Michel Charette et François Chénier se confient sur leur amitié qui dure depuis plus de 30 ans | 7 Jours
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Michel Charette et François Chénier se confient sur leur amitié qui dure depuis plus de 30 ans

Image principale de l'article Une amitié qui dure depuis plus de 30 ans
Photo : Bruno Petrozza

Il y a plus de 30 ans que Michel Charette et François Chénier se sont liés d’amitié. Une amitié indéfectible marquée à la fois par le plaisir et le respect, qui les a aussi amenés à travailler ensemble à plusieurs reprises, autant devant que derrière les caméras. Les deux hommes ont accepté de se confier sans pudeur au sujet de leur relation tant personnelle que professionnelle.

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Michel et François, votre amitié remonte-t-elle à l’époque de l’émission Radio enfer?
MICHEL: Non, on se connaissait un petit peu avant; on se tenait dans le même bar et on avait des amis communs. Il y avait déjà des affinités. Mais Radio enfer a solidifié notre amitié. Ça fait plus de 30 ans qu’on se connaît et qu’on est chums. Je n’ai pas peur de dire que c’est mon meilleur ami, et je pense que c’est réciproque. La beauté de la chose est qu’on ne s’est jamais chicanés. François est le seul gars qui sait tout de moi, et je pense que je sais pas mal tout de lui. Je suis tombé en amour-amitié avec lui sur Radio enfer parce qu’au départ, c’est son personnage qui devait être le comique de l’émission. On a commencé à faire des épisodes et Robin Aubert et moi, nous avions du texte qui nous permettait de puncher avec nos personnages, de faire rire. François a eu l’humilité de dire que ce n’était pas lui le drôle dans ce show-là, et il a accepté d’être notre fabricant de jeux pour que Robin et moi on puisse scorer! Il n’y en a pas beaucoup qui auraient laissé leur place ainsi.
FRANÇOIS: Louis Saia nous avait beaucoup dirigés en ce sens-là. Il m’avait dit, en termes de hockey: «Toi, tu es plus un Pierre Turgeon. Il y en a plein qui scorent, et ça leur prend un Turgeon pour leur mettre la rondelle sur la palette.» C’est vrai que ça prend une certaine humilité, comme le dit Michel, mais il fallait que ce soit ainsi pour que le show marche. Pour moi, c’est venu de façon naturelle, et je suis tombé en amour avec le personnage de Jean-Lou que jouait Michel. Ça m’a permis aussi de découvrir à quel point Michel avait une grande sensibilité. Pour jouer Jean-Lou avec un tel timing, il fallait quelqu’un de spécial. Quand tu sens qu’il y a une complicité qui existe et que tu n’as pas besoin de l’expliquer, pour moi, c’est le début de grandes amitiés.

Vous êtes d’abord des amis, et c’est quand même formidable d’avoir en plus autant de plaisir à travailler et à créer ensemble!
M.: Oui, mais on se donne aussi le droit de faire des choses chacun de notre bord. Par exemple, François a écrit une pièce seul et il a fait la mise en scène d’un show de Noël. Mais aussitôt que j’ai la chance de faire quelque chose, qu’un projet m’est présenté, mon premier réflexe est de me demander s’il y a un rôle pour mon chum. Par exemple, j’ai un projet de one man show et c’est sûr que je l’écris avec lui. Il y a d’autres affaires qui s’en viennent, entre autres une série qui a pour titre Marco Lachance, sur laquelle on travaille ensemble, et Dominic Sillon en est le script-éditeur. On a présenté ce projet à un réseau et on nous a dit oui.
F.: Mais je ne jouerai pas dedans. Je fais l’ami de Michel dans Le bonheur, je ne peux pas faire son ami dans l’autre série. Il faut savoir doser les choses. 

Photo : Bruno Petrozza


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Diriez-vous que vous êtes pratiquement comme des frères?
M.: Tout à fait. François a deux frères dont il est super proche, et moi, j’en ai un, mais je ne le vois jamais parce qu’il habite aux États-Unis. François est mon frère, mais c’est une image.
F.: C’est plus qu’une image, parce qu’il y a des décisions, dans ma vie, qui m’amènent d’abord à téléphoner à Michel. Pourtant, avec mes frères, on est comme trois doigts de la main. Mais quand vient le temps de prendre des décisions personnelles ou par rapport à ma santé mentale, c’est Michel que je vais appeler.
M.: Je suis très ami avec sa blonde, je connais ses enfants depuis qu’ils sont nés, et il s’entend bien avec ma blonde et connaît mes enfants depuis toujours. Tout est naturel et fonctionne parfaitement. 

Parce que vous vous connaissez par cœur?
M.: Oui, il n’y a pas un poil que je ne connais pas de lui! J’ai tout vécu avec ce gars-là, et on a fait 15 ans de tournée ensemble (avec le spectacle Ladies Night). On aurait pu se taper sur les nerfs, mais ce n’est jamais arrivé. Je ne suis jamais tanné de le voir, de lui jaser et de travailler avec lui. Une fois, dans les premiers temps qu’on travaillait sur un projet, je sentais que je lui mettais de la pression. À un moment, il me l’a fait savoir de façon extrêmement polie. Il m’a dit: «Cette façon de travailler, ça m’angoisse, je trouve ça un peu lourd.»
M.: J’ai dit: «Parfait», ça a duré cinq minutes et à partir de ce moment-là, je lui ai dit qu’on allait y aller à son rythme. Je sais que ça lui a demandé beaucoup de me dire ça, parce que c’est une bonne pâte, François. Il s’affirme de plus en plus et ça me réjouit, parce que c’est un yes man

