Kevin Houle revient sur son rôle marquant dans Les Honorables | 7 Jours
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Kevin Houle revient sur son rôle marquant dans Les Honorables

Image principale de l'article Son rôle marquant dans Les Honorables
Photo : Bruno Petrozza / TVA Pub

Le comédien fait partie de notre paysage culturel depuis maintenant presque 20 ans. Pourtant, c’est dans son rôle du vilain Tristan Rabeau de la série Les Honorables qu’on a vraiment pu le découvrir. Entrevue avec celui qu’on verra prochainement dans les séries Campus, Sans rendez-vous et Patrick Senécal présente.

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Kevin, comment ça va?
Je vais bien. Je passe un bel été et je travaille beaucoup. Je fais beaucoup de doublage et je tourne entre autres sur la série Campus pour Vrak. Je fais aussi partie de la série Sans rendez-vous, dans laquelle j’ai tourné avec ma blonde pour la toute première fois.

Que jouez-vous dans cette série?
Nous jouions un couple qui va consulter une sexologue, incarnée par Magalie Lépine-Blondeau, parce qu’il commence à s’éteindre et que tous deux essaient de nouvelles affaires. Ç’a été vraiment le fun à tourner parce que c’était la première fois en 15 ans que je tournais avec ma blonde, la comédienne Eloisa Cervantes. On avait joué au théâtre et fait des comédies musicales ensemble, mais jamais de la télévision. On est habitués à travailler ensemble parce que nous nous aidons beaucoup pour préparer nos auditions.

Que peux-tu nous dire sur la série Campus?
J’y joue un nouveau professeur universitaire qui a mis une étudiante enceinte alors qu’il était étudiant à la maîtrise, peu de temps avant de devenir professeur. C’est une super belle série, et mon personnage n’est pas un méchant; c’est juste un gars qui a fait une erreur et qui ne prend pas toujours conscience de la portée de ses gestes. Ma conjointe dans la vraie vie joue aussi ma femme dans la série. C’est très drôle parce que nous tournons doublement ensemble cette année alors que ça n’était jamais arrivé avant. 

Photo : Bruno Petrozza / TVA Pu



Vous êtes d’ailleurs ensemble depuis 15 ans. Comment vous êtes-vous rencontrés?
C’était à l’École de théâtre de l’UQAM. Nous filons le parfait amour et nous avons deux petites filles. Deux comédiens, c’est évidemment spécial dans un couple, parce qu’il y a toujours des hauts et des bas dans ce métier. Une année, c’est l’un qui travaille plus que l’autre, après c’est l’autre. Au début, c’était plus confrontant quand l’un d’entre nous travaillait et l’autre, pas. Mais maintenant, c’est un beau travail d’équipe. Le plus drôle, c’est que mon aînée est désormais elle aussi comédienne puisqu’elle a décroché un rôle dans la série Un lien familial. Elle joue la fille des personnages joués par Rachel Graton et Pierre-Yves Cardinal, qui sont deux bons amis à nous.

Qu’est-ce que ça te fait de voir ta fille vouloir faire le même métier que toi?
Je trouve ça cool. Lila Sofia n’a que huit ans, mais elle est bonne et elle prend ça au sérieux. Ça a commencé alors qu’une maison de production cherchait des enfants comédiens pour une publicité. Ma fille a passé l’audition et elle a aimé ça. Elle a voulu en faire d’autres et, de fil en aiguille, elle a décroché son premier rôle. Sa jeune sœur de six ans, Flora, aime aussi ça. Elle a entre autres fait un sketch pour le Gala Les Olivier. Pour l’instant, je ne sais pas si elle aime ça ou si c’est pour faire comme sa grande sœur. Je ne pousse pas trop; on verra si elle a envie de continuer.

Tu as toi-même débuté jeune dans le métier, n’est-ce pas?
Oui, je devais avoir 13 ans. Comme cadeau de Noël, j’avais demandé à mes parents qu’ils m’inscrivent dans une agence. Je voulais faire ça depuis que j’étais tout petit. Il faut croire que c’était en moi parce que j’aimais jouer des personnages. Rendu au cégep, je m’enlignais pour une carrière derrière la caméra, en cinéma. J’étudiais avec Émile Proulx-Cloutier, qui était dans la même cohorte que moi et qui faisait beaucoup de théâtre. Mais j’avais l’impression que ce n’était pas pour moi, parce que je n’en avais jamais fait. Puis une place s’est libérée, Émile m’a initié, et j’ai embarqué. Je n’ai jamais cessé de jouer depuis.

