Dave Morissette s’ouvre sur son entrée dans la cinquantaine | 7 Jours
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Dave Morissette s’ouvre sur son entrée dans la cinquantaine

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Photo : Bruno Petrozza

Dave Morissette a la cote d’amour du public. Les gens l’aiment et plusieurs voudraient avoir le privilège de faire partie de son cercle d’amis. Cet ex-joueur de hockey, qui a connu tout un parcours de vie, est devenu une star dans le milieu du sport. Mais comme pour tout le monde, le temps passe... En cette nouvelle année, il vient tout juste de franchir le cap de la cinquantaine, une étape qui a visiblement été un choc pour lui. Réflexions sur le temps qui passe et le bonheur d’être toujours aussi passionné par son métier.

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Dave, tu as eu 50 ans le 24 décembre. Comment réagis-tu face à cette réalité?
Je suis surpris de m’être rendu à 50 ans! Pour moi, à cet âge, tu deviens vieux. Tu deviens un bonhomme! Il faut arrêter de se raconter des histoires: à 50 ans, tu es vieux! Tout fait plus mal, j’ai des blessures du passé qui ressortent. Et même si je me sens bien et que je m’entraîne, c’est quand même quelque chose d’avoir 50 ans. Mais, entre toi et moi, j’aimerais vivre jusqu’à l’âge de 90 ans!      

Cinquante ans, était-ce une étape qui te faisait peur?
Non, ça ne me faisait pas peur ni paniquer. Je l’assume. Même que je suis fier d’avoir 50 ans! Je suis fier de ce que je suis, de ce que je fais et de ma famille aussi. Mais je n’avais jamais imaginé que j’aurais 50 ans un jour. J’ai toujours pensé que je mourrais dans la trentaine. J’ai toujours vécu à cent milles à l’heure comme si j’allais mourir demain. Je me rappellerai toujours le regard que je posais sur mon père quand il avait 50 ans et que j’en avais 20. Pour moi, c’était un bonhomme! Je ne sais pas si c’est la même chose pour toi, mais je n’ai pas l’impression d’avoir cet âge-là. Je tripe sur la musique des jeunes, et j’ai encore le goût de voyager et de faire plein d’affaires.

Photo : Bruno Petrozza


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Dans le fond, c’est seulement un chiffre, tout se passe entre les deux oreilles!
Je pense que je suis plus intelligent et aussi plus patient dans ce que je fais. Je savoure plus ce que je vis, je fais des choses plus réfléchies. Et même si j’ai plusieurs projets, je ne les fais pas avec la même énergie ni la même intensité. Je dirais que je suis plus posé. Mais finalement, j’assume totalement mes 50 ans et je suis un gars heureux. Je ne retournerais pas à 18 ans et surtout pas à 30 ans (l’âge qu’il avait quand sa carrière de hockeyeur a pris fin)! Je regarde la relation que j’ai avec mes gars et j’en suis fier. Je pense que je suis quand même assez in pour eux. Je suis fier de ce qu’on est, malgré tout ce qui s’est passé au cours des dernières années. Et même s’ils sont loin, on se parle toujours sur FaceTime. Nos liens sont solides.

Ta vie familiale, avec Nancy et tes gars, a toujours été très importante pour toi?
Mon père m’avait dit un jour que le plus important dans la vie était la famille. Et il avait bien raison. Même si on a été séparés très jeunes et que j’ai perdu mon frère tôt, et que ma sœur est partie, mon père a toujours tout fait pour la famille. Il se déplaçait partout pour être avec nous. Comme mon père me l’avait dit, j’ai toujours répété à mes gars à quel point la famille était importante. On est vraiment une équipe, on se tient. C’est sûr qu’il n’y a rien de garanti dans la vie, on a des moments difficiles dans nos couples, dans nos vies aussi. Nancy et moi, on est ensemble depuis qu’on a 20 ans et, quand je pense à ça aujourd’hui, je constate qu’on est plus forts que jamais. 


