Bianca Gervais se confie sur le fait de vieillir à l’écran | 7 Jours
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Bianca Gervais se confie sur le fait de vieillir à l’écran

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Pour faire face à l’instabilité de son métier et à l’obligation de se renouveler, Bianca Gervais peut compter sur son amoureux, Sébastien Diaz, et leur famille, son port d’attache. Ses filles, Liv et Bowie, inspirent la maman à devenir une femme accomplie, forte et assumée. À 36 ans, l’actrice et réalisatrice a parcouru un long chemin pour y arriver.

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Bianca, quels seront tes projets à la rentrée?
Format familial, que je coanime avec Sébastien, se poursuit pour une huitième et ultime saison. C’est un projet tellement personnel que nous voulons célébrer cette dernière année. Je vivrai le deuil d’une grande étape de vie, car je me suis transformée au fil des ans à travers cette émission, entre autres parce que j’ai appris un nouveau métier — la réalisation — et que je me suis fait des amis. Je serai aussi de la nouvelle émission Les moments parfaits, à TVA, une série dans laquelle on présente une famille imparfaite et attachante qui vit de petits drames au quotidien. Annie, mon personnage, est un anti-casting pour moi, en ce sens qu’elle ne veut pas d’enfant. Puisque son chum (Émile Proulx-Cloutier) réalise que ça lui manque, elle se sentira coincée. Elle est en pleine crise de la préquarantaine. Généralement dans les séries, quand les filles n’ont pas d’enfant, c’est parce que leur corps ne veut pas collaborer. Cette fois-ci, c’est son choix, et elle en discute sans culpabilité. C’est extrêmement moderne comme propos.

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Es-tu heureuse qu’on te propose un projet qui te donne la possibilité de te renouveler encore une fois?
La vérité, c’est qu’on ne me propose pas les projets. Après 28 ans de travail, je continue de passer des auditions. C’est mon chum qui me donne la réplique dans la chambre à coucher, qui se transforme en studio d’audition! Pour Les moments parfaits, j’avais initialement auditionné pour un autre personnage, mais l’équipe a proposé que j’auditionne pour Annie, et je l’ai eu. Les rôles ne sont pas des cadeaux: je travaille fort pour les décrocher.     

Rien ne tombe du ciel, finalement...
Non. Si je regarde ma carrière, je constate qu’à chaque fois, j’ai mis mes gants de boxe, je suis montée dans le ring et j’ai essayé d’attraper le sac! Parfois, je réussis, parfois, non. Ça prend beaucoup de patience et d’humilité. Je remarque qu’il faut se réinventer. On ne peut pas rester assis à côté de notre téléphone en se disant qu’on va penser à nous. Il faut provoquer la suite. Ça me convient, car c’est quelque chose que j’aime faire. 

Photo : Julien Faugere

Pour vieillir dans ce métier, il faut s’adapter. As-tu un modèle?
Oui. Je pense à l’actrice Frances McDormand. Elle fait des films qui ne sont pas nécessairement des blockbusters, elle va aux Oscars sans maquillage et elle reçoit ses prix avec ses belles rides. Elle est super féministe, elle prend soin des femmes et de ses collègues. J’aimerais vieillir comme elle. 

Est-ce parce que vient un moment où il n’y a plus rien à perdre?
Je pense que c’est l’inverse. Ne pas porter de maquillage et s’habiller comme on le souhaite, c’est facile à faire quand on est jeune. Par la suite, on vieillit, on a une famille. On veut plaire et entrer dans la petite boîte. Alors, en fait, je crois qu’on a plus à perdre en vieillissant. Les commentaires sont plus durs envers la femme qui prend de l’expérience. J’ai fait beaucoup de thérapies. À 36 ans, je peux admettre que j’ai tellement essayé d’être aimée de tout le monde... Je lisais ce qui se disait sur les réseaux sociaux et je ne comprenais pas pourquoi telle ou telle madame ne m’aimait pas. Je me disais que je pourrais changer, être plus discrète, etc. Toute l’énergie que je consacrais à comprendre ces commentaires et à y réagir, je ne l’avais pas pour lire, découvrir, voyager, jouer avec mes enfants. Finalement, j’ai décidé que je n’avais plus de temps pour ça! 

Comment as-tu réussi à te libérer du regard des gens?
Je ne me suis pas du tout libérée! Je vais toujours vouloir me faire aimer: ça fait partie de ma nature profonde, mais j’ai envie de m’affirmer. Il faut être humble, mais j’ai l’impression qu’à 36 ans, on n’a pas entendu le tiers de ce que j’ai à dire ni vu le tiers de ce que j’ai dans le cœur et dans la tête. 

Dirais-tu quand même que tu as fait un grand bout de chemin?
J’espère! Mais ce n’est pas vrai que ça ne me fait pas de peine quand quelqu’un écrit quelque chose de pas gentil ou lorsque je n’obtiens pas un rôle. Ça me touchera toujours parce que je suis sensible. C’est un travail sur moi, une thérapie que je dois faire. C’est aussi une affirmation. J’aimerais que mes filles voient que leur maman n’essaie pas toujours de plaire, mais qu’elle assume ce qu’elle est. 

Photo : Julien Faugere

Quand on est maman, est-ce une importante responsabilité que d’être un modèle pour ses enfants?
Oui. Je veux être un modèle positif à la maison et que mes filles voient que leur maman ne se laisse pas bouffer par son métier: qu’elle est heureuse de l’accomplir, mais que, quand le métier lui apporte moins, elle se réinvente. J’essaie de sortir de mon ego — c’est un métier qui l’entretient beaucoup! Récemment, j’ai participé à Bonsoir bonsoir!. J’ai proposé de faire l’émission sans être maquillée. Les filles sont généralement convoquées deux heures à l’avance pour passer au maquillage. J’ai suggéré d’arriver à l’heure des hommes. Je me suis fait un chignon, on m’a mis une poudre légère, et je ne me suis pas acheté de robe comme je le fais d’habitude.

