Éric Bruneau souhaite ajouter des cordes à son arc | 7 Jours
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Éric Bruneau souhaite ajouter des cordes à son arc

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Photo : Eric Myre

L’agenda d’Éric Bruneau s’annonce chargé pour 2022, et ça a débuté en grand puisqu’il a incarné Éric Dubois, un avocat sans scrupule, dans la mystérieuse série Aller simple. Le comédien nous parle ici de sa vie depuis les deux dernières années, de la quarantaine qui approche et de son rôle de papa auprès de sa fille, Marguerite, qui a maintenant trois ans et demi. Il est aussi question de ses projets, dont la série Avant le crash, qu’il écrira à quatre mains avec sa conjointe, Kim Lévesque-Lizotte.

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Éric, comment vas-tu en cet hiver 2022?
Ça va bien. C’est évidemment compliqué et il faut s’adapter à cette situation pandémique, mais on a profité du temps des fêtes très calme pour se reposer. Sinon, la famille va très bien et le moral aussi. Donc, je me considère comme choyé.     

Et là, on apprend que tu as coécrit ta première série télé avec ta conjointe!
Oui. J’y songeais depuis longtemps et je me suis lancé pendant la pandémie. Au départ, je travaillais avec Catherine Léger, mais elle avait d’autres projets et les contraintes de temps ont fait que je me suis retrouvé sans coautrice. J’ai donc travaillé avec ma blonde, et c’était la personne idéale. On a eu beaucoup de plaisir à écrire notre première série ensemble.

Tu tiendras le rôle principal dans cette série, n’est-ce pas?
Oui, je me suis fait ce cadeau. Marc-André est un marginal qui vit en mode simplicité volontaire, tandis que ses amis proches, eux, ont de brillantes carrières en finance. Le jour de son anniversaire, son ami François lui offre de réintégrer le monde de la finance, mais en recommençant au bas de l’échelle. Cette série parle des conséquences que la société de performance, dans laquelle nous vivons, a sur nos relations et nos comportements. On s’y interroge sur le goût de la réussite à tout prix. 

On t’a vu récemment dans la série Aller simple. Était-ce un beau tournage?
Oui. Je suis heureux d’avoir joué dans cette série, parce que j’ai retrouvé beaucoup de monde avec qui j’avais déjà travaillé, à commencer par les auteurs, Annie Piérard et Bernard Dansereau. Le plus drôle, c’est que les auteurs avaient pensé à moi pour ce rôle, mais je tournais avec Xavier Dolan et j’avais dû refuser. Plus tard, le comédien qui devait jouer ce rôle s’est désisté, et mon horaire s’est libéré! Il faut croire que je devais jouer ça. 

Lors de la conférence de presse, plusieurs comédiens ont fait allusion à la scène de vol en hélicoptère, qui a été difficile à tourner...
J’étais dans l’hélicoptère pour la scène de l’accident, et j’ai trouvé ça formidable comme expérience de tournage. j’ai savouré pleinement le moment. Jouer une scène dans les airs n’était pas difficile, car tu n’as pas vraiment à jouer la peur, tu as peur pour vrai! (rires)

Photo : EVE B LAVOIE / NOOVO



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Tu as aussi tourné la série La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, avec Xavier Dolan. Que peux-tu nous en dire?
Ç’a été un pur bonheur de travailler avec Xavier Dolan et André Turpin. De plus, il s’agissait de jouer devant les caméras un rôle que j’avais joué au théâtre. J’ai adoré. Mais tourner avec Xavier, c’est comme être un enfant etavoirunamiquialacléduToysR Us. On s’amuse, on a plein de jouets. C’est un projet très ambitieux, c’est même le plus gros plateau sur lequel j’ai tourné jusqu’à présent. Cependant, Xavier reste le même et il demeure proche de ses acteurs. Il a une manière de diriger vraiment trippante. C’est un grand privilège de pouvoir ajouter ça à mon parcours. 

Cet automne, tu as aussi tourné un mois au Mexique. Est-ce que ç’a été difficile pour toi de tourner loin de ta famille?
Oui, ç’a été difficile. J’ai tourné là-bas un film qui a pour titre Sugar. C’est inspiré des deux filles de Québec qui ont embarqué sur une croisière pour passer de la drogue. Je joue celui qui est à l’origine du deal. Je joue un gars de Montréal, et le tournage va se terminer ici cet hiver. C’est une belle expérience de tourner en anglais, mais c’est plus compliqué de tourner à l’étranger en temps de covid.

