Pierre Bruneau, toujours engagé pour la cause | 7 Jours
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Pierre Bruneau, toujours engagé pour la cause

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Julien Faugère

Pierre Bruneau s’est toujours rappelé les sages paroles de sa mère, qui prônait de s’attarder à la solution plutôt qu’au problème. Par ses enseignements, elle lui a appris une valeur essentielle pour faire face à la vie: la résilience. À son tour, le chef d’antenne de TVA Nouvelles voit ses enfants et ses petits-enfants faire preuve de force et d’endurance face à la vie et ses imprévus. Avec son épouse et complice depuis toujours, Ginette, M. Bruneau peut être fier de cette famille qu’il a fondée. L’un des leurs, Charles, manque à l’appel, mais ce fils disparu trop tôt semble avoir eu pour mission d’inspirer toute notre société. En effet, au fil du temps, son nom est devenu synonyme d’espoir pour tous les enfants malades.

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Monsieur Bruneau, vous êtes heureux d’être du Tour CIBC Charles-Bruneau, dont ce sera la 25e édition cette année?
Oui, une 25e édition que nous devions faire l’année dernière, mais avec la pandémie, nous avons dû la reporter. Elle se tiendra du 3 au 9 juillet en mode hybride, c’est-à-dire avec moins de participants. Il n’y aura pas de grand rassemblement comme nous avons l’habitude d’en faire. Nous avons changé les parcours et limité le Tour à une journée. Malgré cela, tous nos parcours sont complets et les gens attendent cette journée avec enthousiasme. 

L’objectif demeure le même, c’est-à-dire contribuer à la Fondation pour soutenir la recherche?
Toujours. Récemment, nous avons annoncé un don de 25 millions de dollars aux quatre hôpitaux spécialisés en oncologie pédiatrique, soit le CHU de Québec–Université Laval, le CHU Sainte-Justine, l’Hôpital de Montréal pour enfants et le CIUSSS de l’Estrie–CHUS. Au cours des prochaines années, toutes ces équipes recevront une somme de 25 millions de dollars pour leur permettre d’avancer dans certains axes de recherche. Comme pour tous les organismes, l’an dernier a été une année très difficile pour la Fondation. Cette année, nous espérons pouvoir sortir de la torpeur. Heureusement, la Fondation peut compter sur des partenaires extraordnaires; je pense à CIBC, IGA, Cascades, Rona, Loews, Québecor. Mais le nerf de la guerre, ce sont les gens qui contribuent à la cause. Leur apport est essentiel. Et comme on le dit souvent, il n’y a pas de petit montant...

Photo : Bruno Petrozza



Quel est l’objectif fixé cette année?
Il est de 3,5 millions de dollars. Le dernier Tour en présentiel a permis d’amasser 5,35 millions de dollars. Nous avons réduit notre objectif compte tenu des circonstances, mais nous sommes en voie de le dépasser. Le défi est énorme! Les gens sont fidèles et nous sommes fiers de pouvoir compter sur leur présence et leur participation. Il y a tellement d’enfants autour de nous qui sont malades. Même si nous avons fait beaucoup de progrès sur le plan de la recherche — nous sommes passés de 30 % de chance de guérison à 80 % —, le cancer reste la première cause de maladie mortelle chez les enfants. Chaque jour, une famille apprend que son enfant est atteint de cancer et chaque semaine, on perd un enfant. Ces statistiques nous ramènent à la réalité de 2021. Nous devons travailler fort pour gagner ce dernier 20 %. Quand il a été diagnostiqué en 1979, Charles avait 30 % de chances de s’en sortir. Nous sommes rendus à 80 % dans les cas de leucémie. Nous avons fait une belle progression.     

À travers toutes ces années, qu’est-ce qui vous garde engagé pour la cause?
Je pense que c’est de voir le succès obtenu depuis tout ce temps. Des familles m’écrivent pour savoir comment on passe à travers cela. Notre expérience de vie les inspire et les amène à comprendre qu’ils s’engagent dans une longue bataille. On ne connaît pas toujours l’issue, mais on sait qu’il y a plus d’espoir de nos jours. Personnellement, c’est l’espoir qui m’amène à continuer, l’espoir qu’un jour, nous aurons 100 % de guérison. Cela me motive énormément. 

