Jean-Philippe Perras fait le deuil de son personnage dans L’heure bleue | 7 Jours
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Jean-Philippe Perras fait le deuil de son personnage dans L’heure bleue

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©photo Bruno Petrozza

Il a été le fils d’Angie Caron dans 30 vies, il nous a conquis dans son rôle de Raphaël dans L’heure bleue et on le verra dans plusieurs projets cet automne, dont Piégés et Nuit blanche. Il risque aussi d’être sur scène avec son projet musical Gustafson. Entrevue sur ses 10 années de carrière, sur sa vie familiale et sur ses projets.

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Jean-Philippe, comment ça va?
Ça va très bien mais fatigué, je dirais. Pendant la pandémie, j’ai été en arrêt pendant un bon bout, mais quand c’est reparti, c’était à la vitesse grand V. J’ai tourné Piégés, puis Nuit blanche et en même temps je terminais les tournages de L’heure bleue. Donc là, je ne vois plus clair dans les textes et des fois, je suis un peu mêlé. Mais ça va bien. Je suis tellement chanceux d’avoir de si beaux rôles! Et il y a également Gustafson, mon projet musical; nous avons lancé le premier album, Le magnifique, au printemps. Je suis comblé. 

Photo : Yan Turcotte


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Est-ce qu’une telle surcharge de projets te donne le vertige ou tu carbures à ça?
Il y a toujours une espèce de vertige quand tu vois ton horaire se remplir. Je regarde le calendrier et je vois qu'il y a beaucoup de points et que je travaille beaucoup. Mais je prends les projets un à la fois, et tout est dans la préparation. C'est certain que j'anticipe un peu beaucoup, mais je préfère quand c'est très occupé plutôt que quand c’est trop calme, avec seulement une journée de tournage ici et là. Mais depuis ma sortie de l’école de théâtre en 2012, je n’ai pas chômé et je suis choyé. 

Dans tes 10 années (presque) de carrière, le personnage de Raphaël dans L’heure bleue a été marquant pour toi. Est-ce difficile de le quitter avec la fin de la série?
Oui, parce que ce personnage-là m’a beaucoup apporté. Il m’a offert une plus grande visibilité et m’a permis d’entrer plus sérieusement dans le salon des gens. Je suis quelqu’un d’assez réservé dans la vie, et Raphaël est mon opposé. Dans la série, il arrive et il prend toute la place. Il veut qu’on le regarde et assumer ça devant une caméra, ç’a été un beau défi. Ça m’a permis de repousser mes limites sur tous les plans en tant qu’interprète. En même temps, c’est un deuil, parce que je me suis beaucoup attaché à ce bonhomme-là. J’ai même gardé sa bague en souvenir de ce personnage.

Est-ce difficile de faire le deuil d’un personnage pour toi?
Oui, parce que je suis quelqu’un de nostalgique et que je déteste les fins. J’ai eu un deuil à faire et j’ai eu des petites larmes lors de la dernière journée de tournage. Je vais m’ennuyer de ce personnage et de tourner avec cette belle équipe de comédiens. Mais avec l’expérience, j’apprivoise tout ça, et ça se passe un peu mieux. 

/ TVA Pu


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Te souviens-tu de ta première journée de tournage?
Oui, j’étais tellement nerveux et stressé, mais j’étais bien préparé. Je me souviens que j’ai commencé à méditer la veille de la première journée de tournage. J’étais angoissé de me retrouver avec des piliers comme Céline Bonnier, entre autres. Il y avait du bon et du mauvais stress, et je pense qu’il fallait juste plonger tête première. Ma première scène se déroulait dans la cuisine avec Sylvie Moreau, et c’était une scène de retrouvailles dans la maison Boudrias. 

L’heure bleue t’a révélé à un plus grand public. Comment as-tu réagi à la popularité qui venait avec un tel rôle?
Les gens me reconnaissent désormais, mais ce n’est pas trop fou et je ne crée pas de commotion quand je me déplace. Mais ça me touche d’entendre parfois un: «Hey, c’est notre Raphaël!» J’aime ça, parce que ça veut dire que les gens embarquent, qu’ils croient au personnage. On ne se le cache pas, c’est aussi un métier d’ego et c’est flatteur d’être reconnu. À partir de là, il faut faire la part des choses. Je garde en tête que mon métier, ce n’est pas d’être reconnu, mais bien de rendre avec le plus de justesse et d’authenticité possible les personnages qu’on me confie. Ce qui m’intéresse de ce métier, ce n’est pas la reconnaissance et la popularité. Je ne suis pas non plus le gars qui court le plus les tapis rouges. Je ne carbure pas à ça. La popularité me fait même un peu peur; si je vais là-dedans, je vais me perdre. 