Tu devais t’ennuyer de ta fille en étant loin d’elle?
Ma blonde est venue me rejoindre quelques jours et Marguerite devait venir aussi. Mais au fil du tournage, la situation sanitaire changeait et c’est devenu plus compliqué. Si ma fille était venue, elle aurait dû s’isoler au retour pendant deux semaines sans pouvoir aller au CPE. On a donc changé nos plans. Mais j’avais hâte de revenir et de me retrouver avec ma famille. Être loin des siens et du Québec en temps de pandémie, ce n’est pas évident.

Il te reste une année dans la trentaine. Comment le vis-tu?
Ça a passé vite, et avoir un enfant de trois ans et demi me fait réaliser à quel point le temps file. Je ne sais pas si c’est la pandémie, mais on dirait que mon rapport au temps a changé. Je ne pense pas tant au chiffre 40, mais plutôt au temps qui passe. Cette pandémie fait en sorte que nous n’avons plus le même regard sur certaines choses. Je ne vois plus la vie tout à fait de la même façon, les priorités ne sont plus à la même place. Aujourd’hui, je veux surtout garder ma famille en santé.

Ça fait 15 ans que tu pratiques ce métier. Que retiens-tu de cette première partie de ta carrière?
Que je n’ai pas chômé et que j’ai vécu des expériences de tournage incroyables. Je retiens surtout les rencontres, qui me forgent et qui me font avancer. Je retiens aussi l’engagement, qui est le même quand c’est un grand succès que quand c’est un flop.

De quoi es-tu le plus fier?
Je suis fier d’avoir réussi à me provoquer afin de continuer à avancer tout le temps et je veux continuer à le faire. Par exemple, je suis heureux d’avoir décidé d’auditionner en anglais pour vivre d’autres expériences. Je suis aussi content d’avoir pris des risques et de ne pas avoir attendu que les autres fassent les choses à ma place. J’ai également pu apprendre de mes échecs et avancer là-dedans.     

Photo : Eric Myre

 

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As-tu vécu une certaine insécurité à la suite du confinement et l’arrêt de tout?
Oui, en mars 2020, j’ai eu un certain vertige quand tout s’est arrêté. Finalement, ma blonde, ma fille et moi sommes partis dans une maison à l’île d’Orléans, on s’est isolés de tout. Ça m’a permis d’avoir une certaine distance face à la situation. Avec le recul, je dirais que la pandémie a créé un noyau encore plus fort entre nous trois. Après, les projets ont recommencé et ça a fait du bien. J’ai été l’un des privilégiés. Mais j’ai trouvé difficile de ne pas pouvoir voir le reste de ma famille. Cette crise nous vole des moments avec nos proches que l’on ne pourra jamais reprendre. En même temps, je suis chanceux, car ma fille est encore trop jeune pour comprendre ce qui se passe. Je n’ai pas à lui expliquer les vraies affaires, comme le fait qu’elle ne peut pas jouer avec ses amis.

Est-ce que la paternité est telle que tu te l’étais imaginée?
Oui et non! Mais c’est encore mieux que je le croyais. J’aime tellement ça être papa que j’ai l’impression que les trois années et demie ont passé en un mois. Sérieusement, c’est la plus belle chose dans ma vie.

Qu’aimerais-tu accomplir dans la quarantaine?
J’aimerais continuer à avancer, à relever de nouveaux défis et à me provoquer. J’aimerais aussi écrire davantage, développer des projets. Ce qui me rend fou en tant que comédien, c’est de toujours vivre dans le regard de l’autre. J’aimerais ajouter des cordes à mon arc, écrire, réaliser... Mais je dois d’abord faire mes classes. Je veux élargir mon champ de compétences.

En terminant, à quoi ressemblera ton année 2022?
Elle s’annonce plutôt chargée! De belles choses s’en viennent, dont le tournage de la série Avant le crash.      

Aller simple, mercredi 20 h, à Noovo.
La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, à voir cette année sur Club illico.
Avant le crash sera présentée au cours de 2022-2023, à Radio-Canada.
 

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