Alexandre Goyette vit un tournant dans sa carrière d'acteur | 7 Jours
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Alexandre Goyette vit un tournant dans sa carrière d'acteur

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Photo : Eric Myre

Alexandre Goyette a 42 ans. Il est bien conscient d’être à un tournant dans sa carrière, puisqu’on fait désormais appel à lui pour jouer, par exemple, le père d’une famille de cinq enfants! Le comédien nous parle du fait de vieillir, de son métier et de sa vie de famille.

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Alexandre, te voilà dans la série Six degrés, écrite par Simon Boulerice. Que représente ce rôle pour toi?
J’aime vraiment l’univers et la sensibilité de Simon, j’aime aussi sa folie et sa candeur. Il a une manière unique, touchante et franche d’aborder de vrais sujets. Il fait ça avec un regard très empathique. Donc quand j’ai été appelé pour l’audition, c’était clair pour moi que je voulais le rôle. C’était un projet auquel je voulais absolument participer. Ce qui est le plus drôle, c’est que c’est la première fois que je suis l’un des plus vieux sur un projet. Je suis entouré d’une belle équipe de jeunes. Je joue le père d’une famille de cinq enfants.

Que peut-on dire de ton personnage dans cette série?
J’ai rarement joué ce type de personnage, mais c’est vraiment un bon gars, un super papa. C’est quelqu’un qui est très empathique, très ouvert à l’autre. C’est un père à l’écoute, mais qui est parfois confronté à des choses que ses enfants vivent et qu’il ne comprend pas nécessairement. Il y a parfois un décalage entre lui et ce que les adolescents peuvent vivre. Mais il a une grande capacité d’introspection et d’ouverture à l’autre. C’est un homme sans malice qui fait de la photographie à temps partiel et qui est un papa à la maison. Sa femme a une carrière, elle a une boutique et de gros projets, alors que lui consacre son temps à la famille. L’arrivée de Léon, un jeune adulte qui est presque aveugle, sera un défi pour eux. Léon est joué par Noah Parker, qui est très impressionnant dans ce rôle. 

Photo : KarlJessy Jomphe / TOU.

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On t’a rarement proposé des rôles de père, n’est-ce pas?
C’est vrai. Ça veut dire que je commence à avoir des cheveux blancs et à être vieux. Non, je plaisante! (rires) Mais je suis bien conscient que mon casting change, puisque je change physiquement. Maintenant, je ne peux plus écrire sur mes fiches de casting que je suis châtain roux, car je commence à être d’un roux blanchi! J’ai 42 ans. J’arrive à un âge où c’est crédible que je joue un père de famille de cinq enfants. Je trouve ça super d’ajouter ça à ma palette de jeu!

Est-ce difficile pour toi de vieillir?

Je suis en paix avec ça. Ma passion, c’est le jeu d’acteur. Je suis rendu ailleurs, et c’est le fun pour moi. J’aime voir le temps qui passe. Je suis beaucoup plus calme qu’avant lorsque j’arrive sur un plateau. Il fut un temps où j’étais tellement nerveux lorsque je devais tourner que j’étais fébrile, j’avais peur. Aujourd’hui, sans être au-dessus de mes affaires, j’ai plus d’assurance et je me sens plus en possession de mes moyens. Je suis beaucoup plus prêt à plonger dans toutes sortes de directions. Maintenant, j’agis comme des plus vieux l’ont fait avec moi: c’est à mon tour de mettre la main sur l’épaule des plus jeunes et de les rassurer

Est-ce que ça fait longtemps que tu n’es plus angoissé en arrivant sur un plateau?

Je dirais depuis mon rôle dans King Dave. Ce film a tout changé pour moi, parce que c’était vraiment un gros défi. Pour la première fois, j’avais la certitude que j’allais être capable de passer au travers et que j’avais ce qu’il fallait pour jouer ça. C’est aussi à partir de ce moment que j’ai réalisé que j’avais le talent pour faire ce métier-là. Avant, ça ne me rentrait pas dans la tête, je ne me faisais pas si confiance. Je sentais que ma place dans ce milieu n’était pas justifiée et que c’était peut-être simplement de la chance. On dirait qu’à partir de King Dave, les morceaux se sont mis en place. Après ça, jouer dans une série comme Feux a été une confirmation. Ça me fait du bien de ne plus me demander si je vais être capable. 