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Tu considères que tu as été choyé...
Je vais te dire — et là, je ne parle pas d’argent ou de matériel —, je n’aurais jamais pensé recevoir autant de la vie. J’ai quand même grandi dans un quatre et demie à Baie-Comeau et j’ai eu une enfance extraordinaire. C’était cool, je dormais avec mon frère et ma sœur; la chambre était séparée en deux grâce à un mur que mon père avait fait. On a vécu notre jeunesse dans une tour d’habitation de l’usine d’aluminium Reynolds. C’était le paradis! J’avais des amis qui habitaient près de chez moi, on avait le lac, et l’aréna était situé tout près. Mais il va toujours rester ce petit gars-là, un peu timide... Et quand je regarde le chemin parcouru, j’apprécie vraiment ce que j’ai aujourd’hui. Je pense juste à la maison où j’habite... Chaque fois que j’arrive du travail, en fin de soirée, je remercie l’univers. Imagine: j’ai joué pour le Canadien et je suis animateur à la télé! Les gens m’arrêtent dans la rue ou à l’épicerie pour me dire qu’ils m’aiment et me parler de hockey. Qu’est-ce que je peux demander de plus? 

On sent toujours chez toi cette capacité de t’émerveiller, d’aller chercher des instants de bonheur un peu partout...
Merci! C’est le plus beau compliment que tu peux me faire. Il y a deux choses qui sont importantes pour moi. La première, c’est la passion. J’étais passionné quand je jouais au hockey. Et j’ai arrêté après avoir subi des blessures, des commotions cérébrales, et ensuite je me suis cherché. Je me demandais ce que j’allais pouvoir faire, mais c’est encore dans le hockey, le sport, que je me suis retrouvé. La deuxième chose, c’est le travail en équipe. Je tripe avec ma gang, avec mon équipe. On est quatre dans mon équipe, avec Elizabeth (Rancourt) qui coanime avec moi. Et je dis toujours: peu importe les résultats du Canadien, ce qui arrive dans le monde, pandémie ou pas, notre mission est d’avoir du fun chaque soir. Lorsque je pars de la maison pour aller à TVA, Nancy me dit toujours que je vais m’amuser. Ça fait 10 ans que je travaille six soirs par semaine et j’ai toujours autant de plaisir. Il ne faut pas se prendre au sérieux, mais je prends ma job au sérieux. Quand j’ai commencé dans le milieu, le pire conseil qu’on m’a donné est venu de Ron Fournier que, par ailleurs, j’aime beaucoup. Il m’a dit: «Si tu pars en vacances, ne lis rien, décroche.» Je suis parti en vacances 10 jours avec la famille, je n’ai pas lu de journaux. Dix jours après, j’avais l’impression d’avoir vécu sur une autre planète! J’avais du rattrapage à faire. À partir de ce moment-là, je me suis dit que j’aimais ce que je faisais et, que je sois en vacances ou pas, je n’allais pas bouder mon plaisir de savoir ce qui se passe sur la planète hockey et sur la planète sport. 

Photo : Bruno Petrozza


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Quel rôle ta femme a-t-elle joué dans ton parcours et dans ta vie?
Sans Nancy, je ne serais pas là où je suis aujourd’hui. Je sais que c’est cliché de dire ça, mais elle est tellement forte et solide! Elle est vraiment la personne la plus forte que je connaisse et elle me surprend tout le temps. Quand j’ai perdu mon père, elle a été tellement solide...      

Ç’a été une épreuve très difficile que tu as vécue l’an dernier...
Quand je parlais à des gens qui perdaient leurs parents, je disais que je ne serais pas capable de passer à travers ça. Pas là. Mon père ne pouvait pas partir, il était trop important dans ma vie. Pas à 69 ans. C’était mon meilleur chum, on s’est tellement investis lui et moi dans notre relation. Pour moi, il était plus qu’un père: c’était mon ami, mon confident, le gars avec qui je voyageais et avec qui je riais. Mais encore une fois, Nancy a été solide et elle a été là pour moi. Je pleurais parfois, et elle m’écoutait. Elle a été forte comme elle l’a été durant les autres moments difficiles que j’ai vécus, quand j’ai fait des commotions cérébrales, par exemple. Depuis qu’on se connaît, elle m’a suivi partout pour m’encourager. Et elle a été là aussi pour me le dire quand ça ne marchait pas. Nancy a toujours fait en sorte que je garde les deux pieds bien sur terre. Elle a pris des décisions pour nous deux qui étaient les bonnes, des décisions évidentes pour elle, mais qui ne l’étaient pas nécessairement pour moi.

