La carrière de Damien Robitaille a atteint de nouveaux sommets grâce au web | 7 Jours
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La carrière de Damien Robitaille a atteint de nouveaux sommets grâce au web

Image principale de l'article Sa carrière a atteint de nouveaux sommets
Photo : Patrick Seguin

Damien Robitaille chante en français depuis 15 ans, mais il n’avait jamais connu un succès semblable à celui qu’il a atteint avec sa Chanson du jour, qui l’a amené à interpréter plus de 230 succès durant la pandémie. Un projet qui va fort probablement changer le cours de sa carrière.

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Damien, tu as vraiment fait sensation sur Facebook durant la pandémie. C’est tout un exploit!
Je suis fier de ce que j’ai accompli, ça, c’est sûr! Être au fond d’un trou et s’en sortir, créer quelque chose à partir de rien, ç’a été le fun. Au début de la pandémie, il n’y avait pas de contrats, pas d’argent... Je voulais juste repousser les limites et m’améliorer d’une chanson à l’autre. Mon entourage me disait: «OK, tu en as fait assez, tu peux prendre une pause.» Mais moi, je leur répondais que je voulais continuer à faire des chansons chaque jour. J’avais le vent dans les voiles, je voulais continuer à battre le fer pendant qu’il était chaud. J’ai aimé ça! 

Combien en as-tu fait en tout?
Au moment où on se parle, 230. Ça fait un bout que je n’en ai pas fait, et ça me manque.     

Il te fallait apprendre les chansons, les enregistrer, monter les vidéos... Cet exercice t’a-t-il permis de réaliser que tu es un gars discipliné?
Je dirais que je suis un gars passionné et obsessif! J’étais en mode survie, mais j’avais du fun à faire ça! Surtout que ce n’était pas des commandes: ça venait de moi. C’est plus facile dans ce temps-là. Je me sentais comme un adolescent qui a la passion de la musique. Au début, je faisais les tounes que j’aimais et que les gens appréciaient, comme Your Song, d’Elton John, ou You’ve Got a Friend, de Carole King. Puis, pour ma septième chanson, j’ai fait Here Comes the Sun, une toune d’espoir, et il y a soudainement eu plus de gens qui ont commencé à s’intéresser à ce que je faisais. Je regardais les commentaires et je me disais: «Tiens, je vais faire celle-là, elle va pogner.» J’y allais avec ce que les gens demandaient.

Et un jour, tu as eu l’idée de faire Pump Up the Jam. Ç’a été un succès monstre, non?
Oui, vraiment. J’avais déjà fait environ 120 chansons du jour et je pensais que c’était fini, que j’avais plafonné. J’avais quelques followers, soit 8000 sur Instagram et environ 30 000 sur Facebook. Pump Up the Jam est sortie en décembre 2020. En l’espace d’un mois, je suis passé à 80 000 abonnés Instagram, et la chanson a été vue à plus de cinq millions de reprises! Ça a eu un impact. Ça m’a permis de vendre plus de billets de spectacle et d’avoir des contrats de publicité, comme celui pour le lait sans lactose. 

Plein de gens ont parlé de cette reprise un peu partout dans le monde. As-tu été surpris?
Oui, il y a des personnes d’Angleterre et des États-Unis qui m’ont contacté. J’ai eu des offres de pas mal tous les pays, j’ai des messages tous les jours! Il y a des vedettes d’Hollywood qui m’écrivent et me laissent des messages, des commentaires.

C’est un bel honneur qu’ils prennent le temps de t’écrire...
Oui, et je trouve ça cool quand les artistes des chansons que je reprends me laissent eux-mêmes de petits commentaires. Herbie Hancock a repartagé une chanson, Hall and Oates et les fans de Bowie aussi, tout comme l’actrice Jennifer Garner. Grâce à elle, j’ai gagné environ 10 000 abonnés en 24 heures. Quand des artistes repartagent ce que je fais, ça prend vraiment de l’ampleur.

