Entrevue avec Lazylegz après son audition touchante à Révolution | 7 Jours
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Entrevue avec Lazylegz après son audition touchante à Révolution

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Lazylegz n’a jamais laissé sa condition le limiter. Le père de deux petites filles a présenté aux maîtres et au public une émouvante chorégraphie racontant son histoire.

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Lazylegz, qu’est-ce qui vous a motivé à auditionner pour Révolution?
Avant la pandémie, ma femme et moi avons appris que notre deuxième fille, Luna, allait naître avec la même condition que moi. J’ai décidé de participer pour avoir une plus grande visibilité ici et ainsi pouvoir travailler davantage au Québec, car je voyageais à l’étranger deux ou trois fois par mois pour ma carrière. Avec le report de la troisième saison, j’ai pu être présent chez moi pour vivre les premiers mois de ma fille. Quand l’émission s’est remise en branle, j’ai voulu me relancer, non seulement pour ma raison initiale, mais aussi pour me faire du bien en tant qu’artiste, moi qui avais été privé de la scène durant plusieurs mois.     

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Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’arthrogrypose, avec laquelle vous et votre fille Luna vivez?
C’est une condition de naissance assez rare qui affecte les os, les articulations et les muscles. Elle se manifeste différemment pour tout le monde. Certains seront plus atteints aux mains ou dans les épaules, pour moi et ma fille, elle vise les jambes et les pieds.

Est-ce que l’arthrogrypose de Luna nécessite beaucoup de soins?
Oui, elle a 18 mois et elle a déjà subi deux chirurgies et trois hospitalisations. Elle va deux ou trois fois par semaine à l’hôpital ou à la clinique de physiothérapie. Présentement, ma femme ne peut pas reprendre le travail pour que notre fille ait tous les soins nécessaires.

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Le fait d’avoir traversé les mêmes épreuves que Luna vous rassure-t-il un peu, en tant que parent?
C’est rassurant et stressant en même temps. Tous les parents sont nerveux de savoir s’ils ont fait les bons choix pour leur enfant, handicapé ou non. Comme j’ai la même condition que Luna, j’ai l’impression de ne pas avoir le droit à l’erreur. J’ai la pression de prendre les bonnes décisions pour elle, et je ne veux pas non plus qu’elle ressente l’obligation d’être comme son père, même si la danse fait vraiment partie de notre maisonnée. Chaque jour, quand Aura Isabella, qui a six ans, revient de l’école, nous dansons ensemble. Même si elle est plus limitée physiquement que sa sœur, Luna adore bouger. Je vois la détermination dans ses yeux.     

Comment la danse est-elle arrivée dans votre vie?
Je faisais du skateboard. J’avais créé mon propre style, sur les genoux. À 15 ans, j’ai dû subir une opération assez sévère pour corriger l’angle de mes os et, malheureusement, c’est devenu beaucoup trop douloureux pour moi de me positionner à genoux. J’ai cherché une autre activité, et quand mes amis ont commencé à faire du breakdance, j’ai essayé et suis tombé en amour avec cette discipline.

ACOB JONAS

Comment réagissaient les autres danseurs?
La beauté du milieu hip-hop, c’est qu’il y règne une grande ouverture d’esprit. J’étais incapable de faire certains mouvements que mes amis faisaient et eux ne pouvaient reproduire certains des miens. Nous tentons donc de nous copier en nous challengeant et en nous encourageant! Nous avons créé nos propres styles. Ils sont vraiment fiers de mon évolution. 

Que vouliez-vous exprimer avec votre chorégraphie d’audition?
Moi qui suis plus associé à des mouvements acrobatiques, j’ai pris le pari de présenter quelque chose de complètement différent, un numéro plus émotif qui raconte mon histoire et qui se conclut par un triomphe sur les épreuves. Stratégiquement, j’ai débuté par une chorégraphie plus douce, en sachant que j’allais devoir me battre aux Face-à-face. 

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Votre moment Révolution était puissant. Que signifie-t-il pour vous?
Mon plus grand rêve a toujours été de marcher. En 2014, je me suis donné le défi de marcher 2,5 kilomètres sans béquilles ni orthèse. J’ai réussi, mais mon corps n’était pas prêt à ça. Mes articulations et mes muscles ont subi des dommages durant ma marche, ce qui a ralenti mon corps pour la suite des choses. Ce constat m’a fait tomber dans une dépression qui a duré trois ans. Mon moment Révolution signifie pour moi de ne pas oublier mes rêves. Le message que je voulais transmettre est: «Tiens-toi droit et sois fier de ce que tu es!»     

Comment avez-vous traversé la pandémie professionnellement?
Ça fait presque deux ans que je ne peux pas monter sur scène avec ma compagnie Ill-Abilities, parce qu’elle est composée de danseurs venus de partout dans le monde. Juste avant que la pandémie ne frappe, nous avions signé un contrat à New York pour une trentaine de représentations off-Broadway, près de Times Square. Ça a dû être annulé, mais j’espère pouvoir renouveler ce contrat.

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Quelles sont vos autres ambitions?
Gagner Révolution! Plus personnellement, j’aimerais être une voix pour l’inclusion dans la danse. Je souhaiterais qu’on voie plus de danseurs avec des handicaps intégrés avec d’autres danseurs. J’espère montrer que cette collaboration est une force et que la danse est sans limites. Je suis aussi des cours d’acteur et travaille très fort sur mon interprétation dramatique. J’espère pouvoir incarner un personnage à l’écran un jour.

Ne manquez pas Révolution, le dimanche à 19 h 30, à TVA

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