TV Hebdo revisite les événements marquants de 1960-1962 | 7 Jours
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TV Hebdo revisite les événements marquants de 1960-1962

La naissance d'un incontournable

La télé est-elle l’invention qui a eu le plus grand impact sur notre société au XXe siècle? Certes, l’arrivée de l’automobile, de l’aviation, du cinéma, de la radio et, plus récemment, d’Internet a raccourci les distances qui nous séparent. Mais, lorsque les premiers écrans ont fait leur entrée dans les maisons, une porte s’est ouverte sur le monde. 

À LA UNE

Un guide bien de son temps

Artistes, journalistes, animateurs, commentateurs sportifs, scientifiques... Dans ce média encore tout neuf au début des années 1960, chacun a son espace et sa case horaire pour nous divertir, nous informer ou les deux à la fois.

Les vedettes de la radio délaissent leur micro et l’anonymat de leur studio. Quant aux annonceurs (en grande majorité des hommes), ils portent leur plus beau veston pour convier les familles québécoises à des rendez-vous qui deviennent, une fois le téléviseur éteint, des sujets de discussion intarissables dans les quartiers des villes et les rangs de la campagne.

Que ce soient les habitants d’un petit village des pays d’en haut ou les membres d’un clan de la basse-ville de Québec, on discute de la destinée des personnages de nos téléromans comme s’ils faisaient partie de notre famille.

Alors que Télé-Métropole est sur le point de diffuser ses premières émissions, le moment est bien choisi pour lancer une nouvelle publication dont la mission est de renseigner les téléspectateurs sur une programmation qui continuera de se diversifier au fil des ans. 

Volume 1, numéro 1

C’est dans ce contexte que, en août 1960, TV Hebdo devient le compagnon incontournable des foyers québécois. Et comme le hasard fait parfois bien les choses, le magazine est lancé à un moment charnière de l’histoire du Canada français. 

Après avoir quitté sa tribune à Radio-Canada — l’émission d’actualité Point de mire —, l’ancien correspondant de guerre René Lévesque choisit de se lancer dans l’arène politique. C’est d’ailleurs lui qui occupe la première couverture de TV Hebdo, 20 ans avant le référendum sur la souveraineté de 1980.

Photo : Archives TVA Publications

Au cours de ses 60 années d’histoire, TV Hebdo est demeuré, au gré des modes et des grands courants, un reflet de notre société à travers les émissions que nous sommes parfois des millions à regarder dans le confort de notre demeure.

Photo : Archives TVA Publications

Les écrans possèdent aujourd’hui une définition infiniment supérieure à ce qu’elle était à l’époque, et nous pouvons choisir parmi les centaines de chaînes qui nous sont proposées. Nous pouvons regarder nos émissions sur l’écran d’un téléviseur, d’une tablette ou même d’un minuscule cellulaire. Toutefois, une chose demeure: le plaisir d’écouter les mêmes histoires, d’apprendre les mêmes leçons et de vivre des expériences communes au gré de nos aspirations et de nos champs d’intérêt.

Photo : Archives TVA Publications

Encore aujourd’hui, le besoin d’avoir un guide bien avisé pour nous aiguiller est aussi pertinent que jamais. 

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

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Photo : Archives TVA Publications

Flash actualité 

Goodbye, Norma Jeane

Marilyn Monroe

Photo : Getty Images

Marilyn Monroe

Les années 1960 demeurent une des périodes les plus excitantes de l’histoire occidentale de l’ère post-industrielle. Aux États-Unis, John F. Kennedy défait le républicain Richard Nixon et devient le plus jeune président à occuper la Maison-Blanche. Avec le recul, on peut affirmer que la télé a joué un rôle majeur dans la victoire historique de cet homme, plus photogénique que son adversaire et à l’aise devant les caméras.

Le Soviétique Youri Gagarine devient pour sa part le premier être humain dans l’espace et, à Berlin, commence la construction de l’infâme mur qui séparera l’est de l’ouest de la ville. La crise des missiles de Cuba provoque un bras de fer musclé entre les États-Unis et l’URSS, et le monde est au bord de la Troisième Guerre mondiale.

