À 45 ans, Julie Perreault jouit d’une nouvelle liberté | 7 Jours
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À 45 ans, Julie Perreault jouit d’une nouvelle liberté

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Andréanne Gauthier

Représentative de la belle quarantaine, Julie Perreault profite de cette période qui lui offre une nouvelle liberté. La mère voit ses enfants s’épanouir, la femme a du temps pour elle, la professionnelle constate que sa carrière se porte bien. D’ailleurs, pour notre plus grand bonheur, l’actrice fait actuellement son retour sur nos écrans dans la peau d’Alice, une sergente-détective spécialisée en déviances sexuelles et déterminée à défendre les victimes.

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Julie, tu relèves un nouveau défi avec Doute raisonnable. Qui est cette Alice que tu incarnes dans cette série?
C’est une sergente-détective qui est aux enquêtes. Elle est à la croisée des chemins et elle se questionne sur son avenir dans la police. La série commence au moment où elle revient d’une sabbatique d’un an pendant laquelle elle a fait une surspécialité en déviances sexuelles. Elle avait déjà fait une thèse sur la mémoire, parce que c’est à la base de sa méthode d’enquête. La police de Montréal lui propose d’être à la tête d’une brigade spécialisée dans les crimes à caractère sexuel. Dans la réalité, cette brigade n’existe pas au Québec. Alice est entourée de trois femmes et d’un homme. Au-delà de sa rigueur et de son obsession à défendre les victimes, on comprend ce qui l’a menée là et qu’il est facile pour elle de se mettre à la place des victimes.     

Éric Myre


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Cherche-t-elle à réparer quelque chose?
Le passé d’Alice et ses blessures se heurtent au présent. Doute raisonnable porte sur la difficulté qu’ont les victimes à porter plainte, mais aussi sur le mensonge. Le mensonge entre souvent en jeu dans ce genre de crimes. Il y a toujours quelqu’un qui cache quelque chose. Ces dernières années, on a beaucoup parlé de la prise de parole des victimes. Nous ne pouvons plus reculer. Cette quête doit être défendue avec délicatesse. 

La beauté de ton métier, n’est-ce pas d’aller là où tu ne serais jamais allée?
Quand j’ai voulu devenir actrice, l’idée de jouer tout ce que je ne serais jamais dans la vie me plaisait. Nos personnages nous donnent cette permission.

Comme tu te concentres sur ce projet, cela te laisse-t-il du temps pour autre chose?
Nous avons tourné la saison en trois mois et demi, alors j’ai du temps à l’agenda. J’ai toujours vu ma carrière à long terme, alors afin de maximiser mon expérience, je ne veux pas me précipiter dans plusieurs projets à la fois.      

Avoir du temps pour autre chose, c’est quand même un grand bonheur...
C’est un bonheur qui est réel quand on est entre deux projets. Quand on a juste du temps, ça implique de tourner en rond et que rien n’ait un sens. Les périodes de ressourcement existent peu dans notre travail: on est tendu par le besoin de travailler, le désir d’être convoité. L’attente, c’est un poison pour les acteurs. Mais quand on sait qu’on a un prochain projet et qu’on a trois mois avant qu’il démarre, on sait que c’est du temps pour soi, pour rattraper le temps perdu, ne rien faire ou tout faire, réorganiser sa maison. Ça, ce sont de vraies vacances.

Andréanne Gauthier

 
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Comment remplis-tu ces parenthèses?
J’ai une deuxième profession: je suis photographe. J’ai la possibilité d’intégrer à ma vie les projets que j’ai envie de faire. J’ai quand même deux enfants, et il n’y a pas d’âge pour avoir besoin de sa mère. Je suis présente pour eux. Je m’occupe de ma vie, car je ne veux pas qu’elle soit remplie uniquement par le travail. J’ai rapidement identifié qu’attendre un travail ne me mettait pas dans une bonne zone, alors, je me suis organisée pour être responsable de mon temps. Le fait de pouvoir le faire, ça change tout.

Comment as-tu vécu la pandémie?
Je constate qu’on a une réelle capacité d’adaptation et de résilience. On est encore en pandémie, je le sais, mais c’est devenu notre réalité. Quand on est tombés à l’arrêt tous en même temps, ç’a été une période extraordinaire pour moi. Comme tout le monde était arrêté, il n’y avait pas de culpabilité. C’était un vrai congé. Je savais que ça n’annonçait rien de bon, mais on était tous dans le même bateau. J’étais disponible à 100 %. Cette période m’a tellement rapprochée de mes enfants. J’ai appris à les connaître autrement, et ç’a été la même chose pour eux. Malgré le fait que c’était une période stressante pour l’humanité, ç’a été une bulle de grâce. Il y avait des moments heureux entre nous. Je n’ai pas tourné pendant un an et demi. Les choses se sont réinstallées au compte-gouttes: j’ai recommencé à faire de la photo, de la voix, à lire des textes. 

C’est quand même un grand test pour le système nerveux, non?
Oui, mais ça s’harmonisait bien avec mes choix personnels de réhabilitation et de réadaptation dans ma vie. C’est ce que j’avais choisi de faire. C’est un point de vue très personnel, mais tout cela me semblait très cohérent. J’ai vécu les choses comme elles se présentaient. La période était suffisamment anxiogène, je n’en ai pas rajouté. 

