À l’aube de la quarantaine, Mélissa Désormeaux-Poulin s’ouvre sur sa vie famille avec ses deux filles | 7 Jours
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À l’aube de la quarantaine, Mélissa Désormeaux-Poulin s’ouvre sur sa vie famille avec ses deux filles

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Andréanne Gauthier

À la veille de célébrer ses 40 ans, Mélissa Désormeaux-Poulin constate que sa vie lui plaît. Si la pandémie lui a donné la chance de profiter de ses filles, le fait de s’éloigner du métier pendant quatre mois lui a permis de confirmer son amour du jeu. Grâce à la nouvelle série télévisée intitulée Survivre à ses enfants, et pour notre plus grand bonheur, la comédienne effectue ces jours-ci un retour au petit écran.

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Mélissa, on te retrouve dans la série Survivre à ses enfants. Quel titre accrocheur!
Il faut préciser que c’est vraiment une comédie! On entre dans l’intimité de six personnes qui se rencontrent les vendredis soir pour jaser de leur vie. C’est l’histoire de cinq grands amis qui verront une sixième personne se greffer à leur groupe. Ces amis ont des enfants et partagent leur quotidien. Très rapidement, on entre dans leur vie et on les aime. Je pense qu’on va se reconnaître dans ces personnages et s’y attacher. Avec Mani (Soleymanlou), je forme un couple un peu boho qui a quatre enfants. Ils gèrent leur famille comme ils le peuvent. Catherine Bérubé et Mickaël Gouin viennent d’avoir leur premier enfant. Ils sont super organisés! Anna Beaupré Moulounda est une mère de famille monoparentale complètement explosive.      

Ce sont des personnages très colorés?
Oui. Comme nous avons commencé à tourner en pleine pandémie, cette série a été un vent de fraîcheur pour nous. C’en sera aussi un pour les gens. C’est agréable à regarder et ce n’est pas compliqué. Je dirais même que c’est réconfortant. Je tiens à souligner que, pour moi, cette série est faite de retrouvailles. J’avais déjà tourné dans le film Gabrielle avec la réalisatrice, Louise Archambault. Depuis, notre amitié a grandi et nous souhaitions faire un projet ensemble. Survivre à ses enfants me permet de retrouver cette réalisatrice que j’aime. Faire ce projet m’a fait du bien. Il y a 20 ans, j’avais auditionné à l’École nationale avec Mani. Ça fait très longtemps que je le connais. Il avait été accepté, mais pas moi... Je l’avais trouvé tellement bon! Et là, il est mon partenaire de jeu dans cette série et il est extraordinaire! Cette année de retrouvailles est très agréable.


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Nadine, ton personnage, est-elle une mère qui te ressemble un peu?
Nadine est plus cool que moi. Elle a quatre enfants, une belle job et elle survit bien à ses enfants. Elle est très investie dans sa vie familiale et peut tout gérer en même temps. Je pense qu’elle est un peu plus relaxe que moi. Dans la vie, je suis un peu plus stressée qu’elle, quand même... 

As-tu déjà imaginé devenir mère de quatre enfants ou cette idée était-elle exclue?
Les gens qui ont quatre enfants, je les trouve admirables. Moi, je savais que j’en aurais un, je n’étais pas certaine d’en avoir deux. Si ça m’était arrivé, j’y aurais fait face, mais je n’ai jamais rêvé d’avoir quatre enfants. Cela dit, j’adore mes filles! 

Et toi, en tant que mère, est-ce que tu survis à tes enfants?
Je survis tellement bien! Nous sommes dans une période où les filles grandissent et elles sont tripantes. J’ai quand même eu mes enfants de manière espacée, alors j’ai eu du temps pour chacune d’elles. Ma grande a 15 ans, ma deuxième a 8 ans. Elles sont dans deux périodes complètement différentes, mais ça va bien. Compte tenu de la pandémie, nous avons passé du temps ensemble. Nous sommes vraiment tissées serré. Chez nous, comme chez la plupart des gens, nous avons senti que cette période a vraiment créé quelque chose entre nous. Nous étions tout le temps ensemble! C’est ce que j’ai le plus aimé de la pandémie: pouvoir être aussi proche de mes filles. Alors oui, je survis à mes enfants et je dirais même qu’elles me font grandir.

Quelle est la chose la plus difficile pour toi dans la parentalité?
Quand on a un enfant, on commence à se sentir coupable... Il faut apprendre à gérer sa culpabilité. Dès que j’ai été maman, je me suis sentie coupable et j’ai craint de ne pas être à la hauteur. Je me suis interrogée, je me suis remise en question. C’est une conscience nouvelle. Je ne serai plus jamais naïve comme je l’étais avant. La culpabilité n’est pas si lourde que ça, j’y travaille, mais elle est quand même présente. Si je pars deux jours sans les enfants, elles sont toujours dans mes pensées. Le côté mère poule est très présent chez moi. Tout cela vient avec la parentalité.

Andréanne Gauthier



Qu’est-ce qui t’apporte le plus de joie dans la maternité?
Étrangement, c’est la même chose: ce lien d’attachement toujours présent. J’ai l’impression de bâtir quelque chose de solide, d’exister pour quelque chose. Ça peut sembler intense, et je suis consciente que j’existerais sans enfant, mais mes filles sont vraiment ma raison de vivre. Les voir grandir, avoir la chance d’être là pour elles, ça me bonifie comme être humain.

