Marc Dupré revisite les moments les plus marquants de sa carrière | 7 Jours
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Marc Dupré revisite les moments les plus marquants de sa carrière

Image principale de l'article Les moments les plus marquants de sa carrière

Marc Dupré carbure aux défis, aux projets qui l’allument, à tout ce qui soulève des passions chez lui. Et ce, tant dans son métier d’auteur-compositeur-interprète que dans cette aventure dans laquelle il s’est lancé il y a quelques années avec deux amis pour offrir aux consommateurs des produits alcoolisés de grande qualité. Nous avons rencontré l’artiste à l’occasion de l’ouverture officielle de la boutique et de la microdistillerie Cherry River, situées dans une ancienne église de Magog qui compte 150 ans d’histoire.


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Marc, si tu me racontais d’abord comment sont nés les produits Cherry River?
J’ai commencé à m’intéresser à la mixologie, à acheter des livres, et on a commencé à faire ça, Anne-Marie et moi. On tripait là-dessus, elle a même commencé à faire des sirops. Un jour, mon gérant, Francis Delage, m’a dit qu’il souhaitait faire une vodka et la mettre en marché. Il m’a surpris, parce que, dès le premier essai, j’ai vu le potentiel et compris que j’étais vraiment passionné par ça. J’avais aussi découvert plusieurs produits québécois, et je sentais qu’il y avait un engouement sur ce plan de la part du public. J’ai donc décidé d’embarquer dans le projet avec lui, et un ami, Éric Lessard, s’est joint à nous. On aime ça! Plusieurs de nos produits (des vodkas et des gins) sont maintenant en vente dans les SAQ. On a aussi des hard seltzers en vente dans plus de 1500 dépanneurs et épiceries au Québec. Il y a une belle folie derrière tout ça! C’est le fun, parce que les gens embarquent; ils découvrent et adoptent nos produits.

Quand l’idée d’avoir une microdistillerie s’est-elle imposée?
Ce n’était pas dans nos plans au début. Nos produits étaient embouteillés par une autre compagnie, mais on a senti qu’on devait voler de nos propres ailes. Je disais à Francis et à Éric que le cœur de cette aventure allait être de tout produire nous-mêmes, de faire l’embouteillage, et ça nous a donné des ailes. Ça ne fait que quelques semaines qu’on opère ici, dans cette ancienne église, et ça va super bien. Je tripe, et comme dans tout ce que je fais, il n’y a pas de demi-mesures.

Parlons de ta carrière. Il y a déjà 17 ans que tu as décidé de laisser ton métier d’imitateur pour te lancer dans la chanson. Ç’a été un tournant pour toi?
Cette décision-là, je l’ai vraiment prise pour mon bonheur personnel. J’ai été un peu égoïste, dans le sens que ça allait bien, j’avais une équipe et des spectacles à l’agenda, mais j’ai dit non. Je trouvais que j’avais fait le tour de ça. Je suis un gars de défis, et le suivant, pour moi, était de chanter. Je sentais que j’avais des choses à dire et j’avais assez confiance en moi pour partir dans une autre direction. 

Photo : Dominic Gouin / TVA Pub

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Ç’a quand même été un choix difficile, parce que j’avais une famille, des enfants. On peut dire que ce n’était pas gagné d’avance, le fait que tu perces dans la chanson...
En effet, même que pour plusieurs, c’était perdu d’avance! On me disait que ce serait difficile, mais avec le recul, c’est la meilleure chose que j’ai faite dans ma carrière. Et, aujourd’hui, si j’avais un autre projet en tête, je le ferais.

Comme de donner naissance à la microdistillerie Cherry River?
Exactement. Cette compagnie-là, je l’ai lancée parce que j’avais du fun. J’ai impliqué mes enfants, et les enfants d’Éric et de Francis sont aussi impliqués. C’est une entreprise familiale et on tripe. On n’a pas lancé la compagnie en se disant qu’on allait devenir riches. En fait, c’est le contraire, parce qu’on a commencé en faisant de la vodka, l’alcool le plus difficile à vendre au Québec. Mais comme je suis un fan de vodka, j’ai décidé de me lancer. Je me suis dit que si je réussissais à transmettre ma passion, les gens allaient triper.

