Après avoir vaincu la maladie, Dominique Michel savoure sa retraite | 7 Jours
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Après avoir vaincu la maladie, Dominique Michel savoure sa retraite

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Elle a 89 ans et sa voix est enjouée, avec les intonations qu’on lui connaît. Dominique Michel, dont on s’ennuie, va bien. Et ce n’est pas la pandémie qui a affecté son moral, parce qu’après son cancer et d’autres problèmes de santé, elle a appris à accepter les règles et à bien les suivre. «Je suis aussi très bien toute seule!»

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Dominique Michel a accepté pour une rare fois de retourner dans l’espace public afin de prêter sa voix — et son cœur — à une campagne de prévention du cancer du côlon, qu’elle a vaincu. Elle tient à informer les gens sur ce cancer silencieux «dont on n’aime pas parler» et veut surtout les encourager à faire des tests de dépistage précoce... 

Dominique, comment allez-vous?
Je vais bien. Évidemment, je suis toujours un peu au bord de l’abîme avec la maladie. Tout d’un coup, pow!, ça arrive, et tu es sous le choc. Mais depuis quelques années, ça se passe assez bien. Évidemment, j’ai été malade, j’ai été obligée d’arrêter, je ne me sentais plus la force ni l’énergie de travailler. 


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C’était d’ailleurs une belle surprise de vous voir le 31 décembre dans une publicité...
Je sais. Les gens m’ont appelée; on m’a dit qu’on était content de me revoir. Je ne m’en rends pas compte qu’on s’ennuie de moi, parce que je suis heureuse là où je suis. J’ai de bons amis que je vois depuis des années, je suis bien entourée et ça me suffit. En fait, dire que je m’ennuie, je ne connais pas ça. Je suis fille unique, j’ai toujours été habituée à être seule. Même lorsque j’ai étudié au Collège Sainte-Anne de Lachine, puis à l’École supérieure de musique et au Conservatoire,
je n’avais que quelques amis. J’avais surtout le piano pour m’accompagner. 

En effet, si on connaît tous la comédienne et chanteuse, bien peu de gens savent qu’elle était très douée au piano et qu’elle est une grande adepte de la musique classique. Elle me raconte avoir même gagné un concours qui lui a donné la chance de jouer sous la direction de Wilfrid Pelletier. «Je me rappelle que je m’appliquais pour bien jouer devant lui, et que je jouais très, très lentement. Trop! (rires) J’essayais de donner le meilleur de moi-même, mais les sœurs me faisaient de grands signes pour me dire d’accélérer.» Il y a quelques années, Dominique a dû se départir à regret de son piano à queue. Piano à queue et condo ne font pas bon ménage, semble-t-il. Elle se console en se disant qu’au moins elle l’a offert à un couple d’amis dont les deux enfants suivaient des cours.  

Vous ne jouez plus de piano et vous avez choisi la retraite. Ce n’est pas difficile?
Pas vraiment! (rires) Depuis que je suis très jeune, j’ai toujours beaucoup travaillé. Aujourd’hui, ça ne me manque pas. J’ai aimé tout ce que j’ai fait. Bon peut-être un peu moins la période des cabarets... (rires) Au Casa Loma, les gens venaient parler et boire plutôt que d’écouter les numéros que j’avais préparés! J’ai continué avec le Bœuf qui rit, avec Paul Berval, Jacques Laurin et Denise Filiatrault. Là, c’était différent! Il y avait surtout des étudiants, et ils savaient qu’ils devaient se taire avec Denise! Ç’a été le plus beau temps. C’est là que Denise et moi on s’est connues. Et on a vraiment eu du fun! Ça nous a menées à Moi et l’autre. On inventait les scènes et on faisait des scénarios. On savait ce qu’on voulait. C’était très agréable. 

Puis il y a eu d’autres émissions à la télévision, dont des Bye Bye et des galas Juste pour rire, autant d’expériences qui ont su la combler et qui font qu’aujourd’ hui elle jette un regard sans amertume sur le passé. Elle est simplement fière du chemin qu’elle a parcouru, des expé-riences qu’elle a vécues et des rencontres qu’elle a faites. Jamais, dans la conversation, il n’est question de ses grands succès, de sa popularité ou de l’affection du public envers elle. Elle le sait et l’apprécie, mais sa vie est ailleurs. Même si elle évoque son passé et ses anciennes amitiés, Dominique Michel ne tombe pas dans la nostalgie. Pour elle, la vie, c’est maintenant. Entourée ou en solitaire.