Tout cela avec l’appui de Mme Bruneau, bien sûr?
Oui, Ginette est toujours là. Nous sommes tous les deux engagés dans cette cause. C’est devenu une cause familiale. Nos enfants et nos petits-enfants y participent à leur façon. Charles Bruneau, c’est plus que notre fils: c’est la cause des enfants malades. La cause a transcendé la présence de Charles. 

Julien Faugère

Julien Faugère


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La pandémie vous a-t-elle imposé une grosse année sur le plan professionnel?
Ç’a été une très grosse année professionnelle. Je me suis rendu compte que, plus que jamais, les gens avaient besoin de savoir, de s’informer. Nous avons eu des cotes d’écoute comme nous n’en avions pas eu depuis longtemps. Les gens, dont beaucoup de jeunes, se sont tournés vers nous comme source d’information. Plus que jamais, j’ai réalisé que la télévision est essentielle. La chose que j’ai le plus entendue cette année, c’est: «Vous êtes rassurant. Vous nous donnez les bonnes raisons de nous inquiéter et les raisons de ne pas le faire.» Je pense que c’est notre mandat et il se poursuit de génération en génération. TVA et LCN sont la référence en information au Québec, c’est indéniable. J’ai beaucoup d’humilité face au succès que nous avons, mais cette présence rassurante année après année fait que les gens nous ont adoptés.      

La situation a-t-elle été particulièrement éprouvante pour vous?
Oh, oui! Au tout début de la pandémie, j’ai travaillé 6-7 jours par semaine, 10 heures par jour. Alors que tout allait très mal, que les camions de la morgue étaient stationnés en permanence devant les CHSLD et qu’on voyait sortir les corps, c’était très lourd. C’était troublant. J’ai trouvé ça dur, pas que physiquement, mais aussi professionnellement. Il y avait une telle impuissance... Il fallait garder une distance respectueuse face à l’événement. Mon rôle était de dire où on en était. Les heures étaient longues... Puis, je suis lentement revenu à mon horaire. C’était exigeant, mais très satisfaisant. Nous n’étions pas là en vain. 

Vous qui êtes si près de votre famille, comment avez-vous vécu les derniers mois?
Ma fille est infirmière. Elle travaille dans une résidence pour personnes âgées et avait une présence rassurante pour les bénéficiaires. Même chose pour mon fils. Je pense que nos enfants ont trouvé la situation aussi difficile que nous. Chacun avait ses préoccupations au travail. 

Cette distance imposée a-t-elle suscité beaucoup d’ennui de part et d’autre?
Nous nous ennuyons toujours... Heureusement, nous avons pu explorer les Facetime, Zoom et Teams pour passer de bons moments ensemble. Ç’a été un soulagement pour nous tous. Il y a eu moins de relations avec nos enfants et petits-enfants à cause du confinement. Comme nous avons nos deux doses de vaccins, nous pouvons espérer reprendre nos activités familiales. Au final, même s’il y avait de l’ennui, de la distance, si nous nous comparons à d’autres, nous n’étions pas si mal. Nous sommes passés au travers.

Pour Mme Bruneau, la période a-t-elle posé des défis particuliers?
Les activités de Ginette ont été suspendues. Elle chante. Heureusement, les activités reprennent avec le Chœur Métropolitain, les concerts d’été notamment. On sent que la vie reprend, et c’est tant mieux. 

Et vos petits-enfants?
Les petits-enfants sont rendus très grands! Charles-Olivier a maintenant 20 ans, il en aura 21 en novembre; Madeleine aura 19 ans en juillet; Laurent a eu 17 ans; Simone aura 15 ans en juillet et Xavier a 14 ans. Ça montre comme la vie passe... Les petits, ça n’existe plus! (rires) Les petits-enfants grandissent. Leur propre destin commence à se définir. Je trouve ça extraordinaire!