Tu conçois que ces reprises t’ont fait connaître d’un plus grand public?
Il y a des gens qui m’ont dit qu’ils pensaient que j’étais un humoriste ou un gars qui passait à la télé de temps en temps. Ils ont découvert quelques-unes de mes tounes. La beauté d’Internet, c’est que ça m’a ouvert des portes partout. Ça vient avec une liberté totale. Avant, j’étais à la merci des radios, je me demandais si elles allaient jouer ma nouvelle chanson. Là, je fais mon affaire, et il n’y a personne qui vient me dire comment faire. Je chante en anglais si je veux, ce que je ne me permettais pas avant.

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Est-ce que cette aventure va avoir des répercussions sur ta carrière au cours des prochaines années?
Je suis vraiment à une drôle de période dans ma carrière, parce que je me demande ce que je vais faire en spectacle. Ils pourraient durer cinq heures! Avant, je faisais seulement mes tounes, mais là, je les fais en première partie, puis je fais un medley de plein de chansons et je prends des demandes spéciales. Et là, il y a Noël qui s’en vient, alors je vais aussi pouvoir chanter les pièces de mon album Bientôt ce sera Noël, que j’avais mis en marché en 2019. Il y a donc Damien Noël, Damien auteur-compositeur et Damien interprète! Je ne sais pas où je vais m’en aller avec tout ça. C’est un beau melting-pot! 

Les gens vont aimer ton spectacle!
Oui. J’aime surprendre les gens, varier les styles, trouver des chansons de toutes les époques. Je dirais que je me redécouvre! Ça me fait bizarre, parce que j’ai passé les derniers mois à faire tous mes shows dans mon salon, et là, je recommence à sortir et à jouer devant un public. Je devais faire des spectacles de Noël l’an dernier, mais ç’a été repoussé à cause de la covid. Ça a donné le temps aux gens d’apprivoiser l’album. Je suis bien fier de ce disque-là. Honnêtement, je pense que c’est mon préféré dans mon répertoire. 

Tu viens de Lafontaine, en Ontario. Crois-tu que ton parcours aurait été différent si tu avais décidé de ne chanter qu’en anglais?
Je ne sais pas... Peut-être que je ne serais pas chanteur, parce qu’il y a beaucoup plus de compétition en anglais. Le fait de chanter en français m’a permis de sortir de mon village! Ce qui est drôle avec La chanson du jour, c’est que le monde anglophone me découvre. On se demande d’où je sors et on dit que je vais avoir une belle carrière, alors que ça fait 15 ans que je chante!      

Plus jeune, parliez-vous français à la maison?
Moitié-moitié. Mon père est francophone et ma mère parle quand même bien le français. C’est une Steinberg de Kitchener. 

Tu juges donc que ç’a été un bon choix de faire carrière en français?
La vie est ce qu’elle est! Je n’ai pas de regrets, et les seuls choix que je peux faire, maintenant, ce sont ceux d’aujourd’hui. J’ai grandi dans une culture assez religieuse, et même si je ne suis pas pratiquant ni croyant, je pourrais me dire que Dieu a tracé le chemin pour moi. Que je n’ai qu’à m’asseoir, et que la vie va tout arranger! Mais, à un moment donné, il faut prendre le contrôle de son destin, être son propre Dieu. 

Tu es père de deux filles, n’est-ce pas?
Oui. Elles ont quatre et six ans, et elles vivent en Espagne. Quand elles sont parties là-bas, j’avais des tournées en Europe, et j’ai dit à mon ex: «Vas-y, de toute façon, je vais toujours être sur la route.» Et là, la covid est arrivée. Tout a été annulé, et mes filles étaient là-bas, alors que moi j’étais encore ici. J’ai quand même été huit mois sans les voir, mais j’ai passé tout l’été en Espagne. Je viens à peine de revenir. Heureusement, on a le Web pour faire des FaceTime.      

Pour suivre ses activités et connaître ses dates de spectacles: damienrobitaille.com.


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