6 mois après avoir frôlé la mort, Robert Marien donne de ses nouvelles | 7 Jours
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6 mois après avoir frôlé la mort, Robert Marien donne de ses nouvelles

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Photo: © Guy Beaupré

Depuis 20 ans, l’acteur fait partie d’une ligue de garage de hockey. Le 5 octobre 2021, ses coéquipiers et lui, qui avaient pu recommencer à jouer depuis trois semaines, disputaient un match amical à l’aréna de Repentigny. Patinant avec vigueur pour s’emparer de la rondelle, il a tout à coup senti son cœur cesser de battre. Durant les neuf minutes qui ont suivi, Robert Marien était cliniquement mort.

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«Ç’a été soudain. C’est comme si les lumières s’étaient éteintes, puis rallumées. Je ne me souviens de rien. Je n’ai pas vu de lumière au bout d’un tunnel ni le film de ma vie. Pendant que je gisais sur la glace et que l’ambulance était en route, quelqu’un a commencé à me faire la respiration artificielle, puis un autre, la réanimation cardiaque. Entre-temps, quelqu’un a eu la présence d’esprit d’aller chercher le DEA (défibrillateur externe automatisé) disponible non loin dans l’aréna. Après un seul choc, mon cœur s’est remis à battre», raconte l’acteur et chanteur célèbre de 66 ans.

Sans avertissement
Hyperactif, sportif et joueur de hockey depuis son enfance, le comédien, qui incarnait Robert Martin dans Lance et compte, n’avait jamais connu de problème de santé ni été obligé de prendre de médicaments. «Avant cet incident, je sentais que je n’avais pas la même énergie ni le même souffle, mais je pensais que c’était dû à mon âge et que je devrais faire avec. Curieusement, je jouais depuis une heure et ça allait très bien.» Comment se fait-il qu’il n’ait heureusement aucune séquelle sur le plan cérébral après ces neuf longues minutes? «Il est recommandé, lorsque cela est possible, de mettre de la glace autour de la tête de la personne qui fait un arrêt cardiorespiratoire pour préserver le cerveau. Comme on m’avait enlevé mon casque, ma tête était directement sur la patinoire», explique-t-il, en ajoutant que les manœuvres de réanimations et la proximité d’un appareil DEA lui ont sauvé la vie.

Photo : © TQS

Conduit à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, Robert a immédiatement été branché sur tous les appareils nécessaires à sa survie. Durant son séjour de 11 jours, électro-encéphalogramme, radiographies de la colonne vertébrale et des poumons, scanneur, résonance magnétique, prises de sang, etc. se sont succédé. Ces tests ont révélé que l’origine de son mal était d’ordre électrique et qu’une artère du côté droit de son cœur était bloquée. «C’est sûr que ça n’avait pas aidé, mais ça n’était pas la cause principale. Après qu’on m’eut installé un défibrillateur sous la clavicule gauche et bien que j’aie développé des réseaux sanguins secondaires, il a été décidé, quelques semaines plus tard, qu’il valait mieux qu’on tente de la débloquer parce que mon cœur forçait inutilement. Ça ne fonctionne pas toujours, mais dans mon cas, ça a marché du premier coup.» Il a ensuite entrepris un entraînement physique graduel, sous supervision médicale, au Centre ÉPIC, rattaché à l’Institut de cardiologie de Montréal, où il est toujours suivi.

Une cause importante
Déjà porte-parole depuis plus de 25 ans de La Fondation des pompiers du Québec pour les grands brûlés, il a senti l’urgence d’appuyer la Fondation Jacques-de-Champlain en militant pour l’adoption d’une loi favorisant l’achat et l’installation de DEA partout dans l’espace public et privé. En novembre dernier, il était à l’émission de Marie-Claude Barrette pendant laquelle les invités, dont le Dr Martin Juneau, ont parlé de l’impact des maladies cardiovasculaires. Depuis son passage sur ce plateau, la demande de défibrillateurs externes automatisés a explosé. «Les gens appellent et demandent l’appareil de Robert Marien.» (rires) 

«C’est par des amis ambulanciers et premiers répondants que j’ai appris le manque criant de DEA. En faisant mes recherches, j’ai su que Cœur + AVC et La Fondation Jacques-de-Champlain faisaient chacune une campagne pour en accroître le nombre. En devenant porte-parole, je les ai unis pour qu’ensemble, on ait plus de poids pour faire adopter cette loi le plus vite possible.» 

Ces appareils, publics ou privés, doivent être inscrits dans le registre DEA-Québec. Cela permet de localiser, par ordinateur ou en passant par l’application mobile, l’emplacement du défibrillateur le plus près. «Dans ma tour à condo, il n’y en a pas. J’en ai parlé au conseil d’administration. Il n’y en a pas non plus dans les deux gyms où je m’entraîne. Idéalement, là où il y a un extincteur, il devrait y avoir un DEA. Il faut qu’ils soient atteignables en moins de trois minutes.»

Goûter à la vie plus que jamais
Le 5 mai, sept mois exactement après avoir failli mourir subitement, Robert Marien pourra fêter ses 67 ans entouré de sa conjointe, Johanne, de ses deux enfants, Vincent-Gabriel et Laurence, et de son petit-fils, Edouard, trois ans et demi. «Quand cela nous arrive, tout ce qui se passe après est un bonus. Chaque bouchée goûte meilleur, chaque rencontre et chaque chose que je fais est précieuse, car elles auraient pu ne jamais avoir lieu. J’ai toujours aimé l’action et je ne pense pas que ça changera. Je vais continuer de mordre dans la vie comme je le faisais. J’ai recommencé à m’entraîner et à patiner. J’ai toujours aimé dépasser ma zone de confort, en respectant mes limites. Mon appréciation est davantage sur le plan de la qualité que de la quantité. Je vois devant moi d’infinies possibilités.» 

D’ailleurs, le chanteur et acteur reprendra en juillet, en alternance avec Daniel Lavoie, le rôle de Frollo dans Notre-Dame-de-Paris au Lincoln Center de New York, où il dirige aussi les chanteurs et la production à titre d’assistant metteur en scène. Suivra une tournée qui fera escale à Montréal et à Québec au mois d’août.  

De l’importance d’agir  

  • Chaque année, au Canada, 45 000 personnes font un arrêt cardiorespiratoire (ACR), soit un toutes les 12 minutes. On estime que 85 % des ACR se produisent hors des centres hospitaliers. 
  • À la différence de la crise cardiaque, l’ACR est causé par un dérèglement de l’activité électrique du cœur. 
  • Dans le cas d’une mort subite, chaque minute sans traitement amoindrit les chances de survie de 7 à 10 %, d’où l’importance d’avoir accès à un défibrillateur externe automatisé. 
  • Le Québec en compte 27 par 100 000 habitants, il occupe l’avant-dernière place au pays quant à la disponibilité de ces appareils. 
  • Un DEA coûte entre 1200 et 2500 $ l’unité.  

(Source: Fondation Jacques-de-Champlain)

Pour se renseigner sur le DEA, allez à dea.jacquesdechamplain.com. Le site contient de l’information sur l’arrêt cardiorespiratoire, tout comme celui de la Fondation Cœur + AVC (coeuretavc.ca). Robert est aussi porte-parole de La Fondation des pompiers du Québec pour les grands brûlés (fondationdespompiers.ca).

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