Josélito Michaud revient sur la période de grand stress qui lui a fait perdre ses cheveux | 7 Jours
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Josélito Michaud revient sur la période de grand stress qui lui a fait perdre ses cheveux

Image principale de l'article Le grand stress qui lui a fait perdre ses cheveux
Photo : Eric Myre

En se lançant dans Chaos, le plus grand projet de sa carrière, Josélito Michaud ignorait ce qui l’attendait au tournant... Le stress des dernières années a accéléré sa perte de cheveux. Le 14 mai, alors qu’il était au travail, une grande partie de sa chevelure est tombée d’un coup, à tel point qu’il a choisi de raser ce qui restait de la célèbre crinière qui, jusque-là, constituait son image de marque. L’événement a eu du bon et l’a amené à réfléchir sur l’héritage de la vie, en particulier celui de son enfance. Comme il a été abandonné à quelques reprises, l’animateur et producteur s’est fait un devoir, dans la mesure du possible, de ne jamais abandonner personne, même si c’est parfois à son détriment. Un constat si riche et profond qu’il lui servira d’inspiration pour la suite de sa vie...

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Josélito, Chaos semble être un projet hors norme. Êtes-vous fier de l'avoir mené à bon port?
Je ne suis pas rendu là! Il me reste encore beaucoup de choses à faire avant que ce soit réellement terminé. Mais je suis rassuré que nous ayons réussi une partie du pari, c'est-à-dire de le faire. Et même si nous avons fait de notre mieux, le reste ne nous appartient pas. C'est le public qui décidera, pas nous. C'est vrai que c'est un projet audacieux et exigeant. C’est après coup que je me suis rendu compte de son envergure! Je suis quelqu’un de très lucide, mais ça prend parfois une part d’inconscience pour faire les choses, sinon on ne les ferait jamais. Parallèlement à la série, il fallait monter un spectacle et un album. Les chansons originales de la série sont signées par mon ami Daniel Bélanger. Ça m’a rappelé de merveilleux souvenirs, moi qui ai produit huit albums et qui ai exercé comme producteur et manager pendant une quinzaine d’années. Si je n’avais pas fait tous ces métiers avant d’entreprendre ce projet, je crois que je serais mort au combat. Ça, j'en suis convaincu.

Photo : Eric Myre



Parlez-nous du contexte dans lequel s'installe la série...

Je voulais qu'on s'attache à de jeunes adultes qui assistent au concert de leur idole, INVO, qui revient d'une tournée européenne, et faire en sorte qu'on croie à son rayonnement à l'étranger. Pour y arriver, j'ai fait appel à Yves Aucoin, le concepteur visuel de Céline, qui m'accompagne dans cette aventure. J'ai ajouté 14 vrais musiciens sur la scène pour qu'on fasse «Wow!» Puis la candeur et l'innocence de cette soirée anéanties par une tragédie.On verra les trois périodes, avant, pendant et après l’événement, pour mieux comprendre comment ça a pu arriver et pourquoi. 

Puisque le projet est très attendu, cela ajoute-t-il à votre stress?
Oui, sans aucun doute. Ce projet est le plus gros de ma vie et il posait des enjeux singuliers, compte tenu du peu de temps que nous avions pour le monter. Je crois à l’addition des talents et, dans ce cas-ci, c’était plus que nécessaire. On n’est rien sans les autres. Les gens pensent que je suis sûr de moi, mais ce n’est pas toujours le cas. En tant que leader, ma responsabilité dans la vie consiste à ne pas semer le doute dans la tête des gens, mais d’entendre leurs doutes, s’ils en ont, et de ne jamais perdre mon objectif de vue. Je suis constamment dans le doute, mais il ne m’écrase jamais. Au contraire, il me propulse et me fait voir les détails et l’ensemble d’un projet.

Puisque vous regardez toujours loin à l’horizon, avez-vous d’autres projets au programme?
Je suis en train de coécrire l’adaptation télévisuelle de Trois mois tout au plus. Je prépare une autre série dont je reparlerai en temps et lieu pour laquelle je suis coscript-éditeur et coproducteur avec mon ami André Dupuy, avec qui j’ai fait les séries Olivier et Chaos. Et je présenterai mon cinquième livre — au titre évocateur, Ce qu’ils m’ont appris... — l’automne prochain chez Libre Expression. Je vais partir en van et me promener un peu partout au Québec pour créer ce livre, afin de mieux vivre ce que j’écrirai. Je vais écrire sur ma compréhension de la vie en la regardant vivre. J’ai deux autres projets avec Daniel Bélanger, et on souhaite que la série Chaos prenne le chemin de l’étranger. 

Photo : Eric Myre


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Vous avez surpris tout le monde en dévoilant que vous aviez perdu vos cheveux. Que vous est-il arrivé, au juste?
En 2016, dans ma vie personnelle, j’ai vécu un très grand choc émotif lié à un événement qui a mis mon fils en danger. J’ai perdu une petite partie de mes cheveux à cause du lichen plan, une maladie qui provoque une inflammation de la peau, attaque le système immunitaire et fait perdre les cheveux. Comme j’en perdais de plus en plus, j’avais pris l’habitude de porter une tuque ou une casquette les derniers temps. Puis, le 14 mai dernier, dans un moment de très grand stress, j’ai retiré ma tuque, et la moitié de mes cheveux est venue avec... Je me rappelle avoir versé une grosse larme et m’être aussitôt repris. Comme j’étais sur le plateau, j’ai poursuivi ma journée jusque tard dans la nuit. J’ai dû gérer mille et un problèmes malgré ce que je vivais. Ma femme voyait bien que quelque chose n’allait pas, mais, comme d’habitude, dans sa délicatesse légendaire, elle n’a pas voulu me heurter et a préféré attendre que je lui en parle. C’est allé au lendemain matin. Dans la voiture, j’ai retiré ma tuque. J’étais seul, mais j’étais incapable de me regarder dans le miroir. Le jour suivant, j’ai demandé à mon fils de me raser les cheveux. Je ne voulais pas qu’il se sente coupable de quoi que ce soit... Nous l’avons fait en famille. Je n’oublierai jamais ce moment: mon fils tremblait, ma femme et ma fille étaient tristes, et moi je pleurais comme une rivière un jour de débâcle. 

Avez-vous dû apprivoiser votre nouveau look?
Oui, un peu. Mais les six premiers jours, je me suis senti incapable de retourner sur le plateau. J’éprouvais une forme de honte. Ma plus grande crainte, c’était qu’on puisse penser que j’avais le cancer. J’ai annoncé illico sur les réseaux sociaux ce que je vivais, pour éviter toute confusion et toute pitié. Si j’ai pleuré, ce n’était pas tant parce que j’étais devenu chauve — quoique... —, mais parce que je me suis demandé comment j’avais pu me rendre aussi loin dans le non-respect de moi-même. Je n’ai pas respecté mes limites, je ne me suis pas octroyé de vacances, je n’ai pas pensé à moi. Je n’ai jamais pensé à moi. Je vis par procuration. Je suis comblé quand les autres sont heureux et je me demande rarement ce qui me rendrait heureux. Je n’ai pas eu cette éducation. Jamais.      

Avez-vous réussi à accepter cette situation?
Oui, parce que je ne peux rien y faire. Ça ne repoussera plus. Lorsque je me suis vu pour la première fois dans le miroir, je me suis demandé qui était cet homme... En même temps, j’ai eu envie de m’approcher de lui. C’était étrange comme sensation. Tous les jours, les gens du public me disent que ça me va bien; je vais bien finir par les croire. J’ai de nouvelles lunettes, j’ai perdu 10 lb, je me sens mieux. J’ai passé des examens et, depuis cinq ans, mes résultats de santé sont excellents! Lorsque j’ai rasé mes cheveux, j’ai pensé qu’on ne voudrait plus de moi à la télé, que je n’étais plus l’homme de la situation, car j’étais chauve. Mais les diffuseurs m’ont rassuré. Je me fais à l’idée de ne plus avoir de cheveux, mais c’est plus difficile d’accepter les raisons qui m’ont mené là... Au final, je ne fais pas pitié parce que j’ai perdu mes cheveux. Ç’a été un réveil brutal, mais je considère que ç’a été une véritable chance. Et si la vie avait voulu m’épargner? Dans tout chaos, il y a une lumière. Au bout du compte, nous sommes plus forts que nous le croyons. Je ne regrette jamais rien dans la vie. 

