Vincent-Guillaume Otis porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle | 7 Jours
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Vincent-Guillaume Otis porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle

Image principale de l'article Porte-parole pour une cause importante
Photo : Dominic Gouin

Gabrielle Marion-Rivard et Vincent-Guillaume Otis sont les porte-parole de la 33e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, qui se déroulera du 21 au 27 mars. L’acteur qui incarne Patrick Bissonnette dans District 31 en dévoile le thème et nous parle de son expérience personnelle.

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Depuis quand êtes-vous porte-parole de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle?
Depuis 2010. Il s’agit donc de ma 11e année. À l’époque, l’organisme était à la recherche d’un nouveau porte-parole, et Anik Larose, qui en est la directrice générale, avait vu le film Babine. Elle trouvait que j’avais offert une interprétation sensible de Babine, le rôle-titre (ce personnage est atteint d’une déficience intellectuelle). Elle m’a contacté sans savoir que j’avais un frère vivant avec une déficience intellectuelle. Nous travaillons ensemble depuis.

Quelle est la différence d’âge entre votre frère, Jean-Sébastien, et vous?
Treize mois. J’ai 43 ans et lui, 42.

Comment était-ce de grandir avec un frère aux prises avec une déficience intellectuelle?
C’était comme grandir avec n’importe qui. Avec le recul et la maturité, je réalise ce que ça m’a apporté, dont un grand sens des responsabilités, ainsi qu’une propension à l’ouverture et à l’empathie. Mon frère m’a donné ce cadeau, et je l’ai à mon tour transmis à mes enfants. Mais plus jeune, je m’occupais de lui dans la cour d’école. J’ai appris que mon frère était différent à travers le regard des autres, une fois à l’école avec lui. Dès que lui et moi, nous sommes devenus des «bêtes sociales», loin du couvert protecteur familial. Ça me fait penser au thème de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle de cette année. 

Quel est-il?
La déconstruction des préjugés. Pourquoi pense-t-on que les déficients intellectuels ne peuvent pas avoir de vie sociale ou de vie amoureuse, qu’ils ne peuvent pas travailler, lire ou écrire? Pourtant, je constate que mes parents ont établi un climat qui a permis à mon frère de s’épanouir. Quand j’étais plus jeune, oui, j’ai été témoin de rejet et de préjugés à son égard. Mais au bout du compte, ce que je retiens, c’est que Jean-Sébastien a appris à lire et à écrire. Il a eu des amoureuses, et parfois pendant plus longtemps que moi! Il a vécu en appartement, il a travaillé. Il a une vie sociale, son réseau d’amis. Si c’est possible pour mon frère, c’est possible aussi pour toutes les autres personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle.

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Avez-vous battu le record de longévité amoureuse de votre frère avec Éveline Gélinas?
(Rires) Oui! Ça fera 18 ans que nous sommes ensemble. Je suis tombé sur une personne merveilleuse. Je ne serais pas capable de traverser tout ce que je vis sans Éveline à mes côtés.

Vous avez trois jeunes enfants. L’un d’eux a fait son entrée au secondaire et un autre a commencé son primaire. Étant donné la pandémie, ces étapes ont-elles été difficiles à vivre?
Oui, mais avant tout pour eux. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour eux et pour la façon dont ils ont réussi à surmonter les embûches. Ce n’est pas drôle pour un enfant qui entre dans le monde de commencer à s’affirmer dans un contexte plein de restrictions. Je suis fasciné par la résilience de nos enfants. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Et les professeurs sont tellement extraordinaires et dévoués! 

Avez-vous des projets professionnels à l’agenda?
Oui, au mois de mai, je commencerai les tournages du film Norbourg. J’y campe Éric Asselin, qui a trempé dans le scandale Norbourg.      

Pour toutes les informations concernant la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle.

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