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À 90 ans, Denise Filiatrault s’apprête à remonter sur scène

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Photo : Patrick Seguin / TVA Publications

Quand on pense à elle, c'est sa passion pour le théâtre et sa grande énergie qui nous viennent en tête. Denise Filiatrault soulignait récemment ses 90 ans, mais loin d'elle l'idée de ralentir! Elle s'apprête à monter sur la scène du rideau vert, dont elle est la directrice artistique. Voilà un beau cadeau qu'elle nous offre pour sa fête!

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Denise Filiatrault ne saurait être plus heureuse qu’en ce moment, où la vie, qui a été sur pause au cours de la dernière année, reprend tranquillement. «C’est sûr que j’ai l’impression de revivre, comme tout le monde! Non seulement à cause des théâtres qui reprennent, mais de la vie en général. Je suis contente que tout le monde se fasse vacciner. Je trouve que c’est une bonne chose de faire vacciner les enfants! Parce que je les voyais l’été dernier dans les parcs, collés, à se batailler et à se toucher, complètement inconscients de ce qu’ils pourraient attraper!»

Le 7 juin, elle prendra part à la lecture d’une pièce originale et très à propos de Michel Tremblay sur la scène du Théâtre du Rideau Vert, Coronavarius, à laquelle pourront assister en direct sur le Web les gens qui se seront procuré des billets. Lors de cet événement-bénéfice, la directrice artistique du Rideau Vert donnera la réplique à Gilbert Sicotte. Par la suite, les deux comédiens et l’auteur échangeront et répondront aux questions de l’animateur Charles Lafortune.

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Denise précise: «C’est une lecture. À 90 ans, je ne pense pas être capable d’apprendre un texte.»

JACQUES GODIN DEVAIT EN ÊTRE

La courte pièce s’intéresse à un couple de personnes âgées de 90 ans, mariées depuis 70 ans et qui ont toujours vécu ensemble, mais qui sont séparées lorsque l’homme attrape le coronavirus. L’auteur l’a écrite en songeant à Denise Filiatrault et à Jacques Godin dans les rôles principaux. «Je suis contente parce que Michel Tremblay avait écrit ça pour Jacques Godin et moi il y a un an, à l’occasion du 50e anniversaire d’un téléthéâtre dans lequel on avait joué ensemble (Trois petits tours). Je jouais une danseuse de club, et Jacques, mon agent. C’était très bon! Michel sait comment écrire une pièce, comment la dialoguer! Alors, pendant la pandémie, Michel nous a écrit: “J’ai pensé à vous et je vous envoie cette pièce.” On voulait la faire sur scène, mais à cause de la situation, ce n’était pas possible. Et puis Jacques est mort...»

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Il s’est éteint le 26 octobre 2020, à 90 ans. Gilbert Sicotte le remplace. «Gilbert est tellement un merveilleux acteur!»

UN PEU D’HUMOUR

Bien qu’il soit question du mal qui sévit actuellement, la comédienne nous assure que la pièce nous offrira des moments plus légers, du bon divertissement. «Il y a tellement d’humour dans ce texte que les gens vont rire davantage que songer à la maladie!» Les applaudissements des gens, qui ne seront pas dans la salle, mais plutôt devant leur écran, vont-ils lui manquer? «Pas du tout. J’ai fait des shows devant public, j’ai fait 50 ou 60 ans de télévision, souvent devant public... J’ai été comblée de ce côté-là.»

DES ORIGINES MODESTES

Michel Tremblay était le mieux placé pour écrire un rôle sur mesure pour Denise Filiatrault et la faire revenir sur les planches. «Le personnage me ressemble, en ce sens que je viens du même milieu que cette femme-là, un milieu ouvrier... Moi, j’ai évolué entre-temps, j’ai rencontré mon mari, Jacques Lorain, qui était mon pygmalion, note-t-elle. Quand on a fait Les Belles-Sœurs à sa création au Rideau Vert en 1968, je jouais Rose Ouimet, et Michel a vu que c’était moi ce type de personnage, parce que je les connais tellement! Je pensais à ma mère, à mes tantes, à mes voisines... Ayant été élevée sur la rue Cartier, entre Gilford et Saint-Joseph, près de chez Michel, ça fait un bout de temps qu’on se connaît! Et ses personnages, je les connais très bien!»

