Marc-André Grondin s’ouvre au public comme jamais dans ce nouveau projet | 7 Jours
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Marc-André Grondin s’ouvre au public comme jamais dans ce nouveau projet

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Sacha Bourque

Il n'avait qu'un an et son père portait déjà un micro à sa bouche pour enregistrer ses premiers mots. Puis, à trois ans et demi, il tournait ses premières scènes. S'il a accédé au statut de vedette avec C.R.A.Z.Y., Marc-André Grondin a passé sa vie sous l'oeil du public. Avec ses bons et ses moins bons côtés...

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Le rendez-vous est pris pour parler des quatre épisodes de la série La chaîne musicale qu’il animera à ICI Musique à compter du 13 mars. Mais, peu avant l’heure convenue, un communiqué nous annonce l’arrivée de Marc-André Grondin à la boîte de production Fairplay à titre de producteur et de collaborateur au développement. Voilà qui confirme un rôle qu’il joue depuis quelque temps déjà. «J’ai toujours eu le désir de partir des projets. Je suis quelqu’un de créatif. J’ai eu la chance de rencontrer le producteur Jean-Philippe Massicotte il y a quatre ans. Il m’avait dit: “Si tu as des idées de projets, n’hésite pas à m’en parler.”» En riant, Marc-André ajoute: «Depuis, je lui parle tous les jours!»

UNE DRAG-QUEEN POUR TOUTE LA FAMILLE
Sa motivation est de monter des projets que lui, le premier, aurait le goût de regarder et — pourquoi pas — en famille. Il cite en exemple Barbada, qui cible d’abord les jeunes, et qui sera disponible sur Tou.tv à compter du 29 mars. «Barbada est une drag-queen qui enseigne aussi la musique au primaire depuis 15 ans. Elle animera des capsules de huit minutes avec des artistes invités que, généralement, les parents connaissent. On a une liste d’invités extraordinaires, dont Klô Pelgag, Guylaine Tanguay, Ariane Moffatt et Normand Brathwaite. Barbada présente un instrument de musique différent dans chaque capsule. On s’est payé un beau trip pour faire un show qu’on aurait envie de regarder avec nos enfants.» Rappelons que Marc-André est le père de Zoé, 10 ans, et qu’en avril, le couple qu’il forme avec Sarah-Jeanne Labrosse embrassera son premier enfant. 

Revenons à Barbada. «Je voulais réunir parents et enfants devant la même émission. J’avais envie d’offrir ça aussi à mon enfant. Ça recoupe ce que mon père faisait: il a fait de la radio toute sa vie et, essentiellement, il a parlé du talent des autres en les mettant de l’avant. Grâce à la structure qu’on a chez Fairplay, je peux investir dans le talent de créateurs.»

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Collection personnelle

LE LEGS DE SON PÈRE
Tout ramène Marc-André Grondin à la musique, à la radio et à son père, Denis, qui a œuvré dans le domaine pendant 45 ans, avant de décéder en 2017, à 66 ans. Dans son avis de décès, il était écrit: «Si vous souhaitez exprimer votre soutien, des dons à la Fondation Evenko seraient appréciés en lieu et place des fleurs. La Fondation Evenko a pour but d’encourager les jeunes à pratiquer les arts de la scène en offrant, entre autres, des instruments de musique à des écoles publiques. Monsieur Grondin aurait souhaité voir des enfants développer la même passion que lui à travers l’apprentissage d’un instrument.» Et quelle est justement la mission de Barbada? Pour Marc-André, c’est une façon de reprendre le flambeau qu’a tenu son père tout au long de sa vie. 

Ce que Denis Grondin avait souhaité a été exaucé. Le 28 novembre 2018, Marc-André se rendait à l’école secondaire Daniel-Johnson, à Pointe-aux-Trembles, afin d’assister à la cérémonie de remise de 28 instruments neufs, d’une valeur de 25 000 $, aux élèves de l’établissement. 

