À 50 ans, Anick Lemay se confie sur l’immense privilège de vieillir | 7 Jours
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À 50 ans, Anick Lemay se confie sur l’immense privilège de vieillir

Image principale de l'article Elle se confie sur le privilège de vieillir
Photo : Bruno Petrozza

La dernière année a apporté un lot de changements positifs dans la vie d’Anick Lemay, qui n’a pas eu peur de les provoquer. L’actrice s’est dotée d’un nouveau lieu de vie plus adapté à ses désirs et a franchi le cap de la cinquantaine. Une étape qu’elle considère sincèrement comme heureuse. Parce qu’après tout, vieillir est un immense privilège.

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Anick, on te verra dans le rôle d’une enquêtrice dans la nouvelle série Aller simple. Quel changement d’univers!
Oui, ça m’amène complètement ailleurs. Des gens sont invités au domaine d’un milliardaire, mais l’hélicoptère
qui les transporte ne se rendra jamais à destination. Les rescapés s’installeront dans un chalet en attendant les secours. Des disparitions seront portées à l’attention de Juliette, mon personnage, qui se mettra à faire des liens. Après l’accident de son conjoint, elle avait cessé de prendre de grosses enquêtes, mais elle ressentira l’appel et décidera de mener celle-ci jusqu’au bout. Ç’a été un tournage très agréable.     

Yan Turcotte


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Et qu’arrivera-t-il à Noémie dans L’Échappée?
Noémie est partie au Costa Rica pour soigner son papa. J’adore mon personnage, mais je suis contente de relever un autre défi. J’ai tourné Motel Paradis, de Sophie Deraspe, pour Séries Plus. J’ai eu un profond coup de cœur pour elle. J’ai aussi tourné dans La cordonnière. J’ai vraiment eu un bel automne.

Es-tu reconnaissante de pouvoir travailler à ce rythme alors que tu as dû t’arrêter deux fois plutôt qu’une?
J’ai eu de grosses années... Et faire des choses différentes, ça me plaît. J’avais besoin de défis.

Photo : Yan Turcotte / TVA



Alors que d’autres préfèrent le confort et ce qui est prévisible...
Moi, je ne peux pas. Je suis comme un lion en cage! J’ai besoin de découvrir autre chose, de rencontrer de nouvelles personnes, d’entrer dans d’autres univers. Je ne vis pas de deuil quand un show se termine: je passe à autre chose. 

Passes-tu aussi facilement à autre chose dans ta vie personnelle?
Disons que je m’adapte. Je déménage souvent, je change les meubles de place. J’ai besoin de nouveauté, de changement. Je pense que c’est pour cette raison que j’ai choisi ce métier. J’aime que ma vie change. Pour les bonnes raisons, bien sûr. 

Comment s’est déroulée ta dernière année?
J’ai déménagé l’été dernier, en pleine pandémie. J’avais besoin de changement. Quand la pandémie est arrivée et que nous étions en confinement, je pensais déjà à déménager. J’avais un grand condo sur trois étages, un garage, une cour. Ç’a été super tout au long du primaire de ma fille, mais elle est maintenant au secondaire. Mon quartier était très bien pour élever des enfants, mais, en pandémie, il n’y avait pas un chat dehors. J’ai mis la pancarte «À vendre» et je l’ai vendu aussitôt. Il fallait que je trouve autre chose. Je voulais un troisième étage, ne rien entretenir d’autre que mon appartement, et c’est exactement ce que j’ai trouvé. Je vis dans un lieu magnifique, patrimonial et qui rassemble tout ce que j’aime. Dans mon nouveau quartier, il y a de la vie!      

As-tu eu de la difficulté à laisser certaines choses derrière toi?
Non. Quand je décide de m’en aller, je bouge. En fait, toute ma vie avec mes parents, j’ai déménagé. C’est un processus qui me plaît beaucoup. Par la force des choses, j’ai été plus sédentaire avec mon enfant. Actuellement, j’ai le sentiment d’être arrivée quelque part. J’habite l’appartement de mes rêves. J’ai le sentiment de retrouver ma vingtaine! À 15 ans, ma fille est plus grande. C’est comme si nous avions chacune notre appartement. Simone a même sa propre entrée. C’est vraiment parfait pour nous deux.

