Rétablie de son cancer, Renée Martel veut voir grandir ses petits-enfants | 7 Jours
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Rétablie de son cancer, Renée Martel veut voir grandir ses petits-enfants

Image principale de l'article Renée Martel veut voir grandir ses petits-enfants
Photo : Sébastien Sauvage

La chanteuse Renée Martel a surmonté son lot d’épreuves, tant du côté cœur que du côté santé. Mais aujourd’hui, pleinement rétablie d’un cancer du sein, elle s’est finalement choisie. Elle a opté pour son bonheur! Après avoir lancé un tout nouvel album, elle prépare une tournée qui s’amorcera en mai 2022. Elle nous parle des leçons de vie qui ont jalonné son parcours vers la paix et le bonheur...

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Renée, est-ce qu’il y a des choses dont tu as envie de nous parler?
J’ai vécu toutes sortes d’affaires. Des peines d’amour, le suicide de mon dernier conjoint... Ce sont toutes des choses qui m’ont bâtie, en fait. Mais ce que je veux, c’est parler de ma vie d’aujourd’hui. Je vis avec mes deux chats et je suis bien comme ça. Il y a bien des gens qui ont peur de vivre seuls. 

Vivre seule, est-ce que c’est quelque chose qui te faisait peur?
Non, pas du tout, car je suis une totale solitaire. Je suis très introvertie et je suis très bien toute seule. Je dois dire que j’avais de la difficulté à vivre en couple. Ça me prend de l’espace et des périodes de solitude; ce n’est pas toujours le fun pour la personne qui est dans ta vie. Aujourd’hui, je vais très bien. Il n’ y a plus de matins où je me lève et où je me dis que je suis tannée. Jamais, jamais. Quand je me lève, je suis toujours de bonne humeur. Je suis heureuse! Je suis heureuse avec moi-même, ce qui n’est pas facile à acquérir; se connaître et aussi apprendre à s’aimer, c’est vraiment difficile.      

As-tu l’impression que, pour en arriver là, ç’a été la quête d’une vie?
Oui! À travers plein de choses; mon enfance, la perte de mes parents et des gens que j’aimais. Parfois, tu vis certaines choses parce que tu ne t’aimes pas. Avant, je disais toujours oui, mais le jour où j’ai appris à dire non, ç’a été fantastique! Je me suis presque fait des ennemis, ce jour-là. Mais je me suis écoutée. Je n’étais pas bête; je me suis choisie.

Photo : Sébastien Sauvage


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Est-ce que ça t’a rendue plus heureuse?
Oui, avec moi-même. Car aujourd’hui, les gens respectent ce que je veux et ce que je ne veux pas faire. Je ne suis pas devenue haïssable à cause de ça... Je suis disponible pour mon métier, je suis disponible pour mes enfants. Mais il y a des gens pour qui je ne suis plus disponible, car ça me demandait de l’énergie que je n’avais pas.      

En fait, tu ne dois rien à personne...
Non, et c’est fou à dire! J’ai enfin acquis la paix, mais ç’a été un très long processus. Quand tu commences, tu prends une feuille blanche. Tu mets tes qualités à gauche et tes défauts à droite. À droite, c’est plein, mais à gauche, il n’y a rien! Mais au fur et à mesure que tu fais des choses et que tu travailles là-dessus, les qualités s’ajoutent! Personnellement, je n’avais pas tendance à regarder mes qualités. Je croyais que je n’en avais pas. Je me disais même que ça ne servait à rien de rencontrer quelqu’un, car j’étais persuadée que la personne ne m’aimerait pas...

Est-ce que tu as consulté pour ça?
J’ai consulté il y a une dizaine d’années. C’était un psychiatre, qui m’a beaucoup aidée, car ce n’est pas facile à faire. Se dire à soi-même qu’on s’aime, c’est dur, parce qu’on ne veut pas être vaniteux. Ce n’est pas facile du tout, et les autres ne nous le disent pas tout le temps!      

Dis-moi, quelles sont les qualités de Renée Martel?
J’ai découvert que j’étais une personne remplie d’amour et généreuse. On a toujours l’impression d’être prétentieux, mais on ne l’est pas! Tous les êtres humains ont des qualités et des défauts. J’ai encore des défauts. Parfois, je suis bougonne. Sinon, j’ai énormément de patience, mais pas beaucoup de tolérance; je ne tolère pas ce qui dérange ma vie.

Photo : Sébastien Sauvage


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Renée, tu as été gravement malade. En réalisant que la vie peut basculer à tout moment, est-ce que ça a changé ta relation avec le temps?
Oui, parce que maintenant, je sais que je n’ai pas 50 ans devant moi. Il me reste peut-être de 15 à 20 ans de bonne vie; en tout cas, espérons-le. Donc, elles sont importantes, ces années-là pour moi. Je veux les vivre comme j’en ai envie et m’entourer de ceux que j’aime. Je veux vivre les années qu’il me reste en étant heureuse. Chacune d’elles est précieuse. 

Aimerais-tu avoir un compagnon de vie?
Non, car ça ne me manque pas du tout. J’ai donné beaucoup à chacun, mais j’ai aussi beaucoup souffert. J’ai aussi été heureuse en amour. En fait, les deux seuls conjoints qui ont vraiment compté dans ma vie, ce sont les pères de mes enfants. Jean-Guy est décédé, et ça m’a brisé le cœur. Georges a aussi été d’une grande importance dans ma vie.