Eric Myre


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Comment Véronique a-t-elle réagi face à ce nouvel homme?
Elle m’a regardé, m’a pris dans ses bras et m’a dit: «Sincèrement, je te préfère ainsi...» Ça m’a rassuré, et je lui ai souri. Le fait d’avoir perdu mes cheveux m’a fait prendre conscience de tellement de choses... Je ne me traiterai plus jamais de la même manière. J’ai fini par comprendre que, parce que j’avais été un enfant abandonné, je m’étais fait un devoir de ne jamais abandonner les autres, mais que c’était moi que j’abandonnais. Je l’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie.

Au risque de faire passer les autres avant vous...
Bien sûr! Je suis celui qui s’est toujours occupé de tout le monde — de ma famille, de ma femme, de mes enfants, de mes amis, de mon chien —, mais pas beaucoup de moi. J’ai aussi découvert que j’ai une obsession de la mort. La raison pour laquelle je dis oui à un projet, c’est parce que je veux l’avoir fait avant de partir. Lorsque je tournais On prend toujours un train pour la vie, je réalisais cinq entrevues par jour. C’était trop. En fait, je ne voulais pas laisser tomber le diffuseur. S’il m’arrivait quelque chose, les entrevues seraient faites. Ne resterait plus qu’à les monter! Je ne veux jamais laisser quelqu’un en plan, parce que moi, on m’a laissé trop souvent en plan dans mon enfance.

Malgré tout le travail que vous avez fait sur vous au fil du temps, vous êtes toujours rattrapé par votre enfance...
Sans aucun doute. Je dirais qu’elle me court après! Mais aujourd’hui, je cours plus vite qu’elle. Ce constat m’a permis d’être reconnaissant envers le choc qui m’a fait perdre mes cheveux, car pour la première fois de ma vie, je veux mettre en pratique ce que je prêche. Faut-il frapper un mur pour réfléchir au sens de la vie? C’est maintenant à moi d’y réfléchir et de mettre en pratique les théories que j’ai apprises de la vie.

Mais vous aimez tellement ce que vous faites que vous arrivez difficilement à vous imposer des limites...
Oui, mais au fond, ça témoigne du peu de respect que j’ai pour moi-même. Pis encore: je n’ai aucune bienveillance envers moi-même. Je pense que je ne me suis pas beaucoup aimé dans cette vie-ci. Je me rappelle m’être regardé un jour dans le miroir et m’être dit: «Tu n’as jamais pris soin de lui...» J’ai décidé que les choses allaient changer. 


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Avez-vous déterminé de quelle manière vous souhaitiez prendre soin de vous?
Oui, c’est devenu une évidence. Par exemple, je suis parti en van en Gaspésie avec ma fille. Je n’étais pas allé à Matane depuis 10 ans, soit depuis le décès de ma sœur. C’est une ville que j’aimais profondément, mais comme ma sœur s’est enlevé la vie à Matane, je ne voulais plus y retourner. Retrouver cette ville m’a apporté un tel bien-être! J’étais contemplatif face à la mer, au rivage, à la forêt. J’étais dans un état de béatitude, de zénitude. Ça frôlait presque l’euphorie! C’était tellement agréable que je ne voulais plus quitter l’endroit. J’ai retrouvé plein de gens que je connais. J’étais ému. J’envisage d’acheter quelque chose là-bas afin d’y aller pour écrire. On ne peut pas nier nos origines... La mer m’appelle toujours.

