The Go-Go's: punk rock au féminin | Maîtresses de leur destin | 7 Jours
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The Go-Go's: punk rock au féminin | Maîtresses de leur destin

Jeudi 13 mai à 22 h, Canal D

Image principale de l'article Maîtresses de leur destin
Photo : Canal D

En 1982, le premier album des Go-Go’s s’est hissé au sommet du palmarès américain Billboard et y est resté six semaines. Le documentaire réalisé par Alison Ellwood permet de mesurer l’importance de cet exploit tout en racontant l’histoire du premier groupe féminin à composer toutes ses chansons. 

C’est la deuxième fois que la carrière des Go-Go’s est relatée dans un documentaire. Le premier, diffusé en 1997 par la chaîne VH1 dans le cadre de sa série Behind the Music, avait déplu à la formation, car il dépeignait surtout les moments sombres de son histoire. Il en va autrement de celui réalisé par Alison Ellwood (American Jihad, Spring Broke), car c’est après avoir vu son film History of the Eagles (2013) que les musiciennes ont eu envie que leur parcours soit raconté à nouveau.

De nombreuses anecdotes

Le groupe en 1981: Kathy Valentine, Jane Wiedlin, Gina Schock, Charlotte Caffey et Belinda Carlisle.

Photo : Canal D

Le groupe en 1981: Kathy Valentine, Jane Wiedlin, Gina Schock, Charlotte Caffey et Belinda Carlisle.

La biographie musicale de 98 minutes retrace le cheminement des Go-Go’s à partir de leur découverte de la scène punk rock de Los Angeles, en 1979, jusqu’à leur séparation, en 1985. Les extraits de spectacles et d’entrevues tirés d’archives sont commentés par les principales intéressées, Belinda Carlisle (voix), Jane Wiedlin (guitare, voix), Charlotte Caffey (guitare, claviers, voix), Gina Schock (batterie) et Kathy Valentine (basse, voix). Par leur truchement, on découvre (ou on redécouvre) ce qui les a motivées à fonder un groupe et à donner des concerts de chansons originales alors qu’elles ne savaient pas encore jouer de leurs instruments! 

Parmi les nombreuses anecdotes que les musiciennes racontent dans le documentaire, on retient celle entourant le recrutement de Gina Schock, qui faisait alors partie d’un collectif punk dans son Baltimore natal. Animée par le désir de se produire dans des arénas, elle a instauré une plus grande discipline au sein du groupe, ce qui a permis à celui-ci d’atteindre un autre niveau, précise Charlotte Caffey. Elle relate ensuite l’histoire derrière l’écriture de leur premier succès, We Got the Beat

Photo : Canal D

Une ascension météorique

À partir de ce moment, les Go-Go’s ont le sentiment que tout est possible, une impression confirmée par la réaction des formations britanniques Madness et The Specials, qui invitent le groupe à assurer la première partie de leur tournée commune en Angleterre. Le public ne partage pas leur enthousiasme, mais cela n’empêche pas l’étiquette de disques Stiff Records de flairer la bonne affaire et de lancer We Got the Beat.

Si les Go-Go’s n’ont pas fait l’unanimité à leurs débuts sur scène, elles ont par la suite conquis le public.

Photo : Canal D

Si les Go-Go’s n’ont pas fait l’unanimité à leurs débuts sur scène, elles ont par la suite conquis le public.

De retour aux États-Unis, Jane Wieldin compose Our Lips Are Sealed. Son style plus pop que punk déplaît à la bassiste Margot Olavarria, qui est remplacée par Kathy Valentine. S’ensuit l’enregistrement de Beauty and the Beat (1981), qui grimpe au sommet du palmarès Billboard et y reste pendant six semaines, un exploit qui n’a jamais été répété par un groupe féminin. Ce moment fort dans la carrière du quintette coïncide avec le début de sa chute, provoquée par les abus de drogue, le surmenage et les querelles d’argent. 

Alison Ellwood a également recueilli les témoignages des personnes qui ont eu une influence sur l’histoire des Go-Go’s. Parmi celles-ci, on note leur première gérante, Ginger Canzoneri; l’ex-bassiste Margot Olavarria; Lee Thompson, saxophoniste de Madness; Lynval Golding, guitariste de The Specials; Miles Copeland, fondateur de I.R.S. Records, et Stewart Copeland, batteur de The Police. 

UN IMPACT POSITIF 

À quatre reprises dans le documentaire, les musiciennes déplorent le fait que malgré toutes leurs réalisations et leur influence sur la musique, elles n’ont jamais été en nomination pour être intronisées au Rock & Roll Hall of Fame. En février 2021, un an après la première du documentaire au Festival du film de Sundance, le nom du groupe est finalement apparu sur la liste des artistes et formations en lice pour recevoir cet honneur. Les gagnants seront annoncés au courant du mois de mai. La dernière scène du documentaire montre les Go-Go’s en train de travailler à une nouvelle chanson. On peut entendre la pièce, intitulée Club Zero, sur leur site officiel, gogos.com.

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