Un tour du monde en 8 porte-bonheur | 7 Jours
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Un tour du monde en 8 porte-bonheur

Petit tour d'horizon des traditions censées éloigner le mauvais œil ou apporter chance et fortune.

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Japon
«Chat» va bien aller!
Le maneki-neko, un porte-bonheur japonais, est une statuette représentant un chat dont une des deux pattes avant est levée comme s’il vous saluait. On dit que si la patte gauche est levée, il attirera des clients aux commerçants, et si c’est la patte droite, il apportera le bonheur en général. 

Il existe plusieurs variantes de la figurine, qui peut avoir une, deux, voire jusqu’à quatre pattes levées et qu’on peut aussi trouver en différentes couleurs, chacune ayant une signification particulière qui accordera tantôt la protection contre des esprits maléfiques, tantôt la richesse, en passant par la pureté et la santé.

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Turquie
Œil pour œil...
Destiné à conjurer le mauvais œil, le nazar boncuk a la forme d’un œil et est fait de pâte de verre généralement teinte en bleu. Or, quel est ce mauvais œil au juste? Il est question ici d’un regard malveillant, inspiré par l’envie ou la jalousie, qui pourrait apporter des conséquences dramatiques dans la vie de celui qui se trouve visé. Cette amulette, qui se veut une protection contre les personnes mal intentionnées, trouve son origine en Turquie, où on la porte quotidiennement en bijou, mais elle peut aussi être accrochée au-dessus de la porte d’entrée.

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Italie
Petite corne deviendra grande
Raide, creux, tordu, pointu et fabriqué à la main pour que les influences positives de ceux qui le créent accompagnent la personne qui le porte: c’est ainsi que la tradition napolitaine définit le cornicello, communément appelé «cornet porte-bonheur» et dont les origines remonteraient au néolithique! 

Aujourd’hui associé à la ville de Naples, où on le trouve dans toutes les tailles et à des prix qui conviennent à toutes les bourses, cet objet de superstition qu’on relie à la virilité, à la fertilité et au bien-être est aussi censé éloigner le mauvais œil. Par contre, gare à celui ou celle qui voudrait s’en procurer un: il doit être offert pour «fonctionner».

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États-Unis
Dilemme pour superstitieux
C’est bien connu: le fer à cheval, qu’on associe surtout aux États-Unis aujourd’hui, est synonyme de chance. Ce qui l’est moins, c’est que la bonne fortune qui le caractérise trouve différentes origines... qui remontent même jusqu’à la Grèce antique! 

L’explication la plus courante qui justifie sa vertu de porte-bonheur provient toutefois d’une légende anglaise qui part du Xe siècle et met en scène un maréchal ferrant nommé Dunstan. Lors de la visite d’un homme qui voulait que Dunstan lui fixe des fers à ses pieds, celui-ci aurait rapidement reconnu en lui le diable grâce à ses sabots de bouc et il aurait habilement déjoué le Malin et même réussi à lui faire promettre de ne jamais pénétrer dans un lieu où la porte d’entrée serait surmontée d’un fer. C’est ainsi que suspendre un fer à cheval au-dessus de sa porte serait devenu un symbole de chance et de protection contre les mauvais esprits. 

D’autres débats ont aussi cours quant à la façon de l’accrocher: vers le haut pour que la chance ne tombe pas ou vers le bas pour la répandre? Sachez également qu’un «vrai» fer chanceux comporte sept trous – sept étant le nombre chanceux par excellence –, alors que la plupart des chevaux sont ferrés à l’aide de huit clous. Enfin, gardez en tête que, à l’époque, il fallait trouver le fer à cheval pour qu’il soit chanceux, ce qui voudrait dire qu’il fallait déjà une énorme dose de chance pour tomber par hasard sur un fer perdu!

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France
Merde alors!
C’est évidemment notre première réaction (polie) quand on met le pied sur une crotte de chien gisant sur le trottoir ou ailleurs. Et il ne faut pas oublier le chapelet de jurons qu’on lancera assurément par la suite en essayant de nettoyer la chaussure souillée! En France, toutefois, la conséquence sera différente selon le hasard du pied qui ira à la rencontre du caca: si on y met le pied droit, on sera victime de malchance, mais si on y met le pied gauche, il s’agit d’un jour de chance! On dit même que marcher du pied gauche dans une crotte de chien, c’est humilier le Mal. Mais attention! Pour que le sort fonctionne, ce geste ne doit jamais être prémédité!

