Evelyne Brochu aborde son nouveau quotidien de mère de trois jeunes enfants | 7 Jours
/magazines/7jours

Evelyne Brochu aborde son nouveau quotidien de mère de trois jeunes enfants

Image principale de l'article Son nouveau quotidien de mère de trois enfants
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Après avoir été en vedette dans les trois saisons de Trop, Evelyne Brochu est maintenant l’une des têtes d’affiche de Paris Police 1900, une grande série d’époque pour laquelle elle a tourné en France et que nous pourrons voir très prochainement. Mais, pour l’heure, la sympathique comédienne est en congé de maternité après avoir donné naissance à des jumeaux, il y a un peu plus de quatre mois.

• À lire aussi:
Evelyne Brochu a accouché et partage la première photo de ses jumeaux

• À lire aussi:
Evelyne Brochu remporte un prix important

Evelyne, parlons d'abord de ton rôle de mère avec tes jumeaux. Ça se passe bien?

Oui, très bien, en fait. C’est drôle, parce que j’ai déjà vécu la maternité une première fois (elle a un garçon, né en octobre 2018), et je m’attendais au double d’intensité, mais finalement ça se vit bien au jour le jour. C’est très prenant, mais quand on aime faire quelque chose dans la vie, ce n’est pas forçant. Une fois qu’on accepte le manque de sommeil, il n’y a plus d’espace mental pour être dans l’anticipation; notre cerveau est plus dans le moment présent.

Tes enfants sont nés en novembre...
Ils sont nés le 12 novembre, à 37 semaines. Habituellement, pour des jumeaux, le médecin ne laisse pas aller ça plus loin parce qu’il y a souvent un des deux bébés qui manque de liquide amniotique. On les considère comme «à terme», même avec trois semaines d’avance. Je suis vraiment heureuse, car j’ai eu la chance d’avoir un bel accouchement ainsi que deux beaux bébés en santé, Camille et Mathias, qui sont arrivés à la maison 24 heures plus tard. Des jumeaux, c’est considéré comme une grossesse à risque. Il y a toujours une part de soi qui espère le mieux. Dans mon cas, ça s’est vraiment bien passé.     

C’est donc vraiment une belle période avec tes enfants.
Oui, c’est de l’ouvrage, mais je ne le vis pas comme une corvée; je le vis comme de petits moments d’amour. Tu sais, changer des couches, c’est un moment pour les regarder dans les yeux, les chatouiller. Ce que je vis en ce moment est tripant. Je sais que c’est court, comme période. Je sais qu’en deux secondes, ils vont ramper, ils vont courir, et je sais très bien à quel point cette petite bulle-là de nouveau-nés est courte. Je focalise sur les belles affaires qui ne dureront pas longtemps. Je me réveille souvent la nuit, mais c’est pour les nourrir. C’est quand même cool! J’en profite pleinement.

Tu as d’ailleurs décidé de prolonger ton congé de maternité...
Oui, j’ai fait ce choix, et mon chum aussi. Il a pris un congé plus long que la dernière fois parce qu’on savait que ça allait être du sport. J’ai choisi qu’on repousse le boulot pour qu’on s’installe dans une certaine routine, et il y a bien sûr mon plus vieux — qui n’est pas si vieux que ça, non plus. Ils ont besoin de moi et, pour l’instant, j’ai envie de me consacrer à cette étape de ma vie.

J’imagine que tu as quand même du travail en vue...
Il y a de petites choses à l’horizon, un petit film, une production étrangère qui sera tournée cet été au Québec. Ça va me faire vivre d’autres expériences; en même temps, ça me permettra de rester près de la maison.

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI


• À lire aussi: Évelyne Brochu s'ouvre sur sa vie personnelle

À compter du 8 avril, il sera possible de te voir dans la série policière Paris Police 1900 sur Tou.tv Extra. Il s’agit d’une méga production, non?
Vraiment! La série a coûté 16 millions d’euros, ce que je ne savais pas en tournant. Mais, lorsque je suis arrivée à l’ambassade d’Italie et que j’ai vu les calèches et les figurants, j’ai réalisé que c’était une grosse production. Comme je ne pouvais pas aller en France faire prendre mes mesures pour le corset que j’allais porter parce que j’avais du boulot ici, une fille des costumes est venue le faire à Montréal afin que le corset me fasse comme un gant. Les souliers étaient faits main en Italie, les chapeaux étaient incroyables... Il n’y a pas un truc qui n’a pas été fait sur mesure. La dame qui faisait les maquillages était de l’Opéra de Paris, celle des coiffures avait appris des meilleurs, et c’était le plus gros plateau de tournage que j’aie vu. C’était très impressionnant. Surtout, on avait du temps. Tout le monde avait le temps d’aller au bout de ses ambitions. Les créateurs de costumes, de maquillages et de coiffures ont eu des jours et des jours d’essais, et nous, nous étions là à essayer des looks pour trouver les coiffures, la silhouette des sourcils... Et la robe assignée au personnage était spécifiquement conçue pour faire un effet. 

Pour tourner les scènes, aviez-vous aussi du temps?
Oui, on faisait deux ou trois scènes par jour, et chaque chose était poussée à son maximum. Le fait d’aller au bout, de ne pas sentir qu’on est étourdie par la frénésie, c’est enivrant pour une actrice. À la limite, mon côté habitué aux plateaux québécois me faisait penser que ça manquait de beat, qu’on avait trop de temps! 

Donc, le tournage de cette série d’époque a été une expérience emballante...
Pour moi, c’était un voyage, je n’étais pas dans mes bottines, disons! J’étais en France, c’était autre chose, une autre façon de travailler, et j’étais aussi ailleurs dans le temps. C’est tripant pour une actrice, la façon dont on doit se tenir, dont on cadre, dont on manipule les objets... Il y avait aussi des moments d’humour. Quand on voit le préfet qui annonce l’arrivée du téléphone et qui dit «Appelez la police!», on réalise que c’était toute une nouveauté d’appeler la police avec le téléphone en 1900! En jouant dans une telle série, on constate aussi tout le chemin parcouru par les femmes depuis cette époque qui a vu la naissance des techniques policières. Mon personnage était une femme moderne qui était amie avec Émile Zola et Toulouse-Lautrec, mais elle n’avait pas le droit de voter, elle n’avait pas de compte en banque, et elle portait un corset toute la journée. 

Ton personnage, Marguerite Steinheil, est une femme qui a réellement existé. Et son amant est même mort dans son lit...
Son chum était Félix Faure, le président de la République, et cette scène, c’est la première de la série, le début de l’histoire. Parce qu’elle était la maîtresse du président, elle avait une position dans le monde, elle avait un protecteur. Mais au décès de celui-ci, elle perd son protecteur et doit se trouver une situation pour survivre et garantir l’avenir de sa fille, alors elle devient une espionne pour la police. Elle va infiltrer des groupes antisémites dont les leaders ont réellement existé. Il y a d’ailleurs, dans certains épisodes, des discours que des personnes ont vraiment prononcés, et qui glacent le sang. Quand j’ai vu la série, je me suis dit, à propos d’un discours en particulier, que l’auteur était totalement tordu d’avoir écrit ça. Or c’était mot pour mot ce qu’un homme avait déclaré lors de ces allocutions antisémites.

Carole Bethuel


• À lire aussi: Evelyne Brochu en vedette dans une série historique française

Tu interprètes donc une femme solide qui n’a forcément pas froid aux yeux!
C’est une femme forte, une femme de tête, une femme moderne, et elle utilise tous les moyens de l’époque, soit de passer par les hommes, pour avoir ce qu’elle désire.

Est-ce qu’il est question d’une suite à cette série?
Oui, il est question d’une deuxième saison qui serait tournée l’an prochain. J’ai cru entendre parler de janvier 2022 pour le tournage. C’est parfait, parce que ça me laisse du temps pour être maman.

La série Trop a pris fin après trois saisons. Est-ce que ç’a été une grosse peine d’amour?
Je te dirais qu’il y a des fins de série qui ont été plus dures que d’autres. On sait qu’on ne retrouvera pas certaines amitiés parce que c’est dans le travail qu’on croise ces gens-là, alors que pour Trop je me suis fait une gang qui va durer. Je vois encore Virginie Fortin, et je suis encore en contact avec l’auteure, Marie-Andrée Labbé, et Alice Pascual, qui est ma vraie amie dans la vie. Il y a une sorte de nostalgie du plaisir qu’on avait de se retrouver tout le monde, de se voir souvent et de tourner une série qu’on adorait. Au moins, les liens qui se ressentent quand on écoute la série demeurent dans nos vies, on peut se consoler avec ça.

L’année 2022 s’annonce assez occupée pour toi, avec le possible tournage de la série en France. Aimerais-tu, par exemple, être la vedette d’une autre série durant deux ou trois ans?
Je ne suis pas fermée à quoi que ce soit; c’est ça ma manière de fonctionner. J’y vais à la pièce, au gré des coups de cœur, au gré des feelings. Quand quelque chose arrive sur mon bureau, je le considère vraiment, je n’ai pas de plan quinquennal, pas de stratégie. Je me suis dit que je ne travaillerais pas avant le mois de mai, et ça me fait faire certains choix, mais je n’ai rien avant août, ce qui est super. Dans la situation actuelle, je me dis que si j’ai quelque chose de formidable, tant mieux. Sinon, c’est tout aussi formidable d’avoir du temps pour ma famille.      

Paris Police 1900 sera offerte dès le 8 avril sur Tou.tv Extra.
Les trois saisons de
Trop sont également disponibles sur la plateforme.

À VOIR AUSSI: Les 30 meilleurs vilains de la télévision québécoise

s

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus