TV Hebdo revisite les événements marquants de 1985 | 7 Jours
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TV Hebdo revisite les événements marquants de 1985

Quand la télé se fait son cinéma

Dans les années 1980, Hollywood produit de grandes vedettes qui font courir les foules aux guichets des salles de cinéma. Considérée comme le parent pauvre du septième art, la télé doit trouver une façon de profiter de cette manne abondante afin de garder ses spectateurs bien captifs devant leur appareil. 

À LA UNE

Avant les séries en rafale, il y avait...

Après la montée et la chute fulgurantes de la popularité des vidéocassettes dans les années 1980 et des DVD dans les années 1990, les plateformes de diffusion en ligne ont profondément modifié la manière dont nous consommons aujourd’hui films et séries télé. Au cours de la dernière année, nous avons même pu assister, dans le confort de notre salon, au lancement de blockbusters destinés à l’origine aux salles de cinéma. De plus, les franchises à succès se déclinent aujourd’hui en une multitude de séries télé dérivées.

Toutefois, jusqu’au milieu des années 1980, l’attrait des grandes vedettes hollywoodiennes et la diffusion à la télé des superproductions qui ont fait un carton au box-office quelques années plus tôt peuvent devenir un événement digne d’une page couverture de TV Hebdo. Dark Vader, Rocky, Indiana Jones, Superman et James Bond ne sont que quelques-uns des personnages plus grands que nature qui ont orné notre une durant la plus fluo des décennies. 

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

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L’ère des miniséries

Considérée comme le parent pauvre du septième art, la télé arrive cependant à attirer de gros canons le temps d’un téléfilm — notamment Dustin Hoffman dans l’adaptation du classique d’Arthur Miller La mort d’un commis voyageur (Death of a Salesman) — ou d’une minisérie — par exemple, la grande Simone Signoret, qui prête alors ses traits et son regard remarquable à l’intrigante arnaqueuse de Thérèse Humbert.

Ces fameuses miniséries sont par ailleurs annonciatrices du phénomène contemporain du visionnement en rafale. Présentées sur une courte période, ces œuvres, généralement des adaptations de romans ou de récits historiques, permettent d’entrer un peu plus en profondeur dans ces sagas que les productions cinématographiques. Ainsi, Racines, Les oiseaux se cachent pour mourir, Le jour d’après et Shogun connaissent un succès phénoménal durant les années 1980.

Shogun, avec Richard Chamberlain.

Photo : Paramount

Shogun, avec Richard Chamberlain.

Edward Asner et LeVar Burton, Racines.

Photo : ABC

Edward Asner et LeVar Burton, Racines.

Rachel Ward, Les oiseaux se cachent pour mourir.

Photo : Archives TVA Publications

Rachel Ward, Les oiseaux se cachent pour mourir.

Tentant de capitaliser sur le phénomène, les diffuseurs misent sur une manne de productions invariablement présentées comme des événements télé: Au nom de tous les miens, Célébrités, Lace, A.D. Kennedy, Marco Polo, Space, Christophe Colomb, Le Nord et le Sud, Alice au pays des merveilles... 

Le Québec suit la cadence avec une production de sept millions de dollars mettant en vedette Albert Millaire: la télésérie Laurier, qui raconte une partie de la vie de l’ancien premier ministre canadien. Les télévores d’ici ont par ailleurs droit à des versions allongées des productions cinématographiques Maria Chapdelaine et Le crime d’Ovide Plouffe, une œuvre de Denys Arcand inspirée d’un fait divers et mettant en scène son frère Gabriel dans le rôle de l’intellectuel incompris du clan.

Photo : Archives TVA Publications

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Tapis rouge et galas

L’année de Mozart aux Oscars

F. Murray Abraham et Elizabeth Berridge, Amadeus.

Photo : Warner

F. Murray Abraham et Elizabeth Berridge, Amadeus.

La musique est à l’honneur le 25 mars à la soirée des Academy Awards: le film Amadeus, de Miloš Forman, rafle les honneurs dans huit catégories, dont celles du Meilleur film, du Meilleur réalisateur et du Meilleur interprète pour le remarquable F. Murray Abraham. Chez les femmes, le trophée d’interprétation revient à Sally Field pour son rôle dans Places in the Heart. Pour sa part, Maurice Jarre bat John Williams et Randy Newman, des habitués de la catégorie de la meilleure bande sonore, grâce à sa contribution à La route des Indes, de David Lean.

