Mitsou est à un tournant de sa carrière | 7 Jours
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Mitsou est à un tournant de sa carrière

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Photo : Eric Myre

Mitsou la chanteuse n’a pas souvent monté sur scène au cours des dernières années, mais elle l’a fait à Star Académie, alors qu’elle était la directrice artistique d’un des Variétés. La créatrice en elle a pris un plaisir fou à monter ce numéro, et elle pourra continuer de s’épanouir en ce sens au sein de la compagnie qu’elle a récemment acquise avec son conjoint. À 51 ans, l’artiste et entrepreneure a encore bien des projets en tête, malgré une feuille de route déjà bien remplie.

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Mitsou, qu’est-ce qui t’a amenée à accepter cette invitation de Star Académie?
Au-delà de mon amitié avec Jean-Philippe Dion, c’est aussi une belle proposition et un grand privilège de pouvoir monter un tel numéro. J’aime les émissions de variétés à la télévision. Ça me branche, et je trouve qu’il n’y en a plus assez... Moi, j’ai connu les belles années de la télévision, j’ai eu la chance de vivre à l’époque d’Ad Lib, de Sonia Benezra, de Laser 33-45, sans oublier Musique Plus! Tout ça me manque... Donc, quand l’occasion est passée, j’ai sauté dessus! Ça faisait partie de mes fantasmes. En plus, on ne me proposait pas seulement le statut d’artiste invitée, mais de directrice artistique! Ce qui me plaisait aussi, c’est de pouvoir partager mes connaissances avec les jeunes et leur donner de précieux conseils, comme j’en ai moi-même reçu à leur âge.

De qui recevais-tu des conseils à l’époque?
J’ai de bons souvenirs de Danielle Oderra, qui venait souvent m’encourager quand nous étions ensemble sur un plateau, tout comme d’Andrée Boucher, qui était d’une gentillesse remarquable avec moi. Elles m’encourageaient beaucoup et me donnaient de bons conseils. Même chose pour Dominique Michel; elle m’amenait parfois des vêtements (son ménage de garde-robe, qu’elle m’apportait dans des sacs verts!), que je m’amusais à transformer. D’ailleurs, j’ai encore certains de ces vêtements aujourd’hui... Bref, j’ai eu envie de partager avec les Académiciens à mon tour. J’ai eu un grand plaisir à travailler avec eux. Dès que je les ai vus en audition, j’ai été charmée, et je savais où je voulais amener chacun d’eux pour ce numéro. Cette soirée a été un moment magique: je suis émue du résultat. Je n’oublierai pas de sitôt ma rencontre avec ces jeunes-là et avec toute l’équipe de Star Académie, qui a rendu tout ça possible. Il y a vraiment eu une osmose entre tout ce beau monde.      

Tu refuses généralement de ramener la chanteuse à l’avant-plan. Ç’a été comment pour toi de prendre le micro le temps d’un tour de chant? Quand j’ai quitté la radio l’année dernière, je voulais faire une pause. Finalement, j’ai commencé à recevoir des demandes de la télévision pour Mitsou la chanteuse, et j’ai fait de la place à ça. J’ai chanté avec Cœur de pirate, avec Rita Baga, c’était fou! Les choses sont arrivées comme de petits cadeaux. C’est la vie qui m’offre ça, et je trouve que ça fait du bien, une pause de mon image de mère et d’entrepreneure. Je pense que, des fois, on devient trop sérieux, et ça nous éteint à l’intérieur. Le fait de remonter sur scène me permet de revenir à la source, de revivre cette époque, mais d’une manière différente, de façon plus intègre, grâce à l’expérience que j’ai. 

