Valérie Lemercier a tout donné pour faire le film Aline | 7 Jours
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Valérie Lemercier a tout donné pour faire le film Aline

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Elle est actrice, humoriste, réalisatrice, et elle chante aussi. Pourtant, Valérie Lemercier, qu’on a pu voir dans des films tels que Le petit Nicolas, Les visiteurs et Palais Royal!, est encore trop peu connue au Québec. Cela risque néanmoins de changer avec le film Aline, largement inspiré de la vie de Céline Dion, qui sort en salle ces jours-ci.

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Valérie, comment est née cette idée de film inspiré de la vie de Céline Dion?
J’ai eu envie de faire ce film pour rendre hommage à Céline Dion, que j’adore. Ce qui m’a d’abord touchée, comme des millions de gens, c’est de la voir faire ses premiers pas sans René Angélil. Je me suis demandé comment ça allait être sans lui. Je me suis posé des questions et je me suis mise à écouter encore plus sa musique. Je connaissais beaucoup ses disques en français, mais très peu ceux en anglais. J’ai beaucoup écouté son album Encore un soir pendant le tournage de mon film précédent, Marie-Francine. Peu à peu, je me suis plongée dans sa vie, j’ai regardé des choses sur le Québec, sur Félix Leclerc, sur la culture québécoise... J’ai même écouté Occupation double! (rires) J’ai aussi lu une biographie de Maman Dion, puis une autre sur René. 

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Dites-moi pourquoi, dans votre film, Céline Dion devient Aline Dieu.
Parce que ma coscénariste m’a dit de changer les noms pour que tout soit plus simple, et c’est vrai. Ça nous a permis de prendre des libertés. Ce film est un parfum de la vie de Céline, mais c’est un portrait décalé, avec certains petits changements. Par exemple, dans le film, la maison n’est pas une copie conforme de celle de la famille Dion.

Parlez-moi de vos choix en matière de distribution, qui est majoritairement québécoise.
J’ai tout de suite pensé que ça ne marcherait jamais d’avoir 40 comédiens français qui essaient de s’approprier l’accent québécois. Ça aurait été terrible! Imaginez Gérard Depardieu qui fait le mari et Josiane Balasko qui joue Maman Dion; ça n’aurait pas marché. J’ai fait six films en tant que réalisatrice et je n’ai jamais rencontré des gens comme Antoine Vézina, Pascale Desrochers, Sylvain Marcel, Roch Lafortune et Danielle Fichaud. Toute la sincérité, la joie, la dévotion, l’implication qu’ils avaient à jouer étaient fantastiques. Je ne me lasse pas de travailler avec eux. 

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Qu’est-ce qui a été le plus difficile à jouer dans Aline?
Jouer Aline Dieu a été un grand plaisir, je me suis plongée là-dedans avec joie. Ce qui a été difficile, ç’a été de refaire les chansons, de refaire les mixages, parce que ce n’est pas mon métier. Il y a aussi eu une chorégraphie avec des danseurs qui a été plus difficile et que j’ai eu à répéter longtemps. Mais sinon, j’avais tellement de hâte et de joie à jouer Aline que ç’a été un bonheur.

Comment vous sentez-vous à l’idée d’enfin présenter ce film au Québec?
J’ai un peu d’appréhension, parce qu’on m’a dit que j’étais attendue avec une brique et un fanal. J’attends donc les coups de brique. Je sais que Céline Dion est une intouchable chez vous et que certains ne sont pas convaincus par mon accent. Mais je vous assure que j’ai tout donné pour ce film et que j’ai travaillé fort pour ne pas trop appuyer sur l’accent. J’ai essayé de faire petit parce que pour moi, l’accent n’est pas le sujet du film.

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Avez-vous déjà rencontré Céline?
Non, je ne l’ai jamais rencontrée. J’ai juste rencontré des gens qui ont connu René Angélil, mais j’ai cependant vu Céline chanter à Bercy lors de son dernier concert. Mais j’espère qu’elle verra le film. Ce film, c’est aussi toute la tendresse qu’une maman a pour ses 14 enfants, tout l’amour que cette maman a quand elle entend chanter sa plus jeune. Danielle Fichaud ne se veut pas non plus un pastiche de Maman Dion. Elle y est allée de sa propre interprétation. Mais il fallait une grande actrice pour jouer ça, et je ne vais jamais oublier la grande ovation qu’a eue la comédienne à Cannes. Ç’a été ma plus grande récompense. On a adopté Danielle Fichaud; elle vient d’ailleurs de décrocher un grand rôle avec Franck Dubosc dans un film. Elle est géniale, cette femme. 

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Quel est votre prochain projet?
J’aime l’idée de faire un film sur Martine Aubry, cette femme politique de chez nous, et je pense même à Danielle Fichaud pour jouer dedans. Mais tout ça n’est qu’idée folle en ce moment. Sinon, je vais jouer au théâtre dès janvier et je ne sais pas encore quand sera mon prochain tournage.

Vous faites carrière depuis plus de 30 ans. Comment en êtes-vous venue à vouloir pratiquer ce métier?
J’ai fait le conservatoire de Rouen à l’âge de 15 ans et je pense que j’ai senti que j’aimais l’idée de faire rire à l’âge de 2 ans. J’étais cette fille qui prenait grand plaisir à faire rire sa famille. Ensuite j’ai fait le conservatoire en violon, mais je n’aimais pas ça et j’ai vu qu’il y avait un programme d’art dramatique. Je me suis tout de suite inscrite et ç’a été une révélation pour moi.

De quoi êtes-vous le plus fière dans votre carrière?
Peut-être de mes spectacles, qui ne sont pas filmés parce que je n’aime pas l’idée de vendre un DVD par la suite. Je préfère que les gens viennent me voir en salle, j’aime le contact direct.

Est-ce que le fait de revenir ici vous réconcilie avec le Québec, que vous boudez depuis votre mésaventure à Juste pour rire en 1990?
Peut-être, oui, mais le concours de circonstances à l’époque était malheureux et drôle en même temps. Lorsque j’ai présenté mon spectacle ici, j’ai pleuré toute la nuit et ça ne m’arrive pas souvent. Je suis arrivée ici après avoir présenté mon spectacle pendant neuf mois dans la même salle à Paris et, le premier soir, je constate qu’une grande compagnie a acheté la moitié des billets pour les offrir à ses employés, qui sont venus mais qui m’ont confondue avec Claudine Mercier... Le monde quittait donc la salle. Le lendemain soir, ça s’est beaucoup mieux passé, mais ce souvenir est resté gravé en moi et je n’ai plus jamais eu le courage de revenir jouer au Québec. Mais j’ai adoré tourner Aline ici, j’ai adoré vos techniciens. En France, il y a encore un peu de misogynie avec les réalisatrices femmes, alors qu’ici, c’est quelque chose de normal. 

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On vous a découverte ici dans Les visiteurs, rôle qui a fait exploser votre carrière. Quel souvenir gardez-vous de ce film?
Je suis contente d’avoir fait ce film, même si ce fut un tournage difficile puisque je devais être toujours plus drôle. Mais ce fut un rôle marquant et encore aujourd’hui, dans la rue, on m’appelle Dame Béatrice, le nom de mon personnage. C’est un film qui a eu un vif succès en France et qui a lancé ma carrière.

Pourquoi aviez-vous refusé de jouer dans la suite?
Parce que je trouvais la suite beaucoup moins drôle que le premier film. Et comme le tournage du premier film n’a pas été tant idyllique pour moi, je ne me suis pas sentie obligée de le faire. De toute façon, je ne me sens jamais obligée de rien. J’ai accepté de faire la suite du film Le petit Nicolas parce que j’avais envie de le faire, parce que c’était pertinent.

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Vous avez enregistré un album intitulé Valérie Lemercier chante. Allez-vous en faire un autre un jour?
Oh, ça me touche beaucoup que vous connaissiez cet album, car peu de gens l’ont! Je ne sais pas si je vais faire une autre incursion dans la chanson un jour, mais pour l’instant ce n’est pas dans mes projets.

En terminant, Céline Dion n’a pas vu le film, sa famille non plus. Qu’avez-vous envie de leur dire?
Que je l’aime, que je les aime! 

Le film Aline est en salle depuis le 26 novembre.

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