Photo : Archives TVA Publications

À cette époque où la musique pop connaît un âge d’or, la compétition est vive dans la catégorie de la chanson de l’année. Stevie Wonder l’emporte avec I Just Called to Say I Love You, tirée de la comédie La fille en rouge. Le prodige de l’ère Motown dame ainsi le pion à Phil Collins (Against All Odds), Kenny Loggins (Footloose) et Ray Parker J r (Ghostbusters). De son côté, Prince remporte le prix de la meilleure musique de film pour Purple Rain

Flash actualité

Live Aid: Des légendes unies pour combattre la faim

Bono et Paul McCartney.

Photo : Getty Images

Bono et Paul McCartney.

En 1985, l’épave du Titanic est enfin découverte, Rock Hudson est la première célébrité dont le décès est lié au sida, et René Lévesque remet sa démission en tant que chef du Parti québécois, emportant son «beau risque» dans ses valises. 

Sur la planète rock, Bob Geldof, activiste et leader des Boomtown Rats, réunit le 13 juillet une affiche grandiose afin d’amasser des fonds pour combattre la famine qui ravage l’Afrique. Simultanément présenté à Londres et à Philadelphie, Live Aid réunit U2, Sting, Madonna, Tina Turner, Paul McCartney, Santana, Bob Dylan, Neil Young, Elton John, Wham!, Dire Straits, The Who, Eric Clapton et autres mégavedettes de la scène. Phil Collins réalise un exploit en participant au spectacle sur les deux continents: il franchit l’Atlantique à bord d’un Concorde après sa prestation londonienne. 

Mais on se souviendra surtout de la prestation de Freddie Mercury, le chanteur de Queen qui, ce jour-là, électrise non seulement la foule réunie devant lui au Wembley Stadium, mais également les millions de spectateurs de partout sur la planète qui suivent l’événement sur leur téléviseur. C’est une prestation légendaire d’un homme combinant une voix impeccable et un extraordinaire sens du spectacle.  

La série de l’heure 

Le Parc des braves

Gérard Poirier et Marie Tifo.

Photo : © Radio-Canada

Gérard Poirier et Marie Tifo.

L’œuvre de Fernand Dansereau, qui met en vedette Marie Tifo, Gérard Poirier, Vincent Graton et le regretté Ghyslain Tremblay, nous ramène à la sombre période précédant la Seconde Guerre mondiale. À Québec, la veuve Rousseau doit naviguer à travers les écueils de la vie après la mort de son mari, qui a laissé de lourdes dettes. Femme fière, elle tente de garder la tête haute malgré les épreuves tout en faisant de son mieux pour assurer un bel avenir à ses enfants. 

Photo : Archives TVA Publications

 

Ça fait jaser

De Marisol à Jackie

Christine Lamer et Luis de Cespedes dans Marisol...

Photo : © TVA

Christine Lamer et Luis de Cespedes dans Marisol...

... et dans L’or du temps.

Photo : Prise 2

... et dans L’or du temps.

Après avoir prêté sa voix à l’espiègle Bobinette, experte des pétards à la farine dans Bobino, et à la romantique Marisol, Christine Lamer prend un risque et accepte un contre-emploi, celui de la méchante Jackie Lévy dans L’or du temps. Il faut dire qu’à l’époque, les producteurs constatent que les méchants ont la cote, comme en témoigne le succès des productions américaines Dallas et Dynastie. L’or du temps, avec le tandem père-fille formé de Jean et Angèle Coutu, demeure une référence au Québec en matière de romans-savons aux intrigues sirupeuses. Des années plus tard, la série inspirera la comédie Le cœur a ses raisons

Photo : Archives TVA Publications

 

Téléromans

Jean Besré enfile le chapeau de Joseph Arthur dans Le temps d’une paix

Photo : © Canal D

Le décès de Pierre Dufresne, en octobre 1984, survient à l’époque où l’interprète reçoit une belle reconnaissance pour son travail dans le téléroman Le temps d’une paix. Il est bien difficile de remplacer un acteur dans de telles circonstances... C’est finalement Jean Besré qui met le chapeau et les bottes de Joseph-Arthur pour chanter la pomme à sa Rose-Anna. Chacun aura incarné avec son énergie propre le propriétaire de garage, fervent partisan des idées politiques «rouges». 

Humour

Yvon Deschamps, humoriste, humaniste et pionnier

Photo : Archives TVA Publications

Le premier Festival Juste pour rire vient de prendre son envol et, dans quelques années, une relève florissante sortira de l’École nationale de l’humour. Toutefois, en 1985, tous les chemins de la comédie mènent à Yvon Deschamps qui, en compagnie de Clémence DesRochers et d’une poignée d’autres pionniers, casse la glace et donne envie aux gens de laisser une plus grande place au rire dans leur vie.

Photo : Archives TVA Publications

Cette année-là, entre deux spectacles, Yvon entreprend une nouvelle aventure à la barre de l’émission de sketchs Samedi de rire. Pauline Martin, Michèle Deslauriers, Normand Brathwaite, Normand Chouinard et lui donnent vie à des personnages dont on reprend les répliques dans les foyers de la province. Pensons à Ti-Blanc Lebrun, conteur et avaleur compulsif d’harmonicas, ou à Ben Béland, ambassadeur bien emmitouflé du QUÉBEC! 

Avec Normand Brathwaite dans Samedi de rire.

Photo : © Radio-Canada

Avec Normand Brathwaite dans Samedi de rire.

Si vous ne pouvez vous empêcher de rigoler à l’évocation du terme smoked meat, c’est que vous avez bien connu ce rendez-vous du week-end, qui servait à réchauffer l’auditoire de La soirée du hockey

Télé-zapette

• En novembre, le trio de Broue, formé de Michel Côté, Marcel Gauthier et Marc Messier, partage un smoking sur la une de TV Hebdo!

Photo : Archives TVA Publications

• Affrontement pendant la case horaire de 17 h, du lundi au vendredi: le Allô Boubou radio-canadien de Jacques Boulanger est opposé au Montréal en direct de Pierre Marcotte, à Télé-Métropole.

Photo : Archives TVA Publications

• Alors que le premier téléfilm Anne, la maison aux pignons verts cartonne à CBC, c’est la fin pour une autre populaire série canadienne. En effet, ce bon vieux Vagabond n’arpentera plus les routes dans le but d’aider les êtres humains dans le besoin qui croisent son chemin...

• Au Québec, c’est également le chant du cygne pour Fernand Gignac, Rita Lafontaine et Les Moineau et les Pinson, un téléroman de Georges Dor mettant en scène des familles qui occupent des degrés très différents sur l’échelle sociale.

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• Ça brasse du côté de Dallas et de Dynastie! En l’espace de trois jours, en mai, Bobby Ewing (Patrick Duffy, Dallas) se retrouve sur son lit de mort après avoir été renversé par son ex-belle-sœur (Morgan Brittany), alors que les invités présents aux noces d’Amanda Carrington (Catherine Oxenberg, Dynastie) sont victimes d’une fusillade organisée par un groupe révolutionnaire moldave. Beaucoup de mouchoirs ont dû finir à la corbeille cette semaine-là...

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• Sur une note plus joyeuse, la bande de Sesame Street célèbre sa 2000e émission, Larry King anime la première saison de Larry King Live à CNN, et, dans une publicité pour la marque Tampax, la comédienne Courteney Cox (Friends) est la première personne à utiliser le mot period (menstruations) à la télé américaine. On n’arrête pas le progrès.

• Après Goldorak, Albator et le Capitaine Flam, les jeunes Québécois s’entichent d’un autre héros tiré du riche répertoire de la science-fiction japonaise: Astro le petit robot.

Photo : Archives TVA Publications

• Se mourant du cancer du poumon, l’acteur Yul Brynner exprime en ondes son souhait d’enregistrer un message contre la cigarette qui serait diffusé après sa mort. Le message sera présenté à la suite de son décès, le 10 octobre.

• Des vedettes féminines de la télé et du cinéma nées en 1985: Keira Knightley (26 mars), Rooney Mara (17 avril), Carey Mulligan (28 mai), Léa Seydoux (1er juillet), Anna Kendrick (9 août), Tatiana Maslany (22 septembre), Kaley Cuoco (30 novembre) et Amanda Seyfried (3 décembre).

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