Par le plus fortuit des hasards, ladite école est située dans le quartier où Marc-André a grandi. À cette occasion, son ancienne prof de 6e année était même venue le saluer. Et il avait pu échanger avec un paquet de jeunes qui lui posaient des questions sur son parcours. Et il s’est revu à leur âge... 

À leur âge, jamais Marc-André ne répondait «acteur!» lorsqu’on lui demandait ce qu’il souhaitait faire plus tard. «Pour moi, ce n’était pas une voie sérieuse. C’était plus un jeu qu’un métier. Ce n’était pas clair pour moi si je voulais faire de la radio mais, quand j’étais petit, j’avais mon petit stéréo à cassettes et j’enregistrais mes émissions de radio. J’ai grandi là-dedans.» Et les souvenirs qui y sont rattachés comptent parmi ceux qu’il chérit le plus.

LES ÉPINES D’UNE ROSE
Marc-André, qui fête ce 11 mars ses 38 ans, se décrit comme «un produit des années 1980». Il avait sept ans lorsqu’il a vu son premier spectacle. Il s’en souvient comme si c’était hier. «J’ai un lien spécial avec Richard Séguin, parce que c’est le premier show que j’ai demandé à aller voir. Quand Aux portes du matin est sorti, j’avais sept ans. On était allés le voir dans sa loge. Il avait un gros bouquet de roses. Il m’en avait donné une, mais je ne savais pas que ça avait des épines... Je saignais un peu du doigt, mais je ne voulais pas qu’il le voie.» 

C’est le genre d’histoires que Marc-André racontera au micro de La chaîne musicale à compter du 13 mars, le temps de quatre émissions de deux heures. «Au moins la moitié de mes souvenirs de musique sont reliés à mon père. Je ne lui dédierai pas de toune en particulier. Le seul fait de faire cette série est ma façon de lui rendre hommage.» 

La chaîne musicale lui permettra de faire voyager les auditeurs à travers une foule d’univers musicaux. «À ICI Musique, je peux faire jouer du jazz, du world... Il y a énormément de musique francophone qui a bercé mon enfance.» Et pourquoi pas une chanson pour enfants, un coup parti? C’est loin d’être exclu. «La première musique que j’ai entendue, c’est ma mère qui me l’a chantée. Elle connaît toutes les comptines. Elle les a aussi chantées à ma fille.»

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FAIRE CONNAISSANCE
La chose qui en surprendra plus d’un: par le biais de ces huit heures seul à l’antenne, Marc-André Grondin souhaite se présenter aux auditeurs. «Ce n’est pas tout le monde qui me connaît et qui sait d’où je viens. Il y a un côté autobiographique à ce concept-là. Je veux faire découvrir ou redécouvrir, peut-être, de la musique qui m’a accompagné dans ma vie. Ça va être lié à des anecdotes et à des moments personnels.»      

Le journaliste est le premier surpris de cette volonté et partage son étonnement: «Est-ce qu’il n’y a pas un paradoxe dans le fait qu’en entrevue vous ne voulez pas parler de votre vie privée, mais que vous allez passer huit heures au micro pour conter votre vie?» Il éclate de rire, puis il répond: «Il y a un plus grand laisser-aller quand on a le contrôle du contenu. La conversation qu’on a en ce moment va entrer dans un nombre déterminé de lignes. Des choix qui ne seront pas les miens vont être faits. Des phrases seront reformulées. Tout ça fait partie de la game, et c’est correct. À la radio, je vais avoir le temps de conter des affaires qui sont personnelles, oui. Je vais conter des anecdotes que j’ai déjà contées, et d’autres, non. Ce ne sera rien pour faire la une. Ma volonté est d’être le plus transparent et vrai face aux auditeurs.» 

