Vincent Leclerc revient sur son plus gros défi en carrière | 7 Jours
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Vincent Leclerc revient sur son plus gros défi en carrière

Image principale de l'article Son plus gros défi en carrière
Photo : Bruno Petrozza

Le comédien Vincent Leclerc est un véritable caméléon capable de passer d’un rôle marquant comme celui de Séraphin à celui d’un homme violent ou d’un agent des services secrets dans District 31, sans oublier le personnage particulier qu’il campe dans la série Léo. L’un de ses plus gros défis en carrière a toutefois été, avoue-t-il, de jouer un homme bipolaire dans la série Sortez-moi de moi.

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Vincent, c'est un personnage intense que tu interprètes dans cette nouveauté...
Ç’a probablement été le tournage le plus déstabilisant que j’ai fait. L’instinct n’est pas le même pour tout le monde; mettons que je joue une scène où je rencontre un journaliste dans un studio, je connais les codes, je sais comment ça va se passer. Là, en ce qui a trait aux problèmes de santé mentale, la bipolarité dans le cas de mon personnage, je n’avais pas de références. Il y a des choses théoriques, comme des répétitions de texte, mais c’est comme si je ne connaissais pas les règles du carré de sable. Parfois, pour jouer mon personnage, je devais avoir un débit très, très rapide, pousser des cris ou faire des gestes, avoir des réactions qu’il me fallait intégrer parce qu’ils font partie des symptômes de la maladie. Je n’avais pas seulement des scènes de problèmes de santé mentale, je jouais aussi une certaine normalité à certains moments, mais c’était très déstabilisant parce que je ne savais jamais si on l’avait ou non, si le jeu était juste ou pas. J’ai fait confiance à Alexis Durand-Brault ( le réalisateur), qui me disait: «Mets-en un petit peu plus, mets-en un petit peu moins.» C’était un abandon total et, après une dizaine de jours de tournage, j’ai fait: «Bon, bien, ça va être ça; ça va être l’inconfort et l’incertitude.» C’est drôle parce qu’après Les pays d’en haut, c’est ça que je m’étais souhaité.      


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Tu souhaitais un rôle qui t’amènerait ailleurs en tant que comédien?
Je voulais quelque chose qui allait me déstabiliser. J’avais l’impression qu’on faisait un peu plus de l’art. Pas l’art avec un grand A, mais simplement d’y aller avec quelque chose qui est dans le moment, l’essai et l’erreur. 

Avec ce personnage dans Sortez-moi de moi, les gens seront à mille lieues de Séraphin...
Je l’espère! J’ai été très choyé, ces dernières années. Effectivement, Les pays d’en haut a été un game changer pour moi. Ensuite, avec Alerte Amber, j’étais ailleurs, et il y a eu District 31. J’ai aussi interprété un personnage dans Léo, un gros rôle dans une série comique que j’adore. Avec Ruptures également, j’ai été choyé. Après Les pays d’en haut, mon objectif premier était de garder mes distances de mon rôle de Séraphin. Ce nouveau personnage est donc un cadeau. Je ne sais pas ce que ça va donner parce que, au cours des dernières années, c’est le rôle pour lequel j’ai le moins pu contrôler le résultat final. Je suis content d’être passé par ce processus d’incertitude et d’inconfort, comme je me l’étais souhaité. 

Il n’y aura donc pas eu de pause forcée pour toi après Séraphin?
Non, je sais que je vais être assez présent. Il y a Sortez-moi de moi, je tourne en ce moment dans Plan B, et je viens de signer un autre beau contrat pour l’été, qui n’a rien à voir avec ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. Ça aussi, ça va être du gros inconfort. Je suis en fait là où je voulais être il y a plusieurs années. Je suis dans une situation où je peux refuser des choses, où je peux essayer des trucs et prendre des risques. C’est un immense privilège, surtout dans une situation où j’ai énormément de collègues qui ne travaillent pas. Je me sens extrêmement privilégié. J’ai même un sentiment de culpabilité. Va savoir pourquoi j’ai cette chance-là, alors j’essaie de ne pas gaspiller d’occasions.

