Gino Chouinard est plus proche de ses enfants que jamais | 7 Jours
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Gino Chouinard est plus proche de ses enfants que jamais

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Éric Myre

L’animateur revient avec nous sur son année télévisuelle à Salut Bonjour qui a été marquée par la pandémie. Il aborde aussi sa vie personnelle, qui a beaucoup changé au cours des derniers mois. Même s’il a appris à ralentir la cadence et a profité de cette pause forcée pour vivre de beaux moments avec ses enfants, Gino a encore des rêves qu’il souhaite réaliser.

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Gino, ça fait plus d'un an que tu fais de la télévision en direct en temps de pandémie. Que retiens-tu de tout ça?
Durant les premières semaines, on s’est entièrement consacrés à informer les gens face à la situation. Mais après, on s’est rendu compte que les gens avaient besoin plus que jamais de penser à autre chose et de se divertir. À un moment donné, il y a eu certaines rigolades et les gens nous ont écrit pour nous dire que ça faisait du bien, qu’ils en voulaient plus. Alors ça nous a un peu dédouanés. Oui, les nouvelles étaient graves et plates, mais on a compris qu’il fallait aussi nuancer. On a trouvé un équilibre et c’est venu enlever une certaine lourdeur. Ça a fait du bien.     

Est-ce que ç’a été difficile pour toi de te retrouver presque seul à l’écran?
Oui, c’est certain que j’ai trouvé ça difficile, le fait de se retrouver séparés par du plexiglas, de devoir se parler avec des masques et de ne pas pouvoir être plus que deux à l’écran en même temps. Il fallait respecter la distanciation et chaque fois que nous étions deux en ondes, nous devions mesurer la distance avec un bâton pour vérifier que nous étions bien à deux mètres. Mais avoir une distance physique avec mon équipe, ç’a été très dur, parce qu’habituellement nous sommes assez proches. L’autre aspect que j’ai trouvé difficile, c’est le rapport avec les invités à l’émission, puisqu’il n’était plus possible de les avoir sur le plateau. Il a fallu apprivoiser les nouvelles façons de faire et se fier à la technologie. 

Est-ce que toutes ces mesures sont devenues des habitudes?
Oui, maintenant on sait que la covid est là et nous avons mieux assimilé l’inconnu. Désormais, Salut Bonjour a retrouvé sa couleur, nous pouvons être d’humeur amusante et pertinente en même temps. On est retombés sur nos pieds et on ne voit plus vraiment la différence. On parle maintenant à beaucoup d’invités à distance et je pense même que ça va continuer après la pandémie. Bien sûr, nous allons avoir des gens en studio comme avant, mais on va probablement aussi avoir des invités de manière virtuelle. On a vraiment apprivoisé cette façon de faire et le public aussi, alors ça permet de parler avec des gens qui sont loin ou pour qui c’est impossible de se déplacer. Mais j’ai quand même hâte de retrouver toute mon équipe sur le plateau sans être masqué et éloigné. 

Éric Myre


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Sur un plan plus personnel, comment as-tu vécu cette dernière année?
J’ai trouvé ça difficile. Ç’a été un changement de vie, les enfants étaient à la maison et on n’est pas tous doués pour enseigner des choses. Du moins, moi, j’ai eu du mal avec ça, malgré ma bonne volonté. Ma blonde travaillait à temps plein, on était en pleine rénovation pour un déménagement et ç’a été l’un des printemps les plus difficiles des 30 dernières années. Après il y a eu la période estivale, qui a été plus douce. On a pu profiter des vacances, mais pas de manière aussi libre que d’habitude. Avec le retour à l’automne, les enfants à l’école, ma blonde en télétravail, les choses se sont tassées et la vie a été un peu plus normale. Je ne suis pas résigné mais résilient, et je suis capable de comprendre qu’il y a tout de même du bon dans ce qui nous arrive. Je suis loin de me plaindre.      

Tu prends parfois des journées de congé de Salut Bonjour, chose que tu ne faisais pas avant. Est-ce que tu te permets de respirer un peu plus?
Oui, comme nous ne pouvons pas partir en vacances à l’extérieur, j’ai décidé de prendre des journées de congé selon les vacances scolaires de mes enfants afin de passer le plus de temps avec eux. Ça fait du bien, parfois, une semaine de quatre jours. (rires) Ça permet de ne pas accumuler de fatigue et, je ne m’en cache pas, j’ai décidé de ralentir un peu depuis quelques années. 

