Luc Senay se confie sur le grand ménage qu'il a fait dans sa vie | 7 Jours
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Luc Senay se confie sur le grand ménage qu'il a fait dans sa vie

Image principale de l'article Le grand ménage qu'il a fait dans sa vie
Photo : Dominic Gouin / Les Pub

Ayant la capacité de donner à ses moindres rôles des dimensions sous-estimées, Luc Senay sait à la fois nous faire rire, rager ou pleurer. En lice au prochain Gala des prix Gémeaux pour son rôle de Paul, le garagiste bougon dans 5e rang, il se sent, à 62 ans, à l’apogée de son art et garde les pieds sur terre face à son métier et à la vie.

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«C’est la deuxième fois que j’ai une nomination pour ce rôle. C’est flatteur, mais dans le passé, j’ai fait d’autres choses qui, à mon avis, étaient plus marquantes. Par exemple, en 2018, dans Faits divers, ni Chantal Baril ni moi n’avions été mis en candidature. Pourtant, nous avions joué des scènes fortes et le travail qui avait été fait dans cette série était exceptionnel. Ne pas gagner lorsqu’on est en nomination est une chose, mais n’être même pas retenu en est une autre. En d’autres mots, j’apprécie cette nomination, mais ma blonde est plus contente que moi», lance-t-il avec une franchise qui l’honore. 

Photo : Vero Boncompagni / RADI

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Il faut dire qu’après avoir été à la barre de La guerre des clans à TQS, l’acteur et animateur aurait pu avoir une carrière très lucrative à la télé, mais ce qui l’intéressait, ce n’était ni la gloire ni l’argent, c’était jouer. Il a été successivement joueur étoile dans la LNI, enseignant, metteur en scène de plusieurs spectacles, dont le plus récent de Marcel Leboeuf, coach d’acteurs et comédien. «

Ce qui m’a sauvé, c’est d’avoir été enseignant durant 30 ans à l’École nationale de l’humour. Sans dire que je ne gagnais pas ma vie qu’avec ça, cet emploi représentait une bonne tranche de mon revenu annuel. Sans ça, il aurait été plus difficile de faire la carrière que j’ai décidé d’avoir.»

Ce quitte ou double professionnel aura été payant sur tous les plans puisqu’aujourd’hui il fait ce qu’il aime. Vivant encore et toujours dans sa région natale des Cantons-de-l’Est, il modèle sa carrière autour de sa vie et non l’inverse.

Un nouveau départ
L’an dernier, sa conjointe, Janie, et lui ont mis en vente leur superbe maison dans laquelle ils vivaient depuis 22 ans. «Elle était située en pleine forêt, dans la montagne de Shefford. Nous étions essoufflés d’en faire l’entretien. Nous avions une piscine de 50 pi sur 22 pi. C’était comme un lac, et puisqu’elle était bordée d’arbres centenaires, toutes les feuilles des érables tombaient dedans. Comme nous n’avons pas d’enfants et que la mère de Janie est décédée, alors qu’elle venait vivre avec nous les fins de semaine, la maison était devenue trop grande.»

En pleine pandémie, ils ont d’abord cru, en la mettant sur le marché, que ça leur permettrait d’avoir le temps de magasiner leur prochain pied-à-terre et, surtout, de déménager sans tracas, mais c’est tout le contraire qui s’est produit. «La pandémie a créé un exode des gens de la ville. Nous avons reçu tellement d’offres que nous avons pu choisir à qui nous allions la vendre. Celui qui l’a achetée est complètement différent de moi. Lui, quand il y a un problème, c’est un défi. Moi, une ampoule brûlait et je me demandais comment j’allais faire pour la changer», avoue-t-il en riant de lui. 

Photo : Bertrand Calmeau / Radi

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La goutte qui aura fait déborder le vase, au sens propre comme au figuré, s’est produite quand il a un jour décidé d’installer ses nouvelles laveuse et sécheuse. «Ça coûtait 50 $ pour les faire raccorder. J’ai dit à ma blonde: “Non, non, je vais le faire!” J’ai causé 14 000 $ de dommages... Aujourd’hui, nous n’avons plus de soucis. On a une clé et on ne fait que le ménage dans le condo.» 

Un déménagement difficile

La transition entre la vente de sa maison et ce condo tout neuf ne s’est cependant pas faite sans heurts, puisqu’ils ont dû vivre pendant un certain temps en van life et même à Montréal. «On était censés entrer dans notre condo à la fin octobre 2020 et on n’a pu y emménager que récemment. De septembre à la mi-octobre, on a vécu dans notre motorisé au Camping Parc Bromont. Quand il a commencé à faire froid, on s’est retrouvés dans un condo à Montréal. Comme les travaux n’avançaient pas, on remettait notre déménagement de mois en mois. J’aurais pu pogner les nerfs, mais ça aurait servi à quoi? On avait un toit, de quoi manger et on buvait du vin! Même si ce n’était pas mon choix, ce n’était pas désagréable. On vivait près du marché Atwater et du canal Lachine.» 

Photo : Dominic Gouin / Les Pub



Il avoue que cela a aussi été l’occasion de s’acclimater peu à peu au retour à une vie plus citadine. Se tourner vers l’avenir Durant ce passage obligé, le couple en a profité pour marcher plus souvent ensemble, ce qui lui a permis de se refaire une santé.

«On a commencé à marcher la veille de Noël et, jusqu’à la mi-mai, on a dû faire 500 km de marche. Ma blonde est végétarienne depuis presque 30 ans. Puisque c’est moi qui cuisine le plus, et que je ne suis pas enclin à manger de la viande, ça m’aide. Je trouve que je suis plus en santé physiquement et mentalement qu’à 50 ans. J’ai élagué des choses, des gens. J’ai fait du ménage dans ma vie. Je me suis calmé au sujet de choses qui me stressaient avant. Je sais que je m’en vais vers la mort; on ne sait pas quand elle arrivera, mais on a le choix de la façon dont on y va. Vais-je y aller avec un peu plus de bonheur, de joie, d’amour et d’amitiés saines ou me faire un drame avec tout?» 

Photo : Bertrand Calmeau / RADI



Comme il s’estime dans la portion la plus agréable et productive de sa carrière, Luc ne voit pas encore le jour où il tirera sa révérence. «Je crois que j’arrêterai quand je mourrai. Si un jour le métier ne veut plus de moi, je vais comprendre, ça ne sera pas un drame. J’ai plein de projets, dont celui de voyager. Ma blonde est allée au Japon, en Thaïlande et à Madagascar. Elle me dit qu’il faut absolument y aller ensemble pour les découvrir en marchant.»

La série 5e rang reviendra le mardi 14 septembre, à 21 h, à Radio-Canada

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