Vous avez tous les deux 51 ans, vous avez des familles. J’imagine que votre amitié vous amène à parler d’une foule de sujets?
F.: C’est vrai, c’est ce que je lui ai dit.
M.: Absolument, il n’y a pas de tabou. Pour moi, c’est ma quarantaine qui a été tough, mais François était là. Je le dis ouvertement: je souffre d’anxiété, mais beaucoup moins maintenant parce que c’est géré. François était la personne que j’appelais quand je ne filais pas. Il m’encourageait, il me ramenait, et avait toujours les bons mots pour moi. À certains moments, je pouvais l’appeler trois ou quatre fois par jour.
F.: C’est bizarre, parce que moi, je n’ai pas l’impression d’avoir eu les bons mots, mais j’étais la bonne personne. Quand j’ai fait des petites crises d’anxiété par la suite, Michel était le premier que j’appelais, et il me disait la même chose que lorsque je lui téléphonais.
M.: C’est parce que je savais ce que tu vivais. Juste d’être là et d’écouter sans jugement, c’était ça l’important. 

Photo : Bruno Petrozza


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Michel, quand tu as décidé de te prendre en main, j’imagine que François a eu un rôle important dans ce processus?
M.: C’est sûr, comme Jean-Nicolas Verreault, Jean-Marie Lapointe. J’ai eu un soutien psychologique avec entraîneur, nutritionniste, thérapeute et physiothérapeute aussi. Je ne pouvais pas faire ça tout seul, et quand il y avait des bouts où j’étais plus down, c’est lui que j’appelais.
F.: C’est ça, un meilleur ami. Dans la perte de poids de Michel, Patrice Godin et Sébastien Delorme ont également été des personnes extrêmement importantes.
M.: Surtout pour la continuité. Pour commencer le processus, c’était plus ma blonde, François, le psychologue et mes amis proches. 

François, si je te demandais quelles sont les qualités que tu apprécies chez ton ami Michel?
F.: Sa capacité à défoncer des portes, et à défoncer ses propres portes. Ça lui donne une espèce d’assurance que moi je n’ai pas. C’est le fun qu’il soit une vedette, parce que lorsque Michel propose un projet, on l’écoute, et je suis content parce qu’il y a de grosses chances que je travaille sur ce projet. Michel est un fonceur et il est loyal. 

Et toi, Michel?
M.: Sa plus belle qualité est qu’il ne juge pas les gens et qu’il a un pouvoir d’adaptation extrêmement élevé. Moi, je ne suis pas comme ça. Que ce soit avec moi, avec un producteur, un réalisateur ou dans une soirée-bénéfice, il va s’adapter. C’est un gars qui est gentil, c’est une bonne personne, il n’a pas de malice, il ne parle jamais en mal de personne. Sa plus grande force est d’être travaillant. C’est aussi un gars sensible et sa grande intelligence, tant artistique qu’émotive, m’impressionne. En fait, c’est un amalgame de toutes sortes de forces qui font que ça fonctionne entre nous.      

Photo : Bruno Petrozza


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Au fond, vous connaissez parfaitement vos forces et vous vous complétez bien?
F.: Oui, et on n’est pas tout seuls. Pendant un moment, Patrice L’Ecuyer et Bernard Fortin ont travaillé ensemble, et il y a aussi Patrice Robitaille et François Létourneau. Si la chimie est bonne entre ces personnes-là, ça fonctionne. Le plus important pour Michel et moi, et c’est ce qu’on dit depuis le début, c’est la complémentarité. Je peux certainement dire que sur le plan de l’écriture et pour développer des projets, sans Michel, ma carrière ne serait pas là où elle est. Ça me prend une motivation dans la vie, et ma motivation n’est pas simplement d’écrire, mais d’écrire parce que Michel va être là et que ça va être plus facile avec lui. Si j’écris un projet seul, c’est parce que je sais que Michel se ferait suer à travailler dessus. (rires) Je le sais, je le connais.

Vous vous considérez comme chanceux de vivre cette amitié?
M.: Oui, et on l’a créée, cette chance. Ça s’est fait naturellement, mais après, il faut entretenir les liens. Souvent, tu penses qu’une amitié se crée avec quelqu’un, mais quand ça fait 26 fois que c’est toi qui lui téléphones et qu’il ne rappelle jamais, tu réalises que ça ne fonctionnera pas. Ça n’a jamais été ça avec François. Parfois, on s’écrit simplement pour s’envoyer des niaiseries; ce qui me fait rire le fait rire. Aussi, on est tous deux des amateurs de heavy metal et on a vu beaucoup de shows ensemble. On n’a pas le même background non plus, mais il y a quelque chose qui a fait qu’on s’est rejoints. On ne peut pas prévoir l’avenir, mais j’ai fortement l’impression qu’on va se bercer à 83 ans et qu’on va encore être proches l’un de l’autre.
F.: Se bercer sur le bord d’un lac, on s’est souvent imaginé ça, Michel et moi. Ça va être le fun!      

Le bonheur, mercredi 21 h 30, à TVA.
District 31, du lundi au jeudi 19 h, à Radio-Canada.
Cet été, les deux amis présenteront la pièce L’institut au Théâtre des Hirondelles. theatredeshirondelles.com

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