COURTOISIE/HUGO GÉNÉREUX


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Comme quoi, par exemple?
En 1998, je jouais pour le Canadien, et en 2000, j’avais des commotions, je n’avais plus de job, et personne ne m’appelait. Je me retrouvais devant rien. Mon corps ne pouvait plus jouer au hockey. À ce moment-là, Nancy m’a dit de me reposer, de ne pas m’en faire avec ça. Je te le dis, je ne serais pas la personne que je suis si elle n’avait pas été là. Pas sûr que je le réalisais quand j’avais 30 ans... Mais à 50, je le réalise
et je n’imagine pas ma vie sans elle ni sans mes gars.

Justement, tes garçons, Jérémy et Zack, sont venus passer les fêtes avec toi et Nancy.
Tu sais, quand j’étais adolescent, je suis parti tôt de la maison; je n’avais plus de maison familiale où je pouvais revenir. Mais que mes gars puissent revenir chez nous, pour Noël, ç’a été le plus beau cadeau. L’un aurait pu rester à Victoria, l’autre, à Edmonton, mais ils ont choisi d’être avec nous. 

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Comment vois-tu ta cinquantaine?
Dans ma vie personnelle, je ne peux pas être mieux que ça. Mais vieillir et se voir vieillir à la télé, c’est différent. Tu n’es plus aussi beau que tu l’étais il y a 10 ans... Il y a toujours une photo de moi quand j’avais 30 ou 40 ans qui traîne quelque part et qui me ramène à la réalité. Je m’entraîne pour être bien mentalement, mais aussi pour bien paraître. Si je prends 10 lb, ça paraît dans mon visage. Ça fait peur un peu de vieillir à la télé. Je me remets en question. Et je dirais que j’ai le luxe d’être entouré d’une belle équipe, des jeunes, qui me garde jeune. Ça me permet de rester à jour. Au cours des 10 prochaines années, je veux triper plus que jamais et être avec des gens que j’aime et qui sont passionnés. Et je me dis que la vie va se charger du reste. Ça fait déjà 20 ans que je travaille là-dedans à temps plein. J’aime ce que je fais et j’en suis tellement content! Et je considère que c’est merveilleux de partager ça avec des plus jeunes, comme Maxim
(Lapierre) et Guillaume (Latendresse). Je vois ça comme une force: s’ils sont bons, ils me rendent meilleur. Je me suis tellement planté souvent dans la vie que je sais qu’il n’y a rien d’acquis, et je pense encore comme ça. 

C’est un cliché, mais quand on est passionné par son travail, on n’a pas l’impression de travailler!
Exactement. Il y a un jeune qui m’a demandé récemment ce que je faisais les soirs où ça ne me tentait pas. Quelle question! Ça ne m’est jamais arrivé! Je suis déjà allé travailler alors que j’étais malade, mais que ça ne me dise pas d’aller faire mon travail, je n’ai jamais vécu ça. J’ai du plaisir, c’est toujours ça qui me vient en tête: je m’amuse à parler de hockey et à travailler avec les autres. J’ai vécu une période où personne ne m’appelait — même mon agent ne me téléphonait plus —, alors je suis reconnaissant de ce que je vis aujourd’hui. Je suis bien entouré, il y a des gens qui croient en moi, et je l’apprécie pleinement. Quand je jouais au hockey, chaque matin au réveil, je me demandais ce qui allait m’arriver. Est-ce que j’allais faire partie des coupures? Allait-on m’envoyer dans les mineures et est-ce que l’année suivante je me retrouverais sans job? Il y a toujours un peu d’insécurité en moi... Et maintenant, mon but premier est de faire plaisir aux gens qui m’engagent, à ceux qui m’entourent et aussi aux gens à la maison. Sans oublier de me faire plaisir à moi aussi. Quand je finis un show, je veux que le monde soit content. Et je peux dire que je suis vraiment entouré de bonnes personnes. Parmi les conseils que mon père m’avait donnés, il y a celui-ci: «Agis avec les autres comme tu voudrais qu’ils agissent avec toi.» Ça m’est toujours resté en tête. J’avais 13 ans quand je suis parti de la maison et j’ai toujours mis en pratique son conseil. 

Dave Morissette et Elizabeth Rancourt coaniment L’après-match, le rendez-vous de fin de soirée de TVA Sports.

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