Pourquoi ce statement?
C’est en réponse à mon passage sur ce plateau l’année dernière. J’avais mis ma petite robe, pris position et dit des choses qu’une actrice ne peut pas dire. Finalement, j’avais reçu des centaines de messages très méchants à savoir que j’étais un mauvais modèle de femme, car je m’étais assise en tailleur... Durant cette même semaine, pour faire une blague, Serge Denoncourt était allé à l’émission en boxers... et tout le monde avait trouvé ça drôle! On constate le double standard. Ça ne veut pas dire que je n’aime pas participer à un talk-show maquillée et me trouver jolie, mais il ne faut pas que ça devienne une obligation. Quand une femme est authentique et qu’elle décide d’assumer ses pattes d’oie, on n’a tellement pas de références qu’on est déstabilisés. Je l’ai fait pour moi. Et j’ai montré les photos à ma fille pour qu’elle voie ce que j’avais fait. Elle a pris mon visage entre ses mains, a collé son front sur le mien et m’a dit: «Je suis fière de toi, maman! C’est trop cool!» Quel feeling! Par la suite, elle fera ses choix: ça lui appartiendra, mais au moins, j’aurai essayé de lui offrir une palette plus large. Je ne suis pas guérie, mais j’essaie! (rires)

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Le vieillissement est un autre long chemin à parcourir pour une actrice...
Oui. Et à 36 ans, le fait de me montrer avec une petite poudre en guise de maquillage, ce n’est pas vraiment grave. Je suis consciente que ça représente un plus grand défi quand on en a 70. Nous vieillissons tous et nous nous dirigeons tous à la même place. Personnellement, je ne retournerais pas à ma vingtaine. Je trouve la trentaine beaucoup plus douce, moins tumultueuse. Je connais mes valeurs, mes forces et mes faiblesses, ce que je vaux comme être humain. J’arrive à dire «non, merci» plus facilement.

Attraction


As-tu l’impression qu’on apprécie de plus en plus les femmes qui ont confiance en elles?
Je crois que oui. Au début, quand j’ai voulu faire de la réalisation, je disais à mon chum que je n’étais pas prête. C’est lui qui m’a dit d’arrêter de tergiverser et de foncer. Je trouve que c’est très féminin de ne pas vouloir faire quelque chose parce qu’on ne se sent pas aussi outillée ou parfaite qu’on le voudrait. Il faut plonger. 

Tu évoquais l’obligation de te renouveler sur le plan professionnel. As-tu eu envie de le faire dans ta vie personnelle?
Non, je suis assez fidèle sur ce plan. Nous avons trouvé notre maison: nous ne déménageons plus. Sébastien et moi avons célébré nos 10 ans de mariage cet été et nos 12 ans de vie commune. J’aime être avec le même homme et nourrir notre amour. J’aime voir mes enfants grandir, maintenir une routine au sein de ma famille. C’est important pour moi.

C’est un bel accomplissement...
Ça me rend super fière! Parfois, on nous taquine en nous disant que nous sommes «parfaits», Sébastien et moi. Non, nous ne sommes pas parfaits! Nous avons notre lot de défis, mais nous avons décidé de garder ça pour nous. Toutes les maisonnées ont leurs défis. Mais nous, chaque fois que nous en rencontrons un, nous décidons de nous choisir à nouveau. Et après tout ce temps, j’aime Sébastien encore plus fort qu’à nos débuts...

Il dirait sûrement la même chose...
Sûrement. Nous faisons attention l’un à l’autre, nous communiquons, nous nous respectons, nous voyageons en amoureux. Une relation de couple, ça se nourrit! C’est comme une plante: nous faisons le nécessaire pour que notre amour grandisse. Je suis chanceuse d’être tombée sur quelqu’un de formidable. 

Photo : Julien Faugere


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As-tu profité de la présence de tes filles durant l’été?
Depuis la naissance de Liv, soit sept ans, nous avons tourné durant l’été. Mais cette année, nous nous sommes dit que nous voulions faire quelque chose de punk! Alors que tout battait son plein, nous sommes partis dans un chalet en juillet. Nous avons pêché des ouaouarons au filet et fait des feux de camp avec nos filles. Nous avions le sentiment de toucher de près à la sérénité... (rires) Notre petit moteur à anxiété s’est calmé. 

Les filles sont chanceuses d’avoir des parents qui s’arrêtent pour elles...
Oui, mais c’est plus facile de le faire quand on a des sous, quand le frigo est plein et quand personne n’est malade. Malgré la pandémie, nous avons été chanceux. Je sais que c’est un privilège. Il y a plein de parents de familles monoparentales qui ne peuvent pas prendre un mois de congé. Je réalise ma chance. 

À 36 ans, tu sembles être à un bel endroit dans ta vie!
C’est drôle, parce que mon papa me disait ça récemment. Il m’a suggéré d’en profiter parce que je suis dans les plus belles années de ma vie. Ça m’a rendu full anxieuse... Est-ce que j’en profite assez? (rires) Ça me met trop de pression. Le travail, la maison, deux beaux enfants, l’école... Tout arrive en même temps durant la trentaine. J’essaie d’en profiter...      

Les moments parfaits, dès le mercredi 15 septembre à 20 h, à TVA.
Format familial, dès le mercredi 8 septembre à 19 h 30, à Télé-Québec.

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