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États-Unis
Accrocher ses dés
Accrocher des dés en peluche est aujourd’hui considéré comme un geste kitsch, mais il en était tout autrement dans les années 1950 et 1960. Il faut savoir que cette idée vient du fait que durant la Deuxième Guerre mondiale, les pilotes s’envolaient pour des missions avec souvent peu de chances d’en revenir. Ils emportaient donc un porte-bonheur pour tenter de forcer la main du destin, et les objets comme les cartes à jouer et les dés étaient, semble-t-il, fort populaires. C’est donc l’idée qui, à la base, était derrière la mise en marché de ces dés, qui ont rapidement gagné en popularité. Signe que les dés ne sont peut-être plus aussi chanceux qu’à l’époque, aujourd’hui, dans certains États comme le Nevada, le New Jersey ou la Californie, et même dans des pays comme l’Angleterre et l’Australie, un conducteur peut recevoir une contravention s’il y a des dés en peluche accrochés au rétroviseur de la voiture qu’il conduit!

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Chine
Voir un crapaud d’or à la pleine lune
Le jin chan, qui signifie littéralement «crapaud d’or» en chinois, est représenté par une grenouille chinoise avec une seule patte arrière et des yeux rouges, qui est assise sur des pièces de monnaie et en tient une dans sa bouche. 

Le mythe entourant cette créature, qui porte aussi souvent sept pierres précieuses sur son dos dans sa version offerte chez les marchands de bonne fortune, veut qu’elle apparaisse durant la pleine lune près de maisons ou de commerces censés recevoir de bonnes nouvelles, ce qui fait allusion à la richesse. Sachez aussi que le jin chan symbolise également le flux de l’argent en feng shui. Il ne doit donc pas faire face à la porte principale d’une demeure ni être placé dans la salle de bain, la chambre à coucher, la salle à manger ou la cuisine.

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Égypte
(Re)naître dans la merde
Les premières traces d’amulettes sur lesquelles était gravé un scarabée remonteraient à plus de 2000 ans avant J.-C., dans l’Égypte antique, où l’insecte représente le dieu Khépri, symbole de la renaissance du Soleil. Pour les Égyptiens, le petit coléoptère symbolise la renaissance, l’immortalité et la longévité ainsi qu’ une protection contre le Mal. 

Devrait-on faire un lien entre le fait que le scarabée sacré est connu pour rouler une boule d’excréments jusqu’à un terrier afin d’y pondre un œuf et l’idée que mettre le pied dans la merde porte chance? La question est posée!

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Thaïlande
Le membre honorable
Le palad khik, une représentation phallique de Shiva, est un symbole animiste de fertilité. De nos jours, les Thaïlandais le portent retenu à la taille par un cordon placé sous les vêtements et excentré du vrai pénis afin d’attirer les femmes, d’augmenter leur chance au jeu et de se protéger contre les objets dangereux comme les balles et les couteaux. Certains porteraient même plusieurs palad khik à la fois pour augmenter leur chance. Des femmes en gardent aussi dans leur sac à main en guise de protection contre un viol ou une agression. Certains propriétaires de commerce disposent un palad khik dans leur magasin, voire dans la caisse enregistreuse pour attirer la chance et les ventes.

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Pologne
Bien jouer ses «carpes»
Selon une tradition polonaise qui est également répandue en Slovaquie et en République tchèque, les écailles d’une carpe qui est mangée à l’occasion du repas de Noël apportent le bonheur pour une année entière. Il faudrait toutefois laisser le poisson en question nager dans la baignoire jusqu’au moment du repas. Une fois la carpe mangée, chaque convive gardera une écaille dans son portefeuille ou dans sa poche. 

Il faut cependant noter que ce porte-bonheur n’est pas recommandé aux étourdis qui ont tendance à perdre des choses, car la tradition veut aussi que celui ou celle qui perd son écaille soit frappé de malchance jusqu’au prochain repas de Noël. Bref, jouez bien vos «carpes»!

Briser la malédiction du miroir... brisé
Quand on évoque la chance, l’idée de la malchance n’est jamais bien loin. Et le porte-malheur par excellence est sans doute le miroir brisé. Cette croyance selon laquelle casser un miroir est synonyme de mauvaise fortune remonterait à l’Antiquité, mais c’est avec les Romains, qui croyaient aux cycles de vie de sept ans, qu’est né le fameux concept – parvenu jusqu’à nous – des «sept ans de malheur». 

Or, ces mêmes Romains avaient des solutions pour conjurer le mauvais sort à la suite d’un accident avec un miroir: enterrer celui-ci par une nuit de pleine lune, prendre tous les morceaux et les jeter dans une eau trouble ou encore réduire les morceaux en poussière de sorte qu’ils ne puissent plus refléter quoi que ce soit! 

D’autres moyens – aux origines plus floues – sont aussi proposés, comme laisser les morceaux en place durant sept heures avant de les ramasser, allumer sept bougies le soir même et les éteindre d’un seul souffle sur le coup de minuit ou encore toucher une pierre tombale avec un morceau du miroir maudit!

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