François Bellefeuille revient sur un épisode déterminant qui l’a incité à changer de carrière | 7 Jours
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François Bellefeuille revient sur un épisode déterminant qui l’a incité à changer de carrière

Image principale de l'article Le moment qui l’a incité à changer de carrière
Photo : Patrick Seguin

François Bellefeuille a recommencé cet été à présenter son spectacle Le plus fort au monde, une tournée entamée il y a trois ans et qui va se poursuivre jusqu’en mai 2022. Au début de la pandémie, il avait franchi le plateau des 200 000 billets vendus. C’est dans sa loge, avant le spectacle présenté récemment à la salle Désilets, que nous avons rencontré l’humoriste.

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François, trois ans avec ce spectacle, ç’a été toute une aventure!
Écoute, quand j’ai commencé à faire le rodage de ce spectacle, ma fille avait quelques mois. Maintenant, elle a quatre ans et demi. Même si j’adore ce spectacle, à un moment donné, il faut passer à autre chose. Mais je l’ai beaucoup amélioré avec les années. À la première médiatique, on avait eu d’excellentes critiques, et ça m’avait stressé, parce que je m’étais dit: «Je ne pourrai jamais avoir d’aussi bonnes critiques pour le reste de ma carrière!»     

Le spectacle a donc évolué au fil des années?
Il y a presque la moitié du show qui est nouveau. Tous les bouts sur mes enfants, j’ai mis ça de côté parce qu’ils ont grandi trop vite. Maintenant, je parle d’eux plus âgés, et ça me permet de rester en amour avec le show. Il faut se garder des petits nananes pour avoir le goût de continuer, parce que j’ai toujours été perfectionniste par rapport aux spectacles. 

Photo : Patrick Seguin

Photo : Patrick Seguin

Quelle est ta routine lorsque tu présentes des spectacles?
Ça a un petit peu changé au fil des années. Je suis du genre à arriver à 18h30 à la salle où je présente mon spectacle. Une demi-heure avant l’ouverture des portes, on fait les tests de son, on discute, on s’amuse, parce que l’esprit d’équipe, c’est super important. J’ai commencé à faire des spectacles dans les grandes salles avec Louis-José (Houde), qui était mon mentor. J’ai fait la première partie de ses shows pendant un an, et il m’a inculqué ses valeurs d’équipe. Ses équipes de tournée sont super importantes pour lui, et j’ai vu à quel point ça donne le rythme. Je trouve que c’est important d’avoir du fun ensemble. 

Contrairement à des chanteurs, tu as une équipe réduite...
Oui. J’ai deux techniciens qui m’accompagnent: un pour le son et l’autre pour l’écran et l’éclairage, et il est aussi directeur de tournée. C’est lui qui fait le suivi avec les salles, c’est le chef d’équipe partout où on va. Il y a aussi l’humoriste qui fait ma première partie et, depuis quelque temps, j’ai un chauffeur. Depuis que j’ai de jeunes enfants, je suis un danger public sur la route! J’ai réalisé qu’à 18 h, en m’en venant en voiture, pris dans le trafic, je cognais des clous... Pierre-Luc Pomerleau a longtemps fait ma première partie, et ça lui faisait plaisir de me conduire. Maintenant, avec le fait qu’il a des enfants, je trouvais que c’était trop lui demander. Alors j’engage quelqu’un qui me conduit; ça me permet d’envoyer des courriels ou de faire un petit somme. Ça me donne aussi la chance d’être plus présent avec ma famille. 

Qui est l’humoriste qui fait ta première partie?
Ce soir, c’est Michelle Desrochers. Maude Landry et elle font ma première partie en alternance. Ce sont deux filles qui ont le vent dans les voiles comme humoristes. C’est difficile pour moi de leur demander d’être tout le temps là, parce qu’elles ont parfois des spectacles ailleurs. Ce sont deux filles que j’adore, qui ont des styles complètement différents. Je les trouve vraiment bonnes, elles vont faire une belle carrière en humour. 