Photo : Bruno Petrozza


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C’est une nouvelle étape, finalement?
Oui. C’est en lien avec mes 50 ans. Je les ai eus en mars dernier. Je me dis que si la vie me laisse un peu tranquille, il pourrait me rester 40 ans. C’est 10 ans de moins que tout ce que j’ai vécu. Il me reste beaucoup de temps.

Pour les femmes, 50 ans est souvent un grand cap à franchir. Comment as-tu abordé cette nouvelle décennie?
J’en ai discuté avec mes amies qui ont, elles aussi, eu 50 ans cette année. Il y a eu beaucoup de remises en question. Pour ma part, le cancer m’avait déjà mise dans cette position. Ce questionnement sur ce que je veux pour la suite des choses, je l’ai fait à 47, 48 ans. Célébrer mes 50 ans, c’était beaucoup plus la joie. J’ai 50 ans et je suis heureuse. Quand j’en aurai 60, je serai heureuse! Je veux vieillir.

Finalement, avoir 50 ans correspond à une étape de plus grande liberté?
Oui, et j’adore ça. C’est vrai qu’on est plus libre. Il y a aussi une question d’hormones. C’est Louise Latraverse qui m’avait dit que lorsque les hormones nous lâchent, ça fait vraiment du bien! On n’est plus menée par elles. Qu’on le veuille ou non, nous sommes toujours dirigées par nos hormones. Je suis ménopausée et c’est une libération complète. Traverser la période des chaleurs n’est pas agréable, mais il faut voir le côté positif. De toute manière, nous n’avons pas vraiment le choix... 

Il faudrait célébrer ce passage de la vie?
Oui, et même s’il y a des effets désagréables, comme avoir la peau sèche, il faut se souvenir qu’elle finira par sécher! Il y a la vie ou la mort. Moi, j’essaie de choisir la vie. Je la prends avec tout ce que cela comporte... et sans Botox. 

Sens-tu moins de pression pour les femmes à dissimuler leur âge?
Je le crois. Je trouve qu’il y a quelque chose de magnifique à vieillir. Je ne retournerais pas à 25 ans. Jamais. Je ferais certaines choses différemment, mais je ne regrette pas le chemin que j’ai parcouru. Il est à moi et c’est ce qui fait que je suis rendue là aujourd’hui. Je n’ai pas de regret. Je suis très fière d’avoir 50 ans et je serai très fière d’en avoir 60. Je ne veux pas résister. 

Photo : Bruno Petrozza



As-tu marqué ce cap d’une manière particulière?
Oui, avec mes amis. Une amie m’a conduite au parc avec ma fille. Ma famille y était. J’ai développé des cadeaux et bu du champagne. Elle m’a ensuite amenée vers un autre groupe, puis un autre et un autre. Ç’a été comme ça tout l’après-midi. À chaque station, il y avait des petits groupes: ma gang de filles du documentaire Mont Tétons, la gang de l’agence, ma gang de Mauvais karma, la gang du collège quand j’étais jeune. Ç’a duré quatre heures et demie! À chaque station, on faisait soit un jeu, soit des devinettes, ou bien on jouait aux quilles. À la fin, tout le monde s’est regroupé avec un immense bouquet de ballons. J’ai eu toute une fête! En plus, tous ceux qui le voulaient ont donné un montant d’argent pour que je reçoive, toutes les deux semaines, un bouquet de fleurs fraîches. Depuis mon anniversaire, j’ai toujours des fleurs dans mon appartement. Je capote! 

Anick, si on te donne une baguette magique, que voudrais-tu pour la prochaine année?
Je veux continuer à avoir des projets; ça me remplit de joie. Que tout le monde soit en pleine forme. Qu’on en finisse avec la pandémie. Que ça continue d’être doux. En fait, je n’ai pas tant de choses à demander, car j’ai fait mes choix et j’ai assumé mes changements. 

L’Échappée, lundi 20h à TVA.
Aller simple, mercredi 20 h, à Noovo.
Pour en savoir plus sur ses projets, on peut la suivre sur ses réseaux sociaux.

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