Au fond, ce sont toujours le plaisir et la passion qui guident tes choix?
Complètement. Je pense à mon bonheur, mais ça ne veut pas dire que c’est facile pour autant. Aujourd’hui, on voit le résultat de tout ça, mais, il y a quelques années, tu m’aurais peut-être dit que j’avais de l’ouvrage devant moi et qu’on s’en reparlerait. Ce sont nos vodkas qui nous ont ouvert les portes de la SAQ: celle à l’érable, celle aux cerises sauvages et la Original Premium.

Anne-Marie t’a-t-elle appuyé dès le départ dans ce projet?
Oui. Elle m’a aidé, a goûté à tout et m’a même fait découvrir d’autres gins québécois, des goûts différents. On boit très raisonnablement, mais on aime se faire de petits drinks et essayer des choses. Elle est très critique, elle connaît ça et est de bon conseil. La preuve en est que les affaires roulent bien! On est contents parce que notre dry gin a déjà gagné deux prix à l’international, à San Francisco et en Angleterre. Pour qu’une jeune compagnie comme la nôtre obtienne deux médailles d’argent, il fallait que notre base soit forte! Puis, à partir de ce dry gin-là, d’autres produits ont vu le jour. On a fait des essais et des erreurs, et on a écouté les gens autour de nous. C’est ce que je fais dans tous mes métiers. C’est important d’écouter le public, d’entendre ce qu’il a à dire. 

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As-tu en tête un autre moment important de ta vie ou de ta carrière?
Fonder une famille avec Anne-Marie est la chose la plus importante que j’ai faite. C’est ce qui m’inspire le plus dans la vie et qui me permet de faire tout le reste. Ça, c’est clair. Mon fils Anthony a 19 ans, il a récemment quitté la maison pour vivre dans un condo à Magog, et il travaille pour la compagnie, à la microdistillerie. Mon fils, le fils et la fille de Francis, et le garçon d’Éric sont tous impliqués dans l’entreprise. C’est un beau partage, chacun a un travail à faire. Anthony ne connaissait pas ce milieu, mais il avait assez confiance en lui, et il avait surtout envie de relever ce défi. C’est difficile pour un père de laisser partir son enfant, et ça l’a aussi été pour Anne-Marie. Surtout dans un contexte comme celui-là, où on ne sait pas si ça va fonctionner ou pas, mais il est sérieux et il s’amuse. Je suis super fier, parce qu’il a tout appris rapidement. Il travaille très bien et connaît tous les produits, il sait exactement tout ce qu’on y retrouve.

Et comment vont Stella et Lenny?

Stella a terminé sa cinquième secondaire cette année. Elle n’a pas eu de bal, ç’a été un moment difficile. Elle habite avec nous. Pour ce qui est de Lenny, mon plus jeune, on espère qu’il va aller à l’université, faire un bac et rester avec nous le plus longtemps possible! On lui a dit, Anne-Marie et moi: «Tu sais, Lenny, tu peux rester à la maison jusqu’à 30 ans!»

Revenons aux moments importants de ta carrière. Ta participation à
La Voix a aussi été une étape majeure, non?
Oui. J’ai bien aimé faire ça, et je sais que ç’a été une vitrine exceptionnelle. Mais tu sais quoi? Au départ, j’avais peur. Dans ma tête, je n’étais pas rendu là, et je me demandais comment j’allais pouvoir me défendre face aux autres coachs. Je croyais que personne n’allait me choisir. Est-ce que j’allais avoir de la répartie, allait-on me prendre au sérieux? Stéphane Laporte m’avait alors dit que l’équipe avait confiance en moi et qu’on allait me guider. Je n’avais jamais travaillé avec des jeunes, j’étais du genre à y aller à l’instinct. 

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À quel moment as-tu eu confiance en tes moyens?
La première fois que j’ai appuyé sur mon bouton après avoir entendu un candidat, que je lui ai parlé et qu’il m’a choisi comme coach. Tout à coup, j’étais devenu un Viking, un conquérant, et toute ma vision a changé. J’ai réalisé que la passion qui m’animait, les candidats la ressentaient, et ça a changé ma vie. J’ai compris qu’ils étaient plus impressionnés par ma passion et le cœur que je mettais dans mon travail que par n’importe quoi d’autre. C’était un beau partage entre eux et moi, et plus on me faisait confiance, plus j’avais confiance en mes moyens. Les gens ont aussi senti ça à la maison, parce qu’on m’en a beaucoup parlé. On me disait que c’était comme si j’étais dans leur salon! Grâce à La Voix, j’ai compris que je pouvais être moi-même à 100 %. Que je sois content, triste, fâché ou compétitif, je n’ai pas à cacher ça: les gens me prennent comme je suis. Ma carrière n’a jamais aussi bien été, les gens m’appellent par mon prénom, je suis proche d’eux. C’est tellement le fun!