Photo : Yan_Turcotte / TVA

On a pu te voir il n’y a pas longtemps dans la série Les Honorables, dans laquelle tu incarnais le vilain Tristan Rabeau. Ce rôle a-t-il été marquant pour toi?
Ce personnage a été fantastique à jouer, et je me demande si je vais à nouveau avoir un aussi beau rôle que celui-là un jour. Ce fut un plaisir de jouer ça, entre autres avec Mylène Mackay et Macha Grenon. Je ne voulais pas le prendre comme le méchant de la série, mais plutôt comme un personnage riche qui est persuadé qu’il fait la bonne chose dans ses circonstances à lui. J’ai eu beaucoup de fun à construire ce personnage-là et je suis très reconnaissant envers le réalisateur Louis Choquette d’avoir défendu ma candidature pour ce rôle, parce que je n’étais pas très connu. C’était quand même un anticasting par rapport à ce que je faisais d’habitude, car on me voyait surtout dans des rôles de gars gentils.

Est-ce que ce premier grand rôle t’a ouvert la porte vers d’autres beaux rôles?
C’est certain que ça a créé un bel engouement, et on m’a beaucoup parlé de ce personnage. Je dois dire que ça m’a donné de l’espoir, parce que je me suis mis à auditionner pour d’énormes rôles de lead par la suite. Mais en même temps, certaines auditions se sont soldées par des refus parce que l’auteur du projet n’était pas capable de s’enlever mon personnage de vilain de la tête. J’avais beau tout faire pour qu’on oublie mon personnage de méchant, ça n’a pas fonctionné. J’avais l’étiquette de ce rôle sur moi. Mais je sens que les choses changent un peu et ça me rassure. 

Comment as-tu vécu ça?
Ç’a été beaucoup de déceptions professionnelles, parce qu’il y avait beaucoup de rôles que je voulais et pour lesquels j’avais travaillé fort. Mais ça n’a pas marché. Parfois, je me suis fait carrément dire qu’on ne voulait pas me voir à telle ou telle audition parce qu’on cherchait quelqu’un de sympathique et d’attachant. Pourtant, je suis comme ça dans la vie. Mais je pense que les gens ne m’avaient pas suffisamment vu dans autre chose, et j’ai vraiment eu du mal à faire oublier le méchant Tristan.

Photo : INCONNU / CLUB ILLICO



On va aussi te voir prochainement dans Patrick Senécal présente...
Oui, je suis dans l’épisode de Noël et j’ai adoré découvrir l’univers de cet auteur. Je vais jouer un papa qui, tout comme moi, culpabilise, un père de famille qui se rend compte qu’il doit aller acheter le cadeau de sa fille le jour de Noël. Il fera tout pour arriver à satisfaire ses demandes, mais tout se met à mal aller pour lui. J’aime jouer le lugubre, le sombre, le weird et c’était nouveau pour moi.

Es-tu le genre de gars qui a un plan de carrière?
Pas du tout, j’aimerais pourtant ça. Des fois, je visualise certaines choses, mais ce n’est pas en moi de me faire un plan. En même temps, le doublage me permet de bien gagner ma vie et donc de ne jamais avoir à vivre des craintes financières. Cependant, je suis du genre à me lancer tête première dans plein de projets qui m’allument. J’aime créer des projets et avoir un certain contrôle, parce que dans ce métier, on met tout le temps notre estime entre les mains des autres. Ça nous amène même parfois à tout remettre en question en tant qu’acteur.

Tu es aussi musicien et compositeur dans la vie. As-tu des projets en ce sens?
Oui, je compose en ce moment pour une comédie musicale à grand déploiement avec l’actrice Mélissa Cardona qui a fait le spectacle Amsterdam portant sur la vie de Jacques Brel. Elle m’a proposé de composer des musiques, et j’ai dit oui. J’ai étudié la musique quand j’étais jeune et j’aime composer. Ça s’annonce bien, une productrice qui a amené Notre-Dame de Paris en France s’intéresse au projet. Mais je ne vais pas jouer dedans. J’ai envie de faire autre chose et je n’ai pas envie de partir loin de ma famille trop longtemps. Or ce genre de spectacles exige de tout quitter pour plusieurs mois.

Et comment se passe la conciliation travail-famille pour deux parents comédiens?
C’est à double tranchant. D’un côté, nos horaires atypiques nous permettent d’être là pour différentes activités scolaires de nos enfants et d’être présents souvent. Mais parfois, nous sommes absents l’été parce que nous tournons beaucoup. Ça fait en sorte que je culpabilise parce que je sais que les vacances d’été sont des moments importants en famille. Mais je tente d’être un père présent. Quel genre de papa es-tu? Je suis le genre de père qui se demande tout le temps s’il est un bon père. Pendant leur petite enfance, j’étais sur la coche, je me trouvais à la hauteur et attentionné. Maintenant, je me sens souvent coupable de ne pas être là, sur - tout en été quand mes deux filles sont en congé scolaire. Je me souviens à quel point les vacances d’été étaient importantes quand j’étais petit. Je me sens toujours entre l’arbre et l’écorce. Campus, dès le 5 octobre, à Vrak.

Les nouveaux épisodes de Patrick Senécal présente seront offerts dès le 28 octobre, sur Club illico. Sans rendez-vous sera disponible sur Tou.tv Extra au cours de 2021-2022.

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