Guillaume Lemay-Thivierge ressent le besoin de ralentir dans les prochaines années | 7 Jours
/magazines/7jours

Guillaume Lemay-Thivierge ressent le besoin de ralentir dans les prochaines années

Image principale de l'article Le besoin de ralentir dans les prochaines années
Photo : Dominic Gouin

Guillaume Lemay-Thivierge fête ses 45 ans. Au cours de sa vie et de sa carrière, cet homme de passion a vécu de belles périodes, mais aussi des moments plus creux, avec les remises en question, les doutes... Celui qui célébrera déjà 40 ans de carrière l’an prochain a su se diversifier tout au long de son parcours. Encore aujourd’hui, malgré les hauts et les bas de la vie, il continue d’aimer son métier et de le chérir. Retour sur sa vie, ses réussites, ses doutes et sur l’homme qu’il est devenu.

• À lire aussi:
Guillaume Lemay-Thivierge nous donne le vertige en publiant une vidéo pendant un saut en parachute

• À lire aussi:
Guillaume Lemay-Thivierge craque en parlant du décès de son père

Guillaume, tout d'abord, comment vas-tu?
Ça va, mais je dois dire qu’on vit quand même une période difficile avec cette pandémie qui brime nos droits et nous oblige à nous confiner. J’ai quatre enfants et j’ai mal pour eux. Ma fille, Charlie, qui est une jeune adulte, ne peut pas voir ses amis et elle n’a presque pas d’activités sociales. Elle termine ses études collégiales et elle va entrer à l’université. Ça me rend triste, car toutes ces étapes importantes se passent bizarrement — virtuellement! — à cause de la pandémie. Et c’est la même chose pour mes deux fils, qui doivent porter des masques toute la journée à l’école. Mais je suis loin de me plaindre, car je sais que je fais partie des gens qui sont choyés de pouvoir travailler encore et que j’ai une belle vie malgré tout. Mais il faut admettre que nous vivons dans une période très sombre en ce moment.      

Est-ce lourd à porter pour toi?
Cette grisaille est envahissante au quotidien. Je suis un homme positif de nature, mais je dois pourtant utiliser des moyens pour me sortir de ce marasme. Même que je me suis mis à consulter un psychologue — moi qui n’ai jamais cru à l’idée de payer quelqu’un pour qu’il m’écoute lui raconter mes problèmes! — et que ça me fait le plus grand bien. Je ne m’en cache pas, il y a de la dépression dans ma famille. J’ai décidé d’aller chercher les outils nécessaires pour surmonter tout ça. Mais entendons-nous: je vais bien, j’ai juste envie d’aller encore mieux. 

Tu viens tout juste d’avoir 45 ans. Est-ce difficile pour toi de vieillir?
Non. Je tente de ne pas trop m’en faire avec l’âge. Bon, je dois m’étirer un peu plus longtemps le matin, mais c’est correct. Je peux encore être très actif, et ça me rassure. Mais en même temps, quand on a 45 ans, on est au milieu de sa vie. Ça entraîne certains bilans, des réflexions et des remises en question. Ça me fait réfléchir au temps qu’il me reste quand je pense à ma mère qui est morte à 70 ans, et à mon père, à 73. J’ai une bonne pensée pour eux. 

Photo : Dominic Gouin

Quel bilan traces-tu de ta vie?
Je suis heureux! J’ai une femme extraordinaire et j’ai quatre enfants magnifiques! J’ai eu des enfants avec trois femmes, qui sont d’excellentes mères et avec qui ça se passe bien. Dans ma vie, j’ai vécu des choses magnifiques tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. J’ai vécu de grands deuils et des échecs, de grandes joies et des réussites. Je suis fier de cette première partie de ma vie et je ne crois pas que j’y changerais quoi que ce soit. 