Avec le recul, quel regard poses-tu sur la Mitsou de l’époque?
Je pense que c’était la meilleure époque pour moi pour créer. À mes tout débuts, à 17 ans, je n’étais pas encore entrée dans le monde des adultes, alors j’avais une naïveté qui me permettait de croire que je pouvais réinventer le monde. Cette naïveté-là était nécessaire pour faire des choses qui sortaient de l’ordinaire. Après ça, il y a la vie et l’expérience qui entrent en ligne de compte, et ça change les choses. Je pense aussi qu’il faut avoir un bon entourage quand on se lance dans ce milieu. D’ailleurs, quand je pense aux Académiciens, je les trouve chanceux, parce qu’ils sont bien entourés et ils évoluent dans un environnement sain. Moi aussi, j’ai été chanceuse, mais ce ne sont pas tous les artistes qui tombent entre de bonnes mains... 

Photo : Eric Myre


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Aurais-tu fait Star Académie, toi?
Jamais de la vie! J’en serais morte! Moi, il fallait que je fasse les choses à ma manière, je n’étais pas malléable. C’est d’ailleurs pour ça que je suis passée de comédienne à chanteuse. Quand j’étais enfant, je jouais dans le téléroman Terre humaine depuis quelques années et, un jour, je me suis fait couper les cheveux et je les ai fait teindre en orange sans demander ou même le mentionner à l’autrice, Mia Riddez, ni à la production. Un vrai... coup de tête! Ça n’a pas passé... J’avais besoin d’avoir accès à une créativité totale, et mon rôle de jeune fille sage dans ce téléroman nuisait à ça. Ensuite, j’ai pris exemple sur Carole Laure et David Bowie, car ils faisaient de la musique leur priorité, puis ils choisissaient des rôles au cinéma qui leur permettaient d’aller plus loin dans leur art.

À l’époque, on te prédisait une carrière internationale et on te comparait même à Madonna, puis tout s’est arrêté. Qu’est-il arrivé? As-tu des regrets?
Je pense que j’ai besoin de 10 ans encore pour répondre à cette question franchement. Je sais que je vais trouver la réponse un jour, que je n’ai pas vécu cette aventure de signer avec une des filières de Disney et d’avoir produit un album américain pour rien, mais je dois encore y réfléchir. C’est certain que j’ai vécu des déceptions et de la tristesse. Il se passait tellement de choses dans ma vie durant cette période! Et puis, ça joue dur dans le monde de la musique. Parfois, on se retrouve mis de côté par une compagnie de disque, mais ce n’est pas nécessairement parce que ce qu’on fait n’est pas bon, au contraire. C’est un milieu dans lequel il y a beaucoup de compétition et des enjeux insoupçonnables. Une chose est certaine: cette expérience me sert pour accompagner les artistes avec qui je collabore au sein de notre compagnie, Ray-On. 

Le Variété de Star Académie a-t-il allumé en toi le désir de refaire de la musique un jour?
Pas en ce moment, non. Mais si je me lançais, je ferais de la musique brésilienne ou du jazz. Ce ne serait rien de sérieux: un petit projet avec des amis, pour le fun, et je chanterais dans des salles de 40 personnes maximum! Donc, je pourrais le faire pour le plaisir. Mais je ne referais pas ce que j’ai fait à l’époque, avec la pression que ça implique. C’est derrière moi tout ça. Le milieu de la musique a trop changé, et j’ai donné.

Est-ce que l’aspect artistique du métier te manque?
Oui, mais Iohann et moi venons d’acheter la compagnie Ray-On, une maison de développement d’artistes et de services musicaux, alors je pense que mes élans artistiques seront pleinement comblés! Dès que les premiers employés sont arrivés au bureau, je savais que ma vie venait de changer! Grâce à ce nouveau projet, je me retrouve avec des passionnés de musique, qui soutiennent la carrière des artistes. Ils sont comme nous des passionnés de musique à l’image (pour des films, des séries et des publicités). Nous collaborons avec des musiciens entrepreneurs qui aiment voir à leurs affaires et à qui nous offrons des services à la carte. Je sais que je vais m’amuser avec cette gang de musiciens ferrés. Leur sensibilité face aux artistes est si forte que je saute dans cette aventure à pieds joints. C’est un retour aux sources pour moi. Ça met un peu la femme d’affaires à l’arrière-plan, mais de la bonne manière. Je vais m’organiser pour que les artistes qu’on représente soient bien entourés et accompagnés. Je vais aussi faire de la direction artistique.

