Voici pourquoi Mariloup Wolfe désire préserver son jardin secret | 7 Jours
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Voici pourquoi Mariloup Wolfe désire préserver son jardin secret

Image principale de l'article Pourquoi elle désire préserver son jardin secret
Photo : © Julien Faugère / TVA Publications

Une lumière magnifique s’est installée à l’extérieur. C’est le printemps sur la rue Clark, à Montréal. En entrant dans le loft où nous avons rendez-vous, les yeux bleu azur de Mariloup me font le même effet que ce soleil d’avril. L’artiste multidisciplinaire est assise sur la chaise de maquillage. Elle m’accueille avec cet air de gamine qui ne l’a jamais quittée. Attiré par sa zénitude, je viens tout de suite m’installer en face d’elle et, comme si de rien n’était, notre entretien a déjà commencé. Rencontre avec une femme allumée et bienveillante.

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Mariloup, j’ai l’impression que tu t’es faite plus discrète ces derniers mois, est-ce que je me trompe?
Effectivement, je crois que j’ai longtemps eu l’image de la fille ouverte et facile d’accès, mais je dirais que je suis volontairement devenue plus discrète. Il faut dire que les années de pandémie ont, pour ma part, été plus propices à la discrétion. 

Ta vie personnelle ne se retrouve pas non plus sur les réseaux sociaux...
Ça ne m’intéresse pas vraiment et, en plus, je n’aurais pas envie de gérer tous les commentaires. (rires) Mais ta question me fait réfléchir, et je crois que j’ai évolué en ce sens et que je suis devenue plus discrète. J’ai aujourd’hui envie de garder précieusement mon jardin secret et je ne veux plus tout partager; que ce soit ma vie amoureuse, mes moments plus intimes et même mes opinions. La société actuelle me freine en ce sens.

Qu’est-ce qui t’anime en ce début de printemps?
J’ai beaucoup de chance. Je suis très occupée et ça me réjouit. Je suis en plein dans la série documentaire Le grand move, qui m’a amenée à voyager partout au Québec. Je dois livrer les 10 épisodes très bientôt et je travaille aussi en postproduction sur le film que j’ai tourné l’été dernier à Québec, intitulé Arlette

Est-ce que c’est un choix de te retrouver plus souvent derrière les caméras?
Non seulement c’est un choix, mais c’est aussi un désir ardent. Ce rêve d’être réalisatrice, je le caresse depuis tellement longtemps! J’ai fait ma place petit à petit et je mesure ma chance à chaque nouveau projet.

Il y a donc moins de place pour la comédienne?
Lorsqu’un projet de film ou de série arrive dans ma vie, j’en ai pour une année complète, alors je ne peux rien y faire entrer d’autre. D’une certaine façon, ça a donc laissé moins de place pour le jeu. Mais si une proposition arrivait, je prendrais le temps de bien analyser le tout, car j’aime encore jouer.

Ça ne te manque pas trop?
À vrai dire, quand je tourne les pubs pour Chevrolet, c’est mon petit bonbon! C’est tellement plus facile que la réalisation! Je ne porte pas plein de chapeaux et je me fais «poupouner»! (rires) La discrétion des dernières années vient peut-être du fait que je suis beaucoup plus derrière la caméra, maintenant.

Photo : © Julien Faugère / TVA Publications


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Quelle est la différence entre ton métier de réalisatrice et celui d’actrice?
La réalisation, c’est un métier vraiment complet. Je suis impliquée dès les balbutiements des projets. J’ai l’impression d’être très créative: choisir la distribution, l’équipe, l’esthétique du film, etc. Je suis une fille d’équipe et j’adore tous ces aspects du travail de réalisatrice, qui me nourrissent énormément.

Quelles sont les différences avec ton métier d’actrice?
Le cerveau du réalisateur doit être multiple; 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ça m’habite tout au long du projet et, à tout ça, on ajoute une immense pression. Le métier d’actrice peut aussi être stressant, mais je me concentre sur une seule chose: mon personnage. Aller en profondeur pour être la plus près possible de ce personnage. 

C’est une préparation qui se fait de façon plus solitaire?
Oui. Le métier d’acteur est, selon moi, plus solitaire que celui de réalisatrice. Si un jour, par exemple, je n’arrive pas à jouer correctement la scène qui m’est demandée comme actrice, le réalisateur a beau me donner plein d’outils pour y arriver, si je n’excelle pas, je suis toute seule au monde. Mais que ce soit dans une profession ou dans l’autre, ce sont des métiers où on doit beaucoup s’impliquer. Mais je crois que j’ai réussi à trouver un équilibre pour m’investir sans toutefois m’abîmer.

Comment vont tes enfants, Miro et Manoé?
Ils grandissent tellement vite! Manoé aura 12 ans très bientôt et il entrera au secondaire en septembre. C’est un passage très important dans sa vie. Il est totalement passionné par les jeux vidéos... À mon grand désespoir! (rires) Mais je dois dire qu’il se valorise beaucoup à travers ça et qu’il est très bon! Mon plus jeune, Miro, est un passionné de soccer; c’est toute sa vie.

Quel genre de mère es-tu?
Je serais très curieuse d’entendre mes enfants répondre à cette question! (rires) Je dirais que je suis moitié autoritaire, moitié conciliante. Mon humeur dépend des périodes; j’ai parfois moins de patience, et répéter toujours la même affaire finit par m’irriter! 

