Patrick Labbé pilote une série sur l’anxiété chez les jeunes | 7 Jours
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Patrick Labbé pilote une série sur l’anxiété chez les jeunes

Lundi 21 h, Moi et Cie | Début

Patrick Labbé
Photo: Patrick Séguin

Patrick Labbé

L’anxiété sociale paralyse plusieurs adolescents. Dans Ados et anxieux, une série d’observation en six épisodes, le comédien Patrick Labbé aide son amie la Dre Banafcheh Hejazi à découvrir si la pratique de l’art dramatique peut remplacer la médication pour des jeunes atteints de ce mal. 

Patrick, comment la série Ados et anxieux est-elle née?

Elle est l’initiative de mon amie la Dre Banafcheh Hejazi. Elle s’est intéressée à ce que je faisais avec des jeunes à mon camp d’été car, depuis des années, elle trouvait que ses collègues et elle étaient rapides à diagnostiquer un trouble de santé mentale et à prescrire de la médication lorsqu’un jeune entrait dans leurs bureaux. Elle m’a contacté dans l’espoir de mener une étude clinique afin de vérifier si la pratique du jeu pouvait être une solution de remplacement à la médication.

Comment avez-vous répondu à sa demande?

J’ai accepté de lui venir en aide en encadrant la création d’ateliers, un peu comme je le fais depuis des années. J’ai recruté Étienne Courville, un acteur formidable qui travaille avec moi au Camp de base, pour donner ces ateliers. Il a tout simplement mis en pratique ce qu’on lui a demandé de faire durant une trentaine d’heures d’ateliers. Les objectifs de ces derniers correspondaient à ce que les jeunes avaient envie d’atteindre. 

Le rôle de l’acteur consistait à encadrer les jeunes participants et à les accompagner tout au long des ateliers.

Photo: © Moi et Cie

Le rôle de l’acteur consistait à encadrer les jeunes participants et à les accompagner tout au long des ateliers.

Qui sont les jeunes de la série?

Dès que le projet s’est mis en branle, la Dre Hejazi a commencé à identifier des candidats de 12 à 20 ans qui avaient une anxiété sociale très élevée et un intérêt pour l’interprétation. Le but était de les réunir pour amorcer ce travail. J’ai été très impressionné par la maturité des participants et leur capacité à verbaliser leurs émotions.

Que verra-t-on au fil des six épisodes?

De beaux portraits de jeunes. On s’intéresse à eux par l’entremise de leurs univers familial et scolaire et, évidemment, des cours de théâtre. On essaie de construire avec eux une sorte de tableau leur permettant de décoder les mécanismes qui déclenchent leur anxiété. Chaque individu a ses propres déclencheurs, et l’illustrer nous permet, en tant que téléspectateurs et parents, de mieux aider ceux qui souffrent d’anxiété sociale.

Photo: © Moi et Cie

Comment décririez-vous l’anxiété sociale?

Je ne suis pas médecin; je peux donc parler seulement de ce que j’en connais. Personnellement, je pense que j’en souffre depuis toujours, mais à un niveau différent. L’anxiété sociale est une seconde peau qui nous habille lorsqu’on doit se présenter devant un public et s’exprimer. J’endosse régulièrement le rôle de personnage public, mais avant d’arriver à m’y sentir à l’aise, j’ai dû tenir beaucoup de conversations avec moi-même et inventer des scénarios. Mon anxiété est-elle liée à un manque d’estime de soi ou de maîtrise de mes capacités? Je ne sais pas, mais je sais que je l’apprivoise plus facilement à 50 ans. Quand j’avais 15 ans, je ne la gérais pas de la même façon.

Quel est votre rôle exactement dans la série?

Il s’est défini pendant le tournage. Au début, ça m’angoissait beaucoup d’essayer de trouver ma place dans le projet. Il a cependant fallu que je mette cette anxiété de côté, parce que je n’étais pas le seul à être angoissé; les jeunes qui avaient dit oui aux ateliers l’étaient aussi. Je dirais que j’ai été là pour encadrer les jeunes, les aider, les écouter et naviguer avec eux sur leurs eaux troubles. J’ai été un témoin de cette aventure. 

Que pouvez-vous dire de l’évolution des participants au fil des ateliers?

J’ai vu un groupe se former et des gens devenir des amis. J’ai aussi vu des plus vieux prendre des «petits frères» et des «petites sœurs» sous leur aile avec beaucoup d’empathie, de respect et d’écoute. J’ai surtout été témoin d’un désir d’avancer et de se trouver des outils pour aller mieux.

Les participants ont grandement profité du projet de recherche.

Photo: © Moi et Cie

Les participants ont grandement profité du projet de recherche.

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