Photo : Yan_Turcotte / TVA

Photo : Bertrand Calmeau / RADI


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Tu avais d’abord refusé ce rôle dans Sortez-moi de moi, non?
J’avais refusé de faire l’audition, parce que ça devait se tourner pendant Les pays d’en haut. Avec la pandémie, il était impossible de gérer ces deux tournages en même temps. Et je ne suis pas sûr que je voulais que ça arrive. Les pays d’en haut, ça me demandait énormément de concentration, surtout après quelques saisons où les attentes étaient si élevées. Encore une fois, comme je suis dans une situation où je peux choisir, j’aime mieux en faire moins, mais bien faire les choses. 

Savais-tu quel rôle on t’offrait?
Alexis et Sophie Lorain voulaient me voir en audition. Je leur ai dit que si ça devait être tourné durant Les pays d’en haut, c’était mieux que je n’y aille pas. Ils ont fait des auditions, ils ont vu des gens. Ils me sont revenus ensuite et m’ont dit: «On connaît ta réalité, on va s’accommoder, on veut vraiment que tu viennes.» Là, c’était une belle invitation! Je suis allé à l’audition et ça a pris une journée ou deux pour qu’ils me donnent leur réponse. Moi, la seule chose que je peux contrôler, c’est la préparation. Je travaille et je me prépare. L’amour du public durera le temps que ça durera. Et si ça s’arrête, ce ne sera pas parce que je me serai assis sur mon steak. 

Photo : Bruno Petrozza

Tu as eu à tourner une scène de nu dans cette série, n’est-ce pas?
La première fois que j’ai eu à faire ça, c’était un peu particulier, parce qu’on a tous nos problèmes avec notre corps. Mais c’est tellement bien géré sur les plateaux; on a des clauses de nudité et on sait d’avance quels plans seront utilisés, surtout en raison d’écarts qui sont survenus au cours des dernières années. Tout le monde s’entend pour le faire le plus rapidement et efficacement possible, et les gens s’occupent bien de nous sur le plateau de tournage. Ce n’est pas montrer des fesses pour montrer des fesses. L’un des symptômes de la bipolarité est jus- tement l’absence d’inhibition, alors c’est ce qui arrive au personnage que je joue. 

Te reverra-t-on dans la prochaine saison de Léo?
Oui, on est censés tourner ça très bientôt, en mai et juin, je pense. J’aime ce tournage-là. Personne ne tire la couverture de son bord, et je trouve les textes vraiment géniaux. Ça me fait rire. C’est intelligent et juste assez irrévérencieux. Ça aurait pu être condescendant envers les régions, mais ce n’est vraiment pas ça. Il y a une tendresse pour le milieu rural qui est très touchante.

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Dans la troisième saison de Plan B, tu joues un rôle complètement différent.
J’ai déjà joué la violence, mais là je joue avec Mélanie (Pilon), qui est ma conjointe. Dans la série, on est un couple dans lequel il y a de la violence psychologique et conjugale.

Ça doit être troublant à jouer...
Oui, c’est un peu weird, que ce soit avec Mélanie ou avec quelqu’un d’autre, d’ailleurs, surtout avec ce qui se passe en ce moment. C’est très particulier ce tournage-là.

Ce n’est pas la première fois que vous tournez ensemble, Mélanie et toi, n’est-ce pas?
On avait joué dans Toute la vérité. Je jouais un avocat et elle, une cliente cocaïnomane. On a aussi joué dans son court métrage, qui a pour titre Assises. Plus récemment, on a aussi tourné ensemble dans Les pays d’en haut.

La pandémie a fait en sorte que plusieurs couples ont été appelés à jouer ensemble. Est-ce aussi votre cas?
On était conscients qu’en tant que couple, on n’a que quelques Jokers dans nos cartes. On ne peut pas jouer dans huit projets ensemble, parce qu’à un moment donné, les gens vont dire: «Ah, come on!» Quand on a auditionné, on l’a fait ensemble pour Plan B et on s’est dit que ça valait la peine d’utiliser nos Jokers pour ce projet-là. Je tenais à jouer avec Mélanie, mais c’était le projet qui primait.      

Sortez-moi de moi, disponible sur Crave.

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