C’est un honneur pour elle de nous faire entrer dans l’univers de Tremblay encore aujourd’hui! «Quand j’ai lu pour la première fois Les Belles-Sœurs, j’ai ri, j’ai pleuré, je n’en revenais pas! Michel me faisait penser à Tennessee Williams.»

PRÊTE POUR LA RENTRÉE


Comme directrice artistique du Rideau Vert, Denise est prête pour sa prochaine saison. «Ça fait deux ans que je suis prête.» Elle ouvrira à l’automne avec une pièce mise en scène par elle-même, Adieu Monsieur Haffmann. «On l’avait jouée trois jours et on a dû arrêter à cause de la fermeture des théâtres. On la reprend en septembre.»

ÉNERGISÉE ET VACCINÉE

Comment s’est passée la dernière année pour Denise Filiatrault? «Très bien. J’étais dans mon condo en Floride. J’ai de la misère à dire ça, parce qu’il y a des gens qui n’ont pas le choix de rester au Québec. Mon pied-à-terre là-bas, c’est quelque chose que j’ai acheté il y a 30 ans — j’ai eu la chance de ne pas le payer cher —, dans un petit village pas très connu sur le bord de la mer. Je vous assure que j’étais contente d’y aller, surtout cette année! À mon retour, j’ai été vaccinée. Là, j’ai mes deux doses. La covid me faisait peur. À l’âge que j’ai, je craignais de l’attraper et d’être très malade!»

Le 16 mai, elle a soufflé 90 bougies. A-t-elle encore des rêves, des défis à accomplir au cours de la prochaine décennie? «À mon âge, je laisse venir les choses. Je suis bien contente d’être toujours en vie. Comme directrice artistique du Rideau Vert, je vais continuer de lire des pièces et à penser à des metteurs en scène et à des acteurs, c’est certain! C’est mon métier!»

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UN PRIX QUI PORTE SON NOM


Cette année, Denise Filiatrault a reçu un grand honneur: le gouvernement du Québec a baptisé un des Prix du Québec de son nom. «J’en étais très gênée, même si je suis contente! C’est un prix qui est décerné à des gens qui travaillent dans le théâtre, pour le théâtre, que ce soit un technicien ou un acteur. C’est bien!»

SON PLUS GRAND AMOUR


De tout ce qu’elle a fait au cours de sa carrière, Denise admet que le théâtre est son art préféré. «C’est ce qui est le plus cher à mon cœur, maintenant! À l’époque où je travaillais dans les cabarets, je n’aimais pas beaucoup ça. Je le faisais pour gagner ma vie, pour ne pas avoir à me lever à 7 h du matin pour aller travailler. Parce que plus jeune, j’aimais dormir le matin. Ça m’est passé avec le temps... À l’époque, j’étais bien contente de travailler le soir et, le lendemain, de me lever à 10 h ou 11 h. Aujourd’hui, le théâtre est une de mes plus grandes passions.»

La mise en scène de la pièce Adieu Monsieur Haffmann sera-t-elle la toute dernière de sa carrière? «C’est sûr que mes filles aiment mieux que je reste à la maison. Elles aiment surtout que je me repose. Moi aussi, rendue à mon âge. Je ne sais pas si je vais faire d’autres mises en scène, mais si un beau projet m’arrive et que je me sens bien, je vais le faire.» Et Denise a-t-elle un bel été qui s’annonce? «Je ne le sais pas, mais je l’espère. À mon âge, on compte au jour le jour.»

On peut se procurer des billets pour l’événement-bénéfice Coronavarius, qui aura lieu le 7 juin, au rideauvert.qc.ca.

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