Est-ce que tu es là où tu te voyais à 45 ans? Est-ce que ta vie ressemble à celle que tu voulais?
Non, pas tant que ça, mais je ne suis pas le gars qui avait un plan de vie ni un plan de carrière précis. Quand j’étais jeune, j’avais de grandes ambitions en tant qu’acteur et je me voyais tourner des films à travers le monde. Mais je suis fier de ce que j’ai fait ici, chez nous, et aussi d’avoir su me mettre en danger.

Donne-moi un exemple de mise en danger...
Quand je suis passé derrière la caméra et que j’ai fait de la réalisation, ç’a été une mise en danger pour moi. J’avais beau avoir des années d’expérience devant la caméra, faire le saut derrière comportait un certain risque. Je suis heureux d’avoir réussi ce pari. J’aime réaliser et laisser toute la place aux comédiens. Réaliser une quotidienne comme District 31 est un défi de chaque instant; il y a des contraintes assez importantes, et encore plus avec la pandémie. Il faut travailler vite et faire presque de petits miracles chaque jour, mais j’adore ça. Je m’accomplis beaucoup chaque jour à travers ce travail.

Comment vois-tu l’autre moitié de ta vie?
Ma mère disait toujours qu’il faut toute une vie pour apprendre à vivre, et elle avait bien raison. Je songe souvent à ces paroles-là. Pour le reste de ma vie, j’ai envie de continuer à travailler, mais moins, et d’en avoir moins sur les épaules. Des fois, mes amis me disent d’y aller un projet à la fois, mais j’en suis encore incapable. J’aime travailler, mais des fois, je manque de temps. Je travaille beaucoup aussi parce que j’aimerais prendre ma retraite assez jeune ou, du moins, cesser de rouler à grande vitesse, tu sais, ralentir un peu. Je travaille fort là-dessus.

Photo : Dominic Gouin



Comment te vois-tu dans 10 ans?
Je me vois avec très peu de biens matériels. Émily et moi, nous songeons à nous construire une maison autosuffisante. J’aimerais habiter une maison simple dans le bois et y passer de bons moments avec mes enfants. Je me vois couper du bois avec mes fils, avoir de grandes discussions avec eux et ma fille. Je veux prendre le temps de me poser et de respirer un peu plus. Il y a un sentiment de liberté qui vient avec ce style de vie qui m’attire.

Il y a presque 40 ans cette année que tu fais ce métier. Qu’est-ce que tu dirais au Guillaume enfant qui jouait Monsieur Émile?
Je lui dirais de s’accrocher, qu’il y aura des bouts plus difficiles, mais que ça passera et qu’il aura une belle vie. C’est fou comme ça a passé vite, j’ai l’impression que tout ça était hier.

Durant ton enfance, tu as pris ton envol et, à un moment donné, vers l'adolescence, tu avais presque disparu du métier. Est-ce que ç’a été une période difficile pour toi?
Ça aurait pu l’être, mais ça n’a pas été dramatique pour moi. Même que, au final, cette période calme m’a permis de vivre une adolescence comme les autres. J’ai pu sortir tard le soir avec mes amis, apprendre à conduire et partir en road trip à travers les États-Unis. J’ai pu faire autre chose que de jouer devant les caméras. Avec le recul, je constate que cette période a été salutaire pour moi. J’ai pu vivre une vie plus normale, et ça m’a fait du bien. C’est certain que je rêvais, comme mes amis comédiens, de jouer dans Watatatow ou d’autres séries du genre, mais le téléphone ne sonnait plus.     

Photo : Izabel Zimmer / TVA


• À lire aussi: Guillaume Lemay-Thivierge et Mélissa Désormeaux-Poulin émus par le passage de leurs filles à «À tour de rôles»

• À lire aussi:
Guillaume Lemay-Thivierge sur les joies de jouer avec sa fille

Ton rôle de vilain dans Le Négociateur en 2005 a donc été salutaire pour ta carrière...
Oui. Et je le dis sincèrement: ç’a probablement été le rôle le plus important de ma carrière, celui qui m’a sans doute sauvé en tant que comédien. Je vais toujours être reconnaissant envers le réalisateur Sylvain Archambault, qui m’a donné la chance de faire mes preuves dans un tout autre registre en tant qu’acteur. Ça m’a permis de donner un second souffle à ma carrière. J’ai eu un plaisir fou à jouer le rôle de Mario Dubé, un méchant. Par la suite, le téléphone a recommencé à sonner plus souvent.