Ta fille Stella-Rose souhaite faire de la musique. Qu’est-ce que ça te fait?
Je suis contente, et ça ne me fait pas peur du tout. Ma fille est passionnée par son art, soit la musique classique, et je veux juste qu’elle s’amuse, qu’elle se trouve et qu’elle crée. Je suis là pour la soutenir et l’aider. Elle en est à sa première année au conservatoire, et si elle décide de poursuivre ça en Europe ou à New York, je ne vais pas être très loin. Ma plus jeune, Mila, aimerait étudier en droit et en finances afin de pouvoir reprendre un jour les rênes de l’entreprise. Elle ne s’intéresse pas tant aux projecteurs. 

Eric Myre


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L’année dernière, après ton départ de la radio, tu me disais que tu voulais te reposer. As-tu réussi?
Pas vraiment! Il y a deux semaines, c’était le premier week-end depuis longtemps où je n’avais pas à gérer les rénovations de notre chalet. Donc, je confirme que je n’ai pas eu beaucoup de journées libres et que j’ai travaillé fort. Cela dit, la pause de la radio m’a quand même fait du bien, dans le sens où mon élan créatif est rendu ailleurs. Je pense que j’avais besoin de rebrasser la terre pour amener du nouveau dans ma vie.

Tu as mentionné que tu allais publier un livre l’automne prochain. L’écriture t’a-t-elle beaucoup occupée durant ta pause?
Oui. J’ai également écrit un projet de documentaire, continué d’écrire et de diriger Mitsou Magazine, et je travaille sur le développement d’un podcast. Là, je suis en train de terminer ce livre, mais je ne peux pas en dire plus pour le moment, sinon que j’ai très hâte de le présenter au public cet automne.

Te voilà à 51 ans. Est-ce difficile pour toi de vieillir?
Ce n’est pas trop pire. C’est beaucoup plus à 45 ans que ç’a été difficile pour moi. On dirait qu’à cet âge, tout m’agressait. J’avais l’impression de devoir revenir à mon essence. C’est important de revoir nos valeurs, pour ne pas se perdre dans la maternité ou en tant que couple. On dirait qu’à 51 ans, je suis en train de me retrouver, je reprends un peu de mon identité. Je redeviens Mitsou. Mes filles sont plus grandes, j’ai plus de temps pour prendre soin de moi, je sais plus mettre mes limites et définir ce que je veux. Parfois, il y a comme un rugissement à l’intérieur de nous qui fait qu’on change de perception par rapport à qui on doit être en tant que femme et parent. Je prends soin de moi tant physiquement que mentalement. 

As-tu été la maman que tu pensais être?
Non, pas toujours. J’aurais aimé être encore plus présente, mais mes différentes occupations m’en empêchaient. Mon cœur était souvent scindé en deux, mais je sais que c’est le lot de bien des femmes qui sont sur le marché du travail. Je pense que j’ai contribué à véhiculer l’idée que c’est possible de tout faire en même temps, alors que je sais que ce n’est pas toujours vrai. La vie nous réserve parfois des surprises; je pourrais en parler longtemps! On apprend des choses comme ça. J’ai eu des discussions franches avec mes filles quand elles sont devenues plus grandes. Ça nous ramène une certaine vérité en pleine face. 

En terminant, de quoi seront faites les prochaines années pour Mitsou?
J’ai semé beaucoup de graines ces derniers temps, et je souhaite voir éclore tous ces beaux projets. Je veux récolter un peu de tout ça, lentement mais sûrement. Je veux prendre mon temps. 

Pour suivre ses activités et lire son magazine Web: mitsoumagazine.com.
Pour en apprendre davantage sur la compagnie Ray-On: ray-on.ca.

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