Frédéric Millaire-Zouvi de 5e rang se confie sur son parcours | 7 Jours
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Frédéric Millaire-Zouvi de 5e rang se confie sur son parcours

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Photo : Bruno Petrozza

Dans la série 5e rang, Frédéric Millaire-Zouvi incarne un personnage que les téléspectateurs adorent, celui de Jean-Michel. Pour le comédien, fils d’Alain Zouvi, il s’agit d’un premier grand rôle à la télé. Mais on ignore que, depuis 25 ans, il est un as de la postsynchronisation, ou du doublage, comme on dit dans le métier. Portrait d’un acteur qui gagne à être connu!

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Frédéric, dirais-tu que tu joues un personnage en or dans 5e rang?
Oui, c’est du bonbon! J’ai beaucoup de plaisir à jouer ce personnage. C’est de la comédie, ça demande un focus constant pour ne pas trop aller d’un bord ou de l’autre, ne pas tomber dans les clichés. Il y a une ligne à suivre et c’est le génie des auteurs: ils me surprennent toujours et mettent Jean-Michel dans des situa- tions qui sont de vrais drames. Comme disaient les auteurs au début, c’est un gars qui est plein de bonnes intentions, qui est attachant, mais qui ne prend que de mauvaises décisions. Mais dans sa tête, c’est toujours la bonne décision, la chose à faire. 

Tu joues ce rôle depuis le début de la série, n'est-ce pas?
Oui, je faisais partie des personnages principaux et j’ai auditionné dès le départ. Dans mon cas, ç’a été deux mois de processus, trois auditions. Ç’a été long. Quand les rôles des membres de la famille ont été donnés, la distribution a été complétée avec les personnages qui gravitaient autour d’eux dans le village. On tourne en ce moment les épisodes de la troisième saison, que nous terminerons à la fin de l’été.

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Parmi les personnages que tu as incarnés, est-ce celui dont les gens te parlent le plus?
Oui, assurément, parce que je n’en ai pas tant fait à la télé. C’est très sympathique pour moi, parce que j’ai un peu de Jean-Michel en moi. Mais j’en connais aussi, des Jean-Michel, et les gens en connaissent tous. C’est ce qui fait qu’on s’attache à ce genre de personnage. Il est vraiment dans sa tête, il est un peu lunatique et gaffeur et, pour lui, tout est un film. La télé est une nouvelle affaire pour moi, et c’est super de constater l’impact qu’a ce personnage auprès des téléspectateurs. Mais c’est un travail d’équipe. Je suis gâté, j’ai des partenaires de jeu extraordinaires. Tant que je vais avoir ce défi de faire évoluer mon personnage sur cette fine ligne-là, je serai comblé.

Tu as tourné beaucoup de scènes avec Luc Senay. Une chimie est-elle née entre vous?
Je ne le connaissais pas, et c’est vraiment une perle d’être humain et tout un acteur. Il a fait tellement de choses: de la comédie, du théâtre, de l’impro, et j’arrive là, à ses côtés, un p’tit jeune... C’est presque rendu une relation père- fils entre nous, un peu dysfonctionnelle, mais quand même! C’est super ce que ça donne, on a beaucoup de plaisir à jouer ensemble. J’ai aussi joué des scènes avec Catherine Brunet, que j’ai connue en faisant du doublage.

Il y a un montage de bloopers qui a créé un buzz sur les réseaux sociaux, où on te voit souvent oublier d’enlever ton masque pour tourner. En as-tu beaucoup entendu parler?
Je ne suis tellement pas bon avec les masques pour la covid! Il ne faut pas oublier que cinq secondes avant les prises qu’on voit dans les bloopers, on faisait tous la même scène en répétition, avec nos masques. Et lorsqu’on tourne une scène, la plupart des gens pensent à retirer leurs masques. Moi, j’ai de la difficulté avec ça, et il m’arrive souvent de l’oublier. J’ai beaucoup ri quand j’ai vu le montage, même si c’est dur pour l’orgueil. Ça demeure un beau souvenir. Dans quelques années, on va regarder ça et se dire que c’était absurde. Ç’a été toute une adaptation, au début, de jouer avec ces mesures, et je salue les techniciens, tous ceux qui travaillent sur les plateaux et qui font en sorte qu’on peut tourner. Ils arrivent les premiers, ils sont les derniers à partir, sans oublier qu’ils doivent tout désinfecter. Ils font vraiment de longues journées. 

Mais ça ajoute un coefficient de difficulté pour les comédiens, n’est-ce pas?
C’est surtout dur pour la concentration, c’est comme ça que je le sens. Il faut faire complètement abstraction de ce qu’il y a autour de soi. Il faut être capable de jouer pour la caméra et d’oublier toutes ces personnes autour de nous qui portent des masques, des visières; c’est vraiment étrange. Au début, c’était difficile de ne pas y porter attention, mais on a tous pris l’habitude de tourner dans ces conditions.

Photo : Bruno Petrozza


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Parallèlement à ton rôle de Jean-Michel, tu fais beaucoup de doublage de films, et ce, depuis très longtemps!
C’est vrai, j’ai commencé à faire du doublage en 1995, à l’âge de 10 ans. J’ai beaucoup suivi mon père en studio quand j’étais enfant, c’était de la magie pour moi. Et quand on allait au cinéma ou que je regardais une émission de télé dans laquelle mon père faisait la voix d’un per- sonnage, c’était comme un petit trésor caché. C’était vraiment magique; j’avais l’impression que j’étais le seul à le savoir. À l’époque, mon père était bien connu du public, et même si je trouvais ça l’fun, je trouvais aussi ça gossant. Par exemple, je ne pouvais pas aller à la Place Longueuil avec mon père sans qu’il se fasse reconnaître et aborder par des gens — qui étaient, je le précise, très gentils. Pour moi, le doublage réglait ce problème-là.

Ton père t’a donc initié au doublage alors que tu étais très jeune?
Le doublage a été mon premier accès au jeu, ç’a été une passion. J’ai appris le jeu, mais aussi l’humilité. J’ai appris à savoir laisser la place aux autres et aussi à savoir quand prendre ma place en doublant un personnage. Je prenais ça comme un jeu, je mettais ma voix sur un personnage. Ça m’a amené à avoir certains premiers rôles quand j’étais enfant, comme celui du petit garçon dans le film Le sixième sens. J’aimais tellement ça que je manquais l’école pour aller faire du doublage. J’ai par la suite étudié au Conservatoire et depuis, j’ai une meil- leure idée de ce qu’est le métier. Mais j’essaie d’entretenir cette vision du jeu, du plaisir que j’avais enfant.

Fais-tu encore du doublage?
Oui, ça continue, j’en fais régulièrement depuis 25 ans et j’en suis très fier. J’adore être en studio, je veux en faire le plus longtemps possible.      

Un jour, tu vas avoir des enfants et ils vont trouver amusant de reconnaître ta voix derrière des personnages!
Oui, comme je l’ai vécu avec mon père, et lui aussi avec son propre père, Jacques Zouvi. 

Photo : Bruno Petrozza


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Ton père est le comédien Alain Zouvi, ton grand-père était Albert Millaire. Était-il clair pour toi que tu voulais suivre leurs traces?
Même si je continuais à faire du dou- blage, j’ai suivi ma première passion: les sciences. J’ai fait trois sessions en sciences pures au cégep. L’astronomie et l’astrophysique m’attiraient énormé- ment. J’ai poursuivi ces études malgré le fait que j’étais attiré par le métier de comédien et, à un moment donné, j’ai réalisé que ça me rattrapait. Je luttais contre ça parce que je ne voulais pas être comme mes parents, je voulais me distancer d’eux. À la fin de mon cégep, j’ai eu un choix à faire. J’avais tourné quelques publicités, je continuais à faire du doublage et j’ai réalisé que j’avais le goût de jouer. J’ai laissé tomber l’astrophysique et j’ai décidé de passer mes auditions pour le Conservatoire. 

On sait peu de choses à ton sujet. As-tu quelqu’un dans ta vie?
Oui, j’ai une blonde, elle s’appelle Stéphanie M. Germain et elle est comédienne. C’est ça! (Il éclate de rire.) Ça fait plusieurs années qu’on est ensemble. On s’est rencontrés en 2011 sur la production de la pièce La cage aux folles

Est-ce qu’il arrive que ton père te fasse des commentaires sur ton travail?
Oui, et ma mère (Anne Millaire), qui a été comédienne, aussi. Aujourd’hui, elle enseigne et fait de la mise en scène. Je pense qu’une grande qualité d’un comé- dien, d’un réalisateur ou d’un metteur en scène, c’est d’être un bon public, d’avoir un esprit critique et de voir des trucs sans tout le temps être en train de travailler. Et eux, ils sont formidables en ce sens-là, parce qu’ils me font des commentaires en tant que spectateurs, comme le public en général. On va parfois parler de trucs plus techniques, mais c’est souvent moi qui vais abor- der le sujet. Mon père me parle aussi de gens avec qui il a travaillé et que j’ai l’occasion de côtoyer. Il me raconte plein d’histoires. C’est sympathique, et ça se termine souvent par: «Tu salueras untel...»

Dirais-tu que tu as eu de la difficulté à te faire un nom en raison de ton père et de tes grands-pères?
En tant que comédien, j’ai trouvé ça difficile d’être dans le même milieu que tous ces gens-là dans ma famille. J’avais l’impression que mes parents étaient tout le temps partout avec moi. J’étais tanné de ça, je voulais faire mes affaires, être un quidam et faire mes preuves. J’ai cependant compris que je ne pouvais pas faire semblant que ça n’existait pas.      

5e rang, mardi 21 h, à Radio-Canada.

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