Roy Dupuis donne son avis sur une série sur Ovila | 7 Jours
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Roy Dupuis donne son avis sur une série sur Ovila

Il fait ce métier parce qu'il aime que des bonnes histoires soient racontées. Mine de rien, Roy Dupuis en est à son 50e film, maintenant sorti en salle. Il nous parle de sa plus longue histoire d'amour, celle avec le cinéma...

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On pourra le voir bientôt dans un film de mutants. Roy Dupuis est au générique de Brain Freeze non seulement comme acteur, mais aussi comme producteur associé. «C’est technique. C’est une façon d’officialiser le fait que je donne mon point de vue sur le scénario... ce que je fais tout le temps! révèle-t-il. Dans la plupart de mes contrats, il est écrit que, s’il y a des changements au scénario, je dois être d’accord. Quand je suis un des personnages qui portent l’histoire, je trouve ça important.» 

Il incarne Dan, un gardien de sécurité d’un riche quartier isolé, l’Île-aux-Paons. L’homme est laissé à lui-même lorsqu’un fertilisant qui fait fondre la neige pour permettre à des bien nantis de jouer au golf l’hiver contamine l’eau et que les habitants de l’endroit deviennent des mutants. «Quand un acteur participe à un film de ce genre-là, il voit l’enfant qui jouait aux cow-boys se réveiller en lui. Mais dans Brain Freeze, il y a aussi une critique sociale, un point de vue écologique.»

Tourner Brain Freeze n’a pas été de tout repos. «Ç’a été un tournage d’hiver, alors c’est moins confortable que l’été. Certaines scènes étaient longues à tourner, et il faisait frette!» Le tournage tirait à sa fin lorsque s’est pointée la pandémie. «Quand il a fallu qu’on arrête, il nous restait trois jours à tourner. C’était dramatique. La productrice était en larmes. Le film était complexe à réaliser avec le temps et l’argent qu’on avait. Techniquement, c’est un gros film à faire. Et les trois jours qui nous manquaient, on en avait vraiment besoin! Sans ça, on n’avait pas de film!» 

PRODUCTION/C/LOU SCAMBLE



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FAN DE CINÉ DE GENRE?
Dans la vie de tous les jours, Roy Dupuis est-il fan d’œuvres cinématographiques de genre? «Je suis un fan de cinéma. Peu importe ce qu’on me propose, si l’histoire vient me chercher, j’adhère, explique-t-il. Comme acteur, j’ai joué dans beaucoup de films de science-fiction où, souvent, l’emballage prenait le dessus sur l’histoire. Quand ça arrive, je sors du visionnement et je suis en maudit! J’ai l’impression qu’on m’a pris pour un con!» 

Brain Freeze est son 50e film, rien de moins! «Ce sont les fans qui me l’ont écrit. Je ne le croyais pas. Ils m’ont sorti la liste et, c’est vrai, il y en a 50! En fait, j’en suis à 51 parce que j’en ai tourné un autre depuis.»

JAMAIS TÉMOIN DE MAUVAIS COMPORTEMENTS
Le milieu du cinéma a été le premier à être visé par le mouvement #MeToo. Après coup, celui qui a tourné dans tant de films s’est-il questionné sur son milieu? «Non, parce que je n’ai jamais vu de comportements déplacés sur les plateaux. Je n’ai jamais senti ça. Ni sur les productions américaines que j’ai faites.»

IL A TOURNÉ LE DOS AU THÉÂTRE
Roy Dupuis vient du monde du théâtre. «J’ai touché aux plus grandes histoires du monde!» La dernière fois qu’il est monté sur scène, c’était en 2008, pour jouer dans la pièce Blasté, de Sarah Kane, aux côtés de Paul Ahmarani et de Céline Bonnier. Depuis, il a tourné le dos au théâtre, là où il a fait ses premiers pas comme acteur. «J’ai aimé ça, mais mes moments préférés étaient les répétitions, parce que c’est là que tu explores le texte, que tu essaies des choses... C’est un laboratoire. Tu découvres, tu essaies... Tu te sens complètement libre, et c’est là que l’acte théâtral se fait. Après, tu montres au public le fruit de ce qui s’est passé durant les répétitions. J’ai toujours eu l’impression qu’après la première, tout était fait. Et de rejouer toujours la même affaire, ça m’ennuyait. Alors qu’au cinéma, c’est comme si on filme l’acte théâtral, les répétitions. C’est pour ça que je suis plus proche du cinéma.» 

Et une pièce engagée comme celle de sa blonde, Christine Beaulieu, J’aime Hydro, ne pourrait-elle pas le combler? «Non. J’aime mieux faire un documentaire.» Il travaille d’ailleurs sur le deuxième volet du documentaire Chercher le courant qui, en 2010, dénonçait la construction de barrages hydroélectriques. 


UN BEAU MODÈLE D’HOMME
Roy Dupuis fait de moins en moins de télévision. «Avant de jouer dans Toute la vie, ça faisait 10 ans que je n’avais pas accepté de participer à une télésérie. Avant, j’avais fait Les rescapés. Je refuse les projets télé plus facilement que les films.» 