Tu m’as confié que cette année de pandémie t’avait aussi rapproché encore plus de tes enfants. C’est-à-dire?
Oui, effectivement, ç’a été fantastique de passer plus de temps ensemble et c’est merveilleux de le faire quand ça va bien dans une bulle familiale. En temps de pandémie, rien ne venait bousculer notre horaire de famille et j’ai pu prendre le temps de passer de beaux moments avec eux. J’ai joué aux cartes et au crible avec ma fille, j’ai joué aux Lego avec mon garçon. Ce sont des choses que j’adore faire, mais que je ne fais pas aussi souvent que je le voudrais en temps normal. On est vraiment dans une microbulle et ça fait du bien. Non seulement j’avais le temps de le faire, mais je ne me sentais pas coupable de le faire, parce que le temps s’était comme arrêté. J’ai donc profité pleinement de cette pause plus calme, même si ma famille élargie me manque beaucoup. J’espère d’ailleurs garder une partie de cette nouvelle façon de voir la vie après la pandémie.      

Éric Myre


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Les enfants grandissent et évoluent rapidement. Qu’as-tu découvert de Marilou et de Nathan durant la dernière année?
Marilou est une travaillante, une petite fille qui ne baisse pas les bras, qui va faire les sacrifices nécessaires pour avoir les résultats qui vont la satisfaire. Je trouve aussi que c’est une enfant très curieuse; elle est brillante et elle m’apprend souvent des choses en lien avec les réseaux sociaux. Sur Instagram, par exemple, elle est très bonne. Je pensais que j’étais plus pro qu’elle, mais ce n’est plus le cas, elle m’a dépassé. Dernièrement, elle voulait faire du snowboard et je me suis lancé à en faire avec elle. Ç’a été une magnifique journée pour nous deux, seuls ensemble. Nathan, mon fils, me fascine par sa curiosité, il s’intéresse à plein de choses, dont bien sûr les jeux vidéos, puisqu’on commence à lui permettre de jouer plus. Mais il s’intéresse également à la politique et il se questionne sur les com- portements humains. Dernièrement, j’ai retrouvé des cassettes vidéos de leur adoption en Chine et au Vietnam. Nous avons regardé ça en famille un soir et ç’a été un magnifique moment.

Quels souvenirs gardes-tu de ces deux adoptions, d’abord en Chine, puis au Vietnam?
Je ne vais jamais oublier ça. Je me souviens que lors de l’adoption de Marilou, juste avant qu’on entre dans la salle pour aller enfin la prendre dans nos bras, on a eu un moment d’inquiétude, Isabelle et moi, parce que nous étions un couple et que nous allions devenir parents. Changer de statut aussi rapidement sans avoir vécu de grossesse, ç’a été spécial. Pendant quelques minutes, nous avons eu une grande zone de doute quant à savoir si nous allions être de bons parents. On a vraiment capoté. Mais dès qu’on a pris notre petite dans nos bras, tout est devenu clair. Il y a eu une connexion forte avec elle dès le premier instant. Pour Nathan, ç’a été différent, on est allés quatre fois à l’orphelinat. On ne pouvait pas partir avec lui tout de suite et ç’a été déchirant de le laisser derrière chaque fois. Mais c’était la procédure et ç’a été fort difficile pour nous. 

Ils ont maintenant 13 et 11 ans. Es-tu le papa que tu voulais être?
C’est embêtant, parce que je ne m’étais pas fait d’idée quant au genre de père que j’allais être. Je voulais simplement faire de mon mieux et être un bon père. Tout ce que je savais, c’est que je voulais leur inculquer la loyauté, le respect, l’empathie, des valeurs qui sont importantes pour moi. Mais je pense qu’on apprend à devenir papa et eux, ils changent. Alors il faut réapprendre à être papa encore et encore, parce que les enfants changent, et les défis aussi. Chose certaine, l’expérience me plaît beaucoup.

