Le poids de l’or | L'autre côté de la médaille | 7 Jours
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Le poids de l’or | L'autre côté de la médaille

Jeudi 18 mars à 22 h, Canal D

Image principale de l'article L'autre côté de la médaille
Photo : Shutterstock

Les athlètes olympiques repoussent leurs limites, battent des records et gagnent des médailles pendant que tous les yeux sont rivés sur eux. Or on a beau les mettre sur un piédestal, ces sportifs de haut niveau ne sont pas à l’abri de la dépression. Le documentaire Le poids de l’or, présenté par Michael Phelps, met en lumière cet aspect malheureusement tabou de la vie des athlètes. 

Toute leur vie, les athlètes de haut niveau recherchent la perfection. Dès leur plus jeune âge, ils s’entraînent sans relâche pour atteindre la plus haute marche du podium. Puis, leur rêve se réalise: ils accèdent aux Jeux olympiques où ils peuvent enfin montrer ce dont ils sont capables et, enfin, récolter le fruit de leurs efforts. En l’espace de quelques secondes — parfois même quelques centièmes de secondes —, le sort en est jeté. Leur destin est scellé. C’est l’échec ou la victoire. C’est la vie qui bascule, tout d’un coup. Comment peut-on s’en sortir indemne? Impossible.

Le gouffre profond

Même un grand athlète comme le nageur Michael Phelps, qui a remporté 28 médailles olympiques — dont 23 d’or — au cours de sa carrière, a connu des épisodes de dépression après tous les Jeux olympiques auxquels il a participé. Il a songé au suicide et a noyé sa souffrance dans l’alcool, ce qui l’a amené à être arrêté à deux reprises pour conduite en état d’ébriété. Et le cas de Phelps est loin d’être isolé. Dans le documentaire, ce dernier nous raconte son histoire, à l’instar d’une dizaine d’autres athlètes américains qui ont eux aussi ressenti un immense sentiment de vide après avoir atteint le sommet. 

Pour comprendre la cause de ce mal-être, il faut connaître le parcours des athlètes. Si le sport est toujours une bonne chose pour un enfant, aucun athlète ne peut prétendre avoir eu une enfance normale. La passion a rapidement cédé la place à la pression, celle des pairs, des médias, des entraîneurs, de la fédération... Ces sportifs ont grandi avec la profonde impression de ne jamais en faire assez, de ne jamais être à la hauteur. Certes, ce besoin de se surpasser est aussi le moteur de leur succès, mais quand la compétition s’arrête, que leur reste-t-il? 

L’ultime sacrifice

Les athlètes de haut niveau ne connaissent rien d’autre que leur vie sportive; pour eux, seule leur carrière compte. La patineuse artistique Sasha Cohen décrit bien la situation: pour elle, la famille, les amis, l’école et toutes les choses qui ne concernaient pas son sport représentaient des obstacles à sa réussite. Ainsi, quand elle a échoué dans sa tentative de remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques de Turin, en 2006 — elle est passée à un cheveu, il faut le dire —, tout son monde s’est écroulé. Malgré sa médaille d’argent, Sasha Cohen a vécu la plus grande déception de sa vie, et cela a failli la briser pour toujours.

L’inévitable chute

On pourrait d’ailleurs penser que la dépression ne touche que les sportifs qui connaissent l’échec, mais comme l’affirme le planchiste Shaun White, tous les olympiens tombent de haut après les Jeux, qu’ils soient vainqueurs ou pas. 

Cela explique ce qui est arrivé à Michael Phelps et à tous les participants du documentaire. Laissés à eux-mêmes une fois la flamme éteinte, ils ne pouvaient faire autrement que de sombrer. Selon le nageur, plus de 80 % des athlètes passent par une dépression post-olympique. Cela signifie qu’ils se retrouvent aussi aux prises avec des idées noires. Et certains ne reverront jamais la lumière, notamment le tireur sportif Stephen Scherer, la cycliste Kelly Catlin, le judoka Jack Hatton, le skieur acrobatique Jeret «Speedy» Peterson et le bobeur Steven Holcomb, qui, malheureusement, ont choisi de nous quitter trop tôt. 

Photo : Canal D

C’est justement pour éviter que ces histoires se répètent que Michael Phelps et les autres intervenants du documentaire ont décidé de prendre la parole publiquement. Ces derniers militent pour que les sportifs de haut niveau soient mieux encadrés et soutenus; pas seulement en ce qui a trait à leur santé physique, mais aussi à leur santé mentale. Après tout, quand le monde aura enfin compris que les deux sont indissociables, c’est toute l’humanité qui s’en portera mieux.

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