Photo : / ARTV


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La pandémie n’a donc pas été trop dure pour vous?
Non, ça s’est bien passé. Je ne vis avec personne, mais j’ai adopté une petite chatte qui a été abandonnée. Un de mes amis l’a trouvée dans la neige. Elle est fine comme une vraie personne! Elle a des taches un peu partout. Elle n’est pas très belle, mais elle est intelligente! (rires) Je suis très bien chez moi. Je marche, je lis beaucoup, je regarde des films. Je ne suis pas malheureuse une miette. Par ailleurs, j’ai vécu des années avec Henri Atlas, un chirurgien. J’ai été entourée de médecins toute ma vie et j’ai appris à écouter les conseils qu’ils nous donnent. Quand il est question de santé, si on te demande de ne pas faire telle ou telle chose, tu ne le fais pas. Si on te dit: «Tu ne vas pas là», tu n’as pas à essayer. Y’a pas d’essayage! (rires) Je l’ai appris avec la maladie. Tu écoutes ce qu’on te dit. Tu fais tes examens et tu te rends à tes rendez-vous. Ça se peut que tu attendes; c’est normal, il y a des urgences. Alors tu attends. Ce n’est pas plus grave que ça.

Parlant de maladie, vous avez accepté d’être ambassadrice d’une campagne de sensibilisation pour inciter les gens à faire le test de dépistage précoce pour le cancer du côlon.
C’est un cancer dont on ne veut pas trop parler. Ça fait peur aux gens, le cancer du côlon. On a des images pas agréables. Pourtant, au moindre signe, il faut consulter. Il ne faut surtout pas attendre. La campagne vise les gens de 50 à 74 ans. Même si les gens n’ont pas de symptômes — parce que c’est un cancer silencieux —, on veut qu’ils connaissent le test et qu’ils le fassent. On peut le faire à la maison en deux minutes. Ce n’est pas invasif du tout et ça peut sauver des vies. Moi, j’ai eu un gros cancer. Heureusement, je suis passée au travers. J’ai été opérée le 18 juin 2010. Disons que ça fait mal. Tu ne te lèves pas en courant! Ensuite, j’ai dû faire de la chimiothérapie, et je me souviens bien des dates: du 25 août 2010 au 25 janvier 2011. Toutes les deux semaines, j’allais en oncologie.

C’était une période difficile, j’imagine...
Je ne suis pas le genre de fille qui va déprimer. J’avais de bons médecins, je posais des questions et ils me répondaient. Je comprenais parfaitement ce qu’ils me disaient. Au fond, en étant malade comme ça, c’est comme si j’avais suivi un cours de médecine! Je suis rarement déprimée. Ça m’en prend pas mal pour me mettre à terre! Même lorsque mon père que j’adorais est décédé, j’ai tout de suite pensé aux bons moments qu’on avait vécus ensemble. La maladie ne m’effraie pas. Et il y a d’excellents médecins, de très bons chirurgiens. J’ai une grande amie, Denise Dion, qui est vraiment comme ma sœur. Son frère est urgentologue, et tous les membres de cette famille sont comme mes frères et mes sœurs. Denise est très présente. Avec elle, je n’avais aucune inquiétude.      

Et vous avez su garder le moral malgré d’autres problèmes de santé. À l’été 2018, on vous a implanté d’urgence un simulateur cardiaque, toujours à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, où vous avez été traitée pour votre cancer.
Oui, mais là je suis bien. J’ai été suivie et je suis correcte. Je ne vis pas dans la peur. Je profite bien de la vie. Maintenant, je fais les choses qui me tentent. Avec le temps, on apprend à faire le ménage et à s’aimer un petit peu plus. Si tu reçois une invitation et que l’idée te tombe sur les nerfs, pourquoi aller te faire suer pendant toute une soirée? On a le droit de dire non. En plus, je ne suis pas menteuse, alors je n’essaie plus de trouver des excuses. Si je me retrouve avec des amis et qu’on a parlé de tout ce dont on avait envie, je ne m’éternise pas. Je pars, et je le dis. Je suis comme un livre ouvert. Je ne me soucie plus de ce que les gens pensent ou disent. C’est libérateur. 

Alors, on peut dire que vous êtes heureuse?
Oui, très! Je fais juste ce que j’aime. Je prends soin de moi, de ma santé. Et comme je l’ai dit, j’ai mes amis, mes occupations, mon chat. Je ne m’ennuie pas. Tu sais, il ne faut pas s’inquiéter pour moi: j’ai encore du fun dans la vie!

Ensemble, détrônons le cancer du côlon

Ayant elle-même combattu cette maladie, Dominique Michel est ambassadrice de la campagne Ensemble, détrônons le cancer du côlon, aux côtés du chroniqueur sportif Alain Crête et de l’auteur-compositeur-interprète Ludovick Bourgeois, aussi porte-parole depuis le début. La campagne, qui souligne ses cinq ans d’existence, vise à sensibiliser la population au test de dépistage du cancer colorectal, qui est le deuxième cancer à faire le plus de décès au Québec. Le test RSOSi, qui se réalise en deux minutes, peut se faire à la maison, sans douleur, sans contrainte et de façon non intrusive.
Pour toute information, on consulte le www.detrononslecancer.ca.

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