Avoir autant de temps à passer avec tes enfants, c’était quand même un moment privilégié...
Oui, et nous avons fait des choses toutes simples: jouer à des jeux, écouter des séries, aller marcher ensemble. Avant, je ne marchais jamais avec mes enfants; nous faisions du vélo, mais pas de la marche. Pendant deux mois, nous avons fait le tour du bloc tous les jours. Nous nous sommes vus autrement. 

Andréanne Gauthier


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As-tu eu des inquiétudes pour tes proches, ta famille, tes amis?
Tout s’est bien passé pour mes proches, et je touche du bois... De façon limitée, j’ai gardé le contact avec mes amis. Comme pour le travail, ça s’est fait au compte-gouttes. J’ai tellement parlé au téléphone que j’étais en train de développer une otite! (rires) Nous avons toujours gardé le lien, dans les limites de ce qui était permis. Lorsque nous avons pu nous voir à l’extérieur, à distance, j’ai vu trois amis. Lorsque le travail a repris, j’étais constamment entourée de différentes personnes, alors, j’ai dû m’adapter. J’aime tellement les gens et échanger que je me suis rapidement réapproprié ce plaisir d’être en relation avec les autres.

Nous avons compris qu’il fallait prendre soin de notre santé physique et mentale. Est-ce que tu t’es donné des moyens pour y parvenir?
Quand on dit qu’il faut prendre soin de soi, on pense spontanément à saine alimentation et à forme physique. S’il est vrai que ce sont des aspects incontournables de la santé, pour moi, prendre soin de soi, c’est plus que jamais lié à la capacité de savoir où on est et où on s’en va. En d’autres termes, il faut être capable de faire des bilans, à condition d’être honnête avec soi-même. Pour moi, la santé, c’est se questionner: «Est-ce que je suis bien? Qu’est-ce que je peux faire pour m’améliorer?» Ces questions essentielles font aussi partie de la santé globale. Sans que ce soit lourd, je crois qu’il faut simplement être connecté sur soi. Depuis quelques années, j’aime faire des bilans personnels. Ça me permet de ne pas prendre de retard et de toujours être à jour. Ça me permet aussi de ne pas accumuler. Quand on accumule des frustrations, c’est du véritable poison... 

Et quand on ne fait pas ces mises à jour, on se retrouve parfois dans une vie qui ne nous ressemble plus...
Oui, et ça explique qu’on se retrouve, dans la quarantaine ou la cinquantaine, à faire un bilan négatif. Personne n’est à l’abri de cela. Moi, je suis vigilante: je fais attention parce que cela fait partie de la santé. 

Tu parles de la quarantaine. As-tu le sentiment de traverser une belle période?
Oui, mais j’ai trouvé que toutes les décennies avaient quelque chose d’intéressant. J’ai connu la maternité dans la vingtaine parce que j’ai eu Thomas à l’âge de 25 ans. Puis, la trentaine m’a permis de m’installer dans mon métier. Cette période a été exceptionnelle. La quarantaine est pour moi une période de récolte. Les choses n’arrivent pas de manière miraculeuse, et comme le dit si bien le proverbe: On récolte ce que l’on sème. C’est comme si j’avais la possibilité de profiter des choix que j’ai faits jusqu’à maintenant. Mes enfants sont plus grands. Je recommence à m’amuser, à prendre un verre avec mes amis, à réorganiser mes choses. Il y a comme une espèce de renaissance dans la quarantaine, mais qui est en lien avec ma vingtaine et ma trentaine. J’ai été maman très jeune. J’ai dû gagner ma vie et assumer des responsabilités très tôt. Rapidement, je me suis retrouvée dans une vraie vie d’adulte. Alors pour toutes ces raisons, on dirait que je récolte maintenant le fruit de ces années d’efforts.

Après avoir assumé autant de responsabilités, est-ce bon de retrouver un peu de liberté?
Oui, c’est formidable: on recommence à vivre. Je pense que quand on arrive à cette période de la vie, on peut constater si on a fait de bons choix ou non. Quand les enfants ne sont plus là pour prendre toute la place, si on n’a pas fait de bilan, c’est sûr que ce sera au programme!

Andréanne Gauthier



Son secret beauté
C’est à l’une des meilleures esthéticiennes que Julie a confié son visage: Mme Farida Doumandji. «Notre collaboration dure depuis 10 ans. Je suis actrice. Je ne veux pas transformer mon visage, mais je peux faire en sorte d’avoir un teint radieux. C’est tellement difficile de vieillir à l’écran! On constate les changements qui nous affectent. Ce que j’ai trouvé pour contrer le temps qui passe, ce n’est pas de rajeunir, mais de prendre soin de ce que j’ai l’air à l’âge que j’ai et d’être au meilleur que je puisse être à l’âge que j’ai. Farida rassemble toutes mes définitions du bien-être. Lorsqu’elle me fait un soin, je me sens radieuse. C’est bon pour l’estime de soi. Certains s’entraînent pour se sentir bien dans leur peau. Moi, je vais chez Espace Doumandji. Le vrai symbole de la jeunesse, ce n’est pas de ne pas avoir de rides, mais d’avoir une peau en santé, de l’éclat. Les rides, c’est la manière dont on s’exprime. Ralentir le temps, ce n’est pas tant lié aux injections qu’au fait de prendre soin de sa peau.» Info: espacedoumandji.ca 

Les 10 épisodes de Doute raisonnable sont disponibles sur Tou.tv Extra.

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