Qu’est-ce qui vous a menés vers l’adoption, Isabelle et toi?
C’est drôle parce que ce n’était pas un plan B pour nous. Ç’a vite été clair que nous allions adopter un jour. C’était même un plan A dès qu’on a compris que nous allions passer un long bout de notre vie ensemble. À un moment donné, on s’est rendu compte que notre quincaillerie n’était pas compatible (rires) et que ça ne fonctionnerait pas de façon naturelle. Alors on s’est tournés vers l’adoption. Mais si nous avions pu avoir des enfants de façon naturelle, probablement que nous aurions aussi adopté, et nous aurions peut-être trois ou quatre enfants aujourd’hui. 

Est-ce que ç’a été un deuil, pour vous, de ne pas avoir d’enfant de façon naturelle?
Non, je n’ai jamais eu de deuil par rapport à ça. Le seul deuil a été celui de la ressemblance physique, mais je confirme que Marilou et Nathan ont beaucoup de choses qui nous ressemblent en eux. Je ne sais pas si c’est par mimétisme, mais il y a des ressemblances. Donc, au final, ça ne me dérange pas du tout. 

Éric Myre


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Vous êtes ensemble depuis 22 ans, Isabelle et toi. À un moment donné, elle t’a amené à réfléchir parce que tu travaillais trop. Est-ce que ç’a été un wake up call pour toi?
Oui, à un moment donné je prenais vraiment les bouchées doubles et j’appuyais un peu trop sur la pédale de gaz. J’étais dans une période extrêmement productive et florissante de ma vie. Il m’arrivait plein de projets le fun et j’avais du mal à dire non. De plus, l’attente de quelques années pour l’adoption a fait en sorte que je me suis beaucoup lancé dans le travail pour meubler le temps. Mais j’ambitionnais trop. Mes amis m’appelaient «la machine» et, un jour, ma blonde m’a ramené à une certaine réalité. Elle m’a aidé à en prendre conscience et ç’a été une bonne chose. Ça m’a permis de faire le point, de m’arrêter pour ensuite ralentir un peu la cadence.

Est-ce que ç’a été difficile pour toi de ralentir?
Oui. À vrai dire, je n’avais pas de misère à dire non, mais j’avais beaucoup de plaisir à dire oui. Souvent, les projets m’emballaient, me faisaient plaisir, me permettaient d’avancer et d’essayer des trucs. À un moment donné, c’était une question d’équilibre et je devais me repositionner. Mais ç’a été une bonne décision. 

Tu es fidèle à Salut Bonjour depuis 14 ans. Est-ce que ce rendez-vous avec le public est toujours aussi important pour toi?
J’éprouve encore une grande satisfaction à faire cela. Et plus les années avancent, plus je suis minutieux quant au résultat, donc je ne baisse pas la garde en vieillissant. Je suis même encore plus pointilleux sur plein d’affaires et ça me garde éveillé, ça me donne le plaisir de poursuivre et d’aller plus loin. Pour l’automne, nous allons apporter de nouvelles couleurs à l’émission. Je veux assouplir certaines choses et aller chercher de nouvelles idées. 

Tu dis que tu aimerais faire autre chose, que tu te verrais faire de grandes entrevues ou du documentaire. Mais n’as-tu pas peur d’être trop associé à Salut Bonjour, justement? D’être incapable d’enlever cette étiquette?
Oui, d’ailleurs il est déjà trop tard, l’étiquette est bien collée. Il vient un moment dans la vie où on décide de l’assumer. On ne valorise pas souvent les gens qui font la même chose pendant longtemps dans une carrière. On valorise plus ceux qui butinent de projet en projet. On dirait que c’est difficile de rester stable et performant au même endroit pendant longtemps sans déranger. Ce n’est pas simple, mais après Salut Bonjour, j’aimerais approfondir davantage les entrevues, entrer dans l’univers des gens et aller plus loin dans les discussions. J’aimerais aussi faire du documentaire ainsi qu’une émission de voyage en famille. Il y a plein de choses qui m’intéressent. J’ai longtemps été préposé aux bénéficiaires, et le milieu médical me plaît également, alors j’aimerais réaliser un projet télévisuel sur ce sujet. J’ai envie d’explorer de nouveaux défis — la retraite est encore loin! 

Salut Bonjour, du lundi au vendredi à 6 h, à TVA.

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