgarisateur au regard blagueur, il réussit à nous faire voir les choses d’un œil complètement différent. Il fait le bilan d’une saison qui a été riche en émotions et en fous rires. 

Jean-René, quel bilan faites-vous de votre 22e saison à la barre d’Infoman?
Ce n’est pas tant la 22e saison d’Infoman que la 2e saison en pandémie. C’est sûr que ç’a encore été une saison anormale, mais je pense que nous nous en sommes bien tirés. C’est difficile de toujours renouveler un sujet permanent comme la covid, et ce n’était pas simple de tourner avec les contraintes de la pandémie. Nos recherchistes se sont souvent dit qu’il aurait fallu s’entendre avec deux intervenants pour chaque sujet abordé afin d’être certains d’en avoir un en ondes tellement il y avait des annulations. Début avril, Chantal Lamarre a elle aussi attrapé la covid et il a fallu arranger l’émission autrement. Heureusement, elle va très bien maintenant.

Vous avez couvert des élections fédérales et municipales durant la saison, lesquelles ont été les plus amusantes à suivre?
Les élections municipales sont toujours les plus drôles. Au fédéral, les partis politiques ont assez d’argent pour se payer des conseillers en communication. Il arrive quand même pas mal d’affaires comiques, mais jamais autant que dans les petites villes où un conseiller municipal peut décider de faire un discours à 50 pi de son iPhone pendant qu’il vente et que personne ne comprend!

Quel nouveau politicien est votre préféré?
J’en ai toujours plein! Ce qui est agréable avec Infoman, c’est que la vie renouvelle nos personnages préférés. Nous sommes comme un téléroman dont la distribution change constamment. Cette année, par exemple, nous avons eu un nouveau maire à Québec: Bruno Marchand. Je l’ai rencontré juste une fois jusqu’ici, et il a été très sympathique. Il nous a promis qu’il nous donnerait autant de bon stock que le maire Labeaume.

Le maire de Québec, Bruno Marchand.

Photo : Stevens LeBlanc, Journal de Québec

Le maire de Québec, Bruno Marchand.

Vous avez visité le convoi de la liberté à Ottawa l’hiver dernier, comment vous y a-t-on accueilli?
C’est drôle parce que nous sommes toujours bien accueillis partout où nous allons. À Ottawa, nous n’avons donc pas eu de trouble du tout, nous n’avons aucunement été insultés. Je pense que c’est parce que nous essayons de garder une certaine neutralité à l’écran. Nous voulons rire autant des politiciens que des manifestants, en laissant le droit de vivre à tout le monde. Bien entendu, je ne peux toutefois pas faire abstraction de mon passé de scientifique. Si quelqu’un lance une connerie, je vais lui dire gentiment que ça n’a pas d’allure. 

Le convoi de la liberté à Ottawa.

Photo : Martin Alarie, Agence QMI

Le convoi de la liberté à Ottawa.

Quel sujet a marqué cette 22e saison?
La guerre en Ukraine a été très marquante. C’est un sujet dramatique, mais qui est intéressant à traiter. Il y a tellement d’aspects de cette guerre dont on ne parle pas aux nouvelles que ça nous laisse beaucoup de liberté à Infoman. Nous étions allés en Ukraine en 2014 quand la Crimée a été envahie par les Russes. Nous y avions rencontré des soldats ukrainiens et nous nous sommes fait des amis dont Maria, notre contact là-bas. Elle est devenue depuis l’assistante du maire de Boutcha, et nous l’avons rejointe pour prendre des nouvelles de la situation. Au moment où elle enregistrait avec nous, nous entendions les bombes tomber sur sa ville. Elle a dû tout arrêter pour se mettre à l’abri avant que la photo soit complètement rasée par les Russes. Elle est maintenant en sécurité et nous a demandé nos images afin de garder un souvenir de son bureau détruit.

Photo prise à Irpin, en Ukraine. On y voit la ville de Boutcha en fumée au loin.

Photo : Getty Images

Photo prise à Irpin, en Ukraine. On y voit la ville de Boutcha en fumée au loin.

Vous avez présenté deux épisodes consacrés aux questions du public. À quel point les téléspectateurs nourrissent-ils le contenu d’Infoman?
Ça nourrit complètement l’émission! Il y a vraiment une grande complicité entre nous et le public, même que nous ne pourrions pas continuer Infoman sans ce lien. Ils sont le quatrième recherchiste de l’émission. Il n’y a pas une semaine qui passe sans qu’un sujet ou une information de l’émission nous ait été inspiré par une suggestion des télé-spectateurs. La pandémie a même ravivé cette complicité!

Avez-vous le même plaisir qu’au début à animer l’émission?
J’ai dit aux gens de Radio-Canada que j’allais continuer jusqu’à ce qu’ils se tannent. Ils vont clairement se tanner avant moi! Je suis toujours aussi curieux et j’ai toujours autant de plaisir à recevoir les réponses aux questions que je pose. Une belle manifestation, ça me procure autant de joie que des ministres qui nous présentent un tuyau transformé en deux tuyaux pour relier Québec à la Rive-Sud. Chaque jour, je trouve l’actualité aussi drôle que pathétique, car elle a les meilleurs scripteurs du monde. Ça ne s’invente pas, le ministère de la Santé qui publie un lien vers un site pornographique dans son communiqué. Merci mon Dieu!

Ça ne vous arrive jamais d’être complètement déprimé par l’actualité?
Oui, constamment, mais c’est ça, ma force! Je suis à ce point certain que tout va mal aller que lorsqu’une petite affaire va mieux que je pense, ça me rend heureux. C’est mon secret du bonheur!

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