Pourquoi avoir dit oui à Toute la vie? «Au début, ç’a été l’idée de cette école... J’ai appris que ça existait et que la seule était à Montréal. Ça m’a surpris. Et quand je suis surpris, ça m’attire, confie-t-il. Puis, il y avait le fait que je ne porte pas la télésérie sur mes épaules. J’ai rarement plus que trois jours de tournage par semaine. J’aime la cause sociale qu’on sert là-dedans. Et j’aime travailler avec de jeunes actrices et de jeunes acteurs qui ne me connaissent pas beaucoup et qui en sont, pour la plupart, à leur premier projet. C’est vraiment enrichissant! C’est ce qui fait que je suis toujours là dans la troisième saison, parce qu’au départ, je ne le savais pas!» 

L’acteur trouve qu’on n’a pas beaucoup de beaux modèles d’hommes à la télé. «Ce sont souvent des crapules ou des magouilleurs, des hommes faibles. Je trouve que Christophe est un beau modèle de gars. Un gars qui l’a eu rough, qui a tout eu pour se planter bien raide dans la vie, mais qui a décidé d’utiliser sa souffrance pour aider les autres. C’est important pour les jeunes. C’est bien de dénoncer certains types d’hommes, mais ça prend aussi des modèles. Quand tu montres un trou de cul à la télé, quelque part, tu le légitimises.» 

Ce qui lui a aussi plu dans Toute la vie, c’est le thème de la naissance. «Je trouve que c’est quelque chose qui est super important! Qu’on y parle de la naissance et de ce que c’est que de porter un enfant, c’est quelque chose qui est venu me chercher. Il y a un aspect personnel là-dedans, dont je n’ai pas envie de parler, qui est venu aussi me chercher.» Roy aurait-il aimé être père? «Je n’ai pas de regrets en ce sens.»

LE VEDETTARIAT, PAS POUR LUI
Lui dont la notoriété a un jour franchi nos frontières reçoit-il toujours des offres pour tourner dans des productions étrangères? «Oui, mais ce n’est jamais très intéressant.» Il a des fans partout dans le monde depuis les années 1990. Ici, d’abord grâce aux Filles de Caleb, à l’étranger, notamment grâce au film Screamers et à la série La femme Nikita. Il a vécu le vedettariat comme pas un! «Une vedette, ce n’est pas ce que je veux être. Je ne l’ai jamais voulu. Est-ce que ç’a été agréable de l’être? Non, pas pour moi! Ç’a été dur. Oui, ça m’a permis d’avoir plein d’offres, plein de rôles et d’avoir le choix, mais vivre avec le vedettariat, ça n’a pas été facile pour moi. Je suis tombé dans l’alcool, la drogue... À un moment donné, il a fallu que je fasse une psychanalyse. La journée où je suis sorti de chez moi après la première diffusion des Filles de Caleb — moi qui habitais le Carré Saint-Louis et qui étais inconnu —, j’ai eu de la misère à me rendre au dépanneur. J’ai fait: “Wo! Qu’est-ce qui se passe?!” Ça a complètement changé ma vie! Alors, quand je voulais sortir de chez moi, ça m’aidait de prendre un peu d’alcool. Il y en a qui vivent bien avec ça. Pour moi, c’était moins facile.»

QUE PENSE-T-IL D’UNE SÉRIE SUR OVILA?
En 1990 et 1991, Roy Dupuis a donné vie à l’écran, dans Les filles de Caleb, à Ovila Pronovost, un des héros des célèbres romans d’Arlette Cousture. Or un projet de série mettant de l’avant le point de vue du personnage, qui devrait avoir pour titre Ovila, est enclenché. Qu’en pense Roy? «On portait parfois des jugements sur Ovila parce qu’il laissait sa femme seule pour aller dans le bois, mais il faut comprendre qu’à l’époque, c’était comme ça que ça se passait. Je me suis déjà dit que si on le voyait travailler fort dans le bois, on le comprendrait. Alors peut-être que ce sera intéressant d’avoir le point de vue d’Ovila, si ça reste dans l’univers d’Arlette.»

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DISCRET SUR SA VIE AMOUREUSE
Roy Dupuis et Christine Beaulieu sont en couple depuis huit ans. Pourtant, ce n’est qu’en septembre dernier, lors du Gala des prix Gémeaux, qu’ils ont fait leur toute première apparition publique au bras l’un de l’autre. «Je n’ai jamais caché notre relation, je ne parle juste pas de comment ça se passe chez nous avec ma blonde. Si on est allés ensemble aux Gémeaux, c’est qu’on était tous les deux en nomination. Je pense que c’était la première fois que ça arrivait.» Les tourtereaux ont-ils des projets professionnels ensemble? «Pas jusqu’à maintenant.»

Le film Brain Freeze, mettant en vedette Roy Dupuis, sera en salle partout au Québec depuis le 29 octobre.

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