Es-tu inquiet face à ton métier?
Je l’ai déjà été, mais ce n’est plus le cas maintenant. J’ai vite compris que, pour respirer un peu, je devais ajouter quelques cordes à mon arc. Je me suis lancé en affaires en ouvrant Voltige. Et comme je suis réalisateur, ça me permet de faire autre chose si le comédien ne travaille pas. De plus, Émily et moi, nous créons des projets. Nous en brassons toujours plusieurs en même temps: des spectacles, des émissions de télévision et aussi des projets immobiliers. J’aime construire; alors, nous avons de beaux projets sur ce plan. Et ce qui est fantastique, c’est qu’Émily me suit là-dedans! 

Photo : Dominic Gouin / TVA Pub


• À lire aussi:
«Si on s'aimait»: Guillaume et Émily révèlent comment l'émission a été bénéfique pour leur couple

Vous travaillez souvent ensemble, Émily et toi. C’est important pour toi?
Oui. On se complète bien tous les deux. J’adore travailler avec elle, c’est tellement facile. Ma blonde est une grande actrice, elle est capable de grandes choses, je le sais, et je lui souhaite de trouver un réalisateur qui lui accordera sa confiance, un peu comme Sylvain Archambault l’a fait pour moi dans Le Négociateur. Mais oui, j’aime travailler avec Émily. C’est une fille organisée. Parfois, notre horaire familial est complètement fou, mais elle arrive à tout régler de main de maître. Elle est fantastique et tellement structurée. Elle m’impressionne beaucoup. D’ailleurs, je la verrais très bien devenir productrice. Elle serait parfaite. 

Ta fille, Charlie, semble vouloir suivre tes traces dans le milieu artistique. Qu’est-ce que ça te fait?
Évidemment, je l’encourage, mais en même temps, je veux qu’elle se construise un autre bagage. Je veux qu’elle apprenne d’autres choses, qu’elle travaille à différents endroits et qu’elle puisse aussi se construire une vie en dehors du métier d’acteur. Comme ça, elle aura d’autres cordes à son arc si jamais ça ne marche pas pour elle en tant que comédienne. Mais je sais qu’elle a ce qu’il faut pour y arriver. Elle sait qu’il faut travailler fort et que chaque chose qu’elle fait dans sa vie peut la nourrir en tant que comédienne. Mon plus jeune, Théodore, a aussi la fibre artistique. Il chante bien et juste. Manoé, Miro et Charlie jouent du piano. Je pense que les pommes ne sont pas tombées loin de l’arbre. 

En terminant, quels sont tes projets?
Actuellement, Émily et moi avons les deux pieds dans Si on s’aimait. La deuxième saison s’annonce fort intéressante. Il y aura aussi une troisième saison. Sinon, je vais réaliser plusieurs épisodes de District 31 d’ici la fin de la saison. Émily et moi, nous continuons de peaufiner certains projets que nous présentons aux diffuseurs. Je veux aussi passer du temps avec ma future femme, mes trois fils et ma fille. Et si cette pandémie peut finir par finir, je souhaite un jour me marier avec ma belle Émily!      

La 2e saison de Si on s’aimait sera présentée dès le 3 mai, du lundi au jeudi à 19 h 30, à TVA. La production est déjà en période de recrutement pour la troisième saison. L’équipe est à la recherche d’une distribution diversifiée, avec des gens de tous âges, de toutes origines et de toutes orientations sexuelles. Pour vous inscrire: sionsaimait.com.

À VOIR AUSSI: Les animaux de compagnies des vedettes québécoises

s


À VOIR AUSSI: La grande histoire d'amour entre Michel Louvain et son public

s


 

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus