Ginette Reno admet être plus en paix avec elle-même que jamais | 7 Jours
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Ginette Reno admet être plus en paix avec elle-même que jamais

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Mélany Bernier

Le 28 avril prochain, Ginette Reno célébrera ses 75 ans. Si certains profitent de leur anniversaire pour dresser le bilan de leur vie, la chanteuse admet que c’est plutôt au quotidien qu’elle choisit de faire cet exercice, afin d’apprécier au maximum les événements qui composent ses journées. Avec la profondeur que nous lui connaissons, Ginette aborde des questions préoccupantes telles que la vieillesse, la mort, l’amour, de même que l’importance de la santé physique et mentale en cette période si exigeante.

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Ginette, quels projets avez-vous actuellement au programme?
J’ai quelques projets en ce moment. Je travaille depuis un an sur une chanson humoristique inspirée justement du temps qui passe... Je ne veux pas en dire plus pour le moment. Je souhaite la dévoiler ce printemps. J’ai envie de faire des projets pour avoir du fun! J’en suis aussi à terminer Flocon, un conte pour enfants; je collabore avec mon fils Pascalin pour la musique et Cathleen Rouleau pour les textes. Un artiste travaille actuellement à illustrer l’histoire. On devrait me présenter le résultat sous peu. Finalement, mon dernier projet, c’est un film que je souhaiterais faire. Je suis en train de mettre l’équipe en place. J’ai l’idée en tête; je dois admettre que ça va être à la fois drôle et triste à mourir. Disons que je suis en mode création!      

Vous aurez 75 ans le 28 avril prochain. Comment comptez-vous célébrer ce bel anniversaire?
Je veux un diamant de quatre carats, une Rolls-Royce Corniche, le plus gros Winnebago au monde, des bijoux, des perles... Je blague! 75 ans, c’est 75 ans. J’espère passer au plus vite sur ce chiffre...      

Comment aviez-vous envisagé cette étape de vie? Pensiez-vous vous rendre jusque-là?
Jamais! Quand tu es jeune et que tu vois des gens de 75 ans, tu te demandes comment il se fait qu’ils soient encore là... Je suis impressionnée par l’âge de Janette Bertrand, Denise Filiatrault, Dominique Michel... Je suis impressionnée par les vieux qui dépassent les 90 ans. On vit beaucoup plus longtemps, de nos jours. Ça me rassure de voir des vieux qui sont heureux et qui travaillent encore beaucoup. Tous les jours, j’apprécie ma vie. Je me dis que je suis encore là, en vie.      

Mélany Bernier


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Votre anniversaire est-il l’occasion de dresser un bilan?
Je fais des bilans tous les jours. Je me demande si j’ai vécu dans l’ordre ou dans le désordre. C’est un exercice de tous les jours. J’ai un livre de chevet dans lequel j’écris tous les soirs avant de me coucher: j’y note ce que j’ai mangé, ce qui est arrivé, mon taux de glycémie, mes pensées, qui j’ai vu, ce que j’ai vécu, si j’ai fait quelque chose de pas correct... Tous les jours! Cet énorme livre de chevet contient aussi mon testament. Quand je vais partir, mes proches vont avoir bien du plaisir... Il n’y a pas que des mouches qui vont sortir des tiroirs... Ils vont avoir de belles surprises!      

Qu’est-ce que ça représente, de vieillir, pour vous?
Je pense sérieusement que la plus grande épreuve sur terre est la vieillesse. Je pense que vieillir est une chose inacceptable qu’il faut être capable d’accepter. Perdre tous ses atouts de jeunesse, être ridée de partout, voir tout pointer vers le sol... On a beau se répéter tous les jours qu’on se trouve belle et qu’on s’aime, on est la seule à se trouver belle... Vieillir est une épreuve, pour moi. Penser qu’on ne sera plus là éventuellement et qu’on ne deviendra qu’un souvenir, ça demande énormément d’acceptation. On s’en va vers autre chose, mais cette autre chose, on ignore ce que c’est. Il y a de quoi virer fou! C’est ce qu’on appelle la mort. Il faut envisager que chaque jour est peut-être notre dernière journée. La question se pose: que faire avec ce jour? 

Vous avez mentionné récemment ne plus avoir peur de mourir. Comment y êtes-vous parvenue?
Ce n’est pas tant la peur de mourir que la peur de l’inconnu qui nous tiraille: ne pas savoir où on ira et ce qui nous arrivera. Au fond, pour qui je me prends pour dire que je ne veux pas mourir? Beaucoup de gens que j’ai aimés sont morts: mes grands-parents, mes parents... Ils sont tous partis. Est-ce que je vais les retrouver quelque part un jour? Je l’ignore... De toute évidence, je n’ai pas fait la paix avec la mort. Certains disent que, quand on est mort, on est mort. Point à la ligne.     

Voyez-vous quand même des avantages au fait de vieillir?
Il y a des avantages et des inconvénients. Vieillir, c’est devenir beaucoup plus sage, aimant, compréhensif... Parmi les avantages, on a droit à tout plein de rabais pour les vieux. Quand tu vas voir un film, ça coûte deux dollars de moins... J’ai ma carte de la FADOQ (Fédération de l’âge d’or du Québec). J’ai des réductions partout! J’économise au moins 200 $ par année... (rires) Plus sérieusement, je dirais qu’en vieillissant, j’ai moins d’attentes. Souvent, je me pose la question: est-ce que c’est grave? Quand je m’en fais pour quelque chose, je préfère relativiser. J’ai peut-être 60 chansons dans un tiroir, et elles sont toutes tellement belles! Je ne sais pas si je vais être là longtemps, mais je serai encore là après ma mort grâce à mes chansons.     

Diriez-vous que, plus que jamais, vous vous sentez en paix?
Oui, plus que jamais. Je ne pense plus à demain. Je ne pense plus à l’enfer. Quand j’étais jeune, j’avais peur d’aller en enfer. C’était effrayant! J’ai encore de la difficulté à accepter que ça puisse être fini après la vie. Il me semble que ça ne se peut pas... Il faut qu’il y ait autre chose ensuite. Après tout ce que j’ai appris, tout serait terminé après? Je ne peux pas y croire, ça me semble impossible. Je ne sais pas quelle forme ça prendra, de l’autre côté; je ne sais que ce qu’on en dit dans les livres. J’ai lu plusieurs ouvrages pour essayer de comprendre ce qui nous attend. J’en ai environ 5000 à la maison... Parmi eux, il y en a certains que je n’ai pas lus, et d’autres que j’ai très vite refermés, parce qu’ils ne me convenaient pas.      

Mélany Bernier


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Avez-vous appris à vous aimer et à vous accepter, avec le temps?
Je le crois, oui. J’ai l’impression d’être devenue ma meilleure amie. J’ai toujours besoin d’une bonne amie et je pense que c’est moi qui remplis maintenant ce rôle. 

Comment avez-vous vécu la dernière année en pandémie? La solitude vous a-t-elle pesée?
Pas du tout. J’ai vu mes enfants occasionnellement, mais je n’ai pas pu les prendre dans mes bras parce que c’était interdit.      

Et vos amis?
Quelques amis sont venus me visiter, un à la fois, dans le respect des règles sanitaires. C’est agréable de discuter avec des amis, devant une bonne bouffe et un bon verre de vin, mais ce n’est plus possible d’aller au restaurant. Et pour moi qui suis une cinéphile, je serais allée au cinéma bien plus souvent, si j’avais pu. J’y vais généralement deux ou trois fois par semaine. Et ne pas pouvoir chanter devant le public me manque. Je chante maintenant des tounes à moi-même... (rires) Ce qui me frustre le plus, c’est de ne pas pouvoir aller me reposer en Floride. 

Est-ce que ça vous manque beaucoup?
Oui, parce que c’est mon oasis de paix. Je suis une femme d’eau. Je suis bien quand je suis dans l’eau. J’adore l’océan et le soleil. Je peux faire 8000 pas dans la mer! Pour certains, ce sont les montagnes qui les fortifient. Moi, c’est la mer. Là-bas, on dirait que je n’apporte pas mes inquiétudes. Et j’apprends toujours quelque chose lorsque je suis sur place; je reviens toujours ici en ayant appris quelque chose sur moi là-bas. Ici, je vis beaucoup d’anxiété et de stress, mais j’en ressens moins en Floride. Je m’installe face à la mer et je ressens une gratitude sans fin pour tout ce que j’ai. C’est une dynamique différente. Mon taux de glycémie est aussi plus bas en Floride.      

Comment se porte votre santé physique?
Physiquement, je suis en santé, même si je suis diabétique et cardiaque. Je fais attention, je prends soin de moi, je fais mes exercices. Je fais ce que j’ai à faire pour être en mesure de bien vivre chaque journée. Et je suis très obéissante. Je ne fais plus rien à outrance.

Et dans ce contexte de pandémie, comment se porte votre santé mentale?
Ma santé mentale est défectueuse... (rires) Il y a des journées où je ne sais plus quoi faire... Il faut que je me parle, que je me rappelle de faire une chose à la fois et d’avancer, tout simplement. Aujourd’hui, je n’ai plus envie de dévorer la vie: j’ai envie de la savourer. Savourer, c’est reconnaître qu’on est en train de vivre un beau moment avec quelqu’un ou quelque chose.     

Mélany Bernier


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Comment faites-vous pour conserver un certain équilibre malgré les circonstances?
Je dors beaucoup. J’ai besoin de beaucoup de sommeil, parce que je suis une personne éveillée et émerveillée. Je m’énerve, je me calme, je me couche, puis je dors... et je recommence! C’est l’histoire de ma vie. Ma capacité à donner est très grande, mon énergie aussi, mais je m’accorde du temps pour refaire le plein. Certains ne sont pas capables de faire des pauses, mais moi j’y arrive. Je suis quelqu’un qui est en mesure de livrer la marchandise, à condition de m’être reposée. Il faut que je recharge mes batteries.

Si le grand amour se présentait sur votre route, choisiriez-vous de plonger ou de vous retirer?
Je pense que je n’aurai jamais la capacité de me retirer: je suis faite pour aimer. Je suis un être d’amour et je vais en être un jusqu’à la fin de mes jours. Je préfère rester dans l’amour plutôt que d’en sortir. Je ne crois plus au coup de foudre, par contre. De toute manière, la plupart du temps, c’est le coup de foudre qui fait souffrir...      

Seriez-vous prête à prendre le risque d’aimer?
Si demain matin l’amour se représentait à moi, pourquoi pas?

Espérez-vous encore vivre le grand amour?
Oui, mais je ne crois plus aux miracles...      

Ginette lancera un nouvel extrait ce printemps.
Nouvel album et livre à venir cet automne.
Pour en savoir plus sur les projets de Ginette.

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