Côté showbiz, Chubby Checker, âgé d’à peine 19 ans, atteint le sommet des palmarès avec la reprise de la chanson The Twist, et les Beatles lancent leur premier single, Love MeDo. Les cinéphiles se déplacent en masse pour voir La Dolce Vita, Spartacus, Psycho, West Side Story, To Kill a Mocking Bird et Dr. No, le premier film mettant en vedette l’agent 007.

Dans le cœur de bien des gens, cependant, le 4 août 1962 demeure la journée la plus marquante de cette période. Norma Jeane Mortenson, alias Marilyn Monroe, s’enlève la vie à son domicile du quartier de Brentwood, à Los Angeles. Une légende s’est éteinte, telle une chandelle dans le vent, comme le chantera Elton John 10 ans plus tard. 

Sports

De Maurice Richard à Johnny Rougeau

Henri Richard, Maurice Richard et Dickie Moore.

Photos courtoisie

Henri Richard, Maurice Richard et Dickie Moore.

De Gatineau à Blanc-Sablon, les téléspectateurs peuvent suivre les grands événements sportifs du moment comme s’ils y étaient, ou presque.

Au Jeux olympiques de Rome, nos représentants se contentent d’une maigre récolte d’une seule médaille — d’argent, remportée en aviron par notre équipage masculin constitué de huit rameurs. Le pays fait mieux aux Jeux d’hiver, présentés à Squaw Valley, en Californie. Il termine huitième avec quatre médailles, dont deux d’or, remportées par Anne Heggtveit en slalom ainsi que par le couple formé de Robert Paul et Barbara Wagner en patinage artistique.

En 1959-1960, Maurice Richard dispute sa dernière saison dans l’uniforme du Tricolore. Le Rocket termine sur une note triomphale lorsque les Canadiens remportent la Coupe Stanley 4-0 contre les Maple Leafs.

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Les amateurs de quilles ont également de quoi se réjouir et, pour les passionnés de lutte, Johnny Rougeau est la vedette de l’heure dans l’arène. 

Photo : Archives TVA Publications

Jacques Rougeau et Johnny Rougeau.

Photo : Archives Le Journal de Montreal

Jacques Rougeau et Johnny Rougeau.

Photo : Archives TVA Publications

Variétés

Du music-hall à l’époque yé-yé

Michelle Tisseyre, Rendez-vous avec Michelle.

Photo : © Radio-Canada

Michelle Tisseyre, Rendez-vous avec Michelle.

Tandis que Red Skelton et Ed Sullivan règnent sans partage sur les émissions de variétés américaines, le Québec développe ses propres adaptations de la formule.

Jusqu’en 1960, Michelle Tisseyre, qui anime parallèlement Rendez-vous avec Michelle, rencontre de grandes vedettes internationales comme Édith Piaf, Jacques Brel, Georges Brassens et Georges Guétary. Les artistes québécois chevauchent deux continents et reviennent au pays avec de nouveaux airs à chanter après leur escale parisienne. C’est le cas de Pauline Julien, de Félix Leclerc, de Gilles Vigneault et d’un tout jeune Jean-Pierre Ferland, qui fait ses premiers pas dans la chanson.

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Cependant, les temps changent et une nouvelle génération a soif de ses propres vedettes. C’est ce que leur propose Jeunesse d’aujourd’hui, qui fait ses débuts à Télé-Métropole en juin 1962. L’animateur, Pierre Lalonde, accueille les nouvelles étoiles du yé-yé et des crooners nouveau genre qui, comme Michel Louvain, chantent la pomme aux jeunes femmes de la province en leur faisant les yeux doux. 

Pierre Lalonde, Jeunesse d’aujourd’hui.

Photo : © TVA

Pierre Lalonde, Jeunesse d’aujourd’hui.

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Ça fait jaser

Parlez-vous joual?

Photo : Archives TVA Publications

Au début des années 1960, il est encore mal vu de parler le langage du peuple, que les élites désignent sous le nom de joual. Nous sommes à quelques années du théâtre de Michel Tremblay, de L’Osstidcho et d’une révolution qui transformera notre rapport à la langue et, par le fait même, à notre culture. 

