Martine St-Clair revient sur les hauts et les bas de ses 40 ans de carrière | 7 Jours
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Martine St-Clair revient sur les hauts et les bas de ses 40 ans de carrière

Image principale de l'article  Les hauts et les bas de ses 40 ans de carrière
Photo : Patrick Seguin / Les Pu

Adolescente, Martine St-Clair rêvait de devenir infirmière. Mais sa victoire en finale de Cégeps en spectacle a provoqué sa rencontre avec Luc Plamondon, un événement qui a changé sa trajectoire. Quarante ans plus tard, la chanteuse est toujours associée à des succès qui ont rythmé les grands moments de la vie de plusieurs. Comme l’artiste remontera sur scène sous peu, ce sera l’occasion pour ses admirateurs inconditionnels de de renouer avec son indémodable répertoire.

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Martine, les gens seront heureux d’apprendre que vous êtes de retour sur scène dès septembre. Rappelez-nous: depuis quand faites-vous partie de nos vies?
Depuis quatre décennies. J’ai débuté dans Starmania au Québec à 18 ans. C’est un parcours merveilleux, un chemin extraordinaire pour la jeune fille du quartier Rosemont–Saint-Michel que j’étais. J’avais des rêves plein la tête... (sourire)

Mais cette carrière vous est en quelque sorte tombée dessus sans s’annoncer.
Oui, presque du jour au lendemain. J’allais au cégep Maisonneuve, où j’étudiais en techniques infirmières, études que je n’ai d’ailleurs pas terminées. Je n’en ai pas eu le temps! Luc (Plamondon) m’avait entendue à Cégeps en spectacle où j’avais chanté avec ma sœur Lyne, qui m’accompagnait au piano. Nous avons remporté la finale. Luc a voulu me voir en audition. Pour mon père, c’était presque un non catégorique, car il voulait que je poursuive mes études. 

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Photo : Patrick Seguin / Les Pu

On peut comprendre son exigence...
Effectivement. Nous sommes huit à la maison, cinq filles et trois garçons. Il ne voulait pas que je vive un changement de vie aussi rapide. Par la suite, il m’a expliqué qu’il avait dit non, car il ne savait pas de quoi cette nouvelle vie allait être faite. Il ne connaissait pas le showbiz. Mes parents souhaitaient avoir un peu de recul pour pouvoir prendre une décision. Finalement, j’ai passé l’audition et j’ai été choisie. À partir de ce moment, il y a eu un passage délicat. Il y a eu quelques mois de flottement, car la présentation de Starmania a été décalée. Mon père n’était pas rassuré, car j’avais abandonné l’école... Finalement, on connaît la suite. Encore aujourd’hui, quand je vis une période d’attente, je me réfère à cette époque.

Faut-il spécifier que vous n’aviez pas rêvé de cette carrière?
Non, je n’y rêvais pas. Je ne souhaitais pas être connue du public non plus. Au sein de notre famille, nous avions chacun notre personnalité et nous voulions tous prendre notre place. Ma seule ambition, c’était de trouver la mienne. J’étais une enfant réservée, très gênée. Je parlais très peu. 

Photo : / SRC

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Outre la chanson, la peinture a aussi pris beaucoup de place dans votre vie, n’est-ce pas?
Oui, l’art abstrait est arrivé dans ma vie en 2001. J’aime l’art. Je ne peux pas vivre sans les arts: la musique, le cinéma, la peinture, la création de bijoux. Au fil du temps, j’ai fait des expositions. La galerie d’art Berthelet, à Berthierville, a pris cinq de mes œuvres. Je prépare un projet spectacle qui va allier mes œuvres et mes chansons. Le premier extrait, Tot’aime, est signé Lucien Francoeur. La chanson raconte l’histoire du tableau du même nom. Cette tournée sera accompagnée d’un disque en 2022. Certains tableaux vont devenir des lithographies. On m’a aussi proposé des dates de spectacles où je reprendrai mes grands succès. Je serai donc sur scène en septembre et en novembre prochains. Je fais aussi des bracelets en collaboration avec la joaillière Soëli Sieper. J’ai utilisé des ceintures, portées lors de spectacles, qui sont devenues des bracelets en cuir tressé avec un cœur unique, Y’a de l’amour dans l’air. Ils sont tous différents.

À travers ce que nous vivons, comment prenez-vous soin de vous?
Je lis beaucoup en ce moment: des coachs de vie, des conférenciers, des écrits sur la vie, sur la spiritualité. J’ai besoin de ça. Je fais des exercices de respiration. On oublie, à travers cette vie de fous, que ce qu’il y a de plus important, c’est nous. La pandémie m’a permis de remettre les choses en place et de déterminer ce qu’il y a de plus important. Il faut prendre le temps de respirer. Je fais des exercices de Qi Gong. Il faut que je reste en forme. Je suis proche aidante pour ma mère.

Elle est chanceuse de pouvoir compter sur vous...
Elle me le dit constamment. (sourire) Moi aussi, je suis chanceuse. Pouvoir m’en occuper, c’est un cadeau de la vie. Avoir appris à maîtriser toutes ces techniques, pouvoir les transmettre à ma mère me permet de l’aider à traverser ce qu’elle vit. Nous les faisons ensemble. C’est très satisfaisant de voir le bien que ça lui fait. Elle a 91 ans. Je remercie la vie de m’avoir permis de découvrir ces outils que j’aimerais un jour pouvoir transmettre à plein de gens. Je l’ai aussi initiée au dessin. J’ai rassemblé toutes ses œuvres sur un mur que j’ai appelé Le fil de ma vie. 

Photo : Julien Faugere / TVA Pu



Malheureusement, vous avez perdu votre père ces dernières années.
Oui, il nous a quittés il y a deux ans. Ça m’enchante de penser qu’il a vu mon amour pour l’art abstrait. Lorsque j’allais le visiter, j’apportais un tableau dans lequel il s’amusait à voir toutes sortes de choses. Il était heureux pour moi que j’aie trouvé cette autre façon de m’exprimer. L’art nous a ouverts à des conversations extraordinaires. La dernière fois qu’il m’a vue en spectacle, c’était à la Saint-Jean. Mes sœurs m’ont raconté qu’elles avaient regardé le show avec mon père et qu’il était heureux! Il savait combien c’est un métier difficile, ardu, demandant à tous points de vue pour la vie personnelle et pour la vie amoureuse. Il se souciait beaucoup de ça et me disait souvent: «Sois heureuse!»

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Mais à travers ces 40 années justement, il y en a eu, du bonheur?
Beaucoup de bonheur! Ces 40 ans, ce n’est pas un chiffre. C’est un chemin que j’ai parcouru avec ma force et mes faiblesses. J’ai pris des décisions extraordinaires et de moins bonnes. C’est tant mieux! Il faut faire la paix. Si je suis toujours là, c’est que cette jeune fille qui a dit oui au métier est tombée de fatigue, mais elle s’est relevée. Après Starmania à Paris, j’ai ressenti une grande lassitude. Il a fallu que je retrouve une belle vitalité. Tout cela m’a appris sur moi. Encore aujourd’hui, j’ai des projets exceptionnels qui vont m’amener là où personne ne m’attend... (sourire) 


Martine reprendra ses grands succès à la Cinquième Salle les 6 et 19 septembre, puis à la Salle Albert-Rousseau le 21 novembre.
Un album live sortira d’ici quelques mois ainsi qu’un nouvel album original.
On peut voir ses œuvres et sa collection de bracelets au martinestclair.com.



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