Comme les filles grandissent, récupères-tu un peu de temps pour la femme?
Oui, ça me permet de me retrouver, de ne pas me sentir coupable quand je vais travailler. Prendre soin de moi, ça passe beaucoup par le mouvement. J’ai besoin de m’aérer, de m’entraîner. C’est ma façon de prendre du temps pour moi. Je fais beaucoup de sport. Je fais du yoga. C’est nouveau pour moi. Comme je suis une hyperactive, ça ne m’attirait pas. J’avais l’impression que ça ne bougeait pas suffisamment, mais j’ai fini par comprendre que c’est un grand ressourcement. C’est apaisant. Ça arrive à point dans ma quarantième année. 

C’est bon d’avoir une activité qui permet de se recentrer sur soi...
Oui, c’est vrai, mais j’ai aussi besoin de me dépasser physiquement. C’est libérateur. Quand je suis un peu anxieuse ou que je m’inquiète, c’est vraiment ma façon de réguler mon humeur. Nos horaires d’acteurs sont instables; m’entraîner m’amène une stabilité, une discipline et une routine que je n’ai jamais dans ma vie. C’est à travers cela que je prends soin de moi.

Puisque tu célébreras tes 40 ans en juillet, comment abordes-tu cette période?
Parfois, je me dis que je me fous de l’âge; à d’autres moments, je me rends compte que la vie avance... Je n’ai aucun regret, c’est quand même une bonne chose! Je suis à la place où j’espérais être à mes 40 ans. Il y a quelque chose qui m’intrigue: je me demande comment on vieillit en tant que femme dans la quarantaine. Je ne suis pas inquiète, car nous avons vraiment de super exemples de femmes de 40 ou 50 ans. Elles sont très inspirantes et ça me donne de l’espoir. Vieillir ne me fait pas peur.

Andréanne Gauthier


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Qui sont ces modèles qui t’aident à bien vieillir?
Toutes les femmes qui sont autour de moi, que ce soit mes amies qui sont un peu plus vieilles, les comédiennes que je côtoie ou encore ma mère. Ce sont des femmes allumées et qui bougent. Dans mon métier, Catherine Trudeau, qui a presque mon âge, Isabel Richer, Sylvie Léonard, Élise Guilbault sont de super femmes dans le vent! Je veux leur ressembler.      

Souhaites-tu souligner tes 40 ans de manière particulière?
Je ne sais pas... Peut-être que j’aurai une surprise? Évidemment, je vais passer du temps avec des gens que j’aime, mais je ne m’attends à rien de particulier. Je crois que c’est mieux ainsi. Je tourne beaucoup actuellement et ça me rend tellement heureuse que je préfère me concentrer sur mes séries. Le travail m’a tellement manqué... Retrouver ma vie, c’est le cadeau de mes 40 ans.

C’est le travail qui t’a le plus manqué durant la dernière année?
Oui, mais tout en étant consciente que j’étais super chanceuse, notamment parce que nous sommes en santé. En fait, cette pause m’a fait réaliser que j’adore mon métier! Je vis de ma passion: c’est une grande chance dans une vie. J’ai eu quatre mois à la maison avec les enfants, car j’ai repris les tournages pour Survivre à ses enfants.

Ce changement de rythme a-t-il été ressenti comme une rupture?
Oui, et ça m’a fait réaliser qu’on n’est pas obligé de toujours travailler. Il y a quelque chose de beau dans le repos et le ressourcement, entre autres parce que ça permet de revenir en forme. Avoir eu quatre mois a fait en sorte que j’ai eu hâte de recommencer. En vieillissant, j’aimerais enchaîner les projets, mais en les choisissant soigneusement si j’ai la chance de pouvoir le faire. Jusqu’à maintenant, j’ai eu de beaux projets, et très différents. Je m’estime vraiment chanceuse. 

Andréanne Gauthier


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Léa suit tes traces. A-t-elle toujours ce projet de devenir actrice?
Oui, et elle a décroché un petit rôle dans Survivre à ses enfants. Léa fait beaucoup de voix ces temps-ci. Ça va très bien pour elle. Au début, j’étais un peu craintive, car je trouve que c’est difficile d’être comédienne. Je la respecte et la soutiens, mais je dois la laisser faire son chemin. 

Qu’as-tu réalisé, avec la dernière année?
Que je suis chanceuse d’avoir un noyau familial autant tissé serré, aussi solide. J’ai réalisé que j’étais bien entourée, que j’étais bien à la maison, avec ma famille. Malgré les circonstances, nous réussissions à être heureux. Ça, c’est le positif que j’ai retiré de cette expérience. Sinon, j’ai compris que la création me rend vivante. Ce n’est pas l’attention que procure ce métier que j’aime, car ça ne m’a pas manqué. Ce qui m’a manqué, c’est de créer des choses. Ce qui me rend heureuse, c’est d’être créative. J’étais inquiète pour les gens que j’aime, pour mes parents, mais je n’ai pas cessé de leur parler. Nous allions leur porter des choses que nous laissions sur le pas de la porte... Nous nous sommes adaptés. Nous avons gardé le contact et c’est ce qui comptait le plus pour moi...      

Survivre à ses enfants sera offerte sur Tou.tv Extra dès le 22 juin.

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