La série de l’heure

En haut de la pente douce

Juliette Pétrie et Doris Lussier.

Photo : ARTV

Juliette Pétrie et Doris Lussier.

La famille Plouffe a quitté le petit écran en juin 1959, mais son créateur, Roger Lemelin, a toujours des choses à dire. Dans son nouveau téléroman, qui demeure deux saisons à l’antenne, l’auteur ramène certains personnages familiers aux téléspectateurs, dont le truculent père Gédéon, incarné par Doris Lussier. Le téléroman met également en valeur le talent de Denise et Gilles Pelletier qui, en mars 1961, ornent la couverture de notre publication. 

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Photo : Archives TVA Publications

Télé-zapette

  • Le western a la cote chez nos voisins du sud. De 1960 à 1962, trois émissions occupent successivement la tête du palmarès des émissions les plus regardées, tous genres confondus: Gunsmoke, Wagon Train et Bonanza.
  • La pièce Bousille et les justes, de Gratien Gélinas, qui met en vedette Thérèse Arbic, Jean Duceppe, Juliette Huot, Gilles Latulippe, Hélène Loiselle et Béatrice Picard, a droit au rare privilège d’être diffusée à la télé torontoise.

Photo : Archives TVA Publications

  • Paul Berval succède à Doris Lussier à la barre de l’émission humoristique Les insolences d’une caméra. L’animateur prête aussi sa voix à Fred Caillou dans la traduction on ne peut plus québécoise de ce qui deviendra un classique du genre: Les Pierrafeu.

Photo : Archives TVA Publications

  • Un autre dessin animé fait ses débuts en 1960: The Bugs Bunny Show.
  • Scandale à la une: les États-Unis seraient sur le point de nous voler Les Jérolas! C’est du moins ce qu’on clame en couverture de TV Hebdo en janvier 1961. À l’époque, le duo formé de Jean Lapointe et Jérôme Lemay se fait connaître hors de nos frontières, ce qui lui vaudra, en 1963, une invitation au prestigieux Ed Sullivan Show.

Photo : Archives TVA Publications

  • En 1960, notre Dodo nationale est déjà une vedette incontournable de notre showbiz. En décembre, elle fait pour la première fois la une de notre magazine en compagnie de Normand Hudon, son complice d’Au p’tit café. Cette émission, qui produit la revue de fin d’année, est aux yeux de plusieurs l’ancêtre de notre traditionnel Bye Bye.

Photo : Archives TVA Publications

  • Le 9 décembre 1960, le premier épisode de Coronation Street est diffusé à la télé britannique. Soixante-et-une saisons et plus de 10 000 épisodes plus tard, l’increvable feuilleton est toujours à l’antenne!
  • Le légendaire journaliste Walter Cronkite prend les commandes du bulletin de nouvelles de CBS. Il occupera ce poste pendant 19 ans.
  • Après la fin de I Love Lucy, la non moins légendaire Lucille Ball est de retour en 1962 avec The Lucy Show, une de ces sitcoms dont elle maîtrise si bien la recette.

Photo : Archives TVA Publications

  • Depuis 1958, La poule aux œufs d’or livre ses trésors sous la gouverne de Roger Baulu, surnommé le prince des annonceurs. 

Photo : Archives TVA Publications

  • Des vedettes nées durant cette période? James Spader (7 février 1960), David Duchovny (7 août 1960), Antonio Banderas (10 août 1960), Julia Louis-Dreyfus (13 janvier 1961), Eddie Murphy (3 avril 1961), Heather Locklear (25 septembre 1961), Marcia Cross (25 mars 1962), Paula Abdul (19 juin 1962), Steve Carell (16 août 1962), Demi Moore (11 novembre 1962), Jodie Foster (19 novembre 1962), Jon Stewart (28 novembre 1962) et Felicity Huffman (9 décembre 1962). Les acteurs Matthew Broderick et Rosie O’Donnell ont pour leur part vu le jour le 21 mars 1962.

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