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Kathleen Fortin multiplie les projets télé excitants

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Photo : Julien Faugere

La comédienne et chanteuse Kathleen Fortin l’avoue d’emblée: elle se considère comme privilégiée d’être aussi sollicitée et d’être appelée à jouer quantité de personnages depuis plus de 20 ans. Cet automne, elle se joint à L’Échappée, mais on peut aussi la voir dans les séries Après et Portrait-robot, et bientôt dans la dramatique Doute raisonnable. Rencontre avec une femme-orchestre!

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Kathleen, que pouvez-vous nous dire sur votre personnage dans L’Échappée?
C’est le fun parce que je vais complètement ailleurs avec ce personnage. Je joue Colette, la femme d’Anatole Dufresne, qui est incarné par Martin Drainville. On est un couple de conspirationnistes. Ils ont les mêmes envies et les mêmes convictions, mais ils n’ont pas la même façon de voir les choses. Autant Anatole est très loud, il se filme en vidéo, il se met en avant, autant Colette n’a pas trop envie qu’ils attirent l’attention. Elle a ses raisons, et je ne peux pas t’en dire plus, sinon que leur enfant va se retrouver à L’Échappée. J’ai bien du fun à jouer ce personnage et je découvre ce qu’il va se passer à mesure que je reçois les textes.      

Qu’est-ce qui est le plus intéressant: se joindre à une série qui est en ondes depuis plusieurs années ou jouer dans une nouveauté?
C’est sûr que former une nouvelle équipe, c’est toujours agréable parce que tu te crées une espèce de famille et tu entres, en quelque sorte, dans la série plus profondément. Quand tu es invitée à te joindre à une série après plusieurs saisons, il y a déjà quelque chose de très construit. Mais avec L’Échappée, je me suis tout de suite sentie très incluse. L’équipe est formidable! C’est comme si j’en avais toujours fait partie, c’est vraiment le fun.

Personne n’a oublié votre personnage de Boule de quille dans Unité 9. Était-ce audacieux d’accepter ce rôle?
Oui, et j’aime tellement ça, c’est mon moteur d’actrice. Je me suis laissée aller à l’audition: je me disais «ça passe ou ça casse», parce que c’était une proposition qui était quand même forte. Je trouve qu’il y a toujours possibilité de composer des personnages en leur donnant une très grande charge d’humanité; c’est comme ça qu’on arrive à y croire. Si j’essaie le plus possible de m’accrocher à une sincérité, à une vérité et à un cœur, je pense que tout peut passer. Et c’est drôle parce qu’il y a peut-être des actrices qui n’aiment pas se faire enlaidir, mais moi, au contraire, lorsque ça sert le personnage, j’y vais! 

Photo : KARL JESSY / RADIO-CANADA



Avec le personnage de Boule de quille, y a-t-il eu un avant et un après au chapitre de votre popularité?
Pour moi, pas tant, parce que je me transforme souvent au théâtre. Mais pour le monde qui regardait Unité 9, oui. Cette série avait une portée qu’on ne pouvait même pas soupçonner. Il y avait un fan base très fort, mais tu sais, dans la vie de tous les jours, il y a des gens qui ne me reconnaissent même pas. Nous sommes quand même très différentes, Boule de quille et moi! J’habite dans le quartier Centre-Sud, et des Boule de quille, j’en croise plein. Ces gens-là regardaient Unité 9, et c’était cool de savoir que ça avait une portée différente pour des gens qui l’ont eu un peu plus dur. Je pense aussi que ç’a été l’une des premières séries où l’on avait accès à autre chose sur le plan de la diversité culturelle. 

On va également vous voir en octobre dans la nouveauté Doute raisonnable...
Oui. On a fini le tournage il n’y a pas très longtemps, et j’ai hâte de voir ça. Je fais une lieutenante dans une escouade qui s’occupe des crimes sexuels, dans laquelle travaillent les personnages campés par Julie Perreault et Marc-André Grondin. C’est mon premier rôle de police, et je suis très contente. J’avais hâte de faire ça parce que j’aime les séries policières. Je suis tellement fan que souvent je devine les intrigues après le premier épisode. Un jour, quand j’en aurai le temps, j’aimerais écrire une série policière. 

Photo : Julien Faugere

En effet, votre temps est partagé entrevotre métier et votre vie de famille...
Oui, j’ai trois grandes filles, une de 20 ans et mes jumelles de 17 ans. Ce sont de grands enfants et, bien sûr, ce n’est pas le même engagement de temps. Je fais beaucoup de choses au quotidien, mais il ne faut pas que je m’arrête. Il faut que je sois en mouvement. Et c’est fou, parce que je n’ai pas arrêté de travailler depuis que je suis sortie de l’École nationale en 1997. Je connais mon privilège.

Vous êtes aussi dans la série Après...
Oui, et c’est un sujet un peu dur, mais je trouve qu’il y a beaucoup de lumière là-dedans. On voit comment une communauté tissée serré peut se relever après une épreuve. J’aimais de cette série que ce ne soit pas tout blanc ou tout noir, il y a plein de gris, et au fond, c’est ça, la vie. J’avais des trucs assez durs à jouer. Je joue la bouchère du village qui s’occupe de son mari qui est très malade, et elle est aussi mère d’une adolescente. Quand le drame survient, elle va avoir à gérer ses propres défis avec tout ce qui se passe, et j’ai voulu rendre hommage aux femmes en quelque sorte. On en connaît, des femmes qui en mènent large et qui sont des aidantes naturelles, qui doivent s’occuper de leurs parents et aussi de leurs enfants, en plus de leur propre vie. Elles ont l’impression que rien ne peut les atteindre et qu’elles sont surhumaines. Mais il y a des choses qu’elles ne peuvent pas voir venir.      


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Vous aimez jouer des personnages qui ont une certaine fragilité...
J’adore ça! J’ai cette énergie-là dans la vie, et avant, je jouais beaucoup de personnages légers. C’est plus tard que j’ai trouvé ma force dans ce type de rôles. Moi, quand je suis en colère, dans la vie, je ne peux pas me fâcher, je pleure! On ne penserait pas, hein? 

Que pouvez-vous nous dire de votre rôle dans Arlette, le film de Mariloup Wolfe?
Je joue le garde du corps du personnage défendu par Maripier Morin. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire ça. Le tournage s’est fait à Québec, et on a fait le film en deux temps, en raison de la pandémie. Dans ce film, mon personnage ne parle pas beaucoup. Ça me plaît parfois de jouer seulement par ma présence et par l’écoute. Dans Doute raisonnable, les scènes d’interrogatoire étaient mes préférées, car on est à l’écoute de l’autre personnage. Je trouve qu’on peut jouer tellement de choses par le silence.

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Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier?
C’est un travail de gang extraordinaire! Et puis il y a la découverte de moi-même. Quand tu es actrice, tu joues des personnages, mais c’est essentiel que ça se rattache à quelque chose à l’intérieur de toi pour être le plus vrai possible. Je vis d’une certaine façon ce que vivent mes personnages, et ça me donne la possibilité d’explorer complètement qui je suis. C’est assez jouissif.      

L’Échappée, lundi 20 h à TVA. Après, mercredi 21 h, à Radio-Canada.
Doute raisonnable, dès le 14 octobre sur Tou.tv Extra.
Portrait-robot est disponible sur Club illico.
Kathleen sera de la pièce Les Reines, au TNM, à compter du 16 novembre. tnm.qc.ca

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