Est-ce qu’il y a beaucoup d’hommes qui ont essayé de te séduire, Renée?
Quelques-uns! (rires) Mais j’étais très sans dessein là-dessus, car je ne voyais pas ça. Un jour, Pierre Lalonde m’a dit — alors que ma fille avait deux ou trois ans — qu’il m’avait cruisée pendant deux ans... Et je n’avais jamais vu ça! Encore aujourd’hui, s’il y en a, je m’excuse, mais je ne les vois pas! (rires) De toute façon, je ne suis plus là. Ce n’est plus important pour moi... J’ai mes amis, mes enfants, mes petits-enfants et ma carrière. Ma vie est remplie, et je ne veux pas de trouble! (rires)

Quel est ton premier souvenir professionnel?
C’est la première fois que j’ai mis les pieds sur une scène. Ça remonte à longtemps — ça a fait 69 ans le 12 août dernier! J’étais avec mon père, debout sur une chaise. Donc, je n’étais pas tellement sur une scène! (rires) Mon père m’a demandé comment je m’appelais. Je lui ai dit: «Bien voyons, tu sais comment je m’appelle... tu es mon père!» Mon père avait une drôle de manie: il serrait les dents quand il était fâché. Et il m’a demandé à nouveau de dire au monde comment je m’appelais. Là, j’ai compris et je me suis nommée! Ensuite, il m’a demandé ce que j’allais chanter avec lui. Même chose: je lui ai dit qu’il le savait, car ça faisait assez longtemps qu’on la pratiquait! Et là, on a chanté Un coin du ciel.

Photo : Sébastien Sauvage


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Quel est ton plus beau souvenir sur scène?
J’en ai plusieurs. J’aime ça être sur scène! Les gens m’ont toujours soutenue. Le plus beau souvenir que j’ai de tout ça se résume à ceci: j’arrive sur scène et je n’ai pas le temps de chanter une note que les gens sont debout et crient: «On t’aime!» Ça, c’est impayable! C’est ce qu’un artiste peut espérer de mieux. Les gens le font encore aujourd’hui quand je monte sur scène. Ils me disent: «On t’aime!» Qu’est-ce que tu peux vouloir de plus? C’est pour ça qu’on fait ce métier-là, pour l’amour. Pour être aimés! Moi, je suis extrêmement gâtée.

Est-ce que tu as toujours été consciente que cet amour-là est précieux?
Bien souvent, je me suis demandé ce que j’avais fait pour que les gens m’aiment. Des fois, des gens me disent qu’il n’y a personne dans le milieu qui ne m’aime pas. Et là, je me dis: «Bien, voyons donc!» C’est un beau cadeau de se faire dire ça quand tu es un artiste, car on travaille pour ça: pour recevoir cet amour et en donner.

Michel Louvain est récemment décédé et, lorsqu’on avance en âge, tranquillement, on perd plus de monde autour de nous. Comment vis-tu avec ça?
Pas très bien. Il y a beaucoup de mes amis qui sont morts, et ça m’attriste énormément. Et ça me fait peur aussi, car je me dis que toute ma gang est en train de tomber. Ça me rappelle un souvenir de mon père. Quand Paul Brunelle est décédé, mon père m’a appelée parce que c’était un de ses très proches amis. Il pleurait, car il me disait que ce serait lui le prochain. Ça lui a fait quelque chose, car il a réalisé que tous les pionniers étaient morts et qu’il ne restait que lui. J’ai appris beaucoup de leçons de mon père, par rapport à ce qu’il a vécu avec la maladie. Il m’a déjà dit: «Renée, ne donne pas ta vie et ta santé à ce métier-là.» Mais c’est difficile de s’arrêter. J’ai passé au moins deux ans à ne plus avoir aucun contact avec le show-business, parce que j’étais en chimiothérapie. Et aussi parce que j’ai eu une chirurgie et une radiothérapie. Avec tout ça et les examens médicaux, je n’avais pas la tête à faire du show-business. J’étais concentrée sur ma santé pour m’en sortir. 

Photo : Sébastien Sauvage


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Est-ce que tu as toujours cru que tu allais t’en sortir?
Oui! Au début, le médecin me disait que j’avais la moitié des chances de m’en sortir. Je peux te dire que j’espérais vraiment être du bon côté! (rires) Il reste que je m’en suis sortie. J’ai eu une chimiothérapie extrêmement agressive. Mon oncologue est fier de moi. Il n’était pas question que je m’en aille de l’autre bord... je ne suis pas prête à ça.      

En terminant, que peut-on te souhaiter, Renée?
Je vais bien, mais je pourrais aller encore mieux. Je veux voir grandir mes petits-enfants. J’en ai quatre, et ma fille aimerait avoir des enfants éventuellement. J’aimerais ça, car plus j’en ai, plus je les aime! Dans ma vie, je suis extrêmement comblée! Sinon, j’ai hâte de revoir le monde. Je vois le monde à l’épicerie, mais j’ai hâte de me retrouver sur scène et d’avoir un contact avec le public. Ça me manque, mais ça ne fait pas longtemps que ça me manque. Lorsque tu es très malade, ça ne te manque pas. Mais puisque je vais mieux, je vois mes amies faire de la scène — Laurence Jalbert et Luce Dufault — et je commence à être jalouse! (rires)

L’album Contre vents et marées est offert en magasin.


Au printemps, le tandem amorcera sa tournée à travers le Québec.
Pour les détails, consultez productionsmartinleclerc.com.

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