Frédéric Millaire-Zouvi s’ouvre sur sa carrière inattendue comme comédien | 7 Jours
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Frédéric Millaire-Zouvi s’ouvre sur sa carrière inattendue comme comédien

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Photo : Karine Lévesque

Pendant longtemps, Frédéric Millaire-Zouvi s’est convaincu qu’il allait devenir un scientifique. Pourtant, il faisait déjà du doublage à 10 ans et avait vu ses deux parents se consacrer à ce métier. Mieux encore: ses grands-parents étaient aussi des artistes. Après un petit détour par les sciences, Frédéric a reconnu que ce métier était pour lui et qu’il y ferait sa place... il y est parvenu.

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Frédéric, cet hiver, on a pu te voir évoluer dans deux rôles bien différents, dans 5e rang et Alertes...
Dans 5e rang, les auteurs me mettent au défi avec Jean-Michel, et ça me plaît. On voit de nouvelles facettes du personnage, mais sans jamais le dénaturer. Il est transparent et dit tout ce qu’il pense. Il continuera à se faire malmener... mais je ne peux pas en dire plus. Quant à Alertes, c’est un très beau projet. J’ai rarement eu à jouer dans une série policière au rythme effréné... C’est une série d’action très agréable à tourner. Je me sens entre de bonnes mains. J’aime beaucoup ce personnage qui me permet d’explorer quelque chose que je n’ai pas souvent joué. Manuel Audet est un agent qui n’accepte jamais un non. Il veut aller au bout de ses idées, quitte à contourner un peu les ordres officiels... C’est aussi un beau défi. Je joue avec Mylène St-Sauveur, qui est une actrice généreuse et agréable.

As-tu d’autres projets?
Outre 5e rang et Alertes, je serai aussi de la deuxième saison de Cerebrum. Je travaille beaucoup et je suis chanceux. Par contre, du côté de la scène, c’est autre chose. C’est un peu difficile pour le moral, mais je garde espoir. Je ne me plains pas, car je suis assez chanceux, mais je connais des artistes qui ont changé de carrière. 

Bertrand Calmeau

Photo : ©Dominique Perron Photo


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Il y a longtemps que tu pratiques ton métier?
Oui, car j’ai commencé à faire du doublage en 1995, à l’âge de 10 ans. C’est vraiment la voix qui m’a appris à jouer. C’est aussi de là qu’est né mon amour pour le cinéma. J’écoutais beaucoup de films. En sortant du Conservatoire, en 2009, j’ai fait un peu de télé, mais surtout du théâtre. Depuis quatre ans, il y a de la télé et du cinéma. Je suis très chanceux. La scène, c’est l’hygiène du comédien. C’est important d’avoir ces moments où tout le monde se rejoint, que ce soit au théâtre ou au cinéma. Ces moments de rassemblement sont tellement importants! J’ai appris le métier en allant en studio avec mon père, qui faisait du doublage et qui en fait encore. J’ai appris en observant. 

Parce que tu as deux parents acteurs, Anne Millaire et Alain Zouvi, as-tu très tôt eu envie de faire comme eux?
Jusqu’au cégep, je voulais être un scientifique. Je ne voulais pas être comédien. Je me suis battu contre ça. Ma principale envie était de devenir astrophysicien. J’ai fait des études en sciences, puis ç’a été plus fort que moi: j’ai eu l’appel pour ce métier. Avec le doublage et ce que je faisais depuis ma jeunesse, je me suis dit qu’il fallait que j’essaie et j’ai fait mes auditions pour entrer dans les écoles. J’ai été accepté au Conservatoire. Le destin a décidé pour moi. J’ai été chanceux d’être accepté, car peu de gens le sont. Il fallait que je fasse mon chemin. C’est le même monde que celui de mes parents, les mêmes gens, les mêmes artistes, les mêmes artisans, mais il fallait que je fasse les choses par moi-même et non à titre de fils de.

Il faut nécessairement faire la coupure avec ses parents, mais cette question revient régulièrement dans ta vie, je présume?
Oui et je n’ai pas de problème avec ça, car je n’ai que de l’amour pour mes parents. Je les admire pour ce qu’ils font, le chemin qu’ils ont parcouru, leurs qualités d’artistes et leurs qualités humaines. Beaucoup de gens qui ont connu mes parents ou qui ont joué avec eux me parlent d’eux. Toutes ces histoires sont précieuses pour moi, mais je les dissocie de mon parcours. Moi, je fais mes trucs.

En même temps, ton histoire est singulière: tu as aussi des grands-parents qui étaient dans ce milieu. Trois générations, c’est quand même rare...
C’est beau à voir, mais c’est quelque chose qu’on retrouve dans tous les métiers. J’ai des amis dans la construction qui commencent à suivre les traces de leur père en plomberie ou d’autres domaines. La seule différence dans notre milieu, c’est qu’il y a des traces. Nous sommes dans l’œil du public et nous sommes beaucoup comparés. Ça résonne beaucoup plus longtemps. Partout dans mon arbre généalogique, il y a des artistes. C’est merveilleux, mais ça confère une responsabilité de plus. Ça m’a donné envie d’aller plus loin que de juste gagner ma vie. J’ai appris de mes parents et je suis toujours à la poursuite de cela.      

Photo : Karine Lévesque


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Si tu as tardé à choisir ce métier, était-ce par besoin de te distinguer?
Oui, j’avais éliminé le métier. J’ai décidé de suivre mes propres instincts. La science m’a toujours habité et elle m’habite encore aujourd’hui. J’ai repris les études l’année dernière, mais j’ai dû abandonner, car je devais terminer des rénovations. Cela étant dit, je compte poursuivre mon parcours académique. On peut être plusieurs choses à la fois. Je consomme beaucoup de littérature scientifique. C’est ce qui m’attire. 

Ça te permet d’avoir une palette d’intérêts plutôt large?
Oui, et ça me servira toute ma vie. Je suis curieux. Quand je lis sur les trous noirs, je passe de belles soirées. Je fais aussi des travaux dans la maison. C’est une fierté personnelle. Pendant le confinement, c’était bien de pouvoir faire quelque chose de mes mains. C’est un très beau complément au métier. J’aime beaucoup me concentrer sur quelque chose de manuel. En ce moment, je reviens à la vie après avoir fait plusieurs travaux. Sinon, je suis à la maison à regarder des séries, à lire. J’aime jouer dehors, patiner. Actuellement, ce qui me manque le plus, ce sont les amis. Les rassemblements, les rencontres, le social me manquent. C’est une place difficile à remplir autrement. Mais on garde espoir. 

Alors que nous venons d’entamer une nouvelle année, qu’espères-tu pour la suite?
Je suis très chanceux, car je suis bien entouré sur les plans tant professionnel que personnel. Ce que je trouve le plus difficile, c’est de voir les problèmes de santé mentale, des gens qui se font violence à eux-mêmes. Ce ne sont pas les effets de la covid, mais des mesures. Je ne blâme personne, mais je constate les conséquences. Autour de moi, je vois des artistes déprimés, en dépression. Je trouve ça très difficile... Je voudrais que ce moment de crise permette d’avoir une discussion qui ouvre sur l’importance des arts, de la littérature, des créateurs québécois. Alors cette année, j’aimerais que le feu reprenne... 

Alertes, lundi 21 h, à TVA.
5e rang, mardi 21 h, à Radio-Canada.
La seconde saison de
Cerebrum sera offerte en 2022 sur Tou.tv Extra.

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