Stéphane Rousseau heureux de renouer avec le cinéma | 7 Jours
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Stéphane Rousseau heureux de renouer avec le cinéma

Stéphane Rousseau a 40 ans de carrière derrière lui. Cet été, il joue un rôle dramatique dans le film Sam, dans lequel il incarne un professeur durement éprouvé par une grande tragédie. Entrevue sur ce rôle et sur son retour devant les projecteurs après une trêve de quelques mois.

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Stéphane, qu’est-ce qui t’a amené à dire oui à ce rôle dans le film?
Pour moi, plus un défi est grand, plus c’est intéressant. Et je trouvais que c’était différent de tout ce que j’avais pu faire dans le passé. J’étais content que Yan England me fasse confiance pour ce personnage. Je connaissais ses œuvres précédentes et j’adorais déjà son univers. Puisque j’ai mûri et vieilli, je me sentais prêt à jouer un tel personnage, qui vit une certaine détresse. Je me suis beaucoup préparé pour mon audition. Je ne voulais pas rater mon coup; je voulais ce rôle.

Pourquoi?
J’ai toujours aimé jouer des personnages, et celui-là était très beau. Même sur scène, je considère que j’étais meilleur quand je faisais un personnage. J’ai plus de facilité à m’abandonner quand je joue quelqu’un d’autre que quand je suis moi-même. J’aime jouer des émotions à fond sans être personnellement concerné. 

Dans le film, ton personnage vit une tragédie en lien avec son fils. Est-ce que le fait d’être toi-même un père a nourri ton jeu?
Oui, c’est certain que la présence de mon fils dans ma vie a facilité le chemin pour m’identifier à ce personnage, parce qu’il vivait quelque chose qui pourrait m’arriver dans la vie. Je pense sincèrement que je n’aurais jamais pu jouer un tel rôle il y a 15 ans. Je suis rendu à une étape où je peux désormais jouer certains types de personnages et j’en suis content. Je suis aussi beaucoup plus en paix avec ce métier-là.

Tu sembles avoir développé une grande complicité avec Antoine Olivier Pilon, qui joue ton fils dans le film...
Effectivement. Il est tellement cool, ce gars-là! Il est drôle, brillant et bon. Se préparer à jouer ce rôle a exigé une grande discipline de sa part, et je l’admire pour ça. C’est un acteur d’une grande intensité quand il joue une scène, et il a été très inspirant pour moi. Il m’a poussé à être meilleur. Je pense que, dans ce métier, tu es aussi bon que l’acteur qui est en face de toi.      

Ton personnage est beaucoup plus obscur que ce que tu as pu jouer jusqu’à maintenant, n’est-ce pas?
Oui, ce rôle m’amène là où je ne suis pas tant allé. On n’est pas dans la comédie et dans le rire, c’est certain. Je pense que j’ai beaucoup moins de pudeur qu’avant et je me sens capable d’affronter différents types de rôles. C’est ce qui est le plus excitant pour moi maintenant. J’aime me transformer et me transposer, et j’aime la démarche pour me rendre là. Je suis très content d’avoir pu jouer quelque chose de dramatique. 

On te verra aussi dans une nouvelle série, Sans rendez-vous. Parle-moi de ton personnage...
Je joue un psychologue et j’aime beaucoup ça. Je n’ai jamais fait de thérapie ou de psychanalyse, mais j’aurais voulu le faire. C’est un univers qui m’a toujours inspiré et intéressé. Quand je vois un psy dans un film ou dans une série, je suis fasciné. Pour moi, ce sont des personnages intrigants et fort intéressants. C’est jouissif pour moi de jouer ça; on est dans la comédie, mais aussi dans la finesse et dans l’émotion. En plus, Magalie Lépine-Blondeau est très drôle. Je ris beaucoup avec elle sur le plateau.

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Et cet automne, tu seras de l’émission Chanteurs masqués. Que peux-tu nous en dire?
Je suis l’un des enquêteurs et je fais partie de ceux qui doivent trouver qui se cache derrière les costumes. Je vais commencer les tournages en août. J’ai très hâte. Dès que j’ai entendu parler de ce projet, j’ai eu envie de le faire.

Est-ce que l’animation, c’est terminé pour toi, après Le show de Rousseau?
Non, mais on dirait que ça me tente moins. Je trouve que c’est un poste qui est plus contraignant, car il y a toujours beaucoup d’information à livrer. Cela dit, je le referai peut-être un jour. Je n’ai tourné que deux demi-saisons du Show de Rousseau et je pense que je le referais malgré tout. Mais c’est certain que je ferais les choses différemment. Je ne suis peut-être pas allé au bout de ça, mais ce n’est aucunement dans mes priorités en ce moment. J’ai envie de m’amuser et d’avoir les mains un peu plus libres, d’avoir moins de pression sur les épaules.

As-tu déjà eu le syndrome de l’imposteur par rapport au métier d’acteur?
Je ne pense pas... Il m’est arrivé de ne pas me trouver à la hauteur de certaines situations, car je ne viens pas d’une grande école de théâtre. J’ai pris un chemin plus chaotique. Mais je suis fier du chemin que j’ai fait et j’aime jouer depuis que je suis gamin. C’est ce qui me définit. J’aime créer des personnages.      