Bienvenue dans le club! (rires)
Autrement, je te dirais que l’école, c’est très important pour moi! Alors je suis sévère en ce qui concerne les devoirs et les travaux scolaires. Je suis la responsable du côté académique et de tout ce qui touche aux activités parascolaires et j’adore ce rôle. L’éducation ouvre toutes les portes du possible et je veux que mes garçons y aient accès.

Es-tu exigeante?
Pas vraiment. Je ne veux pas mettre de pression sur les enfants. Ce que je demande, c’est qu’ils soient au-dessus de la moyenne!

Quelle est ta relation avec eux?
J’ai des garçons vraiment «colleux»! Tous mes amis me disent que je suis chanceuse. Je fais beaucoup d’activités avec eux.

Ils ne sont pas encore à l’âge d’avoir honte de leur mère?
Mon plus vieux a commencé ça! Je ne peux plus aller le reconduire devant l’école! Mais, en même temps, la semaine passée, j’étais accompagnatrice pour une activité avec sa classe et je me suis volontairement placée derrière le groupe pour le laisser avec ses amis. À ma grande surprise, c’est lui qui est venu me rejoindre et il m’a collée tout au long de l’activité.

Photo : © Julien Faugère / TVA Publications


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Quelle est la valeur fondamentale que tu veux transmettre à tes garçons?
Le respect, la gentillesse et l’empathie sont les valeurs les plus importantes que je veux leur transmettre. Je veux aussi qu’ils soient heureux dans ce qu’ils choisiront de faire dans la vie. Je leur enseigne du mieux que je peux qu’on peut être maître de ses choix et que si, en cours de route, on se rend compte qu’on n’a pas fait le bon, on peut toujours en faire un autre! Les voyages demeurent aussi un legs très important pour moi. J’ai beaucoup voyagé avec mes parents lorsque j’étais enfant et je fais de même avec mes fils. 

Où êtes-vous allés ensemble?
Je n’ai pas encore fait de grands voyages avec eux, mais nous sommes souvent allés au bord de la mer. J’ai promis deux voyages à chacun de mes fils; un à 6 heures d’avion à l’âge de 12 ans, et un autre à l’âge de 18 ans, où ils veulent, n’importe où dans le monde. Manoé aura donc droit à son premier voyage seul avec moi cette année.

Où veut-il aller?
Il est mêlé. Pour le moment, il aimerait aller à Londres, mais ça peut changer! Miro veut aller au Portugal, pour voir un match de soccer bien évidemment! (rires)

Qu’est-ce que tu lances dans l’univers côté carrière?
J’aspire à faire des projets à l’étranger, mais plus à moyen terme.

Comme réalisatrice?
Oui, comme réalisatrice. Je me rends compte que le côté actrice n’est plus très présent dans mon esprit!

Pourquoi à l’étranger?
Pour avoir plus de moyens, ce qui me permettrait de créer encore plus. Mais tant que mes enfants seront jeunes, je ne quitterai pas le Québec. Déjà que je trouve parfois difficile de beaucoup travailler l’été alors qu’eux sont en vacances... Éventuellement, j’aimerais avoir un seul beau projet par année et pouvoir être avec mes enfants le reste du temps. 

Quel genre de réalisatrice es-tu?
Je mise beaucoup sur l’harmonie et la gentillesse. J’aime diriger avec bienveillance, autant les comédiens que mon équipe technique et artistique. Comme je suis comédienne, j’ai connu toutes sortes de plateaux et j’essaie de reproduire les climats de travail que j’ai aimés. C’est primordial pour moi de créer une atmosphère où je pourrai aller chercher le meilleur de tout un chacun.

L’harmonie semble importante pour toi...
Avec les années, j’ai repoussé toutes mes relations toxiques et énergivores. J’essaie de choisir un climat harmonieux et positif, quitte à passer à côté d’un contrat qui aurait pu être payant pour moi, dans tous les sens du mot.

L’amitié féminine semble aussi importante pour toi. Tu fais partie d’un groupe de filles qui se voient régulièrement. Qu’est-ce que tu vas puiser dans ces amitiés?
Principalement le rire et la folie! Ces filles-là m’amènent dans une autre zone qui me sort de mon quotidien. Notre symbiose a été créée pour avoir du plaisir.

Uniquement pour ça?
Non. Pour le magasinage aussi! (rires) Et peut-être aussi un peu pour le potinage! (rires) Mais, sérieusement, le but de nos rencontres est axé sur le plaisir pur et simple. Ces amies me font du bien. On ne fait pas toutes le même métier, mais on gravite dans le même univers. On se comprend. Je les aime!

Tandis que je me préparais à partir, Mariloup est allée rejoindre presque à la course Julien, le photographe, qui la réclamait. On a tellement jasé que la belle lumière présente dans le studio s’estompait peu à peu. C’est toute de blanc vêtue qu’elle est apparue devant l’objectif du photographe. «Ne t’en fais pas pour ta lumière, Julien! Elle en a tellement à l’intérieur d’elle que tu pourrais la photographier de nuit, sans flash!» J’ai quitté la pièce dans un éclat de rire général et mon regard s’est tendrement posé sur cette humaine incroyable qui, malgré toutes ses réalisations exceptionnelles, aura toujours cet air de gamine.

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