Photo : Eric Myre



Qu’est-ce qui te fait peur dans la popularité?
De perdre une partie de qui je suis. La pandémie est venue brasser et ébranler tellement de choses. Je suis en quête d’authenticité et de vérité. Une quête de ce qui est vrai, de ce qui est faux et du pourquoi je fais les choses. J’ai l’impression que juste me faire dire «on t’aime», «tu es beau», «tu es mon préféré», même si ça me touche et que c’est flatteur, ce n’est pas ça qui me fait évoluer. Le soir, je suis tout seul dans mon lit ou devant mon miroir et j’ai envie d’être bien avec mes choix. Je tente au quotidien d’être intègre et de respecter le monde autour de moi. Je veux par-dessus tout honorer le travail que je fais, bien rendre mes personnages et être un acteur, et non une vedette.      

Comment as-tu vécu les mois de pandémie?
Je me souviens que le jour où tout a été arrêté, j’étais à Winnipeg et je tournais sur la série Edgar avec Éric Robidoux. Il me restait une scène à tourner, mais on n’a jamais pu la faire. Je suis revenu à Montréal, et j’ai profité de cette période pour me reposer. J’ai gamé pendant deux semaines à jouer au basketball sur ma PlayStation. C’était le moment pour moi de mettre mes neurones au repos. Mais après deux semaines, j’ai commencé à faire de l’exploration musicale. J’ai aussi découvert des instruments de musique que j’avais et que je n’avais pas eu le temps d’apprivoiser. J’ai lu, j’ai cuisiné et j’ai attendu que ça passe un peu. 

Dis-moi, es-tu un acteur-né?
Pas du tout. Je voulais d’abord travailler en musique. Je me voyais gérer des bands pour une maison de disques ou un truc du genre. Puis je suis parti en Europe plusieurs mois et j’ai eu envie de tenter ma chance dans le jeu. C’est fou à dire, mais mon envie d’être acteur est née quand j’écoutais Dans une galaxie près de chez vous. Je trouvais qu’ils avaient tellement l’air d’avoir du fun à faire ça! Ça avait l’air tellement fou que j’ai voulu le faire. J’ai eu envie de m’embarquer dans le Romano Fafard.

Photo : Bruno Petrozza


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Proviens-tu d’une famille artistique?
Non, pas tant que ça, mais mon grand-père Amédée jouait de l’accordéon et, quand il est décédé, j’ai hérité de son jonc de mariage. Ma grand-mère disait que j’étais la seule personne de toute la famille qui faisait de l’art et que je devais avoir le jonc. Donc je le traîne avec moi sur des productions de télévision ou lors de mes premières au théâtre. Je sais que mon grand-père aurait été le premier à vouloir faire ça et à m’encourager. Mes parents sont très fiers de ce que je fais, ils viennent voir toutes mes pièces de théâtre et ils écoutent les émissions dans lesquelles je joue. 

Cet automne, on te verra dans Piégés sur AddikTV. Parle-moi de cette série.
C’est un thriller psychologique qui va donner des sueurs froides aux gens. Mon personnage est celui d’un agent d’immeuble. C’est le genre de gars qui a toujours été le king à son école secondaire. Il était vraiment hot, mais il n’a jamais évolué ensuite. Il est resté dans sa zone de confort. C’est une tête dure, un égoïste. 

Photo : ERIC MYRE


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Comment vois-tu les prochaines années?
J’ai hâte de voyager, j’ai vraiment envie de changer d’air. Sinon, je me souhaite de garder la même curiosité par rapport au métier, la même rigueur et le même respect. C’est un métier dans lequel on est constamment choisi par un producteur, un réalisateur ou le public, et je me considère comme chanceux de l’être. Je me souhaite de continuer à être surpris par ce métier.

Et les enfants dans tout ça?
Complètement! Je veux des enfants et c’est dans les plans. Je veux fonder une famille, bien évidemment.      

Nuit blanche, dès le lundi 13 septembre 21 h, à Radio-Canada.
L’heure bleue, dès le mardi 14 septembre 20 h, à TVA.
Piégés débute le jeudi 21 octobre à 22 h, à AddikTV.
Pour en savoir plus sur les projets de Gustafson: gustafson.bandcamp.com.


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