Parle-moi de tes spectacles au Centre Bell.
Jamais dans ma vie je n’aurais pensé présenter deux spectacles en deux soirs au Centre Bell et chanter devant 12 000 et 13 000 spectateurs. Ça faisait partie de mes rêves. J’ai commencé en faisant la première partie de Céline Dion au Forum, et je me disais qu’un jour, ce serait moi qui allais être en vedette. Il s’est passé bien des choses entre-temps, puis ce fameux jour est finalement arrivé. Mais, honnêtement, je travaillais tellement à cette époque que ce n’est que la semaine suivante que j’ai pris conscience que je venais de réaliser quelque chose d’énorme. J’avais réussi à faire se déplacer 25 000 personnes en deux soirs au Centre Bell où, deux jours auparavant, c’était U2 qui était sur la même scène!

Il y a aussi eu la reconnaissance professionnelle avec les trophées remportés à l’ADISQ...
Oui, ç’a été de beaux moments. J’en ai gagné plusieurs, dont un l’an dernier pour le meilleur album pop (Rien ne se perd), et un autre en 2019 pour la chanson de l’année (Ton départ). J’ai aussi été nommé artiste masculin de l’année, entre autres, ce qui n’est quand même pas pire pour un gars qui ne faisait pas vraiment ça dans la vie, avant!

À travers tout ça, tu t’es toujours efforcé d’être présent pour ta femme et tes enfants...
Oui, et quand je travaille trop, ils me le disent. Anne-Marie m’en parle, il m’est arrivé de laisser tomber des choses. C’est certain que, quand de beaux projets se présentent dans ma vie, j’ai de la misère à dire non, mais de moins en moins. Au fond, je me trouve tellement privilégié quand on me contacte pour faire quelque chose, je trouve ça beau! J’ai 47 ans, ça fait 25 ans que je fais ce métier et le monde a encore le goût de travailler avec moi. Je suis conscient de la chance que j’ai de travailler sur des projets qui m’allument.

Parlant de projets, tu prépares un nouvel album?

Oui, il va paraître cet automne. Les chansons sont pas mal toutes écrites, mais j’en crée encore de nouvelles et j’écris aussi pour d’autres artistes. Ça va super bien, il y a des choses qui vont sortir bientôt. J’ai de beaux projets qui s’en viennent, mais je dois attendre, on va s’en reparler... Cet été, je reviens aussi aux sources en présentant quatre spectacles (du 20 au 24 juillet) au Vieux Clocher de Magog, là où j’ai commencé comme imitateur. Ce sera des spectacles plus intimes et, chaque soir, je vais faire un petit retour en arrière. Il y aura des surprises chaque soir. 

Plus tôt, tu parlais de ta fille. A-t-elle des projets comme chanteuse?
Oui! Elle est entrée en studio il y a quelques jours, seule comme une grande, pour explorer des choses. Elle a vécu sa première séance en studio avec un réalisateur. Je veux être là, pas loin, mais je veux aussi la laisser suivre son propre chemin. C’est important pour moi: je veux qu’elle vole de ses propres ailes et qu’elle apprenne à se connaître musicalement, et c’est ce qu’elle fait. Je n’ai rien entendu de ce qu’elle a enregistré jusqu’à maintenant. Ça arrivera quand elle sera prête. L’important est qu’elle se fasse confiance. Je lui ai dit de ne pas attendre l’approbation des autres, elle doit être la première à décider si ce qu’elle fait lui plaît. Dans ce milieu-là, on n’est pas là pour refaire ce que les autres ont fait, mais pour apporter quelque chose qui nous ressemble. Je pense que c’est la base de ce métier.

Au fond, elle fait ce que tu as fait quand tu étais jeune: elle se fait confiance avant tout.
Tout à fait. Si j’avais écouté les gens autour de moi, je ferais autre chose dans la vie. Même avant de me lancer dans la chanson, on me disait d’aller à l’école et de laisser tomber les imitations. Mais moi, c’est ce que je voulais faire, et j’ai réalisé que dans la vie, il faut s’écouter.
 

Pour plus de détails sur les produits, la boutique et la microdistillerie Cherry River, visitez cherryriver.ca. Pour suivre les actualités de Marc: marcdupre.com.

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