Depuis un certain temps, tu travailles beaucoup plus à titre d’acteur qu’à titre d’humoriste. Est-ce voulu?
C’est voulu, parce que le temps passe et qu’il y a tellement d’autres choses que j’ai envie de faire! Je ne veux pas mettre de côté mes rêves de jeu. Je sais que si je ne le fais pas maintenant, je ne vais jamais le faire. Je suis capable de faire des spectacles d’humour, mais j’ai envie de faire autre chose. Ça fait 40 ans que je fais ce métier-là. J’ai 54 ans et j’ai roulé ma bosse. En plus, je dois dire que la vie de tournée, ça me tente moins. Encore moins depuis la covid-19. 

Le temps qui passe est un sujet qui revient souvent avec toi. Est-ce que ça te préoccupe?
Oui, on dirait que ma conscience du temps qui passe est beaucoup plus présente. En même temps, il y a eu une période où je voyais juste les mauvais côtés du vieillissement. Là, je commence à voir ses bons côtés. J’ai eu une espèce de petit passage à vide pendant lequel ç’a été dur de me voir me transformer. Je passais devant le miroir et je me demandais qui était cet homme vieillissant qui ressemblait de plus en plus à mon père. Mais à un moment donné, il faut accepter que le temps passe et qu’on se transforme. Il faut alors trouver de bonnes raisons de vivre et de voir la lumière. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay



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Qu’est-ce qui t’a aidé à changer ta façon de voir les choses?
Revenir au Québec après plusieurs années en France, ça m’a beaucoup aidé. Ça m’a fait un grand bien. Pendant une certaine période, je me promenais entre le Québec et la France, et je n’étais pas stable physiquement, mentalement et émotivement. Je ne savais pas trop où j’étais et sur quel pied danser. Je trouvais ça difficile de vivre souvent loin de mon fils. Mon métier prend parfois une grande partie de ma vie et je n’étais plus bien avec ça. J’avais l’impression de ne pas être «groundé» et même d’être un peu à côté de mes pompes. Quand j’étais à Paris, je n’étais pas super bien, et quand je revenais ici, je n’étais pas super bien non plus. Je ne savais plus où aller. J’avais envie de revenir chez nous, mais en même temps j’avais l’impression que je n’y avais plus ma place. Quand j’étais ici, on me demandait tout le temps pourquoi je n’étais pas en Europe. J’étais devenu un touriste dans ma propre ville. Donc j’ai fait du grand ménage.

Quel a été l’élément déclencheur de ce retour au Québec?
J’avais terminé ma tournée, et ça avait été plus dur que je ne le pensais. Ça avait bien été, mais je n’étais pas tout à fait satisfait. Ç’a aussi été difficile d’être si longtemps loin de mon fils. De plus, faire la promotion là-bas, c’est devenu beaucoup plus de travail qu’avant. Des fois, j’enchaînais des tournées d’une quarantaine de jours l’une après l’autre. Là-bas, la compétition est très forte. On t’oublie en deux jours, donc tout est toujours à refaire. Je trouvais ça très exigeant. Ça ne roulait plus comme je le voulais.

La vie entre deux continents est-elle terminée pour toi?
Je vais peut-être le refaire un jour, mais ce sera complètement différent, dans le sens où ce sera pour des séjours beaucoup plus courts. Si j’y retourne, ce sera plus pour me faire plaisir et pour retrouver mon bassin de fans. Par contre, ça fait cinq ans que je ne suis pas allé en Europe et, dans ce métier, cinq ans c’est énorme. Donc je sais qu’ils seront moins nombreux à m’accueillir. Je suis très fier de ce que j’ai fait là-bas; j’ai fait de belles tournées et des spectacles au Zénith de Paris. J’ai aimé vivre là-bas. Mais à un certain moment, il faut faire des choix. 

Un peu avant la pandémie, tu avais juste envie de t’enfermer chez toi avec tes pinceaux. Est-ce que ça va mieux aujourd’hui?
Oui, j’avais besoin de cette pause. On n’est pas qu’une chose dans la vie. J’aime être différentes choses, à différents moments. Quand j’ai besoin de me retirer dans ma bulle, je le fais. Je m’écoute plus et je fais quelque chose d’un peu plus solitaire. Et quand j’ai besoin que mon ego soit flatté, je reviens dans l’œil du public. Là, me revoilà! Tout arrive en même temps et je tente d’en profiter au maximum. J’ai envie de mordre dans tout ça.

On parlait de 40 ans de carrière tantôt. Qu’est-ce qu’il te reste à faire?
Plein de choses, mais sincèrement j’aimerais réaliser un rêve un jour: celui de créer un projet musical. Ce ne sera pas une comédie musicale, mais un projet qui unira la musique et le chant, car je n’ai pas tant exploré ça dans ma vie. C’est un projet qui est sur ma bucketlist. Je me verrais même faire un album.

À quoi ressemblera ton été?
En dehors des tournages, je vais prendre de petites vacances en VR. J’ai conduit ça pour la première fois la semaine dernière: c’est gros et ça tourne carré! Axel, mon ado de 12 ans, va venir avec moi de temps en temps. Ce sera de beaux moments père-fils.      

Le film Sam est actuellement à l’affiche.
Chanteurs masqués, dès le dimanche 19 septembre à 18 h 30, à TVA.
Sans-rendez-vous sera présentée au cours de 2021-2022, sur Tou.tv Extra.
Pour plus d’informations sur ses projets: stephanerousseau.com.

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