Collection personnelle

Collection personnelle



Puisque la période a été difficile pour les jeunes, comment les vôtres se sont-ils adaptés?
Ç’a été pas mal difficile pour chacun d’entre eux, entre autres à cause des cours à distance au cégep et au secondaire. Charles-Olivier, pour sa part, était dans son milieu de travail. La résilience, c’est valable pour tout le monde. Mes petits-enfants ont compris le sens de ce mot, qui est nouveau dans leur vocabulaire. Ils en connaissent maintenant la définition. Ils ont pris conscience du fait que la vie est agréable quand on la vit en communauté, mais quand on doit se limiter dans nos activités, ça prend de la volonté, du courage et de la persévérance. Je crois que c’est ce qu’ils ont appris cette année. Ç’a été une année bien différente. Madeleine a étudié à distance. Simone et Laurent ont été en partie en présentiel, en partie en virtuel. Chacun s’est adapté.

Vous insistez sur les vertus de la résilience. N’est-ce pas une valeur héritée de votre mère?
Oui, et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Comme elle le disait si bien, il ne faut pas se demander pourquoi ça arrive, mais comment on s’en sort. Actuellement, nous sommes tous dans la même barque et pas seulement en communauté: le monde entier est touché! La vaccination demeure la solution.

Vous êtes, semble-t-il, à la barre du bulletin d’information à TVA depuis 45 ans. Quel accomplissement!
En septembre, j’en serai à ma 45e année au bulletin de nouvelles, où je suis arrivé en 1976. L’an prochain, je célébrerai 50 ans de carrière. Ça commence à être de gros chiffres! Le temps n’a pas altéré ma passion, au contraire! J’ai toujours le même désir de faire ce métier, mais différemment maintenant. La réalité fait en sorte que les années sont là. Je veux penser à moi et à ma famille. En vérité, ce travail m’apporte encore beaucoup de satisfaction et je reçois encore beaucoup d’appuis. Je l’ai constaté au plus récent Gala ARTIS. Je suis toujours tellement surpris: j’en suis à 23 trophées. Ça commence à être impressionnant dans une carrière...      

Photo : Julien Faugere

Et toujours au même poste!
Oui, et je ne peux pas en remporter plus qu’un par année. Je ne peux pas, comme certains artistes, repartir avec trois statuettes sous le bras. Pour moi, c’est un symbole de fidélité assez incroyable de la part des téléspectateurs. Je pense qu’ils m’ont suivi et j’ai encore le goût qu’ils me suivent. J’ai l’appui de ma famille, c’est indéniable, l’appui du public, qui est remarquable, et l’appui privilégié de la direction de TVA. Dans ce métier, la valeur première est la confiance, mais elle doit être réciproque. Cette année, j’ai aussi reçu le prix Raymond-Charette du Conseil supérieur de la langue française. Je ne m’y attendais pas. C’est tout un honneur et j’ai été extrêmement touché. 

À travers tous vos engagements, on voit à quel point vous êtes un homme dédié, un homme de long terme aussi.
Il y a un mot qui peut expliquer cela et c’est «fidélité». On est fidèles l’un à l’autre en couple, je suis fidèle à mon entreprise, aux téléspectateurs et ils le sont avec moi. Avec la Fondation, c’est la même chose. C’est une histoire en continu. Sincèrement, je considère être choyé par la vie.

Puisque vous êtes officiellement en vacances, qu’avez-vous au programme?
Nous n’avons pas planifié de voyage à l’étranger, car il y a beaucoup d’incertitudes sur ce plan. Honnêtement, Ginette et moi allons parcourir un peu le Québec encore cette année. Nous comptons faire des escapades de quelques jours dans le Bas-Saint-Laurent, dans Charlevoix, etc. Ce sera agréable. Comme les mesures sanitaires le permettent, les enfants et les petits-enfants pourront venir nous voir à la maison sans problème, alors nous comptons les recevoir. Nous ne laissons pas filer les occasions de nous rassembler, car nous sommes très heureux de le faire.      

Pierre Bruneau est chef d’antenne à TVA Nouvelles. Il reprendra le collier à la fin de l’été, et ce, pour une 45e année.
On peut faire un don en ligne au Tour CIBC Charles-Bruneau, au
tourccb.ca/faire-un-don.

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