Photo : Patrick Seguin

Les gens te font-ils beaucoup de commentaires depuis que tu t’es fait couper les cheveux?
J’en parle dans le spectacle. Ça se résume à ça: je dis que je suis de bonne humeur parce que les gens n’arrêtent pas de me faire de bons commentaires sur mon look, les gens me trouvent beau! J’ai alors des applaudissements, des petits sifflements, et je leur dis: «Est-ce que vous voulez connaître mon truc beauté? C’est d’être vraiment laid pendant 10 ans!» (rires) Mon idée était de me couper les cheveux après la tournée. Avant la pandémie, j’avais le rituel de me regarder dans le miroir avant d’aller sur scène, et je me voyais comme un lion avec ma crinière. Quand la pandémie est arrivée et que les shows ont été reportés, j’ai paniqué. Je me suis mis à perdre mes cheveux, et tout le temps que j’ai été à la maison, je me faisais une couette. Je n’étais plus capable et j’ai fait couper mes cheveux.

Est-ce que ç’a été un choc pour toi?
J’ai eu peur. Quand j’ai fait mes premiers spectacles aux Îles-de-la-Madeleine, devant 50 personnes, avec ce nouveau look, je manquais de confiance. J’avais l’impression que les gens ne me trouveraient pas drôle parce que je n’avais plus mes cheveux. Finalement, ça ne change rien; tout est dans l’attitude et dans les textes. Mes cheveux ont été importants pour faire ma place en humour, parce que les gens voyaient quelqu’un de vraiment différent. Ça me donnait un air de folie, mais maintenant que c’est fait, je n’ai plus à m’inquiéter de ça. La barbe, par contre, c’est comme ce que je pensais de mes cheveux. Si quelqu’un me coupe la barbe dans la nuit, je vais perdre toute ma confiance... mais ça va sûrement revenir! 

Photo : Patrick Seguin

Photo : Patrick Seguin

Es-tu nerveux avant d’entrer en scène?
Non, je suis très zen, je pense que ça ne paraît même pas. Je fais d’abord la présentation de ma première partie puis, comme mes techniciens sont en train de travailler, je suis ensuite tout seul dans la loge. C’est ma petite bulle, le moment où je m’assure que ma chemise et mes cheveux sont corrects, que je n’ai rien entre les dents, que mes lunettes sont propres, et j’éteins mon cellulaire. Je n’étais pas comme ça en début de carrière, j’étais tellement stressé! J’avais le trac. Maintenant, c’est quand je fais des tournages que j’ai le trac. C’est très important, parce que ça va rester, comme les captations et les galas. Mais pour mon show, on dirait que je ne suis pas nerveux. J’ai accumulé assez d’expérience au fil des ans. Je peux te dire que j’en ai vu des affaires sur scène! J’ai eu quelqu’un qui a eu un malaise, une crise cardiaque, et il a fallu qu’on arrête, que je dise aux gens de se tasser, de faire de la place... C’est là que j’ai réalisé que mon métier, je l’ai appris. Quand je fais beaucoup de shows, je me sens comme un joueur de hockey qui est en milieu de saison, qui a trouvé sa vitesse et son momentum. 

T’arrive-t-il de te dire à quel point tu as bien fait de laisser ton travail de vétérinaire pour te lancer dans l’humour?
Chaque fois que quelqu’un me demande si je m’ennuie de faire de la médecine vétérinaire, je réponds que je m’ennuie zéro. Et chaque fois, je me dis que ç’a été une excellente idée de m’être inscrit à l’École de l’humour. Je repense à ce moment où j’étais dans mon auto. Je revenais de passer une entrevue pour devenir chirurgien neurologue vétérinaire à l’université, en Floride. Je me disais que j’étais en train de me vendre pour quelque chose que je ne voulais pas. C’était tout un wake-up call! Dans l’auto, j’entends Louise Richer qui donne une entrevue à la radio et qui explique que c’est bientôt les inscriptions pour l’École de l’humour. J’avais fait des numéros d’humour quand j’étudiais à la faculté de médecine vétérinaire, le monde aimait ça et je n’arrêtais pas d’y penser, c’était mon rêve. Alors j’ai décidé de m’inscrire à l’école. Si je n’avais pas vécu ce moment-là, je ne sais pas si j’aurais eu le flash. Quand le timing est bon, c’est comme le train qui passe: il faut sauter dedans. Regarde pas trop si tu as toutes tes affaires, c’est le temps, le train ne repassera peut-être pas. 

Pour connaître les dates de la tournée Le plus fort au monde: francoisbellefeuille.com.
Bye Bye 2021, le 31 décembre dès 23 h, à Radio-Canada.

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