Te souviens-tu de ton premier tournage professionnel?
Oui, c’était sur le plateau du téléroman La promesse et ç’avait été terrible! Ma voix tremblait, mon corps aussi. Je me souviens que Claude, un vieux caméraman, était venu me voir. Il m’avait mis une main sur l’épaule et il m’avait dit que j’étais bon, que ça allait être correct, qu’il en avait vu depuis 35 ans et que j’avais ce qu’il fallait pour faire la job. Ç’a été le premier à me rassurer et ça m’a aidé à passer à travers cette première journée de tournage. 


Comment vis-tu la période actuelle?
Assez bien. Je suis privilégié. Cette période à la maison avec mes deux enfants m’a permis de me rapprocher d’eux. Se retrouver à la maison avec deux jeunes enfants, ça n’a pas été facile, mais ç’a été un beau défi. Il y a beaucoup de positif qui est ressorti de tout ça. J’adore mes enfants, et je trouverais ça pas mal plus difficile sans eux. Ils sont dans un bel âge; Laurent a six ans, et Adèle a trois ans. Je m’amuse beaucoup avec eux et je suis un papa comblé.

Qu’as-tu appris sur toi durant cette période?

J’ai trouvé ça difficile quand mes enfants sont retournés à la garderie et que je me suis retrouvé tout seul chez nous. J’ai alors constaté que mon travail me manquait et que je n’étais pas fait pour regarder passer la parade. Je me suis demandé ce que j’allais faire pour passer le temps, pour gagner ma vie. Si les tournages n’avaient pas repris, je me serais sûrement trouvé quelque chose pour m’occuper, parce que je ne suis pas fait pour rester à la maison. 

Photo : Eric Myre / TVA Publica


Aimerais-tu avoir un troisième enfant?

Non, ce département-là est fermé! Deux enfants pour ma blonde et moi, c’est parfait. Nous sommes des parents comblés.

Tu t’impliques auprès de Suicide Action Montréal. Qu’est-ce qui t’a amené à le faire?

Il y a quelques années, une personne qui m’était très chère a décidé de mettre fin à sa vie. J’ai eu quelques connaissances qui se sont aussi enlevé la vie. Pour moi, ç’a été des gestes qui ont frappé fort, ça m’a bouleversé. J’ai eu besoin d’outils, parce que je trouvais ça difficile. Alors j’ai eu recours aux services de Suicide Action Montréal. Aujourd’hui, je trouve ça important d’appuyer cette cause qui me tient à cœur. J’ai eu besoin de cet organisme pour m’en sortir et je n’oublie pas ça. Maintenant je peux aider grâce au métier que je fais, alors je suis là. Chaque jour, trois personnes se suicident au Québec; ça ébranle.

Qu’aimerais-tu faire pour le reste de la quarantaine?

J’ai envie de profiter de la vie, de chaque moment passé avec mes enfants. Je veux continuer d’aller au parc avec eux pour glisser et faire des bonshommes de neige. J’ai fait une patinoire dans la cour et nous patinons ensemble. Je me rends compte à quel point, parfois, le bonheur n’est pas compliqué. Mais j’ai aussi envie de continuer à travailler, parce que c’est ma passion de jouer.

Qu’est-ce qui s’en vient pour toi prochainement?
Je tourne actuellement dans la série Après, pour laquelle je joue avec Karine Vanasse, Marc Béland, Kathleen Fortin et plusieurs autres. Je vais aussi tourner pour le cinéma dans 18 trous, le deuxième film du réalisateur Louis Godbout. Je suis heureux de jouer au cinéma, car nous prenons plus notre temps et j’adore ça. 

 

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Pour en savoir plus sur Suicide Action Montréal: suicideactionmontreal.org.

  

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