Pierre-Alexandre Fortin revient sur son parcours qui l’a mené à changer de carrière pour devenir policier | 7 Jours
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Pierre-Alexandre Fortin revient sur son parcours qui l’a mené à changer de carrière pour devenir policier

Image principale de l'article Son parcours qui l’a mené à devenir policier
Photo : Karine Lévesque

Ce n’est pas sur un coup de tête que Pierre-Alexandre Fortin a décidé, à 46 ans, de changer de voie. Diplômé depuis peu en techniques policières, l’acteur a pu compter sur l’appui de sa conjointe, ses enfants, son père et aussi son ex, Saskia Thuot.

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«Nous étions ensemble lorsque Saskia a écrit son message sur Facebook (elle saluait le courage de son ex pour sa réussite). J’avais déjà reçu beaucoup de beaux messages sur ma page personnelle, mais après qu’elle l’a partagé, ç’a été le déluge. (rires) Je précise que ma conjointe et elle s’entendent à merveille. Susan est même devenue son assistante. De plus, le chum de Saskia, Dominick, s’implique avec elles. Nous avons une belle relation», confie Pierre-Alexandre Fortin, séparé depuis 2015 de la mère de ses deux enfants, qui ont maintenant 13 et 16 ans. 

À première vue, on pourrait croire que le choc de la pandémie a joué un rôle dans sa réorientation de carrière, mais en fait, sa décision avait été prise bien avant. «J’étais tanné d’attendre le prochain rôle, le prochain doublage. Il m’arrivait d’avoir plusieurs semaines sans boulot. Je voyais des acteurs et des personnalités plus jeunes être choisis à ma place après des auditions. Ça me prenait un nouveau défi. Là, j’en ai un.» 

Photo : Bruno Petrozza


Du désir à la concrétisation
Après une carrière artistique s’étendant sur deux décennies, il a eu une idée soudaine à la fin du mois d’août 2019. «Je faisais de la course en montagne. En terminant, je me suis dit que j’étais en forme pour un gars de 46 ans. Puis j’ai eu le flash! Me serait-il possible d’être policier? Y a-t-il un âge limite pour l’être? Si non, où pourrais-je étudier en techniques policières? J’ai fait mes recherches», raconte celui qui — comme un signe annonciateur — avait incarné les forces de l’ordre près d’une dizaine de fois à l’écran avant d’envisager d’en faire réellement partie. 

Peu à peu, Pierre-Alexandre a réalisé que son idée folle ne l’était peut-être pas tant. «J’ai trouvé un cégep privé à Québec, le campus Notre-Dame-de-Foy, qui offrait cette formation en deux ans. J’ai jasé avec un formateur, un ancien policier de la SQ. Il ne m’a pas découragé et m’a même donné quelques pistes. Deux semaines plus tard, le campus affichait une période d’inscription tardive. J’ai contacté le formateur. Il m’a demandé: “Es-tu en forme et as-tu ton DEC?” Je lui ai répondu oui! Il m’a dit: “Je te rappelle demain.” Le lendemain, à 9 h, il m’annonçait que j’avais jusqu’à 16 h pour faire mon inscription. Je lui ai demandé quand cela commençait. Il m’a dit lundi, nous étions vendredi! Devant ma surprise, il m’a lancé: “Tu sautes ou pas en parachute?”»

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Pouvoir compter sur son clan
Sachant que, s’il faisait ce saut, ce serait sa conjointe et son ex-femme qui allaient devoir assumer la majorité des tâches familiales durant son absence, il les a appelées. «Elles m’appuyaient. Ensuite, j’ai appelé mon père, qui m’a offert d’aller vivre chez lui à Québec. J’ai pu prendre de l’argent de mon REER pour mon retour aux études. Tout s’est placé.» 

Trois jours plus tard, il s’est joint aux étudiants, majoritairement âgés dans la vingtaine, qui avaient amorcé leur formation depuis un mois. Certains se demandaient, à mots couverts, ce qu’un acteur connu faisait dans leur salle de cours. «Au bout de quelques semaines, après que j’ai expliqué pourquoi j’étais là, plus personne n’en a fait de cas. J’étais le plus âgé, mais aussi dans une classe accélérée. Tous avaient un DEC ou un bac. Malgré mes notes de 90 %, j’étais à peine au-dessus de la moyenne», avoue-t-il avec humilité et admiration pour ses collègues étudiants. 

Collection personnelle


Ça passe ou ça casse
Si sa première année s’est plutôt bien passée, la deuxième, en pandémie, a été plus exigeante. Étudiant à distance, sans la force du nombre, il a dû, sans l’aide d’équipement ou d’entraîneurs, faire passer sa capacité physique de bonne à exceptionnelle en vue de réussir l’impitoyable test Cooper. «On doit pouvoir courir 2,7 km, soit 27 tours de 100 m dans un gymnase, en 12 minutes ou moins, sinon on échoue notre formation. Après l’avoir raté par 75 m la première fois, j’ai dû le refaire. Des mois plus tard, à ma deuxième tentative, je n’étais cette fois qu’à 25 m du fil d’arrivée. Même si je m’étais entraîné seul tout l’hiver, souvent à -20 °C, que j’avais presque 47 ans, je ne profitais d’aucun passe-droit. Quelques jours plus tard, j’ai appelé le professeur, lui demandant si je pouvais le refaire seul avec lui dans le gymnase; il a accepté. Finalement, j’ai réussi à faire mes 27 tours en 12 minutes pile.» 

Même s’il lui reste sa formation de trois mois à l’École nationale de police du Québec à Nicolet, puis à se faire embaucher dans un corps policier qui voudra bien d’une recrue presque cinquantenaire, Pierre- Alexandre sait qu’il a fait le bon choix. «J’ai hâte d’être patrouilleur. Ça me permettra de me familiariser avec tous les aspects de mon métier. Un jour, j’aimerais peut-être me spécialiser dans les cas de violence conjugale. L’explosion des cas de violence conjugale et de féminicides me touche vraiment.» Cet été, si vous allez dans la région de Sorel-Tracy, vous pourrez peut-être le croiser dans son uniforme de cadet de la Sûreté du Québec. Sinon, vous le reverrez en 2022, dans La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, une série thriller réalisée par Xavier Dolan. «En juillet, je tournerai quelques scènes dans l’un des épisodes. Ça va faire drôle d’enlever mon uniforme pour aller jouer le rôle d’un bum vendeur de drogue! (rires)»

La tête de l’emploi... à la télé!  

Dans Fragile, le détective Adrien était chargé de l’enquête sur la mort de Félix et Dominic (2020).  

Photo : Bertrand Calmeau

Le comédien a aussi joué un enquêteur dans Mensonges, le sergent Samuel Roberge (2014).  

Photo : Serge Gauvin / ADDIK TV

Ilaenfilé l’uniforme du policier Rémi Casgrain dans Les rescapés (2010-2012).  

Photo : Bertrand Calmeau

Il a incarné Pierre-Paul Sorel, l’adjoint du sergent Lebel (Jacques Lussier), dans Le Négociateur (2005).  

TVA

On verra l’acteur dans La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, en 2022, sur Club illico.

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