Absent du petit écran, Marcel Leboeuf se réinvente | 7 Jours
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Absent du petit écran, Marcel Leboeuf se réinvente

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Photo : Bruno Petrozza

On voit moins Marcel Leboeuf au petit écran depuis 10 ans, mais il est toujours actif sur la scène artistique... et ailleurs! Face aux difficultés, mon ami Marcel ne cesse de se renouveler et d’inspirer les gens... moi le premier! Je vous laisse découvrir le conteur-humoriste en lui qui a beaucoup à nous raconter.

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Tout d'abord, comment vont tes affaires, Marcel?
Ça va très bien! C’est peut-être le début d’un temps nouveau, car je réalise un rêve, celui de faire un one man show. Je l’ai présenté à Rouyn-Noranda récemment, pour la première fois. En conférence, j’ai des thèmes très précis, mais là, c’est du théâtre. Est-ce que tout ce que je dis est vrai? On s’en fout! Je peux me lâcher lousse! Contrairement à toi qui es habitué à faire du stand-up, moi, je n’ai pas encore mon public, mais ça ne me dérange pas, car j’avais vraiment hâte de le faire, ce spectacle solo. J’ai eu un bon feeling et j’ai ma couleur à moi. Je suis un mélange d’Yvon Deschamps, de Michel Barrette et de Boucar Diouf, mais malgré tout, c’est moi!      

Y a-t-il un thème principal à ton show?
Ça s’appelle Le curieux destin d’Marcel. Je parle de la vie et je m’interroge sur ce qu’on fait sur la Terre. Mais n’ayez pas peur, ce n’est pas ésotérique! Il y a des interrogations normales dans la vie; que tu sois complètement athée ou que tu aies 20 ou 95 ans, tu te demandes quel est le sens de tout ça. Y a-t-il quelque chose de l’autre bord? S’il n’y a rien, on ne le saura pas... parce qu’il n’y a rien. (rires) C’est dans cet esprit-là que je suis avec mes folies et je parle d’un paquet de sujets, de mes cousins, de la chasse! 

Photo : Bruno Petrozza



Je t'envie, car tu te permets d'aller dans tous les sens. Dans un spectacle d'humour, on s'oblige souvent à faire des monologues alors qu'on a envie de monter sur scène pour parler de tout!
C’est exactement ça! Le spectacle rejoint mes passions; j’ai un amour immense pour la forêt, qui me vient de mon grand-père maternel. J’avais cinq ans et il m’apprenait le nom des arbres et des plantes. Un jour, en 1981, j’étais descendu à Tourville. On est rentrés manger la soupe de ma grand-mère. À un moment, mon grand-père s’est levé à l’autre bout de la table, d’un air solennel. Je ne l’avais jamais vu de même... Il a posé ses deux mains sur la table et m’a dit: «Mon petit-fils, c’est le temps aujourd’hui; je te donne toutes mes terres à bois.» C’était 400 acres! En me léguant ses terres, c’était sa façon de me dire: «Marcel, je t’aime.»      

Je courrais pour aller voir ton show, parce que tu racontes les vraies affaires!
Ça fait 43 ans que je suis dans le show-business, et je suis passé par toutes sortes d’affaires. J’ai connu des gros hits et des projets avec moins de succès. Depuis 10 ans, je ne fais plus de télé. Après Virginie, j’ai eu de petits rôles. Heureusement, j’ai mes chums de théâtre et j’ai eu ce que je peux appeler «un retour d’ascenseur». Je m’étais lancé dans le théâtre d’été en 1989, à Kingsey Falls. J’avais acheté un champ et fait bâtir un théâtre de 660 places, sans avoir une maudite cenne. J’avais fait ça pour me donner une sécurité d’emploi. Après 16 ans, j’étais fatigué de porter la pression d’avoir des shows qui fonctionnent. On a réussi à le faire quand même et ç’a été une école.      

Photo : Christian Hebert

Quels sont tes autres projets en ce moment?
Derrière ma maison, il y a un vignoble. Je ne fais pas encore de vin, mais en attendant, je fais de la gelée et de la confiture. Une dame de Saint-Paul-d’Abbotsford prépare pour moi huit produits différents. Je fais aussi du beurre et du sirop d’érable. Quand la pandémie est arrivée, les gens se sont mis à passer des commandes. Et c’est moi qui livre! Quand les gens ouvrent la porte, ils sont surpris de me voir. Je fais ça, car je m’ennuie du monde! Avant la pandémie, je vendais mes produits dans des marchés publics. Mais tu n’as pas idée à quel point certains sont bêtes avec moi à cause des colliers [de noisetier]. Ç’a été une épreuve dans ma vie... J’ai voulu défendre le produit, et ç’a été mal interprété. Je n’étais que le porte-parole. Je n’ai pas fait une passe d’argent avec ça. 

Qu’est-ce que la vie t’a appris à travers les obstacles?
À adopter la bonne attitude, surtout quand ça brasse et qu’on traverse des gros bouts de garnotte. Il faut se tenir debout — comme le dit le titre de mon dernier livre —, tenir la barre et continuer. Moi, c’est avec mon one man show. La pandémie m’a donné un coup de pied à la bonne place! À Rouyn-Noranda, j’ai remercié le public, car c’est une grosse dose d’amour que j’ai reçue. C’est ça, le sens de ma vie: me retrouver sur scène. C’est le bonheur... Et comme humoriste, on donne du bonheur aux autres.

Editions Un monde différent


 

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