Iriez-vous jusqu’à dire que ce séjour a contribué à vous «réparer»?
C’est le bon mot: réparer. J’ai retrouvé le gamin que j’ai été. J’ai retrouvé mon ami d’enfance, Jean Dulac, sa femme, Lucie, et son fils, Marc-Antoine, mon amie de toujours, Danielle Lavoie. J’ai revu mon neveu Joey. J’ai rencontré la petite-fille de ma sœur, Livia, qui est mignonne comme tout et qui a deux ans. Ça m’a fait un bien fou! Quelques jours seulement ont été salutaires. D’ici un an, je compte m’acheter une van. C’est notre projet, à Véronique et à moi. Je compte me réserver de grandes périodes durant lesquelles je ne travaillerai plus que deux jours par semaine. À la fin de l’année, j’ai prévu un congé d’un mois durant le temps des fêtes. J’ai aussi eu le temps de réfléchir à une proposition qui m’a été faite. J’ai accepté d’être à nouveau animateur dans un projet qui me tente. L’animateur reviendra peut-être pour une dernière fois dans sa vie...      

Pourquoi «pour une dernière fois»?
Parce que je vieillis. J’ai 56 ans. Un rendez-vous à la fois. Ce n’est pas tant l’âge que, comme dirait ma mère, l’usure sur la strap!

Encore une fois, à travers tous ces événements, Véronique a sûrement été pour vous la partenaire idéale...
Je n’aurais pas voulu être avec un autre personne que Véronique. Dans le calme ou la tempête, elle est ma partenaire de vie idéale. Nous sommes ensemble depuis 27 ans et mariés depuis 21 ans. Mes enfants aussi sont formidables. Au moment où j’étais le plus ébranlé, je me suis rendu compte que je m’empêchais de vivre ma tristesse pour ne pas les affecter. Un jour, j’ai appris que ma fille s’était mise à pleurer au travail parce qu’elle n’avait pas exprimé sa peine. Ce que j’ai vécu l’a beaucoup marquée. Mon fils s’est longtemps senti coupable, responsable, mais ça n’a rien à voir. Je dirais que ma relation avec mes enfants n’a jamais été aussi belle. À 19 et 20 ans, ce sont des adultes. Ils ont des séquelles d’abandon. Eux aussi vivent avec les conséquences, car ce n’est pas l’adoption qui pose problème, mais l’abandon. Nous étions déjà très proches, mais nous avons bien survécu ensemble durant la pandémie. Si certains ont confirmé qu’il fallait qu’ils s’en aillent, moi j’ai confirmé qu’il fallait que je reste... Qu’on reste tous ensemble. On s’aime beaucoup.

Photo : Karine Lévesque / TVA


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Josélito, qu’est-ce qu’on ne sait pas de vous et qui étonnerait les gens?
Que j’adore rire et m’amuser. Je suis un vrai épicurien. Un vrai solitaire. J’aime marcher des heures dans le bois, contempler les arbres, écouter de la musique dans mes oreilles et me laisser transporter par la vie. Plus j’avance dans la vie, plus c’est ça que je veux montrer aux gens: ma vraie nature, comme dirait mon ami Jean-Philippe Dion. En fait, comme je suis Gémeaux, j’ai plusieurs natures. La semaine prochaine, la semaine du 13 septembre, je serai au Tricheur. J’ai tellement ri! C’est un de mes plus grands plaisirs dans la vie. Dans la prochaine émission que je vais présenter en tant qu’animateur, les gens verront cette autre facette de moi. J’ai envie de prendre la vie avec beaucoup plus de légèreté! C’est une approche que j’ai déjà amorcée. Avec mon ami Daniel Bélanger, je ris à tout coup. Ça ne se peut pas, les séances de rire qu’on a ensemble! J’en mets souvent à mon agenda. On peut mourir de rire!

Chaos, qui sera diffusée dès le mardi 14 septembre sur le réseau TVA, à 21 h, est réalisée par Stéphan Beaudoin. Elle a été écrite par Geneviève Simard, Gabriel Sabourin, Sylvie Bouchard, Josélito Michaud, Pascale Renaud-Hébert et Anita Rowan, et coproduite par Amalga (André Dupuy) et Keep It Simple (Josélito Michaud).

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