Alors, quel est donc son rapport avec la presse? «On m’a beaucoup collé l’étiquette du gars qui hait les entrevues, mais ce n’est pas le cas. C’est juste que je ne voulais pas en faire si ce n’était pas pour parler de mon travail. Encore aujourd’hui, je n’aime pas parler de ma vie personnelle. Si je ne suis pas en promotion pour un projet, je n’accepte pas d’en faire. Je reste discret sur ma vie privée, parce que c’est quelque chose qui m’appartient et que je protège. Je n’ai pas de problème à parler de certaines affaires et, à mesure que le temps avance, je m’ouvre sur certaines choses. Il y a des portes que j’ouvre et d’autres que je ferme. Ça fait partie du terrain de jeu que j’ai en essayant de dealer avec une certaine célébrité.»

Production


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UNE ARME À DOUBLE TRANCHANT
Cette immense notoriété, Marc-André y a accédé en 2005 avec C.R.A.Z.Y., film de son regretté ami Jean-Marc Vallée, décédé le 25 décembre dernier. Cette soudaine reconnaissance s’est avérée une arme à double tranchant. «J’ai longtemps été en réaction à la célébrité instantanée que le film m’a donnée. Je tourne depuis que j’ai trois ans et demi. J’ai commencé mon primaire en me faisant ostraciser, parce que je faisais de la télé et que je ne jouais pas au hockey et au baseball comme tout le monde. Durant toute mon enfance, être une vedette était quelque chose de très négatif.» 

Pour le jeune Marc-André, jouer à la télé ou au cinéma était justement un jeu. Mais le gamin n’avait aucun contrôle sur la perception des autres. «J’ai toujours eu du plaisir à faire ce travail-là, mais il m’amenait à être vu autrement par les autres élèves et les professeurs. Je fais juste un travail différent. Pour moi, ça n’a jamais été glamour, cette job-là. Je la vivais de l’intérieur. D’aussi loin que je me rappelle, j’étais sur des plateaux. Ma mère accompagnait mon frère, qui a commencé avant moi. J’ai grandi sur des plateaux de tournage et je sais que ce n’est pas glamour.» 

Le succès de C.R.A.Z.Y. ne l’a pas changé. Et puisqu’il connaissait déjà bien le métier, il en a flairé les pièges. «Du jour au lendemain, les gens me percevaient différemment. Je ne trouvais ça ni sain ni réaliste, parce que j’étais le même gars avant le film. J’étais la saveur du mois que tout le monde voulait voir. On m’a approché pour faire de la radio, mais ça ne me tentait pas. Je ne voulais pas prendre la place d’un vrai animateur. Même si j’aime la radio et que je connais ce médium plus que bien du monde, j’ai trop de respect pour ce travail-là pour dire que je suis un animateur.» 

À cette époque, le jeune homme était dans la jeune vingtaine. Plus de 15 ans ont passé. «En vieillissant, j’ai fait la paix avec la célébrité et j’ai trouvé ma place là-dedans. Je me permets maintenant de faire des choses que je n’aurais pas faites il y a 15 ans. La radio est l’une d’elles.» 

MICHEL GAGNÉ


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DEVOIR ET PLAISIR
Au tournant de l’année, Marc-André a été invité à animer deux épisodes d’Empreinte musicale, à ICI Musique. «J’ai essayé d’avoir le plus de respect et de douceur possible pour le métier que mon père a pratiqué toute sa vie.» 

Il a à ce point apprécié l’expérience qu’il s’est fait un plaisir, voire un devoir, d’accepter l’invitation de La chaîne musicale. «Aujourd’hui, à n’importe quel moment de la journée, je peux ouvrir mon ordi et écouter des fichiers audios pour écouter ce que mon père préférait faire, soit parler de musique. C’est un peu ça que je fais aussi. Je laisse une trace qui me ressemble, où je vais parler de choses personnelles et de musique. Si, un jour, ma fille décide de vouloir écouter comment était son père plus jeune, elle pourra écouter ça. C’est important d’avoir ces moments de vérité qui demeurent accessibles plus tard.»      

PHOTO / ERIC MYRE


Du 13 mars au 3 avril, les dimanches à midi, il sera à la barre de La chaîne musicale, à ICI Musique.
La série Doute raisonnable est diffusée les lundis à 21 h à Radio-Canada.

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